Tous les jours, la passion du cyclisme

 

Auteur/autrice : Laurent Page 38 of 354

Le Tour de l’actualité

C’est parti mon kiki:

1 – Dauphiné: un Colombien peut en cacher un autre.

Exit Egan Bernal (personne ne croit dans ton mal de dos en passant Egan), bonjour Daniel Martinez (EF), 24 ans, une autre trouvaille du cyclisme colombien, ça commence à faire beaucoup de trouvailles colombiennes depuis quelques années, c’est les Italiens et les espagnols qui sont jaloux.

Reconnaissons que Martinez a usé de la bonne stratégie lors de la dernière étape, attaquant au bon moment alors que Tibopino était isolé. Fred Grappe et Marc Madiot ont tellement travaillé depuis quelques années sur Tibopino pour en faire un vainqueur du Tour que mince, ils ont oublié de bien l’entourer… sauf pour Reichenbach.

On a toutefois vu Julian, Warren et Romain filer un petit coup de main à Tibopino dimanche dernier. C’est Marion qui ne savait plus où donner de la tête sur France Télévision!

Chose certaine, Primoz a dû manquer à Tibopino dimanche, avec le slovène les Jumbo-Visma auraient appliqué la technique « rouleau compresseur » et le Français aurait pu attaquer dans la dernière ascension au sein d’un gruppo compacto. Flute, au lieu de ça ce fut la panne de cannes à 3 kilomètres de l’arrivée. Nouvelle tuile, et c’est le psy de Tibopino qui se fait des couilles en or depuis un an…

À noter que le Québécois Antoine Duchesne, coéquipier de Tibopino, a été contraint à l’abandon sur ce Dauphiné.

LA révélation de l’épreuve: Sepp Kuss, il est américain (mais ca fait rien) détrompez-vous, c’est à cause de son équipe néerlandaise et de sa physionomie, tout le monde croit qu’il est néerlandais. L’étape de l’Alpe d’Huez lui est promise dans sa carrière.

En tout cas, le cuisinier de la Jumbo est sacrément précis, l’affutage au sein de l’équipe est démentiel, Kuss, Kruijswijk, Bennett, De Plus, Gesink, vous avez vu les gabarits? Pas un pet de graisse…

Mention très bien aussi au philosophe du peloton, Guillaume Martin, 3e du général. Ca fait plaisir de voir qu’un titulaire d’un master peut réussir dans le peloton pro; moi, ca n’a pas marché.

2 – Grêle. Pas facile cette année, Covid-19, Remco qui gagne tout, et on se chope la grêle dans le final de la 4e étape du Dauphiné. Les temps sont durs. Les dos sont meurtris.

3 – Lombardie. Samedi dernier sur le bord du lac de Côme, valait mieux faire terrasse à Bellagio que d’amener de la braquasse dans Sormano…

C’est en effet la canicule qui a durci la course et ramolli les cannes, les 20 premiers coureurs sur la ligne étant pratiquement tous arrivés seuls. Le 8e, Diego Ulissi, était déjà pointé à une plombe (plus de 5min) du vainqueur Jakob Fuglsang, un client pour le prochain Giro celui-là, même si Sean Kelly n’est pas d’accord.

L’état avancé de maigreur du 2e de la course, George Bennett chez Jumbo-Visma (tiens donc!), ne s’est pas arrangé avec la chaleur durant l’épreuve; à l’arrivée, son médecin a déclaré « un kilo de moins et je l’hospitalise« .

Enfin peu importe, c’est Remco qui s’en souviendra, il a raté un virage dans la descente de Sormano malgré ses disk brakes… by the way, z’avez remarqué vous que les Jumbo-Visma roulent freins à mâchoire, traditionnels? Comme quoi…

Anyway on peut dire Remco façon Merckx, le jeune prodige belge s’applique à répliquer le Cannibale en mimiquant même sa célèbre chute sur la piste de Blois, presqu’au même moment de sa carrière. Tout le peuple belge s’est ému de tant de respect du plus jeune pour le plus vieux.

Mais LA révélation de la course, c’est ce Alexandr Vlasov, 24 ans, russe, arrivé en 2020 chez Astana après deux saisons chez Gazprom. 3e du Tour d’Occitanie récemment, Alexandre Vinokourov lui fait manifestement du bien. Entre russophiles, on se comprend vite.

4 – Tour de France. Et si le dernier mot appartenait à… Covid-19, ce petit salopard? La pandémie repart clairement à la hausse en France, serais pas surpris d’un rebondissement moi. De nos jours, y’a que le Vendée Globe 2020 qui est tranquille… eux, ils ont le bon concept!

Moi, je propose le Tour de France en gravel bike cette année: 3400 kms en solitaire, tu dors quant tu veux (peux) dans ta tente que tu convoies sur ton vélo, on incorpore des sentiers de terre battue dans les cols, des check points, une GoPro sur chaque vélo et basta! La vraie aventure. Je mise sur Thomas DeGendt ou Tim Wellens pour les grands honneurs.

5 – Chutes. Remco au dessus d’un parapet (fracture du pelvis). Schachmann qui se paye une bagnole conduite par mémé dans Battaglia en Lombardie. Kruijswijk et Buchmann à la faute dans une descente du Dauphiné. Roglic à terre aussi. Y’a 10 jours, c’était Jakobsen au Tour de Pologne. La grogne s’amplifie, Lappartient et l’UCI sont nerveux. Que se passe-t-il?

Sûr qu’on veut du spectacle, quitte à défricher un demi-kilomètre de plus sur le sommet d’un col pour trouver une rampe à 20% en terre battue. La descente derrière? On s’en fout, c’est aux coureurs de faire gaffe (la descente du Plan de Bois dimanche c’était certainement du n’importe quoi). Les motos? Quelles motos? On s’en fout, regardez la jolie cascade que cette nouvelle rampe nous a permis de découvrir… Mémère est contente à la maison, c’est quand même joli la France.

6 – Ineos. Bernal roulait samedi matin du côté de Mégève, quelques minutes après que l’étape soit partie (merci à Edgar Allan Poe pour l’info). Mal de dos vous dites? Mais son physio n’était pas d’accord.

