Tous les jours, la passion du cyclisme

 

Auteur/autrice : Laurent Page 37 of 354

Tour: on sait qui sera dans le coup!

L’étape vers Orcières-Merlette s’est résumée à une course de côte, c’était sans surprise. Les « guêpes jaunes » (l’équipe Jumbo-Visma) a mené un train d’enfer sur le gros de la montée finale, les autres ne pouvaient pas faire grand chose à ce rythme infernal.

Ça a le mérite de nous renseigner sur qui peut viser un podium à Paris!

Roglic et Dumoulin d’abord et avant tout. Jumbo-Visma avait manifestement coché cette étape, avec un excellent Van Aert qui a durci le rythme sur la première moitié de la montée. Impressionnant! Relayé par Sepp Kuss plus haut, ça a fait d’énormes dégâts derrière. Roglic a fini le travail. Propre.

Je pense que Roglic voulait se rassurer, nous rassurer, impressionner ses adversaires et surtout, surtout, montrer à sa propre équipe qui était le plus fort entre Dumoulin et lui. Dumoulin n’a pas démérité, mais il était un peu juste de son propre aveux et Roglic avait plus de puissance sur les derniers mètres de l’étape. 50 km/h sur la ligne selon le radar pour Roglic, après un sprint à Orcières-Merlette! Je suppose que c’est ça, le cyclisme moderne…

Sinon, pour moi la révélation du jour c’est Tadej Pogacar, car un slovène peut en cacher un autre! 21 ans, il termine 2e de l’étape (doublé slovène sur le Tour, une première) en battant en puissance tous les autres, puncheurs comme Alaphilippe compris, excusez un peu.

Plus tôt dans l’ascension, il avait fait rouler Davide Formolo, preuve qu’il avait donné des indications claires qu’il jouait la victoire hier.

Trop jeune pour tenir la distance? Rappelons que Pogacar a terminé 3e l’an dernier de la Vuelta, 3 victoires d’étape en chemin et le maillot de meilleur jeune. Ça donne des garanties sur sa caisse, malgré son jeune âge.

Pour le podium à Paris, on connait désormais la « short list » (dans le désordre): Roglic bien sûr, Dumoulin, Pogacar, Alaphilippe, Pinot, Bardet, Bernal, Quintana, Lopez, Landa, Uran.

Malgré qu’ils n’ont rien perdu encore, je vois mal les Guillaume Martin, Adam Yates, Esteban Chaves, Bauke Mollema ou Richie Porte sur le podium à Paris. Je peux évidemment me tromper! Mais tous ces coureurs ont plutôt coché des étapes.

Du lot pour le podium, Egan Bernal ne me semble pas au mieux. Sur l’accélération finale hier, il a semblé être au taquet. Je suis sûr à 100% qu’il s’est beaucoup ennuyé de Pavel Sivakov dans la dernière ascension…

Thibault Pinot a de bien meilleures sensations, ultra-positif pour la suite. Il demeure très isolé quand ca grimpe fort.

Romain Bardet semble se redécouvrir.

Et c’est encore le mystère sur la réelle condition des Quintana, Uran, Lopez et Landa. Mais on saura vite maintenant!

Perso, je mise Roglic, Pinot et Pogacar, dans cet ordre sur le podium à Paris. Mais la course est encore jeune!

Le prochain rendez-vous

5e étape aujourd’hui vers Privas, une étape de transition pour les grands leaders qui feront une récupération active en vue du lendemain. Pour les autres, l’étape semble promise aux sprinters. La dernière ligne droite est en faux-plat ascendant, une belle occasion pour Peter Sagan. Les SunWeb (Bol), les Deceuninck (Bennett), les CCC (Trentin) et les Cofidis (Viviani) voudront aussi aller chercher leur première victoire d’étape.

La 6e étape et l’arrivée au Mont Aigoual nous apportera de nouvelles informations, et je suis sûr qu’elle fera quelques dégâts pour le général. Il faudra faire la différence sur le haut du col de la Lusette, sur les deux kilomètres à plus de 10%. Le reste est roulant, les 6 derniers kms pour le sommet du Mont Aigoual ne dépassant pas 5%. Ca ne sera pas facile de revenir pour les lâchés au sommet de la Lusette!

Et l’équation demeure la même pour le maillot jaune Alaphilippe: où diable grapiller du temps? Il a loupé les bonifs hier, les prochaines sont au sommet de la Lusette, compliqué ça. Et les Jumbo-Visma voudront probablement récupérer le maillot parce que tant qu’à rouler devant dans les cols, autant avoir une motivation supplémentaire dans l’équipe…

Autour du Tour

Tous les jours, vivre la course de l’intérieur avec le Team Total Direct Énergie:

Pour ceux qui ne connaissent pas, les bus des équipes du Tour; ça fait partie du gigantisme:

Peut-être plus intéressant, les vélos du Tour:

Sans oublier Marion, avec Claire Bricogne (L’Equipe TV) les rares femmes à commenter les épreuves masculines:

Diffusion du Tour au Québec

Vous êtes plusieurs à me contacter en privé sur ce sujet. À mon avis, les solutions sont:

Tiz-Cycling: gratuit, un stream qui fonctionne souvent bien, parfois mal, la pub en plus mais ca se contrôle.

FloBikes: payant, pas toujours clair sur le paiement (soyez attentif si vous ne voulez pas payer un abonnement annuel!), avec Randy Furgusson et Audrey Lemieux. C’est à vous de voir.

FilmOn et France Télévision: abonnement pour un mois, et vous avez France2 et France3 pour suivre le Tour en direct, en intégrale, avec toute l’équipe qui inclut Laurent Jalabert et Thomas Voeckler (ce dernier sur la moto). Vous avez aussi tout le reste, Vélo Club, etc. Perso, c’est ce que je préfère, et vous avez accès à de l’exclusif. Oui vous pouvez utiliser FilmOn en rediffusion, moyennant un petit supplément d’une dizaine de $ pour acheter de l’espace Cloud et en enregistrant l’étape. Utile (je m’en sers) et pratique car vous pouvez regarder l’étape n’importe où, n’importe quand sur un portable, y compris depuis votre plage préférée…

Bien sûr, vous pouvez aussi utiliser un VPN et d’autres télés. Le plus souvent, ces VPN sont payants aussi.

Les couilles de Caleb

Il en fallait, des couilles, dans le sprint final hier, un sprint décousu qu’aucune équipe n’a vraiment réussi à bien contrôler, sauf peut-être les SunWeb qui étaient bien partis après la flamme rouge.

