Ennuyantes, les Classiques?

Le commentaire vient de Marc Madiot qui estime que outre le Ronde et Paris-Roubaix, les Classiques sont aujourd’hui ennuyantes car cadenassées, et donc que le spectacle n’est pas à la hauteur.

Ce n’est pas la première déclaration impétueuse de Marc Madiot, mais elle m’interpelle car j’estime qu’elle mérite la réflexion.

En effet, qu’avons-nous vu hier sur la Flèche Wallonne gagnée par Alejandro Valverde au terme d’une course de côte prévisible et dimanche dernier sur l’Amstel?

Des courses au scénario « prévisible », avec l’échappée matinale certaine de se faire reprendre (merci les oreillettes), donc exemptes de coureurs d’importance. Derrière, les équipes qui contrôlent sans le moindre problème, et des leaders qui attendent la dernière bosse pour faire la différence, s’enfermant bien souvent dans une course d’attente pour « faire une place » à l’arrivée, garante de marquer ainsi des points UCI…

Le scénario est le même sur de très nombreuses étapes lors des courses par étapes, ou c’est également réglé comme du papier à musique.

Les scénarios à la Steve Bauer lors du Tour 1990 (son groupe de 4 avait pris beaucoup de temps aux favoris), à la Thierry Marie lors du Tour 1991 (étape du Havre qu’il gagne après… 234 kms d’échappée!) ou à la Éros Poli lors du Tour 1994 (le géant qui dompte le Ventoux pour aller gagner à Carpentras!) sont désormais révolus. Les échappées avant la mi-course qui vont au bout sont désormais presque impossibles. Intéressant vous dites? J’aimerais vous entendre!

Face à ce constat, certains organisateurs misent sur des parcours de plus en plus spectaculaires, pour créer le spectacle qu’on a plus par ailleurs. C’est l’approche des organisateurs du Giro. D’autres, comme ASO, font exactement le contraire: des parcours moins difficiles, pour tenter les audacieux et « ouvrir la course ». Je ne suis pas sûr du pari, les courses aux parcours moins difficiles étant aisément contrôlables par les équipes munies d’oreillettes…

Dans le cyclisme d’aujourd’hui, l’exploit de Merckx à Mourenx lors du Tour 1969 ne serait jamais possible.

Bref, c’est comme si le cyclisme voulait devenir un « grand sport professionnel » comme le sont le hockey, le basket, le baseball, le foot, le tennis et la F1, mais en offrant moins de sport, et plus de spectaculaire. Du cyclisme certes, mais sans « l’essence même » ou « la réelle nature » du sport!

Et si on faisait l’inverse? Si on redonnait au sport cycliste son essence originelle, celle d’un sport d’attaque, d’un sport d’échappée ou, incertain de ses ressources physiques et mentales, le(s) coureur(s) se lance(nt) à l’assaut d’une victoire d’étape, engageant une lutte personnelle contre la meute derrière?

36 Commentaires

  • Zardoz
    Soumis le 24 avril 2014 à 2:27 | Permalien

    Admettons qu’il y a quand même une part de « mauvaise foi » dans les déclarations de Madiot sur le sujet. Le gars est DS d’une équipe qui compte sur les échappées type matinales pour faire des résultats. Est-ce que c’est vraiment en observateur neutre qu’il intervient dans le débat sur les oreillettes ?

    Pour moi, ça ne sert de toute façon à rien de courir après le passé. C’est clair qu’on est dans une époque où on préfère réfléchir avant d’agir, et ça se ressent dans les autres sports. Un coureur dispersé n’a plus aucune chance au 21ème siècle contre un coureur intelligent. De la même manière en foot qu’un 4-4-2 moderne ne ferait qu’une bouchée du 2-3-5 des années 50.

    Je pense qu’on phantasme un peu sur le bénéfice du retrait des oreillettes. Et même si ça apporte plus de spectacle, ça amènerait des contresens qui ne me semblent pas en phase avec le sport à haut niveau d’aujourd’hui (coureurs qui ignorent le déroulement de la course à laquelle ils participent, équipiers qui tirent le peloton alors que le leader a chuté…).

    Sinon, je trouve justement qu’on a eu une plutôt belle saison des classiques cette année. Madiot est fort sévère pour trouver ennuyeux le Paris-Roubaix de cette année.

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  • régis
    Soumis le 24 avril 2014 à 2:50 | Permalien

    Il y a quelques années, il arrivait parfois que l’échappée matinale aille au bout, mais alors on se plaignait d’avoir un « petit coureur » au palmarès!

    Souvenez vous de Dirk De Mol, qui pour beaucoup à l’époque faisait tache au palmarès de Paris-Roubaix… Pourtant il ne l’avait pas volée sa victoire!

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  • Soumis le 24 avril 2014 à 3:04 | Permalien

    Malgre tout, Zardoz, je prefererai un coureur « disperse » un peu fou qui alimente la legende du cyclisme pro qu’un coureur »intelligent » comme un robot intelligent!
    Il y a trop d’argent en jeu et les equipes doivent obeir maintenant a une logique d’entreprise avec des cadres et des employes, alors evidemment le panache, le geste gratuit, tout ca…ppfff….
    Le probleme majeur , n’est pas que les accros comme moi-nous-s’ennuient en voyant le cyclisme de haut niveau actuel, mais qu’il n’offre guere d’attrait pour les nouvelles generations. Sauf de visionner sur Youtube les compilations de chutes dans le Tour des Flandres par exemple! Ca ne va pas dans la bonne direction.
    Les organisateurs heureusement cherchent des solutions, mais a mon humble avis, les changements devraient etre importants: l’exemple de strade bianche est interessant, il y a des idees a prendre…

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  • jmax
    Soumis le 24 avril 2014 à 3:11 | Permalien

    La caricature absolue, c’est la Flèche Wallonne dont on est absolument certain du scénario. Cette année, j’ai allumé la TV quand ils étaient au pied de la dernière bosse et j’ai vu une course de côte sur un km. 5 minutes après, c’était terminé.
    Dans le cyclisme moderne, on peut ajouter aussi que les meilleurs grimpeurs assimilent les cols les plus prestigieux comme le Tourmalet à un vulgaire vélodrome. On fait du surplace, on se regarde, on met une patate sur 500 m et si l’autre a suivi, on refait du surplace et hop, c’est reparti. Bon, ceci permet d’échapper au spectacle du Froome pédalant comme un dératé dans le Ventoux mais où est le spectacle ?