Les Ineos sont désormais en mode profil bas. Dixit Brailsford: « les mecs, on a 10 jours pour vous faire passer un pallier, alors on va se la jouer classique« .

7 – Movistar. Sont-ils encore en WorldTour?

8 – Astana. Under the radar. Méfiez-vous toujours d’Alexandre Vinokourov, il a du métier. Avec Fuglsang, Vlasov, Lopez, Feline, Lutsenko, Izaguirre (les deux) et Sanchez, il a de quoi faire en prévision du Tour et pour Vino, de quoi rire dans sa barbe, qu’il n’a pas d’ailleurs.

9 – Jumbo-Visma. À part l’anorexie, tout baigne dans la formation néerlandaise. Le favori du Tour? Moi, je mise Tom Dumoulin. Tranquille, Dumoulin. Fait pas de vagues. Serein, le mec. 7e du Dauphiné, personne remarque. Mais l’orage gronde… À ce stade-ci, il y a probablement juste une bonne chiasse pour le priver d’un petit festival sur le Tour!!!

10 – Trek-Segafredo. On joue l’esprit de famille, manifestement: Mollema, Ciccone et Nibali respectivement 4e, 5e et 6e en Lombardie. Porte retrouve du mordant. Ca peut donner quelque chose sur le prochain Tour de France, sur un malentendu on sait jamais. C’est Lance Armstrong, revanchard, qui frustre au micro de « The Move ».

11 – Education First. Mince, on avait misé Uran et Woods, on avait tout faux: c’était Martinez. Non mais c’est à cause d’Uran: on avait bien pensé à un Colombien, mais on n’a pas choisi le bon.

12 – Canyon. Warren n’a pas gagné, mais c’est pas la faute à son vélo pour cette fois: le nouveau Canyon CFR (pour Canyon Factory Racing) est de sortie. Beau matos!

13 – AG2R – La Mondiale. Ca continue de bouger: Lilian Calmejane vient de signer, en partance de Direct Énergie. Calmejane vs Latour, le match, pour savoir qui de Bernaudeau ou Lavenu est le meilleur directeur sportif en France. Après Guimard bien sûr.

14 – Mémé se dope. 80 balais, positive à la testo. C’est Gérard-Louis Robert qui est battu.

GBC 500: l’autre folle journée de Bruno Langlois

Ca se répète: après la folle journée de Bruno Langlois sur le Tour de Beauce 2019, voici la folle journée du bonhomme sur le Gravel BackPacking Challenge 500, samedi dernier.

Un chiffre: 18h44. Temps officiel, avec les (quelques) arrêts. Plus d’une heure avant le 2e. 17h30 sur le vélo, 29 de moyenne. Je souhaite bien du plaisir à ceux qui voudront s’attaquer à ce temps de référence l’an prochain! 

Bruno a partagé avec moi son expérience du GBC 500.

LFR: Bru, comique, le journal local Reflet du lac a d’abord annoncé le 2e de l’épreuve comme le gagnant.

BL: oui! J’suis arrivé 1h15 après lui, mais comme j’étais aussi parti 3h après lui, tu fais le compte… en fait, j’suis parti le dernier et j’ai remonté tous les participants un à un, sauf deux.

LFR: t’as attaqué l’événement dans quel état d’esprit?

BL: man, je n’avais jamais fait ca 500 km de gravel! Je savais pas trop à quoi m’attendre, c’est sûr que tu penses toujours à exploser, aux crampes… mais j’étais décidé à faire ça « one shot », straight from start to finish. Ça c’est finalement assez bien passé dans mon cas.

LFR: t’as roulé aux watts?

BL: pantoute. Au feeling, compte tenu de la distance à tenir. J’me suis mis dans un mode « contre-la-montre », mais sans taper dedans, jamais dans la douleur. Je montais les bosses facile, et je relançais l’allure derrière, en roulant vite sur les sections de plat, de faux-plat, les descentes aussi. Mon baromètre, c’était de ne jamais être essoufflé.

LFR: doit s’en passer des choses en 17h de bike!

BL: hey boy oui! j’ai fini détruit, les genoux surtout, sur les 100 derniers kilomètres ils me faisaient vraiment mal, pis je comprends pas trop pourquoi, j’ai jamais mal aux genoux. Sur les 50 derniers kilomètres, c’était comme un coup de poignard dans les genoux sur chaque coup de pédale. Ça me coûte probablement mon objectif, celui de tenir 30 de moyenne.

Mais à part ça, mon défi a vraiment bien été, pas de manque d’énergie, pas de crevaison, pas de chute. J’ai juste halluciné un peu par moment j’pense, je voyais plein de lapins blancs partout, j’pense qu’il y en avait des vrais dans la gang!!

500 kms c’est long, alors pour pas me décourager j’avais pas mis les kilomètres sur l’écran de mon compteur, c’était le gps qui était sous mes yeux. J’ai roulé, roulé, roulé, de 10h le matin à 3h30 du matin 19 heures plus tard, c’était difficile mais l’fun aussi. Tu vis des choses en solitaire. À un moment, la nuit, t’es vraiment seul au monde, c’est des sensations spéciales… pis là d’un coup, pu de batteries sur ma lampe de devant! Ça te ramène vite dans le concret!!! Le powerpack a pas trop rechargé la lampe, qui s’est mis en mode « économie », man, j’voyais « fuck all » et dans des routes de gravel, c’est comme important de prendre la bonne ligne. Failli frapper un porc-épic d’ailleurs, ouch, ça aurait pas été beau comme chute ça. Ça peut être gros, un porc-épic!

Par moment, peine nuit, y’avait de la brume en plus, c’était hallucinant, pis soudainement une silhouette humaine apparait sur le bord de la route, dans la noirceur… tu freakes un peu… c’était un épouvantail! Ca a marché…

J’me suis aussi fait insulter par un automobiliste en plein milieu de la nuit, alors que j’avais pas vu un humain depuis plus d’une heure… ordinaire mettons. Mais j’ai eu pleins de beaux moments, j’ai vu des étoiles filantes, j’me souviens du km 353, seul au monde, tu entres dans un état second avec la fatigue aussi.