Payez-vous les images aériennes du sprint, Caleb Ewan, le vainqueur, est impressionnant: 6e aux 150m, alors que Sagan est parti bien trop tôt dans ce vent de face, il double ce dernier sur le bord des balustrades avec nettement plus de vitesse, et met tout le monde – sauf Bennett – à trois longueurs de vélo sur la ligne.

Rien à ajouter: Ewan était de loin le plus fort hier dans le sprint final, et celui qui a pris le plus de risque aussi.

Impressionnant! Mais ça aurait aussi pu mal tourner…

Clair que d’autres ont loupé leur sprint: hormis Sagan, je pense à Coquard, « seulement » 9e. Ou Kristoff, qui ne portera plus le maillot vert, retourné sur les épaules familières de Sagan.

Pour le reste, une étape de transition sans histoire ou presque, avec les leaders qui ont fait une séance de récupération active bien au chaud dans le peloton.

Quatrième étape

Première arrivée en altitude: Orcières-Merlette, ville d’arrivée d’un chrono désormais célèbre sur le Tour 1989 – une édition mythique! – gagné par Steven Rooks mais où un certain Greg LeMond était allé reconquérir le maillot jaune sur les épaules de Laurent Fignon. Pour les nostalgiques de la Grande Époque selon moi, c’est ici et ça fait du bien: partie1 , partie2partie3 et partie4. Ca, c’était du commentaire télé!!!

Petite pensée au passage pour Laurent Fignon justement, qui nous quittait hier (31 août) il y a 10 ans. Quoi de mieux pour se souvenir de lui que de revoir ce moment d’anthologie partagé entre lui et Greg LeMond en 2007 au micro du Vélo Club, un moment où tu réalises que ces deux hommes étaient(sont) décidément bien plus que des champions cyclistes…

Et bien sûr, le Tour 1971 et Luis Ocana qui a infligé à Orcières-Merlette la première défaite d’un certain Eddy Merckx.

L’étape aujourd’hui est assez courte, 160km. Pour les protagonistes du général, ça se résumera probablement à une course de côte dans la dernière ascension, avec des équipes comme Jumbo-Visma ou Ineos qui rouleront sur le pied pour lancer leur leader dans les deux derniers kilomètres. Si les écarts ne devraient pas être énormes, l’étape sera révélatrice des forces en présence pour le général sur ce Tour. Une première indication!

Et Alaphilippe ne devrait pas être facile à décrocher sur une telle ascension assez roulante. Les écarts étant très faibles cependant, pas impossible que le maillot change d’épaules, ne serait-ce qu’au jeu des bonifs.

Alaphilippe: combien de temps tiendra-t-il?

Il l’avait annoncé. Il l’a fait!

L’espace de quelques kilomètres, les amateurs de vélo de longue date auront vu des images de Marco Pantani leur revenir en tête. Comme Julian, Marco annonçait la couleur et livrait la marchandise. Tu savais ce qui allait se passer quand la Mercatone Uno embrayait avant un col.

Ben idem hier. Quand Jungels a pris son relais dans la dernière bosse, tout le monde savait ce qui se passerait.

Ça s’appelle avoir la pancarte dans le dos. Ça complique toujours les affaires.

La marque des grands c’est d’être capable de faire quand même la différence dans ces moments.

Très lucide, Alaphilippe, une fois sorti, a laissé revenir Hirschi parce que c’était encore long, et vent de face dans le final.

Puis Yates est rentré, impressionnant de facilité.

Le reste s’est passé comme prévu.

À l’arrivée, les émotions d’Alaphilippe, qui a perdu son père en juin dernier. Poignant.

LA question désormais: combien de temps Alaphilippe tiendra-t-il en jaune?

L’an passé, il avait surpris beaucoup de monde, notamment dans le chrono. Seuls les grands cols en haute altitude sur la fin du Tour avait eu raison de lui.

Cette année, pas de chrono avant la 20e étape, et pas de grands cols…

À court terme, Yates, à 4 secondes, est une menace, notamment à cause des bonifications sur la route du Mont Aigoual (6e étape), 8, 5 et 2 secondes étant à prendre au sommet du col de la Lusette. La 4e étape vers Orcières-Merlette sera également un piège pour Alaphilippe, les écarts n’étant pas encore très importants.

L’an dernier, Alaphilippe avait pu creuser des écarts dans le premier chrono (13e étape), absent cette année. Ce qui pose une question qui est inhérente à la première question ci-haut: à quel endroit Alaphilippe pourra-t-il prendre du temps sur les grands favoris cette année? C’est probablement plus compliqué que l’an dernier!

Une carte à jouer est certainement de surprendre dans les descentes vers les arrivées, il y en a plusieurs cette année.

Et son punch bien sûr pour jouer les bonifs sur les lignes d’arrivée!

Je pense que ça sera un Tour de France serré au niveau des écarts au général.

Marc Hirschi

Mention très bien au jeune coureur suisse, 22 ans, champion du monde espoir en 2018, le seul à avoir pu résister à l’attaque d’Alaphilippe dans le final hier. Je suis soufflé de voir à quel point Hirschi a maigri par rapport aux photos de lui en 2018… preuve qu’au niveau professionnel, le rapport poids-puissance est clé. Chris Froome ou Bradley Wiggins l’avaient compris.

Ils ont déjà perdu le Tour

Après Pavel Sivakov hier, Daniel Martinez, récent vainqueur du Dauphiné, a perdu le Tour hier sur une chute un peu bête survenue dans la descente du col d’Èze. Condamné à une grosse chasse pour rentrer avant la dernière bosse, il a ensuite explosé et terminé à près de 4 minutes. Game over.

Fabio Aru, Ilnur Zakarin et Warren Barguil ont également déboursé plusieurs minutes hier. Désormais, seules les victoires d’étape leur importeront.

3e étape

Promise aux sprinters. Misez cependant une belle bataille, car il est possible que des sprinters comme Caleb Ewan ou Alexandr Kristoff soient lâchés dès les petits cols (Pilon, Faye, Lèques) des 120 premiers kilomètres, sur les 198 à parcourir. Du coup, des équipes comme Bora avec Sagan qui passe bien ce genre de bosse pourraient mener grand train sur les 70 derniers kms de l’étape afin d’empêcher le retour des sprinters qui seront lâchés. Si tel est le cas, ca embrayera solide au sommet du col des Lèques (km 117). Ça pourrait condamner des échappées parties tôt dans l’étape.

Je mise Sagan! Nizzolo devrait aussi être dans le coup.

Tour, 1ere étape: un beau bazar!

L’invité-surprise de la 1ere étape, c’était pas la Covid-19.

Ni le préfet de la région des Alpes-Maritimes…

Ni même David Lappartient, pour s’entretenir de possibles Mondiaux du cyclisme en Haute-Saône avec A.S.O. dans un mois.