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  • alain39
    Soumis le 24 avril 2014 à 4:09 | Permalien

    Très bon constat.
    Je pense qu’il y a cette année une harmonisation des niveaux et en plus avec les oreillettes il est possible de mieux maîtriser la course.
    On parle depuis des années de les retirer et je pense qu’il est temps de faire un essai pour juger de la pertinence de cette mesure.
    Le durcissement des parcours est d’un effet très limité et pour s’en convaincre il suffit de regarder les écarts des vueltas et giros des dernières années. Ces montées finales avec des pourcentages de folie donnent souvent lieu entre les protagonistes à des écarts qui se chiffrent en secondes et surtout annihilent toute course de mouvement.
    Concernant le nivellement des niveaux il s’explique par le fait que les équipes utilisent à priori cette année
    les mêmes protocoles. Il suffit de lire l’interview de Porte sur cyclingnews pour mieux comprendre. Ils vont tous à Mt Teide et d’ailleurs il semble qu’ils rencontrent des pbs d’hébergement. Ils finissent par se rencontrer sur les routes et se croiser dans les hôtels.
    C’est le dernier lieu à la mode et quand on connait cette île on peut encore mieux apprécier le caractère isolé de ce site. Ils sont loin de tout et il est évident que les vampires sont identifiés dès leur arrivée à l’aéroport.
    Il est évident que cette mode a des raisons bien moins avouables et d’ici quelques mois nous allons très certainement percer le mystère du Mt Teide.
    Tous s’accordent à dire que ces stages sont très durs, qu’ils souffrent d’isolement le tout sans donner de quelconques précisions.
    Cette similitude d’entrainement a amené un nivellement du niveau avec comme premier effet la mise en cause de la domination des Sky.
    Dans son analyse Madiot a oublié ce phénomène et nul doute qu’il pèse lourdement dans cet état de fait.

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  • Soumis le 24 avril 2014 à 4:13 | Permalien

    @ Zardoz> « Un coureur dispersé n’a plus aucune chance au 21ème siècle contre un coureur intelligent »
    Je serais tenté de dire : encore faut-il que les coureurs puissent faire parler leur intelligence à eux, pas celle du DS dans sa bagnole.

    « Je pense qu’on phantasme un peu sur le bénéfice du retrait des oreillettes. Et même si ça apporte plus de spectacle, ça amènerait des contresens qui ne me semblent pas en phase avec le sport à haut niveau d’aujourd’hui (coureurs qui ignorent le déroulement de la course à laquelle ils participent, équipiers qui tirent le peloton alors que le leader a chuté…) »
    Je dis : Mais comment faisaient-ils autrefois ? Ils allaient à la pêche aux infos, ils avaient leur leader en visuel, ils regardaient les autres coureurs pour anticiper. Je crois que c’est ça la véritable intelligence et pas celle qui consiste à obéir à des ordres donnés par oreillette.

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  • legafmm
    Soumis le 24 avril 2014 à 5:22 | Permalien

    Zardoz a raison sur les oreillettes, on fantasme sur cet appendice, elles n’ont pas autant d’influence que certains l’imaginent.

    Alain, les classiques ardennaises étaient tout aussi ennuyeuses les autres années, alors ton paragraphe (qui devient aussi prévisible qu’une course cycliste, si si je t’assure) sur ton ile paradisiaque de l’atlantique est complètement hors sujet.

    Le pb des courses cyclistes (hors paris-roubaix et classiques flandriennes qui demeurent relativement intéressantes), c’est que les équipiers restent au contact facilement et bloque la course.

    J’ai une idée à proposer, lors du 2nd passage au mur de huy (25 km de l’arrivée), seuls les 20 premiers au sommet peuvent poursuivre la route, les autres sont éliminés, c’est assez facile à mettre en place grâce aux oreillettes (si un ou pls coureurs poursuivent, ils prennent une amande, comme en ski alpin – slalom).

    Pour liège, on pourrait placer ce couperet au sommet de la redoute, et lors de l’amstel, au fromberg (36 km de l’arrivée).

    forcément la course serait bcp bcp moins facile à contrôler sans équipiers et bien moins prévisible.

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  • Julien
    Soumis le 24 avril 2014 à 6:19 | Permalien

    @legafmm

    Je trouve vraiment géniale l’idée de réduire le peloton dans la dernière partie de la course. Le problème avec les courses d’aujourd’hui c’est que le peloton est plus uniforme, mieux entraîné, mieux reposé. Les équipiers arrivent à contrôler la course ce qui condamne les leaders à une course d’attente. Ce qui rend les courses de Québec et Montréal plus spectaculaire est que le niveau des équipiers est moins homogène (dû à la fin de saison, la vuelta et aux championnats du monde)

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  • WEYER
    Soumis le 24 avril 2014 à 6:43 | Permalien

    Si Marc Madiot avait un coureur de la trempe d’un Gilbert ou Valverde pour jouer la gagne à la pédale sur ces classiques, il réviserait un peu son avis je pense…

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  • Yann
    Soumis le 24 avril 2014 à 6:49 | Permalien

    @ Zardoz. Si ca amène des contresens (tant que ce ne soit pas pris au premier degré), tant mieux, ca ajouterait du piment à la course. Ca en manque cruellement en ce moment.

    @ legafmm. Plutôt qu’une solution alambiquée avec élimination, pourquoi ne pas réduire les effectifs des équipes au départ des courses? A 5 coureurs maximum, ce serait déjà plus difficile à contrôler. Après quelques difficultés et incidents de courses, on se retrouve avec 2 ou 3 coureurs maximum par équipe (dont un leader) dans les 20-30 derniers kilomètres, au lieu de 4 ou 5 comme maintenant. Ca offrirait plus d’ouverture.