LFR: tu avais préparé l’événement?

BL: non Laurent, aucune préparation physique spéciale. J’me tiens juste en bonne forme.

LFR: j’ai vu que l’épreuve était organisée comme les tous premiers Tours de France, avec des points de contrôle.

BL: exact! On avait des « check points » à rencontrer, chaque fois il fallait prendre une photo d’une affiche et l’envoyer par texto à l’organisation qui nous contrôlait ainsi. Sauf que des fois, tu trouvais pas l’affiche très facilement! J’étais en mode « against the clock » tout le temps, alors les check points, je voulais y rester le moins de temps possible. Aye, à l’un deux, on m’a offert bien gentiment un sac de savon, mais tu veux que je fasse quoi avec ton sac de savon à ce moment de ma vie?!

Une autre fois, la gentille dame voulait absolument me faire un smoke meat dans les règles de l’art, tout le kit… pis son grille-pain saute devant moi. Madame, j’va l’prendre comme ça votre smoke meat, faut vraiment que j’y aille là!!!

Tu peux aussi t’arrêter dans des dépanneurs. J’y ai acheté un sac de noix à un moment, j’étais écoeuré de manger sucré. Bonne idée!!! Aie, sur le sac de noix, j’ai pris 2km/h de moyenne, ça m’a remis su’l’ piton.

Pis une autre fois, le gars devant moi à la caisse du dépanneur commande pleins de gratteux, ça finit pu ses affaires, pis moi j’suis ben pressé, alors j’ai mangé ce que je voulais acheter derrière lui, pis j’avais pu rien à présenter au caissier une fois rendu mon tour. J’l’ai payé, pis salut, je suis en mode course moi.

LFR: bru, j’pense que t’a aimé ça…

BL: oui. Super belle organisation. Le staff était cool, l’accueil sympathique, une bonne ambiance, pis les gens t’encouragent. C’est vraiment un beau challenge dans une autre atmosphère que celle que je connais bien sur les courses sur route. Mais comme j’ai écrit sur mon Strava: #pastropsouventmettons

Le matos

Vélo Parlee Chebacco

Pneus Ultra Dynamico 42 de section (tubeless, neufs, avec liquide stan’s – zéro crevaison). Selon Bruno, le meilleur compromis est probablement des pneus de 38mm de section, compte tenu du parcours.

53-39, 11-34 (trop gros!)

2 compteurs Garmin (au cas où l’un deux fait défaut), parcours gps téléchargé

Cellulaire, un powerpack pour recharger

Lampe frontale, feux arrière. Une lampe de rechange est probablement une bonne idée…

5 cartouches de CO2, 3 chambres à air, beaucoup de bouffe (trop!), vêtements adaptés.

La mode gravel

Excellent court petit article (en anglais) sur l’actuelle mode « gravel bike ». Je rejoins les opinions qui y sont exprimées: le gravel séduit pour son côté plus « nature » qu’en cyclisme sur route, et plus « accessible techniquement » que le Mtb. L’idée de découvrir de nouvelles routes, de nouveaux points de vue, parfois des routes en forêt, attire aussi.

Et si vous voulez pousser l’expérience gravel au maximum, vous pouvez toujours vous inspirer du petit video ci-bas. Le Forest Gump du gravel, c’est lui!

Le GCB 500, ce week-end

Au moment où vous lirez ces lignes, ils pédaleront sur les routes de terre de l’Estrie, au coeur de ma région natale.

Le 1er (à ma connaissance) Gravel BackPacking Challenge 500, c’est ce week-end depuis Magog, près de Sherbrooke.

Au menu des participants, 500 kms à couvrir solo ou en duo, autonomie complète, 85% chemin de terre et 15% routes bitumées, 6 500m de dénivelé, temps maximum alloué 7 jours. La très vaste majorité des participants couvriront la distance en moins de temps que les 168 heures permises.

Cet événement s’inscrit totalement dans la mode actuelle au Québec, celle du « gravel bike » qui a décidément la cote.

On dirait qu’il y a des cycles (c’est le cas de le dire): y’a 10 ans, c’était le cyclisme sur route qui était en pleine explosion, le mtb étant alors moribond. Puis le mtb a rapidement gagné en popularité, fort de tous ces centres de pratique qui se sont développés rapidement au Québec. Les usagers y voyaient également une façon de fuir la tension existante sur la route avec les automobilistes. Enfin plus récemment encore, je dirais depuis 2-3 ans, le gravel bike explose, les usagers ayant du plaisir à rouler sur des routes de terre peu fréquentées, à moindre vitesse, et dans un esprit il est vrai moins « snob » que celui de la route et moins « technique » que celui du mtb.

Les 200 premiers kilomètres du Challenge 500 seront éprouvants pour les participants, avec de belles montées à travers la région du lac Memphrémagog. La fin du parcours sera moins difficile.

Fait intéressant et signe des temps actuels, les vélos électriques sont permis sur l’événement! (du moins une catégorie leur est réservée)

La moitié des lecteurs de ce site étant en France, je me demande si le « gravel bike » est aussi en explosion de l’autre côté de l’Atlantique? L’offre de routes de terre étant probablement moins importante en France, le concept est peut-être moins pertinent en France qu’au Québec… Amis(es) lecteurs(trices) français(es), n’hésitez pas à nous instruire en laissant un commentaire à cet article!

Le « vainqueur » de l’édition 2020, ou du moins celui ou celle qui bouclera la distance le plus rapidement?  Je mise sur Bruno Langlois. La députée fédérale libérale et ex-championne cycliste Lyne Bessette est également de la partie, question de garder la forme, même si la politique peut aussi être un sport extrême…

Gageons que comme ds tous les autres événements « extrêmes » du genre, le temps établi cette année pour boucler ces 500 kms deviendra une référence à battre l’an prochain, si l’événement perdure.

Quoi qu’il en soit, aux participants, n’hésitez pas à nous raconter votre expérience une fois l’épreuve terminée!

Vélo Cartel, le nouveau modèle

Une boutique de vélo. Parlee, plus récemment BMC. Du matos aussi, Enve, 100%, Easton, 4iii.

