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Mois : avril 2019 Page 1 of 2

Retour sur LBL

Très belle course dimanche dernier dans des conditions météo difficile, pluie et froid qui ont considérablement durcis la course.

Dans ces conditions, on savait que seul un homme en forme pourrait s’imposer. Malgré cela, la course a été très ouverte jusqu’à la Roche-aux-Faucons, presque trop parce que le traditionnel juge de paix, la côte de la Redoute, a été escamotée, petite déception pour moi à ce niveau. Aucun démarrage, juste du tempo jusqu’en haut pour les favoris qui, visiblement, souffraient déjà depuis plusieurs heures à cause de la météo.

On a cru longtemps que les Deceuninck avaient la course bien en main grâce à Vakoc et Mas surtout, emmenant Alaphilippe dans un fauteuil.

Mais comme aux Mondiaux l’an dernier, Alaphilippe a plié d’un coup, dans le final, ne pouvant suivre Woods puis Fuglsang.

Ce dernier a peu de temps après sorti Formolo et Woods au train pour filer jusqu’à l’arrivée, tenant ainsi sa revanche sur Alaphilippe et concluant ce printemps d’une bien belle manière je trouve.

Un costaud, ce Fuglsang! Comme d’ailleurs toute son équipe Astana, qui a atomisé sévère depuis le début de la saison. Surprenant parfois.

Les enseignements de LBL

D’abord Mike Woods, excellent 5e et qui vient nous rassurer sur sa condition. Normalement, il devrait être un coureur protégé sinon le leader d’EF sur le prochain Giro, de quoi l’aborder avec confiance et viser peut-être un podium.

Ensuite Vicenzo Nibali, 8e dimanche et qui a retrouvé de sa superbe à une semaine du départ du Giro, dont il sera l’un des favoris. Si sa condition est ascendante comme je le pense, il sera redoutable en dernière semaine de l’épreuve.

Également les bonnes surprises de la FDJ avec le petit grimpeur David Gaudu, 6e de la Doyenne. En l’absence sur ces épreuves ardennaises de Thibault Pinot, l’effectif FDJ a sorti de belles cartes récemment, avec également Rudy Mollard et Valentin Madouas qui se sont montrés ces trois dernières semaines. De quoi donner confiance à Marc Madiot pour l’avenir de son équipe sur les grandes classiques du printemps.

Enfin Mikel Landa, 7e dimanche. Le coureur Movistar, souvent inconstant, est annoncé leader de la formation sur le Giro également. Ca va être intéressant car lui, il peut tout faire: rouler, grimper, puncher.

Les déceptions

Les AG2R – La Mondiale. Leur leader Bardet est 21e, premier coureur de l’équipe à la ligne.

Les Sky, qui pouvaient espérer plus avec Kwiatkowski et Poels. La Sky cette saison, c’est jusqu’ici assez moyen je trouve, en tout cas pour le plus gros budget du WorldTour, les résultats sont plutôt minces. Mais attendons, les courses par étapes ne démarrent que maintenant.

Team Sunweb, Matthews et Dumoulin qui ratent leur final.

On enchaine donc avec le Tour de Romandie (prologue aujourd’hui), une épreuve que j’ai toujours affectionné tout particulièrement, la Suisse étant si belle et propice à la pratique du sport cycliste. Et avec le Giro qui pointe son nez, on va encore se régaler!

Encore du beau monde pour la Doyenne!

On termine la saison des Classiques du printemps ce dimanche avec Liège-Bastogne-Liège, la « Doyenne » des Classiques, créée en 1892 (105e édition en 2019).

Une sacrée belle course longue de 256 kms, et qui comporte neuf ascensions difficiles dans les 100 derniers kilomètres. Et on peut en effet penser que la course s’emballera réellement à partir de la côte de Mont-le-Soie, km 156. Traditionnellement, la sélection finale se fait dans la célèbre « côte de la Redoute », désormais mythique et un haut lieu du cyclisme avec Frank Vandenbroucke en 1998. Restera encore « les Forges » et la « Roche-aux-Faucons » par derrière avant de rallier l’arrivée située cette année dans Liège, après une descente et une dernière ligne droite (et non plus à Ans comme ces dernières années au terme d’une dernière ascension assez roulante).

On annonce pluvieux et frais (11 degrés) ce week-end en Belgique, cela durcira un peu la course très certainement. Un vent modéré est également prévu.

Les favoris

Évidemment, un seul nom: Julian Alaphilippe. Le vainqueur de Milan SanRemo, des Strade Bianche et de la Flèche Wallonne est l’homme à battre, qui plus est parce qu’épaulé par une redoutable équipe « Wolfpack » Deceuninck Quick-Step, qui compte en ses rangs les Philippe Gilbert (vainqueur de Paris-Roubaix), Bob Jungels (vainqueur sortant de la Doyenne), Enric Mas (qui a très bien placé Alaphilippe au pied du Mur de Huy mercredi dernier) ou encore Petr Vakoc. OUF!

Notez qu’Alaphilippe n’a jamais gagné la Doyenne, il sera donc motivé d’inscrire cette grande classique à son palmarès. C’est le temps d’en profiter!

En face, quelques formations pourraient leur tenir tête.