L’invité-surprise, ça été la pluie, qui a transformé la chaussée en une patinoire, après des semaines de sécheresse. Un classique.

Du coup, l’histoire de cette étape, ça été les chutes à gogo. Beaucoup de chutes. Tellement qu’à un moment, c’est la Jumbo-Visma et notamment Tony Martin – il a la légitimité Tony, ça fait longtemps qu’il est dans le peloton, et il a un palmarès – qui en a appelé à une neutralisation afin d’éviter l’hécatombe.

Good call.

Tous ont acquiescé, sauf les Astana qui ont raté une belle occasion de se faire des amis dans le peloton. Le genre de truc dont les coureurs se souviendront, c’est comme ça dans le cyclisme depuis fort longtemps: tu fais pas chier. À une époque, tu faisais pas chier le père Hinault… Si on voit des équipes rouler sur des Astana au cours des prochains jours afin de les bloquer sans raison apparente, vous saurez pourquoi.

Je soupçonne que la directive chez Astana est spontanément venue de Lopez lui-même, qui a cru bon de faire la descente. Total, il s’est payé un beau panneau, a risqué une sacré gamelle et il a vite compris. Hugo Houle était médusé du comportement de sa propre équipe. Fier d’Hugo, il a eu la bonne attitude dans le peloton.

Lamentable (et ridicule) Astana et Lopez, si vous voulez mon avis.

Sinon, un beau sprint à l’arrivée, assez réglo. Kristoff s’est imposé, il a bien joué dans le final en misant sur la roue de Cees Bol chez SunWeb. Y’a du beau monde derrière lui: Bennett, Sagan, Viviani, Nizzolo, Coquard…

Quand même un sacré teigneux ce Kristoff. Vainqueur d’un Tour des Flandres (2015). De Milan SanRemo (2014). De Gent-Wevelgem l’an dernier. Du sprint sur les Champs-Élysées aussi (2018). Il était plutôt discret ces derniers mois, le voici de nouveau au premier plan, porteur du maillot jaune. UAE a ouvert le compteur, de quoi relaxer Pogacar et Aru.

Mais ça ne durera pas, le maillot changera d’épaules aujourd’hui.

Les malchanceux du jour

Pavel Sivakov, que je voyais bien placé à Paris dans trois semaines. Deux chutes, une belle galère durant tout le reste de l’étape, il pointe désormais à plus de 13 minutes au général. Équipier pour le reste du Tour, c’est certain. Les Grenadiers devront miser Carapaz si jamais Bernal échoue: un mal de dos est si vite arrivé!

Thibault Pinot. Quelle poisse! Chute à trois kilomètres de l’arrivée, il ne perd pas de temps au général. Reste à savoir s’il se ressentira physiquement et moralement de sa chute aujourd’hui, l’étape est corsée avec plus de 3700m de dénivelé.

Rafael Valls. Clavicule cassée dans la chute ayant entrainé Thibault Pinot, à 3km de l’arrivée. Course terminée pour le coureur de la Bahrain-McLaren.

John Degenkolb. Hors délai. 18 minutes de retard sur Kristoff. Le jury des commissaires ne l’a pas repêché, malgré cette étape particulière. Je trouve la décision assez sévère.

Ils sont allés au tapis

La liste est impressionnante: Miguel Angel Lopez, Luis Leon Sanchez, Lennard Kamma, Julian Alaphilippe, Rigoberto Uran, Valentin Madouas, David Gaudu, William Bonnet, Rudy Molard, Andrey Amador, Andrei Greipel, Nils Politt, Ben Hermans, George Bennett, Tony Martin, Robert Gesink, Caleb Ewan, Philippe Gilbert, Marc Soler, Edvald Boasson Hagen, Ryan Gibbons, Domenico Pozzovivo, Marc Hirschi, David de la Cruz, Niklas Eg.

Du lot, les plus touchés seraient Rudy Molard (genou), Pavel Sivakov (genou, hanche), Ben Hermans (poignet) et Philippe Gilbert (à confirmer, séjour à l’hôpital).

La 2e étape

Le beau temps devrait être de retour, au grand soulagement des coureurs.

190 kms, tout de même.

Quatre belles ascensions, de quoi faire une sélection progressive.

Ca commencera au km 45, col de la Colmiane, quand même 16km à 6,3%.

Descente, on enchaine immédiatement avec le col du Turini, beau col: 15 km à 7,3%.

Retour à Nice, col d’Èze, un grand classique dans le cyclisme pro. Paris-Nice connait!

On repassera sur la ligne d’arrivée, dernière bosse avec le petit Col des quatre chemins, pour une dernière sélection.

La course se lancera tôt dans l’étape c’est certain.

Misez un baroudeur du style Thomas de Gendt, Tiesj Benoot ou Wout Van Aert, capables de résister devant longtemps.

À moins que… attaque de Pierre Rolland!

À la télé depuis le Québec

C’est un peu compliqué avec FloBikes, notamment du côté du paiement. On te fait payer pour un an…

Pour moi, la meilleure solution parce que la moins chère et la plus flexible demeure FilmOn et France Télévision. Tu regardes le Tour partout, même sur ton portable, et tu peux enregistrer l’étape si tu peux pas être devant ton écran. Pratico-pratique.

Un Tour imprévisible, rebondissements garantis!

Avant cette petite analyse du parcours du Tour cette année, un parcours loin d’être traditionnel, je me demande si la course ira au bout: la Covid-19 menace en France comme ailleurs ces jours-ci.

Rappelons que si deux coureurs ou personnel du staff d’une équipe est positif à la Covid-19, l’équipe tout entière est exclue du Tour. Les chances que cela arrive sont grandes, imaginez un maillot jaune comme Thibault Pinot à quelques jours de l’arrivée obligé à retourner chez lui parce que deux membres du personnel de la FDJ sont positifs à la Covid… ce serait vraiment crève-coeur.

Combien d’équipes seront-elles toujours présentes sur le Tour à l’approche de Paris? On peut se poser la question! Et c’est déjà parti, avec cette histoire de staff positif à la Covid-19 chez Lotto-Soudal hier. Inquiétant!

On rapporte toutefois qu’il serait possible que les organisateurs du Tour assouplissent la règle dans les prochaines heures. À suivre…

Je suis également un peu inquiet pour le déroulement de ce Tour, le préfet de la région de Nice ayant interdit hier l’accès en voiture aux cols des deux premières étapes. Seuls les piétons et les cyclistes masqués y auront accès, et les forces de l’ordre disperseront les gens pour éviter les attroupements sur le bord de la route. Toute la région des Alpes-Maritimes est passée en « code rouge » selon les autorités sanitaires, de nombreux cas récents de Covid-19 y ayant été rapportés.