Des vêtements aussi, exclusifs: Pas Normal Studio, Café du cycliste, Katusha.

Un café, pour se restaurer. C’est tendance. Le café-cycliste je veux dire, pas se restaurer.

Un atelier vélo, pour l’entretien, les réparations, les ajustements.

Une salle réservée aux études de positionnement.

Une autre salle, plus grande et moderne, pour l’entrainement en groupe sur e-motion, avec vos pulsations cardiaques, vos watts, sur écran géant. Au moins 18 places.

Une salle de musculation.

Un vestiaire, faut bien se changer. Avant… et après.

Un entrepôt pour y laisser votre vélo l’hiver. Pratique par -25 degrés, avec 40cm de neige au sol. À Québec, ils connaissent.

Tout ca en un seul lieu.

Et sur Internet, un blog cycliste. Mais sans concurrence avec La Flamme Rouge!

Une communauté active sur Strava.

Des sorties de groupe, à la fois sur route et sur gravel bike. Notamment avec les Dimanche BarreTendre, dans la mouvance.

Vélo Cartel, dans la ville de Québec, c’est tout ça à la fois. Et à la clé, une communauté qui pédale à l’année, au sein de laquelle une émulation se crée autour d’une boutique de vélo pas tout à fait comme les autres.

Ça marche du tonnerre: le concept rejoint en particulier la génération des Milléniaux, aujourd’hui dans la trentaine, avide de qualité de vie, de fun à court terme sans se soucier du long terme, d’horaires flexibles, de liberté, de flexibilité, de communautarisme. Avec tout ça, pas surprenant qu’ils limitent tant leur fécondité! (déformation professionnelle ici)

À l’occasion d’un court séjour à Québec, j’ai pu faire une petite visite au Cartel, question d’aller saluer Bruno Langlois (dois-je vous le présenter?!) et son associé dans l’aventure, Kevin Lynch. Ils m’ont tous deux réservé un accueil sympathique.

L’aventure du Cartel a débuté il a quelques années, dans la suite de BL Coatching. L’idée de Bruno était bien sûr d’assurer sa reconversion après une carrière de cycliste pro, mais sans sacrifier sa qualité de vie. Kevin avait des idées d’affaire plein la tête. Le duo a fonctionné tout de suite, fort d’une belle complémentarité: Bruno, c’est le nom et les connaissances dans le domaine du vélo, le social, l’entraineur ; Kevin, c’est la rigueur nécessaire pour réussir en affaires, les idées nouvelles, les orientations, le socle fiable, il est toujours présent au Cartel.

Bien entourés, Bruno et Kevin peuvent aujourd’hui compter sur plusieurs autres collaborateurs pour faire tourner le Cartel, de diverses façons. Par exemple, David Desjardins, auteur notamment de Radio Bidon, alimente le volet « Histoires » du blog cycliste Cartel par des papiers souvent inspirés. On aime.

Je pense que ce modèle de boutique cycliste est l’avenir. Lancé par les anglais – notamment les « Clubhouses » Rapha dont un dans le quartier Soho de Londres – il y a quelques années, le concept de « boutique alternative » gagne en popularité. Parmi les plus abouties, je pense évidemment à The Service Course – La Fabrica du côté de Gérone en Espagne, à l’initiative de l’ex-coureur pro canadien Christian Meier.

Au Québec, il existe quelques endroits dans la même mouvance: Le Club Espresso à Montréal, Studio Vélo-Café cycliste à Drummondville par exemple, bien que présentant des différences. Je suis sûr que d’autres ouvriront.

Pas Normal Studio

Je m’intéresse de près aux vêtements cyclistes depuis 30 ans, et j’ai essayé un nombre important de diverses marques chaque année. Je pense savoir de quoi je parle. Ceux qui me côtoient connaissent aussi mon intérêt dans ce domaine. Être bien sapé sur un vélo, c’est important!

Depuis quelques mois, je roule notamment Pas Normal Studio, cette compagnie danoise qui propose des vêtements minimalistes, aux couleurs souvent neutres qui correspondent bien à la mode gravel par exemple.

Ben je peux vous dire que je suis impressionné par la qualité et le confort des vêtements de cette compagnie. Et j’ai comparé avec notamment des cuissards Assos dernier-cri récents, achetés à la boutique Manga Yio de Lugano. La référence, Assos? Je n’en suis plus très certain! Les cuissards Pas Normal Studio leur sont équivalents, du moins actuellement. Reste le test de l’usure. Je vous en reparle dans quelques mois.

Évidemment, avec Pas Normal Studio, il faut aimer les couleurs neutres, les agencements décalés. C’est la mode. Elle tarde à gagner le peloton pro… mais ca viendra je pense.

Bruno Langlois, l’entrevue éclair

LFR: Bruno, ta plus belle victoire?

BL: Laurent, assurément mon titre de Champion canadien acquis dans ta région à Ottawa, en 2016.

LFR: Matteo Dal-Cin et d’autres coureurs échappés avec toi avaient chuté dans le dernier virage.

BL: oui! et je l’avais anticipé! Je savais des tours précédents que ce coin-là était limite, on passait déjà serré à 50km/h, aucune chance que ça passait plus vite que ça. Dernier coin avant la ligne, j’ai vu que les gars roulaient beaucoup trop vite à l’entrée du coin et comme prévu, ils sont allés par terre. Le vélo, c’est aussi la tête, pas juste les jambes.

LFR: ta plus grosse galère?

BL: assurément cette course en Chine au début des années 2000, ça montait tout le temps et la météo était vraiment difficile. Celle-là, je ne l’oublierai jamais!

LFR: l’état du cyclisme sur route au Canada?

BL: comme tout le monde Laurent, ca m’inquiète.

LFR: le Tour de Beauce?

BL: une histoire spéciale entre lui et moi! 21 participations… et une seule victoire d’étape!!! Mais plein de bons souvenirs de grandes échappées et de belles galères aussi.

LFR: l’avenir?

BL: le Cartel… mais sans y laisser ma qualité de vie.