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  • Eric
    Soumis le 24 avril 2014 à 8:17 | Permalien

    Avant, le niveau était un peu plus hétérogène… Un cyclisme moins mondialisé avec des coureurs parfois Smicard ou guère mieux… De mémoire, il me semble qu’Eric Caritoux touchait 8000 francs par mois (1200 euros)lorsqu’il remporta le tour d’Espagne en 1984. La prime au vainqueur du général pour ce même tour d’Espagne n’était que de 40 000 francs (6000 euros). Cela parait dément aujourd’hui, mais je me rappelle que certains coureurs néo-pros des années 70-80, dans les petites équipes, avaient un contrat de 3 mois ou 4 mois pour faire le Dauphiné et le Tour de France puis qu’ils redevenaient des semis-pros au mois de septembre.

    Le problème est un problème de capitalisme…

    La solution semble évidente…

    – Seulement 4 coureurs par équipe au départ de chaque courses avec + d’équipes invitées.

    – Durcissement des délais sur les courses par étapes.

    – Sanctions de tous les gestes qui permettent de réintégrer un peloton sans pédaler (bidon collé, rouler dans les bagnoles, etc…

    – Suppression des oreillettes et des points UCI.

    Mais qui souhaite que les courses deviennent moins prévisibles (à part les spectateurs) ?

    Surement pas les cadors du peloton et encore moins leurs généreux sponsors…

    Et les organisateurs et les médias ? Oui… Mais sans trop fâcher non plus les généreux sponsors des grosses équipes qui contribuent eux aussi à leurs finances…

    Le pognon gangrène le sport. A moins qu’Olivier Besancenot devienne président de l’UCI et que Mélenchon nationalise tous les médias, c’est mort.

    Alors profitons du spectacle qu’on nous propose sur 1 seul km (c’est déjà mieux qu’un sprint d’une étape de plat du tour de France)… Plus c’est court, plus cela laisse de temps pour aller rouler 😉

    Si les organisateurs veulent que l’on continue à regarder la flèche, ils vont devoir se creuser un peu… C’est notre pouvoir de spectateur… Il est important.

    Puis franchement, les échappées de Thierry Marie était héroïque mais je me régale bien + de l’excellent Paris Roubaix 2014.

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  • bigmouse
    Soumis le 24 avril 2014 à 8:27 | Permalien

    pb de spectacle?

    c’est le meme pb que lorsqu’on évoque a distance pour justifier que tt les cycliste sont dopés, cad que ce n’est pas l’outil qu’il faut changer mais la façon dont on utilise l’outil!

    a partir du moment ou les coureurs, houps dsl les directeurs sportifs, décident de tt jouer sur les 5 dernières bornes bah qu’on fasse 470 km avant avec 18 cols de 10 km a 30% de moyenne bah on aura une course sur les 5 derniers km

    c’est plus les mentalités qu »‘il fait changer mais bon ca c pas gagné!

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  • alain39
    Soumis le 24 avril 2014 à 9:27 | Permalien

    Les commentaires sont très justes en mettant en avant le niveau renforcé du professionnalisme lié à l’arrivée de capitaux.
    De toute façon depuis très longtemps les baroudeurs ont du mal à gagner. Ce qui a changé depuis quelques années c’est le nombre de coureurs qui arrivent ensemble au pied de la dernière difficulté. Et surtout le fait que certaines équipes arrivent sur représentées et ainsi peuvent cadenasser la course. Le tout bien aidé par les oreillettes.
    Personnellement je n’ai jamais été emballé par les longues échappées qui m’ennuient. je ne nie pas le caractère sportif de ces performances mais bien souvent c’est synonyme d’une non course.
    La proposition de legafmm est certes innovante mais franchement du point de vue sportif et pratique c’est impossible à mettre en place. Le remède risque d’être pire que le mal puisque ça donnera encore plus de poids aux équipes sur représentées. Idem pour les équipes réduites à 4 coureurs. Ca dénaturerait le cyclisme en le transformant en pur sport individuel quelque part. Pourquoi alors ne faire plus que des chronos.
    Concernant le dopage et au risque d’agacer encore legafmm il est clair que ça influence le déroulement des courses. Il est difficile de mesurer l’impact sur chaque course mais il est évident que ça fausse les résultats et ce en modifiant les façons de courir.
    On ne court pas de la même façon dans un peloton de 20 coureurs que de 70. Ca roule plus vite et le moindre incident technique, erreur de placement, chute devient plus compliqué car il devient difficile de revenir devant. D’ailleurs l’accroissement du nombre de chute n’est peut être pas totalement étranger à cet état de fait. Ca frotte plus dans un peloton de 70 et alors les équipiers deviennent très précieux pour vous ramener devant et vous protéger. N’oublions pas que les équipiers à ce stade de la course ouvrent la route à leurs leaders et ce en jouant des coudes. Gilbert en a été victime hier en attaquant d’un peu loin le mur de Huy.

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  • legafmm
    Soumis le 24 avril 2014 à 11:06 | Permalien

    Le dopage a évidemment un impact alain, je suis d’accord, mais les instances dirigeantes, l’AMA ne parviennent pas à régler ce pb, qui ne le sera jamais à mon sens, il faut être réaliste.

    Concernant ma proposition, elle est très facile à mettre en place, au sommet d’une cote aussi difficile que huy ou la redoute, il est relativement aisé pour 1 ou 2 commissaires de faire le décompte, quitte à brandir le drapeau rouge (signifiant la disqualification) après le passage du 22 ou 23e coureurs (si on part du principe que seuls 20 peuvent poursuivre), puis en communicant via radio course aux directeurs sportifs.
    Je pense qu’en 2 ou 3 minutes, l’affaire serait réglée.

    Essaie de compter, tu verras, les 20 premiers sont très facilement identifiables
    http://www.youtube.com/watch?v=BbXDvRAE4fw

    On aurait au moins 30 à 40 km de spectacle, je pense que l’on pourrait au moins tester (cette solution ou une autre), car tout le monde s’accorde à dire qu’il y a un pb.

    Réduire à 4 ou 5 coureurs au départ, cela va mettre bcp de coureurs sur le coté, et peu de place pour les jeunes, je ne suis pas trop favorable.