Pour être atypique, ce Tour de France va être atypique. Et le parcours va certainement y contribuer:

Très peu de cols à plus de 2000m d’altitude. Voulait-on limiter les Colombiens, toujours bien oxygénés?

Très peu de chronos, en fait un seul, en côte, l’avant-dernier jour (Planche des Belles Filles). Voulait-on favoriser Thibault Pinot? (ce dernier chrono est chez lui)

Une seule étape de plus de 200 bornes (218, 12e étape). 11 étapes de moins de 170 bornes, soit grosso modo 4h de course. On a certainement privilégié une course de mouvement. Quand tu as 260 bornes à faire, tu prends ça tranquille sur les 150 premiers kilomètres. Quand tu en as 150 à faire, tu peux te permettre d’attaquer d’entrée!

Un parcours truffé d’étapes compliquées en moyenne montagne, donnant des opportunités d’attaque non seulement dans les ascensions, mais aussi dans les descentes. Plusieurs arrivées sont d’ailleurs situées au terme de courtes descentes assez techniques (2e, 8e, 9e, 18e, 19e étapes). A-t-on voulu favoriser le spectacle et des coureurs comme Alaphilippe?

Chose certaine, spectacle garanti cette année!

Contrairement au passé, par exemple durant l’époque Miguel Indurain, presque toutes les étapes de ce Tour de France sont propices à faire des écarts au général. À l’époque, il était facile d’identifier 8, 10 voire 12 étapes où on savait qu’il ne se passerait rien pour le général. Cette année, c’est tout le contraire!

Ca commencera dès la 2e étape, taillée pour les puncheurs comme Alaphilippe. 187 kms, quatre ascensions (Colmiane, Turini, Èze et col des Quatre chemins), de quoi donner des idées à bien des coureurs. Les grands favoris devront y être très vigilants, même si les écarts à l’arrivée devraient rester minces.

Deux rendez-vous en première semaine, du presque jamais vu: d’abord lors de la 4e étape avec l’arrivée à Orcières-Merlette (7km à 6,7%), puis la 6e étape et son arrivée au Mont Aigoual, après l’ascension difficile du col de la Lusette (12km à 7,3%).

On attaquera ensuite les Pyrénées pour deux courtes étapes (140 et 157 kms), les deux se terminant après une descente rapide. La 8e étape vers Loudenville offre dans son final le Port de Balès (12km à 7,7%) puis le Peyresourde (10km à 7,8%), de quoi faire les premiers gros écarts parmi les favoris.

Deux étapes à surveiller en 2e semaine, qui se termine sur les contreforts des Alpes. La 13e étape d’abord vers Puy-Mary, sur un parcours sacrément casse-pattes (4 400m de dénivelé!!!), pas un mètre de plat de toute la (longue – 191km) journée.

La 15e étape sera magnifique, avec l’arrivée en haut du Grand Colombier (17km à 7,1%) près du Lac du Bourget, une montée réputée longue et difficile. Comme les coureurs auront deux semaines de course usante dans les jambes et deux cols franchis plus tôt dans la journée (montée de la Selle de Fromentel 11km à 8,1% et le Col de la Biche, 7km à 8,9%), je pense qu’on aura une bonne idée du vainqueur du Tour au soir de cette étape.

Il restera alors trois étapes clé avant l’arrivée à Paris.

Pour moi l’étape-reine est la 17e étape, qui se terminera au col de la Loze à 2300m d’altitude. Une étape pas très longue (168km), mais les coureurs devront d’abord franchir le col de la Madeleine (17km à 8,4%), qui laisse toujours des traces.

Je pense qu’au soir de cette étape, les écarts seront établis et le maillot jaune solidement ancré sur les épaules d’un coureur.

168 km encore à franchir le lendemain lors de la 18e étape vers La Roche-sur-Foron, avec quatre cols à franchir. Le premier, le Cormet de Roseland (19km à 6,1%) fera la sélection, puis le col des Saisies, le facile col des Aravis et enfin le Plateau des Glières, une saleté (6km à 11,2%) qui ne laissera que les meilleurs du général devant pour l’explication finale.

Restera le chrono vers la Planche des Belles Filles lors de la 20e étape, 36 kms avec les six derniers kms en côte. Contrairement à beaucoup de monde, je ne crois pas que cette étape fera la différence pour le général, la dernière ascension est assez courte et les écarts ne devraient pas être très conséquents. Le Tour est suffisamment montagneux et difficile avant cette étape pour générer des écarts plus importants.

Mais on ne sait jamais! Un Pinot pourrait être à la lutte avec quelques secondes d’écart au général avec un ou deux autres coureurs.

Le facteur météo

Un Tour en septembre, c’est du jamais vu.

Je pense que le facteur météo interviendra surtout en 3e semaine, dans les Alpes. Les grosses canicules sont probablement à exclure, et si le mauvais temps s’en mêle, il pourrait faire froid ce qui affectera certains organismes plus que d’autres.

Pour le moment, on annonce un temps clément durant les premiers jours de la course.

À la télé

Pour moi, y’a pas photo: le mieux, c’est France Télévision, notamment à cause de la présence de Laurent Jalabert et Thomas Voeckler, tous deux vraiment excellents, notamment au niveau tactique. Encore proches de nombreux coureurs, ils ont des informations privilégiées permettant de bien comprendre les courses dans la course.

Ca sera en tout cas mon choix pour suivre ce Tour de France. J’utilise FilmOn depuis le Québec.

Un Tour féminin en 2022?

Ça a déjà existé, ça serait vraiment bien que revienne. Le président de l’UCI, le Français David Lappartient, a confirmé qu’une course féminine « majeure » par étapes était dans les cartons pour 2022.

C’est une excellente nouvelle! Je prends beaucoup de plaisir à regarder les courses féminines ces temps-ci, des courses souvent plus débridées, où l’on voit davantage d’attaques et de rebondissements que chez les hommes. Le final de la course sur route féminine des Championnats d’Europe a été un régal hier.

Le matos du Tour

Toujours intéressant de regarder ce que les pros utilisent comme matos.

Les vélos

Cette année sur le Tour de France, trois fabricants de vélo équipent deux équipes, soit Canyon (Movistar et Arkea), Specialized (Bora-Hansgrohe et Deceuninck) ainsi que Willier (Astana et Total Direct Énergie). L’investissement doit être colossal pour ces compagnies, mais le jeu en vaut visiblement la chandelle.

Les autres marques: Pinarello (Ineos), Trek (Trek-Segafredo), Giant (CCC), Cervelo (SunWeb), Bianchi (Jumbo), BMC (NTT), Cannondale (EF), Colnago (UEA), DeRosa (Cofidis), Eddy Merckx (AG2R), Factor (Israel), KTM (B&B Hôtels), Lapierre (FDJ), Merida (Bahrain-McLaren), Ridley (Lotto) et Scott (Scott-Michelton).