L’entrevue, Covid-19 oblige…

Nouveau Tour de l’actualité

Ca s’impose pour couvrir quelques nouvelles récentes: Dauphiné, Mondiaux, Mike Woods, et Alex Stieda.

1 – Dauphiné. Une chose est sûre: la guerre psychologique entre Jumbo-Visma et Ineos bat son plein. C’est la guerre! On l’a vu hier durant la première étape de ce Dauphiné, les Jumbo prenant le contrôle du peloton a l’approche de l’arrivée, et lançant sur orbite Wout Van Aert qui s’est imposé de belle façon.  Les Ineos n’ont pu faire mieux qu’une 3e place avec un Bernal qui était pourtant revanchard dans les derniers hectomètres de l’étape.

Incroyable Van Aert! Trois courses, trois victoires, c’est le meilleur coureur du monde en ce moment.

Et pour la petite histoire, je vous rappelle qu’un certain George Bennett chez Jumbo-Visma s’est imposé hier sur le Gran Piemonte en Italie. Je suis de ceux qui croient que les Jumbo seront vraiment très, très forts sur le prochain Tour de France, Ineos peut se faire du souci. Tant mieux pour nous, le spectacle sportif n’en sera que meilleur.

Pour le reste, y’a vraiment que du beau monde dans les 35 premiers de cette première étape. Je vous le dis, on va se régaler dans les quatre prochains jours. Ne manquez pas ca!

Demain, 2e étape, 135 km avec un final intéressant: la côte Maillet à 40 bornes de l’arrivée pour lancer quelques attaques, puis la montée finale sur le col de Porte au dessus de Grenoble. C’est là que le nouveau match Jumbo-Ineos aura lieu.

2 – Mondiaux. L’UCI a annoncé hier que les Mondiaux de cyclisme prévu fin septembre à Martigny en Suisse étaient tout simplement annulés. La Suisse a mis en place des mesures anti-Covid-19 ne permettant pas les regroupements de plus de 1000 personnes, l’UCI n’avait pas d’autres options.

L’UCI cherche désormais un nouvel endroit, mais à 7 semaines de préavis, ça risque d’être compliqué pour un tel événement. Je ne vois qu’un groupe comme A.S.O. qui a les reins assez solides pour rapidement trouver une solution en travaillant avec ses partenaires fidèles. Plouay?

Je pense qu’on aura droit à d’autres rebondissements du genre à mesure que la pandémie reprend de la vigueur par endroit. La fin de saison pourrait être très perturbée.

3 – Mike Woods. Le coureur canadien a annoncé hier avoir signé pour l’équipe la plus… canadienne du peloton, malgré les apparences: Israel Start-Up Nation.

Aucune surprise!

Woods y retrouvera un environnement très familier, notamment avec Sylvan Adams (manager général, qui a vécu longtemps au Québec) et les coureurs canadiens Guillaume Boivin, Alexander Cataford et James Piccoli. Rappelons également que l’équipe a récemment signé un certain Chris Froome en prévision de 2021, et qu’elle compte déjà en ses rangs des coureurs comme Dan Martin, Davide Cimolai, Alex Dowsett, Andrei Greipel, Daniel Navarro et Nils Politt.

Je pense également que Mike Woods aura pu bénéficier d’une rallonge salariale dans l’affaire; à 33 ans, il n’a plus de temps à perdre et doit capitaliser sur ses succès récents. Je pense enfin que Woods y a vu une possible opportunité de reconversion, une fois sa carrière terminée: en travaillant avec Adam et en continuant de travailler avec son entraineur de longue date Paulo Saldanha, il est entouré de « son » monde et pourra probablement poursuivre sa collaboration au delà de sa carrière sportive, un élément qui aurait certainement été moins facile chez Education First.

Israel Start-Up Nation pourrait-elle mettre sous contrat d’autres coureurs canadiens? Il en existe de très bons qui ne rêvent que de passer à l’échelle supérieure. Cyclisme Canada et les fédérations provinciales se trainant lamentablement les pieds dans la revitalisation du cyclisme sur route, il est bien possible que l’actuelle planche de salut passe par la vision d’une équipe: pourquoi ne pas créer une équipe de développement Israel Start-Up, canadienne, question d’alimenter le haut niveau, façon AG2R – La Mondiale où, à une certaine époque, Rabobank?

4 – Alex Stieda. Le premier maillot jaune canadien de l’histoire (Tour 1986) a rejoint l’équipe de Flobikes, qui offre les courses en direct sur Internet aux nord-américains, moyennant un abonnement mensuel ou annuel. Une raison de plus pour considérer un abonnement sur ce site, Stieda étant intéressant et articulé.

Dauphiné: on va se régaler!

Les amis(es), c’est un Dauphiné Libéré passionnant qui s’amorce demain mercredi, et on va se régaler!!!

Cinq étapes en ligne. Cinq arrivées en altitude. Autrement dit, les grimpeurs/puncheurs seront à l’honneur toute la semaine!

Une étape longue, la première (219 kms), puis quatre étapes assez courtes (environ 150 bornes) et qui s’annoncent donc nerveuses. Chose certaine, toutes les étapes sont casse-pattes, propices à une course de mouvement lancée tôt, et susceptibles de faire travailler l’équipe qui voudra défendre le maillot de leader. Les images devraient également être très belles, avec ces cols du côté de la Chaine des Aravis, entre Annecy et Mégève.

Mais surtout, le plateau est exceptionnel. Il est vrai qu’on est à un peu plus de deux semaines seulement du départ du Tour de France, plus de temps à perdre.

Ca sera d’abord le match revanche entre les Jumbo-Visma et les Ineos. Jumbo débarque avec leurs gros joueurs, Roglic, Dumoulin, Kruijswijk, Gesink et Van Aert. Les Ineos, avec leur équipe « A » également: Bernal, Froome, Thomas, Castroviejo, Kwiatkowski, Sivakov, Geoghegan… Feu d’artifice assuré!!! L’ascendant psychologique, au sortir du Dauphiné, n’est pas négligeable en vue du Tour.