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  • alain39
    Soumis le 24 avril 2014 à 12:28 | Permalien

    @legafmm
    Je maintiens que d’un point de vue pratique ce serait dangereux et contre productif.
    On verrait une sur représentation de quelques équipes et donc la course serait encore plus cadenassée.
    On ne peut pas transformer les classiques en course de keirin.
    En fait ça reviendrait à faire courir 2 courses avec une première de sélection et une seconde pour la gagne. Un peu comme en F1 avec les qualifications successives qui d’ailleurs n’ont rien apporté.
    Ca briderait encore plus les façons de courir et quelque part on tendrait vers une sorte de figures imposées.
    Et puis combien de fois avons nous vu des mecs revenir de l’arrière s’imposer? De nombreuses fois et clairement à chaque fois que les mecs devant ne s’entendent pas et se regardent.
    Je ne peux souscrire à cette logique qui remet en cause les fondamentaux de ce sport.
    Toi même reconnait que le recours à des équipes réduites viendrait rompre les équilibres. Ta solution arrive par un chemin différent au même résultat.
    Certes il y a un problème mais il faut éviter les fausses bonnes solutions.
    Le premier problème et je suis content de te voir au moins le reconnaître est le dopage et cette course à l’armement à la dope. Il est faux de penser que ce n’est pas possible de lutter efficacement.
    Depuis des années l’UCI fait semblant et le dossier Armstrong le confirme puisque nous apprenons de plus en plus toutes les compromissions et autres magouilles avec l’UCI.
    Il est clair que des accords ont existé et que pendant des années les Mc Quaid et autres ont protégés Armstrong et d’autres dopés d’ailleurs. Quelques mois avant ses aveux Mc Quaid jurait n’avoir aucun doute sur la probité de Arsmtrong. Or on a appris à posteriori qu’ils ont caché son dopage.
    Il ne faut pas se méprendre au niveau du dopage si il est encore aussi fort dans le peloton c’est parce que rien d’efficace n’a été entrepris. On a seulement mis un habillage et compliqué la tâche des équipes. Mais jamais au grand jamais on a mis en place une politique qui pouvait l’empêcher. D’ailleurs les mensonges patentés, faux aveux , demi aveux, conditions préalables de mise en place de commission et même les fanfaronnades de certains qui promettent de donner leur version plus tard (Bruyneel pas plus tard qu’avant hier) confirment que la peur n’est pas dans leur camp.
    Ils savent que les dossiers ne seront pas instruits jusqu’au bout et que de toute façon pour la plupart ils pourront toujours revenir dans le milieu cycliste.
    Vino, Riis, Jalabert, Valverde, Rebellin, Schleck, Virenque, Contador, et tous les autres sont là pour nous le rappeler.
    Le dopage a toujours fait partie de ce sport et donc il existe une véritable culture. Seulement avec la science ce dopage est devenu incontrôlable et il a tout changé. A cela ajoutez le professionnalisme à outrance et vous avez les ingrédients de cette dérive qui se manifeste à tous les étages et notamment dans les stratégies de courses.
    On a les fruits de ce que l’on sème.

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  • Eric
    Soumis le 24 avril 2014 à 1:06 | Permalien

    Est ce qu’il est impossible d’avoir une course d’équipe avec 4 ou 5 coureurs par équipe ?

    Non… Surement pas… Par contre, le contrôle de la course serait rendu plus difficile.

    Avec moins d’équipiers, il vaut mieux organiser une course de mouvements en tentant d’être présent dans les échappées sérieuses.

    Cela ne signifie pas qu’il y aurait moins de partant si tenté que l’organisateur inviterait + d’équipes. Cela serait d’ailleurs un sacré coup de pouce pour les petites formations qui ont moins de moyens financiers.

    + de leader – d’équipiers = difficile de s’entendre pour organiser la course.

    Mais ce n’est que supputation intellectuelle car il y a le poids des traditions et que l’on assiste à une augmentation des effectifs avec des formations contant pas loin de 30 coureurs par team. Les grosses formations n’auraient qu’un souhait, ce serait de présenter quelques coureurs supplémentaires au départ des grandes courses. Puis elles n’ont pas envie de laisser courir les petites formations sur leurs courses.

    Aurait-on + de spectacle avec une course à élimination comme pratiquée lors des courses des Six jours (cyclisme sur piste), qui ne laisserait que les 20 premiers se disputer la victoire ? Peut-être, mais là c’est l’esprit du cyclisme sur route qui est entièrement chamboulé et ce n’est pas dit que cela soit plaisant, perso je déteste l’épreuve d’élimination en cyclisme sur piste… Cette course dans la course et qui plus est par l’arrière ne m’a jamais plu… Serait-il facile de compter les 20 premiers en prenant exemple sur la course qui a eu déjà lieu? En prenant exemple sur la course de mercredi, oui, surement. Mais c’est sans anticiper sur les changements stratégiques si le règlement évoluait. Dans une « élimination » sur piste, il est souvent difficile de déterminer le coureur qui doit être éliminé. Cela frotterait moins dans les derniers km mais ce serait un sacré bordel à l’avant dernier passage du mur de Huy. La comparaison avec le ski alpin est, il me semble, inappropriée. Seuls les 30 premiers d’une épreuve en deux manches prennent le départ de la deuxième manche mais l’on n’a jamais arrêté un coureur au milieu d’une manche parce qu’il était en deca des 30 sur le temps intermédiaire…

    Par ailleurs, comme l’indique Alain, les grosses équipes seraient encore + représentées dans le final et l’on y gagnerait pas forcement en lisibilité et en spectacle. Puis cela doit rester du cyclisme, pas les jeux du cirque…

    Par contre on gagnerait à durcir les délais dans les courses par étapes. Mais là tu passes pour un révolutionnaire… Va dire à Contador qu’il va faire la dernière semaine de course sans porteur d’eau…

    D’ailleurs, les coureurs savent se jouer des règlements, dans les grandes et surtout longues étapes de montagne, pour que presque tout le monde rentre dans les délais, le premier col ou la moitié du premier col sont souvent grimpé à allure cyclosportive… Et attention à celui qui ne respecterait pas la consigne, les tauliers du peloton le lui feraientt payer très cher.

    Plus de 50 minutes pour grimper le col de l’Iseran par Val d’Isère lors du dernier passage du tour alors qu’il parait que Cappuci, en son temps, était monté en (environs) 42 minutes…

    Le vélo (surtout chez les pros), c’est une petite mafia, loi du silence, tricherie, règlement de compte et petits arrangements entre amis.

    Qui sait, c’est peut être aussi ce qui fait son charme ?