On pourrait presque dire qu’il y a davantage de constructeurs italiens (Pinarello, DeRosa, Bianchi, Willier, Colnago) qu’il y a quelques années, ces derniers ayant probablement compris que pour résister aux géants que sont Trek, Specialized, Giant et Cannondale, il fallait être en WorldTour.

Les grands absents à ce niveau? Look, Time, Orbea, BH, Moser, entre autres.

Les freins

C’est intéressant: Ineos et Jumbo-Visma rouleront cette année sur des freins classiques à mâchoire, et non pas sur des freins à disque. Un désavantage en descente de col? Il faudra voir!

Ceci étant, une majorité du peloton roule désormais sur freins à disque.

Les roues

À ce chapitre, une bonne diversité existe, avec des Mavic, Shimano, Campagnolo, LightWeight, Corima, Vision, Roval, Cadex, Fulcrum, Black Inc, Zipp, Enve, Bontrager, DT Swiss et Ursus. Petit avantage Shimano au niveau du nombre d’équipes.

Les pneumatiques

Si le tubeless commence à faire sa place, la plupart des équipes roulent encore sur des boyaux, plus légers, plus confortables et offrant un rendement supérieur (on les dit plus rapides, ce qui est souvent confirmé par des tests en soufflerie). Je n’ai pas le détail des sections utilisées, je présume que le plus souvent, c’est du 23 ou 25.

Les groupes

Seulement trois équipes en Campagnolo (Cofidis, Lotto, UEA) et deux en SRAM (Movistar, Trek). Le reste est en Shimano qui domine donc à ce chapitre. À surveiller le possible nouveau groupe Dura-Ace 12 vitesses, annoncé depuis plusieurs mois maintenant. Rappelons que Shimano est le seul fabriquant de groupes complets à ne pas encore proposer de groupes 12 vitesses.

Toutes les équipes seraient en groupes électroniques, mais des cas isolés de coureurs encore en groupes mécaniques peuvent exister, souvent par préférence personnelle.

Le maquillage

Plus fréquent il y a encore 10-15 ans, ca existe toujours bien sûr. Les coureurs ont leurs préférences, ils maquillent parfois leur matériel question de respecter les sponsors officiels de l’équipe. On a par exemple vu sur le Dauphiné des roues Corima maquillées Shimano… mais c’est aussi vrai pour les selles, les chaussures, les lunettes.

La bonneterie

Là aussi, une belle diversité: Rosti, Giordana, Le Col, Sportful, Etxeondo, Nalini, Santini, Castelli, Vermarc, Alé, Rapha, Katusha, Assos, Agu, Craft, Ekoi et Noret.

Tour: les favoris

Le Tour s’élance samedi depuis Nice, beaucoup de sites Internet et d’experts y vont de leurs favoris ces jours-ci.

Voici les miens, et ils sont un peu différents!

1 – Tom Dumoulin. 2e en 2018, il est pour moi celui qui pourrait causer la plus grande surprise, tout le monde parlant plutôt de Primoz Roglic, Egan Bernal ou encore Thibault Pinot. Il était très clair que Dumoulin était en forme ascendante sur le Dauphiné, et une fois son travail d’équipier fait pour Roglic dans le dernier col du jour, Dumoulin ne se relevait pas, preuve qu’il était là pour s’entrainer le plus sérieusement du monde. Ce coureur a une sacré caisse, il passe la montagne, il est teigneux, n’abandonne jamais, et c’est une formidable machine à rouler et à grimper, donc le chrono sur la Planche des Belles Filles l’avant dernier jour devrait logiquement être pour lui. Le vainqueur du Giro 2017 présente une formidable équipe autour de lui, un avantage certain.

2 – Thibaut Pinot. Parce que c’est mon coup de coeur. J’aimerais tant que le Franc-comtois gagne! La France attend toujours un successeur à Bernard Hinault… Le Tour 2020 a été dessiné avec les qualités de Pinot en tête: pas de chronos roulants, pas de grands cols en haute altitude sauf trois (Madeleine, La Loze et le Cormet de Roseland), un Tour montagneux par ailleurs, plein de beaux petits cols culminants autour de 1500m, bref, parfait pour lui. C’est cette année ou jamais pour Pinot! Ceci étant, il faudra voir comment il a récupéré de sa chute au Dauphiné. Son point faible est selon moi son équipe, surtout dans les cols plus longs.

3 – Primoz Roglic. Surpuissant au Dauphiné, il est LE coureur de l’heure et logiquement le grand favori de ce Tour. Sa chute au Dauphiné a été cependant plus sérieuse qu’estimée dans un premier temps, et il existe même une incertitude quant à sa capacité de prendre le départ du Tour samedi. Pour moi, Roglic ne présente qu’une faiblesse: la troisième semaine, en haute montagne. C’est là qu’il sera le plus vulnérable. Mais il aura toute une armada de « guêpes jaunes » autour de lui pour veiller au grain.

4 – Egan Bernal. Vainqueur sortant, il a la pression, surtout depuis que la toute puissante équipe Ineos en a fait son seul leader désigné, écartant même de la sélection Geraint Thomas et Chris Froome. Bernal ne peut pas vraiment se louper sur ce Tour de France! Il aurait été touché au dos sur le Dauphiné, petite incertitude donc pour le coureur colombien. Ce Tour sera plus compliqué pour lui que l’an dernier, il y a moins de cols à plus de 2000m d’altitude où, il y a 12 mois, il a fait la différence (rappelez-vous l’Iseran). Bref, pour Bernal, je pense que ce Tour de France sera compliqué.

Les outsiders

Ils sont nombreux derrière ces quatre grands favoris.

Nairo Quintana. Le coureur colombien a montré des signes de forme cette saison. Mais ce Tour de France est-il assez montagneux pour lui? Coureur souvent peu offensif, je ne suis pas sûr du tout qu’il a ce qu’il faut pour s’imposer sur cette Grande Boucle, en premier lieu l’équipe. Et à 30 ans, on peut se poser la question: ses meilleures années sont-elles derrière lui?

Julian Alaphilippe. Tellement excitant à voir courir! Alaphilippe est un attaquant, et gageons qu’il usera de tous les terrains pour tenter des coups. L’an dernier, c’est la très haute montagne qui a eu raison de ses ambitions, et cette année cette très haute montagne est quasi-inexistante, alors pourquoi pas? Son énergie semble inépuisable, alors s’il se pare de jaune en première ou deuxième semaine, attention à lui, il ne lâchera pas le morceau facilement!!!