Thibault Pinot a fait de cette course un vrai test, et voudra rester au contact des deux formations ci-haut. À noter que la FDJ aligne également dans son effectif sur ce Dauphiné le Québécois Antoine Duchesne, ce qui est une bonne nouvelle en prévision du Tour. Si Antoine performe bien, une sélection sur le Tour sera probablement dans la poche.

Auteur d’un beau début de saison, Nairo Quintana chez Arkea-Samsic voudra aussi se tester, et on pourra également voir où en est Warren Barguil.

La WolfPack Deceuninck débarque avec Julian Alaphilippe, qui trouvera bien des terrains pour s’exprimer sur ces cinq étapes. Sans complexe, il y a tant d’endroits où il pourra tenter de surprendre le peloton tout entier…

Les Astana du vainqueur sortant Fuglsang s’amènent également, mais sans ce dernier qu’on repose un peu très certainement. Astana misera sur Miguel Angel Lopez. Hugo Houle n’est pas de la partie, il sera sur le Tour de Lombardie samedi prochain, avec un certain Mike Woods pour EF. Dans cette dernière équipe, c’est Rigoberto Uran qui sera le leader bien sûr, épaulé par un Tejay Van Garderen notamment.

Chez Movistar, Alejandro Valverde est de la partie, mais on ignore où il en est actuellement dans sa condition. Enric Mas et Marc Soler seront aussi à surveiller.

Richie Porte défendra l’honneur de la Trek-Segafredo, sans Bauke Mollema ou Julien Bernard cependant.

Chez UAE, le jeune prodige Tadej Pogacar assurera le leadership de l’équipe, mais pas de Fabio Aru. J’ai très hâte de voir ce que pourra faire Pogacar face aux grosses formations.

Romain Bardet sera également présent pour AG2R-La Mondiale, mais dans quel état d’esprit alors qu’il a annoncé hier qu’il quittait l’équipe pour rejoindra la SunWeb en 2021?

Parmi les autres coureurs à surveiller, Mikel Landa pour la Bahrain-McLaren, Emanuel Buchmann chez Bora-Hansgrohe, Dan Martin chez Israel Start-Up Nation, ainsi qu’Adam Yates che Mitchelton-Scott.

Ha oui! Un certain Peter Sagan est aussi de la partie, question de se préparer à une nouvelle conquête du maillot vert sur le Tour. Avec 7 maillots verts ramenés à Paris jusqu’ici, il est le recordman de ce maillot… en route pour un 8e titre? Ca devient presque lassant…

Suivre la course en direct

Pas simple depuis le Québec! J’ai souvent eu du succès avec Tiz-Cycling pour un stream gratuit, mais pas toujours facile avec ce site.

L’Équipe TV diffusera les étapes c’est certain, espérons sans géo-codage.

Vous pouvez essayer des sites comme Steephill.tv qui offrent une sélection de liens, certains pouvant parfois fonctionner depuis le Québec.

Sinon, des sites payants comme FloBikes sont probablement la meilleure option actuellement.

Si vous avez des tuyaux, n’hésitez pas à les partager ici.

Le Tour de l’actualité

1 – Milan San Remo. Van Aert, comme Alaphilippe en 2019! Il enchaine comme le Français l’an dernier les Strade Bianche, puis Milan SanRemo, excusez un peu.

On pourrait presque dire que l’étoile de son éternel rival en cyclo-cross, Mathieu Van der Poel, « seulement » 13e samedi, a pali face aux victoires remarquables de Van Aert. Chose certaine, ca ne doit pas plaire au néerlandais!

Pour le reste, l’action décisive a été celle de Julian Alaphilippe sur le haut du Poggio. Son accélération a mis tout le monde d’accord, et Van Aert à ce moment a même perdu quelques longueurs sur le Français, qui a basculé au sommet avec 3-4 secondes d’avance. Alaphilippe a-t-il perdu la course en décidant de laisser rentrer Van Aert, qui pouvait ainsi lui filer un coup de main dans les deux derniers kilomètres de plat? Peut-être! Mais ca roulait fort derrière, et il n’est pas sûr du tout qu’Alaphilippe aurait pu résister seul.

Ce qui pose la question: bonne ou mauvaise décision? Personnellement, j’aurais pris la même que lui!

À noter également, un certain Tadej Pogacar qui termine 12e, à 21 ans. Une autre pépite qu’il faut garder à l’oeil!

2 – Tour de Pologne. Encore un récital de Remco Evenopoel, qui a servi tout un numéro en partant seul à 50 km de l’arrivée de la 4e étape, et finissant avec plus d’une minute 30 sur un certain Jakob Fuglsang…

Evenepoel a gagné toutes les courses à étape auxquelles il a participé cette année. Un nouveau cannibale, vous dites? Mine de rien, il a engrangé 9 victoires en… 22 jours de course!

Évidemment, le fait marquant de ce Tour de Pologne est la spectaculaire chute de Fabio Jakobsen, qui fait vraiment froid dans le dos. Elle serait survenue à plus de 80km/h, et c’est déjà un miracle qu’il n’ait pas été tué sur le coup.

Jakobsen a été tassé le long des barrières par Dylan Groenewegen, qui fait désormais face à des sanctions de l’UCI. En attendant la suite, son équipe Jumbo-Visma l’a suspendu de toute compétition.

Pour moi, Groenewegen a clairement dévié de sa ligne, il était au départ de son sprint à plus d’un mètre de la barrière sur sa droite, puis referme progressivement la porte sentant remonter Jakobsen. La sanction devrait être exemplaire selon moi, et les premiers 500 euros d’amende imposée par l’UCI étaient dérisoires.

Il va falloir trouver une solution à ce problème récurent dans le cyclisme. Peindre sur la route des corridors fictifs sur les 150 derniers mètres, et obliger les sprinters à rester dans le corridor dans lequel ils amorcent leur sprint?

3 – Roglic vs Bernal, le match. Egan Bernal et son équipe Ineos ont fait toute une démonstration sur la 3e étape du Tour d’Occitanie il y a quelques jours. La fusée à étage, façon US Postal! D’abord Castroviejo, puis Froome, puis Geoghegan, puis enfin Sivakov pour lancer un Bernal qui a gagné détaché en faisant une grosse impression. Mention très bien à Thibault Pinot qui a su résister très longtemps avant de céder sur les derniers hectomètres de cette 3e étape.

