Moi, directeur sportif sur la Primavera

Samedi, le peloton du ProTour s‘élancera à la conquête de la première grande classique de la saison, la prestigieuse course italienne Milan SanRemo, la plus longue aussi du calendrier puisque comportant 294 kms, excusez un peu. Disputée pour la première fois en… 1907, elle en est cette année à sa 97e édition et appartient au patrimoine de ce sport, faisant directement entrer dans l’histoire du cyclisme tout coureur qui la gagne. Le recordman de victoires est nul autre qu’Eddy Merckx avec… 7 succès. Zabel est le coureur en activité ayant levé le plus souvent les bras au bout de la Via Aurelia de San Remo, soit à 4 reprises.

Son parcours est assez fidèle depuis 1960, date ou le Cipressa et le Poggio, les deux “capi” les plus célèbres du final de cette course, ont été introduits. Le peloton s‘élance de Milan, musarde sur les premiers 100 kms jusqu’au pied du Turchino ou les coureurs affrontent un premier obstacle de taille qui ne change rien à la course puisque bien souvent, une échappée est parti depuis le matin et compte, à ce moment, plusieurs minutes d’avance. C’est toutefois l’occasion à la chasse de se mettre officiellement en branle. On revient généralement sur l‘échappée matinale en arrivant sur le bord de mer, puis c’est le final, 50 kms de bosses dont le Capo Mele, le Capo Cervo, le Capo Berta, le Capo Cipressa et finalement le Capo Poggio ou tout – mais souvent rien ces dernières années – se décide. Une fois le dernier obstacle franchi, c’est une courte descente à tombeau ouvert puis l’interminable dernière ligne droite sur la Via Aurélia, une ligne droite qui a souvent donné, ces dernières années, l’occasion au peloton de revenir sur des éventuels fuyards ayant fait la sélection dans le Poggio.

Si la course s’est souvent jouée dans le Cipressa ou le Poggio dans le passé, la victoire de Zabel en 1997 a fait comprendre aux sprinters qu’ils pouvaient eux-aussi prétendre à la victoire à condition d’avoir une équipe encore présente pour amener le sprint. C’est ainsi que les 6 dernières éditions se sont terminées au sprint. C’est que les équipes de sprinters réussissent à cadenasser la course jusqu’au pied du Poggio, réussissent aussi à limiter la casse dans ce Capi, ce qui leur permet de revenir dans la descente et de finir le travail sur la Via Aurelia juste après. Bref, cette course semble désormais réglée comme du papier à musique, un peu comme Paris-Tours, ce qui en affecte évidemment l’intérêt. En théorie bien sûr. Alors, est-il encore possible de s’imposer en solitaire à San Remo ?

On pense que oui, à condition de partir de loin au sein d’une échappée dans laquelle beaucoup d‘équipes sont représentées, surtout quelques équipes de sprinters. Mais il est évident que ce sera de plus en plus difficile pour les “puncheurs”. En nous glissant dans la peau de quelques directeurs sportifs des équipes en présence, voici les stratégies selon nous probables ce samedi:

Quick Step: on a deux cartes à jouer : Bettini, s’il est remis de sa chute, et surtout Boonen. Cette dernière carte nous apparaît plus fiable. On donnera donc carte blanche à Bettini jusqu‘à 20 kms de la fin. S’il est bien, il peut prendre l’initiative et l‘équipe ne bougera pas. S’il ne réussit pas ou qu’il est mal, l‘équipe veillera à contrôler l‘écart avec les éventuels échappées dès le Turchino, reviendra sur elle dans le Cipressa au plus tard, contrôlera le rythme entre ce dernier et le Poggio pour placer Boonen au pied de la dernière ascension et veillera à basculer avec un maximum de coureurs en haut, dont Pozzato et Nuyens. Après, le train bleu se mettra en branle, tout pour Boonen.