Richard Carapaz. Depuis le Giro l’an dernier, il a prouvé qu’il peut être imprévisible. Comment l’exclure de cette liste d’outsiders? Deux points en sa défaveur cependant: il a su tardivement qu’il prenait le départ du Tour, et il est d’abord là pour épauler Bernal.

Pavel Sivakov. Parce qu’un Ineos peut en cacher un autre! Sur ce que j’ai vu au Dauphiné, Sivakov a une sacré condition en ce moment et si Bernal et Carapaz étaient lâchés, Ineos pourrait compter sur lui. À 23 ans, il débute toutefois son premier Tour de France, et il faudra voir s’il peut tenir la distance et la pression. Sa 9e place du Giro l’an dernier apporte toutefois certaines assurances.

Tadej Pogacar. Si l’ouverture se présente, lui aussi peut rêver d’une très belle place, surtout s’il revêt le maillot jaune en 2e semaine. Son équipe UAE a de quoi « tenir la distance » et rappelons qu’il a terminé 3e de la Vuelta l’an dernier.

Mikel Landa. Un gros talent, sans l’ombre d’un doute. Landa nous a habitué à « tout ou rien ». Plus souvent rien d’ailleurs, mais quand il fait « tout », il tient jusqu’au bout. Pour moi, c’est le plus gros joker de ce Tour de France.

Miguel Angel Lopez. Déjà deux podiums sur les grands tours (3e du Giro et de la Vuelta en 2018). Récent 5e du Dauphiné. Une équipe Astana à son service. Bon puncheur, beaucoup d’arrivées sur ce prochain Tour lui conviendront, il peut y jouer les bonifs. De quoi y croire!

Daniel Martinez. Encore un Colombien! Récent vainqueur du Dauphiné, il a créé la surprise. Sur trois semaines toutefois, il n’a pas vraiment de grandes références. Mais je le place comme outsider, alors que je ne vois pas son compatriote Rigoberto Uran dans cette liste.

Emanuel Buchmann. Excellent grimpeur, tempérament porté sur l’attaque, 4e du Tour 2019, il peut aussi surprendre et il a une équipe à son service. Je crois toutefois que ce Tour de France n’est pas assez montagneux pour lui, et davantage réservé aux puncheurs-grimpeurs qu’aux purs grimpeurs comme lui. Touché suite à une chute sur le Dauphiné, sa préparation récente a toutefois été perturbée, et c’est dommage. S’il est « tranquille » en première semaine, qui sait il pourrait se refaire une santé en vue de la 2e et 3e semaine de l’épreuve.

Wout Van Aert. Même si ce Tour de France risque d’être trop montagneux pour lui, le meilleur coureur de cette reprise de saison semble pouvoir tout faire. Et s’il prenait le maillot jaune tôt dans la course et décidait de le défendre à fond? Il a l’équipe pour le faire, et la condition!

Les Canadiens

Sale temps pour les coureurs canadiens dans le contexte du Tour: Woods éjecté de son équipe, pas de coureurs canadiens au sein du line-up d’Israel Start-Up Nation, et voilà qu’Antoine Duchesne à la FDJ est au prise avec une mononucléose.

Canadiens sur le Tour: que de rebondissements!

Parfois, le cyclisme pro est difficile à suivre et à comprendre!

Hugo Houle d’abord positif à la Covid-19, mais asymptomatique. Puis deux contrôles négatifs, puis des tests plus poussés qui révèlent que son organisme n’a très probablement combattu aucun virus récemment.

Du coup, Houle est autorisé à courir. Prévu sur le Giro, pour aider son ami Fuglsang. Puis, il y a 24h, rebondissement: il épaulera Lopez sur le Tour qui part samedi de Nice!

Pour Houle, c’est évidemment une bonne nouvelle: tu ne dis pas non au Tour de France, LA course cycliste des courses cyclistes, la plus reconnue du public également.

Pour Houle, ce sera un 2e Tour de France en carrière. Il avait terminé 91e l’an dernier. Pourrait-on lui donner l’occasion de jouer sa carte personnelle sur une étape? S’il sera là pour épauler Lopez, on ne sait jamais, au profit d’une bonne échappée, un bon résultat est possible.

Mike Woods

Ma surprise des dernières 24h a été d’apprendre que Mike Woods ne sera pas au départ du Tour cette année. Apparemment, la décision a été prise il y a un mois. Surprenant, d’autant plus que Woods envoyait des signaux d’une excellente condition physique, ayant gagné la dernière étape du Tour virtuel sur le Mont Ventoux il y a quelques semaines…

Bref, pour tout vous dire, je ne comprends pas Education First de se priver des services du Canadien. On mise Uran, on mise Martinez, oui bien sûr. Higuita, Bettiol, on est d’accord. Mais Van Garderen? Neilson Powless, aucune expérience du Tour, 23 ans? Hugh Carthy? Lui aussi un premier départ sur le Tour… Jens Kekeuleire? Sans grand résultat cette saison…

Woods affirme que sa décision de quitter l’équipe pour Israel Start-Up Nation n’est pour rien dans sa non-sélection. Personnellement, je n’en suis pas si sûr. Il n’est pas prévu non plus sur le Giro, et personne ne parle de la Vuelta… pour l’instant, c’est Tirreno puis les Classiques comme LBL. Un peu mince tout ca…

Bref, à mes yeux c’est louche. Je ne l’explique pas celle-là! Et c’est bien dommage pour les fans de cyclisme canadien.

Antoine Duchesne

On attend la confirmation du line-up de la FDJ sur le Tour, mais à priori Antoine n’en serait pas.

On sait également qu’aucun Canadien ne fait partie de l’équipe du Tour pour Israel Start-Up Nation. Vraiment déçu pour Guillaume Boivin.

La liste des partants du Tour qui est la plus à jour est probablement celle-ci. À noter que chez Jumbo-Visma, Tom Dumoulin devrait à priori porter le dossard 21, et pas Roglic…

Le Tour de l’actualité

1 – Covid-19. Ca repart vraiment fort en France ces jours-ci. De quoi bousculer la suite du programme, et notamment le Tour de France dont le départ est prévu samedi prochain à Nice? Faut voir, mais les cas de coureurs positifs au sein du peloton tant masculin que féminin se sont multipliés depuis 10 jours, notamment Hugo Houle (Astana), Larry Warbasse (AG2R – La Mondiale) ou encore Leonardo Basso (Ineos). Correction quelques heures plus tard: il appert qu’Hugo n’a jamais eu la Covid-19, et donc que le test initial incriminant ait été un faux positif. Et qu’Hugo rejoindra Mike Woods sur le Tour!