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  • Eric
    Soumis le 24 avril 2014 à 1:22 | Permalien

    J’allais oublié « Le vélo (surtout chez les pros), c’est une petite mafia, loi du silence, tricherie, règlement de compte et petits arrangements entre amis. »
    Mais c’est aussi drogue, trafiques en tous genres, mensonges, etc…

    Comme le dit Alain le dopage sanguin influe lui aussi sur la physionomie de la course.

    Et pourtant, l’on continue à regarder les courses et à s’intéresser au courses… Sinon, on n’aurait pas lu ni écrits des commentaires.

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  • Soumis le 24 avril 2014 à 1:38 | Permalien

    « Et pourtant, l’on continue à regarder les courses et à s’intéresser au courses… Sinon, on n’aurait pas lu ni écrits des commentaires »…Bien dit Eric!

    de toutes facons, il est juste que les coureurs /DS adapteront les reglements a leur facon.
    Le probleme n’ est pas nouveau , ou a meme ete pire: je me souviens des annees avec Merckx, dont l’equipe litteralement cadenassait le Tour pour proteger le maillot jaune, il n’y avait meme pas de place pour des « no name » s’echapper, et le peloton prenait souvent un gros retard sur l’horaire pre-etabli…l’ennui…
    Mais Merckx nous offrait des moments sublimes selon son bon vouloir, lorsque l’on ne s’y attendait pas.
    Il suffit peut-etre d’un ou 2 vrais champions hors norme pour nous faire oublier cet ennui…en ce moment c’ est confus , je n’en vois pas trop…

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  • Josef Koba
    Soumis le 24 avril 2014 à 1:41 | Permalien

    Débat très intéressant. Qu’on les soutienne ou non, les propos de Madiot ont au moins une vertu : créer une vraie discussion.
    Si je peux apporter un point de vue, je crois qu’effectivement les courses sont moins intéressantes aujourd’hui qu’elles ne l’étaient jusqu’au dernier âge d’or du cyclisme, à savoir les années 1980 : souvenez vous de Lemond bataillant avec Madiot, Vanderaerden et Kelly dans Paris-Roubaix. Deux problèmes : le scénario monotone, l’absence de champion tout-terrain. Les seuls classiques intéressantes sont en général Le Tour des Flandres pour l’engouement et le parcours et Milan San Remo parce qu’il maintient, tant bien que mal, une sorte d’équilibre entre les profils de coureurs (puncheurs, rouleurs, sprinteurs y ont leur chance).
    Pour y voir plus clair, il convient avant tout de pointer les changements : les oreillettes assurément ( et tout autant le micro du directeur sportif), les points UCI, pas le dopage. Il existait déjà à cette époque. N’oublions pas enfin le trop grand nombre de coureurs par équipe : 25-28 coureurs par équipe, cela devient prétexte à spécialisation, à préparation « scientifique ». C’est à mon avis beaucoup plus problématique que les 8 ou 9 coureurs engagés par course. Si les équipes comportaient entre 15 et 20 coureurs se seraient beaucoup mieux : les champions se distingueraient sur les grandes courses, s’entendraient sur les moyennes ou les laisseraient aux leaders de rang 2, iraient s’entraîner sur les courses de rang 3 qu’ils laisseraient aux sans-grades et aux coureurs d’avenir.
    A vouloir créer des écuries (des team comme on se plait à l’écrire aujourd’hui), on a voulu singer la formule 1 avec le même résultat : des turbos, du ronron et de l’ennui, beaucoup d’ennui.

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  • legafmm
    Soumis le 24 avril 2014 à 1:49 | Permalien

    La comparaison avec l’alpin, c’était juste pour dire que si coureur disqualifié persistait sa course, il aurait une amende, comme ds les épreuves de slalom (un skieur qui enfourche doit stopper net sa course, il ne doit pas poursuivre en espérant que les juges ne l’on pas vu).

    Dire que c’est compliqué d’arrêter un coureur n’a pas de sens (les slalomeurs y arrivent bien), il suffit d’appuyer sur les freins, en plus au sommet d’une bosse comme Huy, la vitesse n’est pas excessive.

    « un sacré bordel à l’avant dernier passage du mur de Huy », pourquoi ? cela se déroulerait comme lors d’une arrivée de course tout simplement, avec 1 ou 2 juges qui font le décomptent et qui brandissent un drapeaux 1 fois le 20e coureurs passé, les suivants comprendront aisément que la course s’arrêtent là pour eux, si il y a un doute sur 2 ou 3 coureurs, l’organisation avertie les DS qui eux la retransmettent aux coureurs via oreillettes.

    coté organisation, je ne vois aucun obstacle majeur, par contre, je reconnais que cela change l’esprit de la course, mais l’esprit est elle actuellement satisfaisante ? non.

    sur représentation des grosses équipes, là n’est pas le pb, ce que je veux en introduisant cette règle, c’est rendre la course plus intéressante à suivre pour le téléspectateur, je ne cherche pas à favoriser les petites équipes.

    si on prend l’arrivée de la fleche wallonne, cela donnerait 1 movistar, 2 garmin, 2 omega, 2 belkin, 2 lotto, 2 orica, 1 bmc, 1 tinkoff, 1 cofidis, 2 astana, 1 lampre, 1 IAM, 1 trek, 1 katusha

    grosso modo, on aurait la même répartition à 3 ou 4 éléments près, les meilleurs après 170 km sont les mêmes après 200.

    franchement, ça mériterait d’être testé au moins 1 fois, et la fleche wallonne, la plus prévisible des classiques, est celle ou c’est le plus simple à organiser.

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  • PatM
    Soumis le 24 avril 2014 à 4:06 | Permalien

    Et pourquoi ne pas permettre les oreillettes, mais seulement sur un canal du directeur de course?
    Comme ça plus aucune stratégie par les équipes dû au oreillettes et sécurité plus assuré que sans s’il y a un pépin tel que l’autobus Green Edge
    bloqué à l’arrivée!

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  • otto lilienthal
    Soumis le 24 avril 2014 à 4:32 | Permalien

    Steve Chainel (AG2R), le « flandrien »… :

    http://rue89.nouvelobs.com/rue89-sport/2014/04/12/steve-chainel-coureur-paris-roubaix-passe-lessiveuse-251297

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  • Soumis le 24 avril 2014 à 4:51 | Permalien

    On aimerait tous ca mais c’est impossible : il y a beaucoup trop d’enjeux financiers.
    L’argent tue le sport disait-on?