Discovery : en l’absence d’un grand sprinter maison, on se doit de jouer la carte des échappées. La condition physique des coureurs est capitale dans ce scénario et à ce titre, c’est actuellement Hoste et Gusev qui possède “la frite”. On leur demandera donc de se glisser dans les coups et de collaborer au succès de l‘échappée. En cas de retour du peloton, la carte Van Hesswick est la meilleure pour le sprint… s’il passe le Poggio avec le premier peloton, ce qui est loin d‘être garanti. Ca sera pas facile les mecs! Au moins, avant, on avait Lance pour assurer l’intérêt des médias pour notre équipe…

CSC : pas de sprinters pouvant rivaliser avec Boonen, Petacchi ou Freire. Du coup, on jouera la carte Schleck en lui recommandant d’attendre le Cipressa et de partir à ce moment, en espérant qu’il puisse amener avec lui quelques autres bons coureurs de son type. Ca sera dur, mais c’est jouable. Et puis, au pire, Bjarne fera une alliance de circonstance avec une autre équipe, il en a l’habitude et la caisse est bien remplie en ce début de saison…

Milram : on joue la carte du sprint à fond. L‘équipe veillera à contrôler l‘écart avec les échappées et à assurer le tempo entre le Cipressa et le Poggio afin de permettre à Zabel et Petacchi d’y arriver “placés”. Qui amenèra le sprint de qui ? On laissera au Poggio le soin de décider et on jouera la carte du plus frais sur la Via Aurelia, en espérant que tout le monde jouera franc-jeu. On comptera essentiellement sur Velo, Sacchi et Celestino pour faire le boulôt dans les derniers kms. Alessandro, tu prends la roue de Tom…

Iles Baléares – Caisse d‘Épargne : les gars, vous avez carte blanche pour faire n’importe quoi, du moment que vous ne vous courrez pas les uns après les autres. Dans le final et si Valverde nous dit qu’il est bien, l‘équipe travaillera pour bien le placer au pied du Poggio. Après, il se débrouillera tout seul dans le sprintl, c’est ce qu’il préfère.

Phonak : Axel, une grande échappée, partie de loin, ca aurait de la gueule, non ?

Naturino-Sapore Di Mare : les mecs, c’est une des rares occasions qu’on a de se montrer en direct à la télé sur une course du ProTour. Je veux un mec devant dans les 10 premiers kms, et mettez tous un maillot propre!

Saunier Duval-Prodir : (de Simoni) “si Cunego sort, je sors après lui”.

Lampre : Damiano, tu ne bouges pas, on va jouer un bon tour à Gilberto. Alessandro (Ballan), tu t‘économises jusqu’au Cipressa ou tu partira à fond avec Schleck. L‘équipe coupera les relais derrière.

Team L.P.R. : Dimitri, le couvre-feu est à 20h ce soir.

T-Mobile : Merde, on a laissé Jan Ullrich à la maison…

6 Commentaires

  1. stephane
    Soumis le 17 mars 2006 à 4:19 | Permalien

    Ag2R Prévoyance : Facile Milan San Remo les gars. Laurent Fignon nous l’a dit, il n’y a qu’à monter le Pogio à 40 km/h et c’est gagné comme en 1988 et 1989. On ne peut pas perdre.

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  2. Eric
    Soumis le 17 mars 2006 à 8:09 | Permalien

    Zabel a levé les bras à 5 reprises sur le fil d’arrivée. Mais la cinquième fois ça lui a coûté la victoire!(Milan-San Remo 2004)

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  3. Cyclick
    Soumis le 18 mars 2006 à 8:16 | Permalien

    Il semblerait officiel que le Canal Évasion va présenter cette année le GIRO! Annonce faite par Richard Garneau sur les ondes radio le 18 mars… 🙂

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  4. DUFF
    Soumis le 18 mars 2006 à 3:18 | Permalien

    Parlant du Giro, j’ai vu dans un article que Jan Ulrich y participerait, est-ce une erreur? En tout cas, si c’est vrai, le giro serait un super bon prélude au tour de France.

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  5. Martin
    Soumis le 18 mars 2006 à 6:23 | Permalien

    A surveiller demain sur OLN Milan SanRemo. Bon dimanche après-midi de télé en vue.

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  6. alain
    Soumis le 19 mars 2006 à 4:45 | Permalien

    OLN oui mais du coté USA pas pour nous le crtc veux pas il nous protege du gros mechant venant du sud et le pire dans tout ca on ne peu rien faire

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