Ben depuis, les Jumbo-Visma ont fait mieux sur le Tour de l’Ain, battant les Ineos de Bernal, Thomas et Froome sur les pentes du Grand Colombier.

Roglic, vainqueur de l’épreuve, et sa bande ont fait pété à la régulière les Ineos, avec Dumoulin, Bennett et Kruijswijk.

Jumbo-Visma est à l’heure en prévision du prochain Tour de France, aucun doute là-dessus! Enfin une belle équipe pour tenir tête aux Ineos si dominateurs depuis quelques années. Y’en a un peu marre!

4 – AG2R – La Mondiale. Ca bouge beaucoup au sein de cette équipe et je vous avoue franchement avoir du mal à suivre. Le départ de Romain Bardet pour SunWeb a été confirmé ce matin, de même que l’arrivée de Greg Van Avermaet, qui quitte CCC en difficulté financière. Pierre Latour a signé chez Direct Énergie, l’équipe change de vélos (Merckx pour BMC), ajoute un nouveau sponsor Citroen, et semble donc se ré-inventer totalement, avec assurément davantage d’ambitions sur les Classiques la saison prochaine.

5 – La FQSC au Québec a annoncé que les courses sur route en peloton seront de nouveau autorisées dès le 15 août prochain. La taille des pelotons est toutefois limitée à 50 coureurs.

Cette annonce permettra de tenir les Championnats provinciaux à Baie Comeau entre les 5 et 7 septembre prochain. Baie Comeau! 200 kilomètres au nord de Tadoussac! Sacrément loin… le respect d’une taille de peloton de 50 coureurs ne devrait pas être un problème!

Van Aert, ce champion oublié

On parle beaucoup de Mathieu Van der Poel.

De Remco Evenepoel, qui vient de gagner le Tour de Burgos de belle façon.

D’Egan Bernal.

Voire de Cian Uijtdebroeks, la nouvelle sensation belge de 17 ans, tout un numéro celui-là.

Moins de Wout Van Aerts. Et pourtant…

25 ans. Triple champion du monde de cyclo-cross. Champion de Belgique du chrono en 2019. Déjà de nombreux top-10 sur les grandes classiques dont Milan-SanRemo et le Tour des Flandres.

Et, depuis samedi dernier, vainqueur des Strade Bianche, après avoir terminé deux fois sur le podium, en 2018 et 2019.

En bref, samedi sur la course toscane, on a eu droit à la revanche de Van Aert. Celle-là, il la voulait. Pour preuve, on a dit qu’il avait vomi après l’arrivée tant il est allé loin dans l’effort après avoir déposé ses quatre compagnons d’échappée dans la dernière bosse sur chemin de terre, à douze kilomètres de l’arrivée.

Une victoire nette, propre, qui n’a fait aucun doute: il était clairement le plus fort dans ces derniers kilomètres. Et le plus adroit, fort de son expérience exceptionnelle en cyclo-cross.

Surtout, Van Aert a su être patient, et il ne s’est jamais affolé quand Fuglsang est parti à près de 50 bornes de l’arrivée, beaucoup trop loin dans cette chaleur et compte tenu de tous les secteurs de terre battue qu’il restait.

Van Aert sait courir juste, intelligemment, et il s’est imposé en mettant tout le monde d’accord, sans assistance de son équipe dans le final. Il signe son grand retour, plusieurs mois après sa terrible chute lors du chrono du dernier Tour de France. Attention à lui pour les prochaines classiques et notamment Milan-SanRemo le week-end prochain, il sera un sacré client.

Rien à ajouter.

Les autres

Alaphilippe a été victime de malchance, six crevaisons, et s’est activé beaucoup trop tôt dans la course. Ayant péché par orgueil, tout comme toute son équipe Deceuninck, la leçon portera je pense. Le WolfPack a déconné samedi dernier.

Idem pour Mathieu Van der Poel, qui a dû enrager solide de voir son rival juré, Van Aert, s’imposer samedi. Van Der Poel a été victime d’une crevaison au mauvais moment certes, mais il a été rattrapé par la chaleur et surtout, la distance. Dans son cas, on a cru revivre l’issue des derniers Mondiaux sur route, où il s’est éteint d’un coup comme samedi, bien que dans des conditions météo différente. Visiblement, la copie doit être revue pour Van der Poel, qui semble manquer de caisse quand la distance est longue et que la course est difficile dès le départ.

Plusieurs autres sont passés à la trappe, dont Nibali, les Deceuninck, les Lotto, les Ineos incluant Kwiatkowski, les NTT et les SunWeb.

Mention très bien cependant au dernier vainqueur du Ronde Alberto Bettiol, à Davide Formolo chez UAE qui prend du galon, aux Bora-Hansgrohe de Shachmann, malgré des écarts considérables: le 12e, Kwiatkowski, est déjà à plus de 10 minutes!!!

Les Canadiens Hugo Houle et Mike Woods terminent pour leur part à plus de 19 minutes.

Chez les femmes

Une prestation vraiment électrisante de la Québécoise Karol-Ann Canuel, dans le coup dans le final, étant la dernière à résister à l’assaut de la championne du monde et vainqueure Annemiek Van Vleuten, alors qu’elle mettait en route derrière l’échappée solo de l’espagnole Margarita Victoria Garcia Cañellas.

Et à la clé, une magnifique 9e place pour la Québécoise, à un peu plus de 4 minutes. Mention très, très bien!

À la télé

Samedi, le site L’Équipe Télé fonctionnait vraiment très bien depuis le Québec. Avec les commentaires toujours pertinents et souvent humoristiques d’une grosse pointure du milieu, Cyril Guimard. Je vous le recommande fortement.

Au taquet

T’es au taquet.

Ca roule vraiment fort. Tu t’accroches à la roue de devant. L’abri, surtout rester dans l’abri, ta seule planche de salut à ce moment-ci. Tu la perds, tu sais que tu passes par la fenêtre.