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  • p'tit lucien
    Soumis le 24 avril 2014 à 5:01 | Permalien

    éliminer le gros du peloton à l’avant-dernière difficulté pour ne laisser continuer que les vingt premiers: ça me paraît quand même trop radical et surtout terriblement frustrant, autant pour les coureurs concernés que pour les spectateurs. Pourquoi pas plutôt un système de bonifications (par ex. au 2e passage du Mur de Huy dans le cas de la FW), partant de 30 secondes, et régressif de 1 par 1 jusqu’au 30e: là ça peut aussi pas mal influencer les résultats à l’arrivée finale et dès lors le déroulement de la course !

    Quant aux échappées héroïques d’antan, il y a quand même (au moins) deux belles exceptions datant des « temps modernes » du cyclisme: Andy Schleck au Galibier en 2011 (échappé depuis l’Izoard) et Thomas De Gendt au Stelvio en 2012 (échappé depuis le Mortirolo). Et chaque fois était en jeu la place de premier au classement général ! Des grands moments, quand même !

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  • Arnaud
    Soumis le 24 avril 2014 à 5:04 | Permalien

    Il ne faut pas être nostalgique et idéaliser le passé.
    Par exemple, reprenez les vainqueurs des classiques de l’année…1982!
    Au hasard l’année 1982 nous avez montré un enterrement de
    première catégorie de tous les leaders. Les vainqueurs furent des seconds rôles et les course furent ennuyeuses.
    En 1982 Il n’y avait ni oreillettes, ni points UCI !

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  • Eric
    Soumis le 24 avril 2014 à 5:27 | Permalien

    En ski alpin, quand tu enfourches, tu te dois de t’arrêter car c’est le règlement point barre. Le coureur qui persiste est disqualifié et peu écopé d’une amande mais aussi d’une interdiction de courir sur les épreuves suivantes. Tu peux aussi être disqualifié pour 1 mm de trop d’épaisseur de chaussure ou d’épaisseur de l’ensemble ski + plaque ou pour avoir déchaussé avant la zone prévue à cet effet, tu peux aussi être disqualifié sur les épreuves de vitesses pour ne pas avoir stoppé ta course alors qu’un commissaire de course à sortie son drapeau jaune…

    C’est un sport qui attire celui qui aime les règles et l’équité.

    Tout est très calibré, l’ordre de départ, le matos (longueur des skis, épaisseur au patin, radius, hauteur de l’ensemble ski plaque et chaussures, tissu des combinaisons), manière de prendre le départ, etc… Note bien que la FIS à beau prévoir tous les cas de figure, il y a des fois un petit malin pour réussir à dévoyer l’esprit du sport comme dans la deuxième manche du slalom olympique de Sotchi… Le traceur de chaque manche est tiré au sort parmi les nations dites du ski (famille de nation où l’on appartient si les coureurs du pays sont présents dans la hiérarchie mondiale) et le règlement laisse une liberté pour les esprits tordus.

    Le vélo, c’est l’éloge de la magouille, filouterie et compagnie à tous les échelons… Se démerder pour être bien placé sur la ligne de départ (non sanctionné), se démerder pour s’économiser quelques coups de pédales quand l’on prend un bidon (non sanctionné), savoir simuler une panne pour s’accrocher à sa voiture (non sanctionné), faire semblant de merder avec son dérailleur pour louper un relais (geste jamais vilipendé par les consultants, tous anciens cyclistes). Bon ils ont enfin réussi à les obliger à s’arrêter aux passages à niveau et à porter des casques. Tout n’est donc pas perdu…

    Ce n’est pas compliqué d’arrêter des coureurs mais s’ils passent à plusieurs la ligne et que, comme par hasard, l’oreillette tombe en panne, s’ils ont eu un incident mécanique, s’ils ont été pris dans une chute, si… Et oui ce serait un sacré bordel si en plus de devoir gagner il faut absolument passer la ligne dans les 20 premiers à 20 km avant l’arrivée. Tu auras encore + de chance d’avoir une course d’attente jusqu’à l’avant dernier passage avec encore plus de bousculade car ce sera aussi la guerre des équipiers et ce n’est pas du tout dit que cela donnerait 1 movistar, 2 garmin, 2 omega, 2 belkin, 2 lotto, 2 orica, 1 bmc, 1 tinkoff, 1 cofidis, 2 astana, 1 lampre, 1 IAM, 1 trek, 1 katusha.

    De toute manière, la mafia est un milieu conservateur et traditionnel alors les coureurs et les directeur sportifs refuseront ta proposition.

    Le dopage existe depuis la nuit des temps mais le dopage sanguin à quelque peu changé la donne… Alors comment définir un ordre ?

    1) Les points UCI (qui donnent de la valeur à une place d’honneur)

    2) Les oreillettes

    3) le dopage

    4) la professionnalisation et la mondialisation

    Ou l’inverse ???

    Là n’est pas la question… L’UCI est un repère de chef de bandes qui a perdu toute crédibilité et toute autorité… C’est les sponsors qui font les lois et qui décident de l’acceptable (souvent) ou de l’inacceptable (trop rarement).

    Et là, l’esprit est plus que satisfaisant quand on voit le pognon qui circule dans le vélo et les audiences télés comparativement à la plus part des sports (sauf le foot, le tennis, la F1,le rugby, le basket et d’autres…). Là, l’on peut comparer avec le ski alpin ou le triathlon (où tu peux être déclassé pour t’être débarrassé de ton coupe vent)et se dire que le respect des règles ne paient pas en matière d’audimat.