Les équipes ont également exprimé une insatisfaction devant les mesures anti-Covid-19 annoncées par les organisateurs du Tour récemment. Une réunion aura lieu mardi pour tenter de parvenir à un compromis satisfaisant pour tous.

2 – Antoine Duchesne. À priori, le coureur québécois ne ferait pas partie de la sélection finale des huit coureurs FDJ pour le Tour, annoncé ce week-end. Si on attend une confirmation, la nouvelle ne surprend pas trop compte tenu de l’abandon d’Antoine sur le récent Dauphiné. Il n’était clairement pas en condition physique suffisante pour épauler Thibault Pinot, qui présente des ambitions élevées.

3 – Thibault Pinot. Intéressant vidéo sur l’état d’esprit du coureur, à moins d’une semaine du départ du Tour.

4 – Arnaud Demare. Le sprinter français a la frite depuis la reprise, c’est clair, et il était l’archi-favori du Championnat de France hier, fort d’une équipe FDJ sur-représentée sur la course.

Quel beau championnat! Une course de mouvement, peut-être parce que les oreillettes n’y étaient pas permises, des attaques toute la course, et un final magnifique, avec les deux Deceuninck (Sénéchal et Alaphilippe) qui ont tout dynamité dans les tous derniers kilomètres, explosant le train FDJ et obligeant Demare à donner de lui-même dans les quatre derniers kilomètres.

Bref, Demare n’a pas volé son titre, et Alaphilippe nous a encore prouvé que c’est un sacré puncheur, à moins d’une semaine du Tour.

Je sais pas vous, mais si Coquard ne rentre pas sur Demare lors que ce dernier était décroché d’Alaphilippe, peut-être que ce dernier serait allé au bout?

À noter qu’on ne verra pas le maillot de champion de France sur le Tour de France dans une semaine, Demare étant prévu pour le Giro plus tard.

5 – Marc Madiot. C’est comme ca qu’on fête un titre de champion de France !

6 – Mathieu Van der Poel. Joli numéro du champion néerlandais qui a tout fait péter sur le Championnat national des Pays-Bas, partant solo à près de 50 kms de l’arrivée, et terminant seul, n’en déplaise à la formation Jumbo-Visma. Un coup d’orgueil de VDP qui, j’en suis sûr, est agacé par les succès sur route cette saison de son éternel rival, Wout Van Aert.

7 – Champions nationaux. Luis Leon Sanchez en Espagne. Marcel Meisen en Allemagne. Giacomo Nizzolo en Italie. Kasper Asgreen au Danemark. Kevin Géniets au Luxembourg. Juraj Sagan en Slovaquie. En résumé, ils sont les nouveaux champions nationaux.

8 – Jumbo-Visma. Beau reportage photo d’un récent camp d’entrainement de l’équipe. Le degré d’affutage est simplement impressionnant.

9 – Les courses cette semaine. Au calendrier, la Bretagne Classic mardi, mais aussi les Championnats d’Europe aussi à Plouay cette semaine. La course sur route des hommes est mercredi, les femmes jeudi. Aujourd’hui, ce sont les chronos.

Autour du (prochain) Tour

Plusieurs nouvelles et informations autour du Tour de France qui partira dans un peu plus d’une semaine depuis Nice.

1 – Couverture télé depuis le Québec. Cette année, pour regarder les étapes en direct, la meilleure option (mais payante) est probablement FloBikes. J’ai plusieurs commentaires très positifs sur ce site. Alex Stieda sera notamment présent pour commenter la course.

Tiz-Cycling met en ligne un stream gratuit, mais qui ne fonctionne pas toujours bien. La couverture est celle des réseaux anglais.

Personnellement, j’aime beaucoup France Télévision, notamment les commentaires de Laurent Jalabert. Pas facile de capter France2 et France3 depuis le Québec. Un moyen possible et que j’ai utilisé avec succès les années passées est le site et l’application FilmOn. Moyennant un abonnement mensuel payant pas plus cher que FloBikes, on a accès à France2 et France3, avec possibilité d’enregistrer (moyennant supplément $). L’application fonctionne bien sur téléphone intelligent, très pratique car tu peux regarder l’étape n’importe où, sur ton téléphone. Ca sera probablement mon moyen de regarder le Tour en direct cette année.

Et évidemment, vous pouvez aussi utiliser un VPN qui simule une localisation géographique différente de votre vraie localisation, ce qui vous permet de contourner les barrières du geocodage et ainsi écouter le Tour sur votre chaîne favorite, pourvu qu’un stream soit disponible. Beaucoup de chaînes européennes transmettent le Tour, incluant en Espagne, Italie, Belgique, Pays-Bas, Allemagne, Suisse, etc.

2 – France Télévision. Covid-19 oblige, cette année les commentateurs (Alexandre Pasteur, Laurent Jalabert, Marion Rousse) resteront à Paris et diffuseront donc leurs commentaires depuis la capitale. Thomas Voeckler et Thierry Adam resteront toutefois au contact de la course, sur les motos.

Le Vélo Club de Laurent Luyat sera également présenté depuis Paris.

3 – EuroSport. La chaine sportive diffusera également le Tour de France. Parmi les commentateurs, un certain David Moncoutié. Ca peut être intéressant!

4 – Liste des partants. Elle n’est pas encore disponible, mais les équipes ont commencé à annoncer publiquement les sélections, par exemple Jumbo-Visma ou Ineos. Certaines autres équipes attendent certainement les résultats des courses du week-end, comme les Championnats de France, pour faire les derniers choix.

5 – Canadiens au départ. S’il est déjà presque sûr que Mike Woods sera au départ, on a eu la confirmation aujourd’hui que Guillaume Boivin ne sera pas de la formation Israel Start-Up Nation, et c’est bien dommage puisque Guillaume n’a jamais pris le départ du Tour dans sa carrière. Je suis vraiment déçu pour lui.

Pour Antoine Duchesne à la FDJ, je pense qu’on aura la nouvelle lundi ou mardi prochain, une fois les Championnats de France terminés.

6 – Protocole sanitaire contre la COVID-19. Les organisateurs du Tour ont annoncé dans un document transmis aux équipes les détails des règles qui devront être respectées pour prémunir la course d’éclosions du satané virus.

Parmi ces mesures, le port du masque évidemment, pas de contact entre le public et les coureurs, de fréquents tests de dépistage, un rôle central des médecins d’équipe, pas plus de 30 personnes par équipe staff compris (donc 8 coureurs et 22 membres du personnel encadrant), et finalement si une équipe présente deux personnes atteintes du COVID-19, l’équipe sera exclue de l’épreuve immédiatement. Le Tour irait toutefois de l’avant.