Toute ton énergie mentale ne s’emploie plus qu’à une seule chose: tenir jusqu’au prochain panneau jaune, là-bas au loin. Ca te suffit, et tu ne veux pas penser à la suite. Juste ce panneau jaune, c’est le seul objectif que tu peux avoir à ce moment. Tu ne penses même plus à tes enfants, juste survivre jusqu’à ce putain de panneau.

T’es au taquet.

Tout fait mal: les jambes assurément, mais aussi tout ton corps, une fatigue lancinante, générale. Et  ce tronçon de route est long, tu sais que ca va faire mal longtemps. Pas l’affaire d’un 30sec ou 2min, non, beaucoup plus long que ca. Mais tu ne lâcheras rien. Les bosses, les faux-plats ascendants ou descendants, plus rien ne t’importe: tu t’accroches, point.

Même pas capable de prendre ton bidon pour boire, ca va trop vite. Tu te tourmentes: faudrait pourtant boire un coup, à cette allure les cartouches se grillent vite. Mais le choix est vite fait entre prendre le bidon et perdre la roue, ou garder la roue sans le bidon…

T’es au taquet.

Arrive le panneau jaune. Plus vite que tu penses! Done, check. Tu te surprends alors d’en redemander: allez, jusqu’à l’autre panneau là-bas, au loin. Fuck le bidon. Tu ne lâcheras rien. Même allure, même souffrance. Tu es capable de le prendre. Les jambes tournent. Le moteur fonctionne. Fait chaud, mais tu n’en as cure: get the job done.

À un moment, généralement aux deux-tiers du tronçon, l’overdrive embarque. Tu te jases: je vais le finir ce tronçon. Je suis capable. Je ne lâcherai rien. Pas enduré tout ca pour m’écrouler maintenant… Alors tu remets une dent. Et tu serres les autres.

T’es au taquet, mais tu adores ça.

Et tu termines avec le plus incroyable des sentiments en sport: putain, je pensais jamais être capable de rouler aussi vite, aussi longtemps. Tu te surprends des chiffres, les watts stratosphériques pour toi. Tu es Eddy Merckx, l’espace d’un instant. Et ca fait du bien.

Jusqu’à ce que ton KOM sur Strava soit explosé par un(e) autre… Pas grave, t’iras le rechercher, quitte à mourir une nouvelle fois sur ton vélo.

T’as l’habitude maintenant. Et c’est pour ca que tu progresses encore.

Les pros à l’entrainement…

Et oui, c’est bien Bjarne Riis que l’on voit entrainer les coureurs NTT du côté de Lucca!

L’offensive BMC

La marque suisse de vélo BMC a récemment dévoilé son nouveau TeamMachine SLR-01, fleuron de la gamme. Un vélo très intégré, au look épuré, dans l’ère du temps: à ce vélo originalement destiné à la grimpe, on lui greffe en 2021 un petit caractère « aéro » bien à la mode.

Fait intéressant, le cadre est livré avec ses propres porte-bidons, intégrés pour maximiser l’écoulement de l’air.

Le produit semble très réussi. Surtout que BMC s’est soucié des détails: le vélo viendrait avec les fameuses roues DT Swiss PRC1100 Dicut Mon Chasseral. Du très beau matos de pointe.

BMC semble vouloir monter en régime l’an prochain pour défendre voire augmenter ses parts de marché face à la concurrence féroce des géants de l’industrie que sont Trek, Specialized, Cannondale et Giant.

Selon le site Matos Vélo, BMC équipera l’an prochain l’équipe française WorldTour AG2R – La Mondiale qui roule actuellement sur des vélos Eddy Merckx. L’équipe pourrait voir partir Romain Bardet sous d’autres cieux (SunWeb?) et pourrait accueillir en échange Greg VanAvermaet, dont son équipe polonaise CCC est en grande difficulté financière suite à la crise de la Covid-19. Si cela se confirmait, il est possible que le focus d’AG2R – La Mondiale serait davantage les classiques l’an prochain, fort d’un Olivier Naasen dans ses rangs.

Chose certaine, la guerre commerciale est actuellement féroce au plus haut niveau. Trek a dévoilé il y a peu de temps son nouveau fer de lance, l’Emonda 2021. Specialized serait sur le point de dévoiler un nouveau Tarmac auquel on aurait donné une touche aéro là encore. Il sera intéressant de surveiller les coureurs de Deceuninck-Quick Step et de Bora-Hansgrohe dans les prochaines semaines, les coureurs utiliseront probablement les nouveaux vélos 2021.

Et tous ces vélos sont évidemment avec freins à disque ; ça sera désormais difficile d’éviter un transfert vers cette technologie dans les prochaines années pour ceux qui, comme moi, roulent toujours avec des freins à étrier.

On trouve assez facilement les vélos BMC au Québec. Vélo Cartel situé à Québec annonçait récemment qu’ils auront ces vélos en 2021, et on devrait donc en voir régulièrement sur nos routes.

Le prix? Si vous demandez, c’est que c’est trop cher pour vous!

Pas de GP de Québec et Montréal en septembre

La nouvelle est arrivée ce matin de l’organisation des Grands Prix cyclistes de Québec et Montréal: ces épreuves WorldTour n’auront pas lieu en septembre prochain.

Une décision responsable et qui ne surprendra pas beaucoup tant les défis apparaissaient colossaux  afin de faire traverser l’Atlantique au peloton pro ainsi que tout son personnel encadrant. La quarantaine, en particulier, n’était pas une option viable. La logistique des épreuves en sol québécois, notamment la gestion du public, apparaissait également difficile.

Le Critérium national est également annulé cette année.

Maudite Covid-19!

Les deux épreuves seront toutefois de retour au calendrier UCI en 2021.

Le calendrier de courses professionnelles de l’UCI sera donc essentiellement européen au cours des prochaines semaines. Il faudra voir comment cela va se passer: il n’est pas exclu que même en Europe, des courses soient annulées, selon les foyers d’éclosion de nouveaux cas de Covid-19. Déjà, certaines équipes comme Androni ou Gazprom ont annulé leur participation initialement prévue à des épreuves prochaines comme le Sibiu Tour en Roumanie.

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