    Un moyen simple de rendre la course plus intéressante quand le parcours est insuffisamment sélectif serait justement qu’il y ait plus d’équipes et que l’effectif dans chaque équipes rende la course difficilement contrôlable. Ils ne devraient pas être permis de regrouper les meilleurs dans aussi peu d’équipes. Si, les effectif par équipe étaient plus faibles, il y aurait de facto une meilleur répartition des coureurs… S’il y avait + d’équipes cela ferait aussi + de parts dans le gateau et de plus grandes difficultés pour les différentes équipes à contrôler la course… Cela me rappelle Roberto Héras qui faisait l’équipier pour L.A. alors qu’ils était parmi les meilleurs grimpeurs… Navrant. Mais ce n’est pas prêt de changer! Et je ne parle pas des coalition d’équipe moyennant quelques enveloppes en espèce… Même les victoires s’achètent, alors les équipiers…

    Franchement, ce qu’il faudrait essayer c’est réussir à nous passionner pour des courses de villages entre cadets où la compétition est encore un jeux.

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  • alain39
    Soumis le 25 avril 2014 à 3:51 | Permalien

    Voilà un sujet qui est animé et ça fait plaisir.
    les idées foisonnent et je crois percevoir une certaine dispersion.
    Il faut revenir à la remarque de Madiot qui reproche en premier lieu le classement UCI et donc cette quête de point qu’il implique.
    Partant de là les courses saucissonnées telles qu’envisagées par legafmm ou encore la réduction du nombre d’équipiers ne sont pas des réponses. D’ailleurs pour ma part je pense qu’au contraire ce sont des remèdes qui vont aggraver la situation.
    En arriver à mettre en place des courses par élimination me fait vraiment peur car justement ça va encore plus cadenasser la course et lui ôter toute spontanéité. On répondrait à des scénarios établis par la mise en place de règles encore plus strictes. C’est vraiment essayer de soigner le mal par le mal et mis à part pour la gueule de bois je ne connais pas d’autre exemple où ce dicton s’applique.
    Madiot remet sur la table le pb des points UCI qui dès sa mise en place avait été contesté par des mecs comme Guimard, Fignon et Hinault. Ils avançaient le risque de dénaturer le cyclisme et en premier lieu celui d’émiettement des équipes puisqu’elles allaient se batailler à la fin de chaque saison les plus gros coureurs en matière de points UCI. Ca voulait dire des équipes affaiblies et une difficulté à construire des équipes fortes autour de leurs leaders. Ce risque a été évincé par l’arrivée massive de capitaux et donc les concentrations de bons coureurs ont été dictés sur de purs critères financiers.
    Sur ce point je rejoints Madiot qui met en avant le fait que le principal effet néfaste est la mise en place de stratégies visant à réduire les aléas pour ainsi gagner le plus de points possibles et ce au détriment de tactiques audacieuses visant la victoire. Nombre d’équipes déploient des stratégies non pas pour gagner la course mais pour marquer le plus de points.
    Les plus faibles se lancent dans des échappées perdues d’avance uniquement pour montrer le maillot.
    Il y a bien évidemment d’autres phénomènes qui sont venus renforcer ces stratégies de courses dont les oreillettes, mais il est évident que l’attribution de points est une des causes principales.
    S’offrent à nous plusieurs solutions mais clairement elles vont toutes porter sur l’attribution de points et sur des contraintes poussant les équipes à développer des stratégies plus agressives.
    Donner des points aux échappées, lors de sprints intermédiaires, au nombre de coureurs finissant la course, pour l’agressivité etc..
    On peut réfléchir à quelque chose de plus sophistiqué que le système en place et ainsi aussi mieux valoriser le travail des équipiers et des seconds couteaux.
    L’UCI n’a jamais lancé un seul chantier en ce domaine alors que franchement je pense que ce n’est pas insurmontable et que ça devient une priorité.
    Combiné à ça une vraie politique de lutte contre le dopage et alors on peut raisonnablement espérer des changements.
    Madiot a le mérite de soulever un vrai pb. Il serait bien aussi qu’il fasse des propositions car ce serait un bon moyen de mettre une pression plus forte sur l’UCI et essayer de faire bouger les lignes.

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  • Josef koba
    Soumis le 25 avril 2014 à 6:24 | Permalien

    Imaginer une course par élimination est tout sauf réaliste. Peut on imaginer qu’à 25 km de l’arrivée ceux qui sont au delà de la vingtième place à 25 secondes aient course perdue ? On aurait des courses totalement cadenassées sauf sur 2 fois 3km. Et je suppose que l’élimination serait au sommet d’une butte…
    Et pourquoi pas courir les classiques comme le Paris-Dakar, un départ toute les minutes, ou alors par vague de vingt, ou bien en courant 200m pour arriver à son vélo comme au Bol d’or ? Il faut cesser les analogies avec les autres sports, revenir à ce qui marchait ou en tout cas faisait l’intérêt du cyclisme : des équipes de 15 coureurs, moins de dispersion, pas d’oreillettes, pas de spécialistes mono fonctionnels, et peut être moins d’attente ou d’espérance pour les semi-classiques qui doivent redevenir ce qu’elles étaient par ex le grand prix e3 ou la flèche brabançonne …

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  • Josef koba
    Soumis le 25 avril 2014 à 6:35 | Permalien

    j’en oubliais une bien bonne, une vraie solution : et pourquoi pas un arrêt aux stands pour changer les pneumatiques, se ravitailler….et … recharger la batterie du vélo de Cancellara…

    N’oublions pas une donnée : malgré le story telling et la com’, ennui : moins d’audience : moins de diffusion hors des chaînes sport : moins de pages dans les journaux en Europe : croissance extensive ( trouver de nouveaux marchés émergents) : un cyclisme dénaturé…. On y est. Ce sport est donc à un moment crucial…

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  • Eric
    Soumis le 25 avril 2014 à 7:55 | Permalien

    @ Alain :

    Je suis d’accord avec toi pour les points UCI. Je pense même que si le mal a plusieurs causes, celle-ci est peut être la plus déterminante.

    A quoi servent les points UCI ? A établir un classement pour courir entre gens de bonnes familles…

    C’est le bébé des sponsors accouché avec la bienveillance de l’UCI.

    Peut être que dans l’intérêt général le mode d’attribution des points pourrait être modifié… 80 % des points attribués à l’unique vainqueur…

    Un règlement alambiqué et des classement spécifiques pour animer la course comme dans les courses par étapes ? Oui, pourquoi pas, à condition que cela ne soit pas pris en compte pour la victoire finale car cela risquerait de dénaturer la course. Je préfère voir des coursiers user de stratégies pour passer la ligne en premier que des couraillons qui font les sprints bonifs pour amuser le chaland qui ‘s’ennuie devant son poste de télévision. Question de gout, c’est personnel.