7 – Podium girls. Le Tour a annoncé que c’en était terminé des podium girls, une pratique jugée sexiste à l’heure de « Me Too ». On remplacera par une hôte et un hôte, et les dignitaires seront également moins nombreux sur le podium, Covid-19 oblige. Faudra s’y faire!

8 – Site web du Tour. Le nouveau site Internet vient tout juste d’être mis en ligne.

9 – Velonews. Le site Internet a également lancé récemment une page dédiée au Tour de France. Des podcasts y sont disponibles.

10 – Kruijswijk. Pas de Tour pour le coureur néerlandais chez Jumbo-Visma, il a une épaule fracturée suite à sa chute sur le Dauphiné. Coup dur pour l’équipe. Il a été remplacé par Amund Jansen.

Froome et Thomas recalés

C’est une demi-surprise selon moi: Chris Froome et Geraint Thomas n’ont pas été retenus au sein des Ineos-Grenadiers pour le Tour de France qui s’élancera dans un peu plus d’une semaine.

En renfort, c’est Richard Carapaz, vainqueur du Giro l’an dernier, qui s’y colle. Le programme cette année du natif d’Équateur prévoyait initialement qu’il défende son titre en Italie. C’est plutôt Thomas qui ira disputer le maillot rose, et Froome est prévu sur la Vuelta à la fin de cette saison.

Il était évident que Froome et Thomas n’étaient pas en condition physique suffisante pour prétendre être des acteurs sur la Grande Boucle. Le Dauphiné a été suffisamment dur cette année pour ne pas mentir sur l’état de forme des coureurs.

C’est un tournant pour Ineos, qui mise clairement sur Bernal et Carapaz. Le cyclisme anglais prend un coup dans l’aile, après des années de domination sur les grandes courses par étape. C’est peut-être une ère qui se termine, comme les golden days du cyclisme américain se sont terminés avec la chute de Lance Armstrong.

Brailsford a eu raison d’appeler Carapaz en renfort, ce dernier pourrait surprendre, il a quelques performances intéressantes récemment, notamment sur le Tour de Burgos, et Bernal aurait mal au dos. En remportant le Giro l’an dernier, Carapaz a prouvé qu’il peut tenir sur une course de trois semaines.

Surtout, c’est Sivakov selon moi qui pourrait créer la surprise chez Ineos. Il n’était pas loin du niveau de Bernal sur le Dauphiné.

Ineos aura donc quand même quelques atouts dans son jeu sur le Tour.

Ceci étant, on voit mal comment les Ineos pourront rivaliser avec les Jumbo-Visma qui se présenteront à Nice avec les coureurs suivants: Roglic, Dumoulin, Kruijswijk, Gesink, Van Aert, Bennett, Kuss et Martin. Ouch!!!! De quoi contrôler la course en montagne, aucun doute là-dessus. Ce sera l’équipe à battre.

Astana (Lopez), UEA Team Emirates (Pogacar), Education First (Martinez), la FDJ (Pinot), Arkea-Samsic (Quintana) et Bahrain (Landa) sont les autres équipes qui viseront probablement le podium au départ du Tour.

Woods, seul Canadien au départ?

Malgré la présence de plusieurs coureurs canadiens en WorldTour cette année, seul Mike Woods chez Education First pourrait être au départ du Tour de France.

Hugo Houle est plutôt prévu au Giro pour épauler Fuglsang, et il est au prise avec la Covid-19 actuellement.

Chez Israel Start-Up Nation, aucun coureur canadien n’est présent dans les « sélectionnables » pour le moment.

Antoine Duchesne avait peut-être une chance du côté de la FDJ, ayant participé au Dauphiné, mais son abandon durant l’épreuve ne donnera pas confiance à ses dirigeants pour la Grande Boucle. On attend toutefois la sélection finale. Thibault Pinot a par ailleurs annoncé qu’il fera l’impasse sur les Championnats de France, probablement pour maximiser sa récupération surtout dans le contexte de sa chute au Dauphiné.

Entrainement: de la fameuse « zone maîtres » (zone 3)

On m’a souvent critiqué, au cours des dernières années, parce que je peux rouler vite longtemps à l’entrainement. Certains n’apprécient pas de se faire laminer sur plusieurs heures par mon rythme soutenu et constant.

On me disait que rouler en zone 3 voire zone 4 inférieure, une zone ou tu souffres mais que c’est supportable sur de grandes distances, n’était pas payant. Mieux valait faire de la fameuse zone 1 socio mollo, et de la zone 5 full gas.

La vérité, c’est que j’ai toujours fait de la zone 1 et de la zone 5. Mais je fais aussi de la zone 3 sur de longues durées. Ce qui correspond environ à 88-93% de ton FTP, et entre 75 et 85% de ta fréquence cardiaque maxi. Oui, souffrant tout le temps!

Récemment, de nombreux articles ont été publiés réhabilitant l’entrainement en zone 3, la zone supposée « non-payante » que certains appellent aussi péjorativement la « zone maitres » car les athlètes maitres (35 ans et plus) s’y entraineraient que trop.

Ca s’appelle le « sweet spot training« . Une recherche dans Google vous convaincra.

Plusieurs affirment que l’entrainement dans cette zone, c’est « The most bang for your training buck« . Surtout si, comme nous athlètes amateurs ayant une vie professionnelle et familiale, nous avons un nombre limité d’heures d’entrainement par semaine.

Personnellement, j’ai souvent fait du « sweet spot training » pour préparer de grandes cyclosportives. Style 180 kms solo à 33 de moyenne, tu es toujours en prise, jamais confortable pendant des heures, et tu finis rincé. Il est certain qu’un entrainement en mode « sweet spot » nécessite plusieurs jours de récup par la suite.

J’ai toujours trouvé qu’après cette bonne récup, ces entrainements me font passer un pallier: tout de suite, je vois plus de force dans les jambes, et une meilleure résistance à l’effort, surtout durant des intervalles longs.

C’est profitable même en course: tu as plus de jus et plus de force dans le final, toujours.

La clé, c’est de caser au bon moment ce type d’entrainement. Pas une bonne idée de faire une longue sortie « sweet spot » le lendemain d’intervalles courts full gas! Et pas trop souvent non plus. Une ou deux sorties par mois me semble suffisantes dans ce registre.

Bref, avec l’expérience, je trouve qu’un programme d’entrainement efficace, c’est comme en nutrition: la clé, c’est de manger de tout, régulièrement. Je polarise de plus en plus mon entrainement entre zone 1 et zone 5, je varie les genres en zone 5, intervalles anaérobiques ou aérobiques souvent en m’inspirant des formules proposées par Guy Thibault. Et je me tape aussi une ou deux fois par mois de longs entrainements « sweet spot » sur 120 kms ou plus, question d’aller chercher des gains différents.

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