    Par retour d’expérience, je continue de penser qu’une diminution du nombre de coureurs par équipes participantes (et donc un plus grands nombre d’équipes au départ) permettrait une course plus débridée, et plus particulièrement sur les courses par étapes, s’il y est associé à un durcissement des délais d’élimination.

    Si les mecs arrivent à 50 dans la dernière semaine et avec le souci de ne pas perdre les derniers équipiers, cela risquerait de pas mal changer la donne…

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  • legafmm
    Soumis le 25 avril 2014 à 8:29 | Permalien

    Josef koba, à l’arrivée d’une course, le 23e à 10 secondes du vainqueur a perdu (et il s’arrête bien une fois la ligne franchie, non ?), il n’a rien, pas de points uci, nada. Il ne va pas demander à l’organisateur de rallonger le parcours de 10 km, histoire de lui laisser une 2nde chance de faire un meilleur résultat.

    Qui a t’il de si différent d’arrêter 25 km avant si tu ne remplis pas les conditions pour poursuivre, qu’est ce qui change par rapport à une arrivée normale, rien du tout hormis le fait que les 20 premiers continuent.

    Sue ce système ne soit pas dans l’esprit du cyclisme, ok je ne peux pas le contester, mais je ne comprend pas pourquoi cela vous semble inconcevable à organiser, de mon point de vue, c’est même très simple, presque enfantin.

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  • Pierdelune
    Soumis le 25 avril 2014 à 8:49 | Permalien

    Les oreillettes sont certainement un des éléments qui pourrissent le cyclisme pro aujourd’hui. Les coureurs sont devenus les marionnettes des DS.

    Mais il parait qu’il y a pire depuis peu. Avec l’avènement du système Shimano DI2, il est dorénavant possible pour les DS de choisir le développement utilisé par les coureurs. La liaison par Bluetooth entre un smartphone et le dérailleur du coureur permet au DS de changer le développement utilisé par le coureur sans lui demander son avis. Ce système serait déjà en application chez Sky et testé par d’autres équipes.

    On croit rêver, le coureur devient un animal, sans intelligence. Non seulement il ne peut pas décider de sa stratégie, mais il ne pourrait plus choisir son développement en fonction de ses sensations

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  • Soumis le 25 avril 2014 à 9:04 | Permalien

    @legafmm :

    On aurait donc une course comprenant :

    -une première arrivée à l’issue de laquelle seuls les 20 premiers continueraient encore durant pendant 25 km

    -puis une deuxième arrivée qui déterminerait le vainqueur final.

    ……

    Je te dis pas le bordel à l’abord de la première arrivée. Comment ça va se gérer un truc pareil . Une arrivée qui n’en est pas une vraie, donc il ne faut pas tout donner, il faut en garder sous la pédale pour la deuxième arrivée, celle pour la gagne. Les leaders auraient tout intérêt à faire rentrer le maximum de leurs équipiers pour augmenter leurs chances dans la deuxième arrivée. Ça sent la foire d’empoigne.

    …….

    Et la première arrivée devra obligatoirement se trouver au sommet d’une grosse difficulté de façon à ce que les commissaires puissent fermer la route derrière le 20ème coureur.

    …….

    Je ne dis pas non, pour voir ce que ça donnerait. Ça serait amusant 😉

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  • Josef Koba
    Soumis le 25 avril 2014 à 9:09 | Permalien

    @legafmm
    Je ne vois pas l’intérêt dans l’absolu d’un système qui ferait que des équipiers, sachant très bien qu’ils seront éliminés, se livreront à fond pour cadenasser la course afin de mettre leurs leaders dans les dispositions les plus propices. Et voilà le retour des trains, façon Sky, 5 coureurs devant qui étirent tout le monde dans la montée…
    On peut toujours essayer.

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  • alain39
    Soumis le 25 avril 2014 à 9:30 | Permalien

    @legafmm
    J’ai mieux: des sprints par lot de 4-5 coureurs.
    Ca a existé au niveau des jeunes amateurs et ça s’appelait le km rustine. ca se courait au niveau départemental, régional, puis une finale nationale.
    Exercice spécifique qui n’a jamais été assimilé à une course et sur lequel je m’étais personnellement bien amusé.
    Selon ta logique, à quoi ça sert de faire un second sprint si tu ne finis pas dans les 2 premiers du précédent sprint?
    Cette logique poussée à l’extrême, on fini par annuler la course en peloton car à quoi ça sert de participer si on a peu de chance de gagner.
    Il est évident que cette idée revient en fait à créer une nouvelle discipline dans le cyclisme sur route mais en tout état de cause elle ne répond pas au pb des points UCI.
    Pas si idiot que cela car comme je le disais ci-dessus ça a existé. Mais c’était un truc à part.
    Appliquée sur un tdf ça pourrait consister en une élimination de x coureurs tous les jours et le dernier jour il n’en resterait plus que deux qui se départageraient au sprint sur les champs.
    Pourquoi pas mais alors il va falloir trouver un nom à cette nouvelle discipline: je propose « cycling gladatiors ».
    Au fait avez vous lu la dernière interview de big Tex. c’est du solide et le mec ne recule devant rien et il met tout le monde dans le même panier.
    Après avoir juré ne s’être jamais dopé maintenant il avoue le dopage des autres. Selon lui tout le monde se dopait.
    Il est incroyable et confirme combien il est pourri. Mais alors pourri jusqu’à l’os.
    Il va finir par concurrencer Jean Claude Vandamme.
    Il me fascine ce mec, franchement il est doté d’une telle amoralité que ça en devient un cas clinique.

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  • Regis78
    Soumis le 25 avril 2014 à 2:23 | Permalien

    Merci !!! pour ce sujet intéressant d’une part et surtout pour vos commentaires très riches d’autres part.
    Pas trop d’avis personnel mais juste que MADIOT est quand-même un personnage du cyclisme que j’apprécie même si ses coups de gueules dérangent certains.
    Sinon aucune illusion sur le cyclisme « moderne » actuel et l’ancien, magouille, arrangements, pognon, dopage Ect…
    Je vous rappelle pour mémoire que les arrangements dans le foot sont légions.

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