Les Lotto-Soudal d’abord, avec Wellens, Lambrecht et Vanendert. Ce Lambrecht, attention à lui dans les dernières bosses du parcours, c’est un sacré grimpeur-puncheur et il n’a aucune pression.

Les AG2R – La Mondiale avec Bardet et Cosnefroy ont un bon coup à jouer également. Bardet a terminé 3e l’an dernier.

Je pense enfin aux Astana avec Jakob Fuglsang bien sûr, mais aussi Lutsenko, Izaguirre et Leon Sanchez. On devrait retrouver ces formations dans le final.

Sinon, on a plusieurs autres coureurs qui pourraient très bien faire, à commencer par Michael Matthews dont le nouveau final n’est pas pour déplaire puisqu’il augmente les chances des sprinters qui passent aussi les bosses. Méfiez-vous de lui si ça arrive au sprint au sein d’un petit groupe.

Valverde, quadruple vainqueur, est évidemment un favori, tout comme Nibali, en vue sur le Tour des Alpes cette semaine. Adam Yates pourrait aussi être de la partie pour Michelton-Scott, tout comme les Kwiatkowski et Poels chez Sky, Dan Martin chez UAE ainsi que Guillaume Martin pour Wanty Groupe Gobert.

Mike Woods? Sa mauvaise place sur la Flèche aurait été due à un problème mécanique au plus mauvais moment. Ceci étant, Woods a également admis qu’il « n’avait pas les jambes » dans le final. Motivé par la Doyenne, je pense qu’il peut se rendre loin dans la course mais de là à jouer le podium comme l’an dernier, ça non vu la qualité du plateau en présence. Un top-10 serait déjà inespéré pour lui.

Flèche Wallonne: bof…

La Flèche Wallonne est peut-être la course cycliste la plus facile à prédire du calendrier.

Ca devient même lassant si vous voulez mon avis.

Dans ce cyclisme moderne où une échappée sur mille a une chance de réussir, la Flèche Wallonne est réduite depuis une 15aine d’année à une simple course de côte sur le dernier kilomètre, jusqu’en haut du Mur de Huy.

Et comme c’est une montée très spécifique, pour puncheurs-grimpeurs, ben y’a très peu de monde qui peuvent s’y imposer.

Valverde a gagné 4 années de suite, entre 2014 et 2017.

Alaphilippe s’y est installé depuis, gagnant hier pour la 2e année consécutive. Une belle victoire certes, acquise au prix d’un effort colossal dans les tous derniers mètres, son rival Fuglsang – encore lui – refusant obstinément de baisser pavillon.

Alaphilippe-Fuglsang, Fuglsang-Alaphilippe, ces deux-là ne se seront pas quittés de la saison des Classiques, bataillant depuis les Strade Bianche il y a un mois!

Pour moi, les informations à retenir sont ailleurs, et sont utiles en prévision de Liège-Bastogne-Liège dimanche prochain, une course plus ouverte.

Alejandro Valverde

On a probablement assisté hier à un passage de génération sur la Flèche Wallonne, le quintuple vainqueur et grand spécialiste de l’épreuve ne terminant « que » 11e. Valverde continue bien évidemment à être un redoutable coureur tant sur les courses d’un jour que sur les courses par étape, mais son registre évolue c’est évident. Il devient moins explosif, mais gagne en endurance. Laurent Jalabert, à la fin des années 1990 et dans les années 2000, avait connu ces changements: rappelons qu’il avait ramené le maillot vert à Paris en début de carrière, qu’il est devenu un redoutable chasseur de Classiques à sa maturité, et a terminé sa carrière par un maillot à pois sur le Tour, rompu aux longs efforts au seuil qu’exigent les grands cols.

Mike Woods

Le coureur canadien, 2e de la Doyenne l’an dernier, n’a pas vraiment rassuré hier, terminant à plus de 6 minutes du vainqueur. Il se réservait peut-être pour dimanche prochain, et a probablement travaillé pour Simon Clarke, déjà en vue sur l’Amstel. Ceci étant, s’il avait la bonne patte, je pense qu’on l’aurait vu mieux.

Les Français

Outre Alaphilippe, Romain Bardet, son co-équipier Benoit Cosnefroy, Guillaume Martin et Rudy Mollard sont tous dans les 20 premiers, intéressant! Les AG2R La Mondiale ont un bon coup à jouer dimanche prochain, et ils roulent forts également du côté du Tour des Alpes en ce moment (anciennement le Tour du Trentin).

Bjorg Lambrecht

Le jeune coureur (22 ans) format grimpeur de poche, 2e des Mondiaux U23 l’an dernier et vainqueur de Liège-Bastogne-Liège espoirs en 2017, progresse très vite chez les pros, terminant au pied du podium hier. Je suis convaincu que l’équipe Lotto-Soudal misera gros dimanche prochain, question de bien finir une saison des Classiques avec un manque de réussite, en jouant la carte de ce jeune coureur, de Vanendert aussi, et de Wellens. Beau line-up!

Peter Sagan

Pas au mieux ces dernières semaines, je n’ai pas compris pourquoi il a pris le départ hier de la Flèche Wallonne. Aucune chance de s’imposer, et son équipe a suffisamment de porteurs d’eau pour lui épargner ce rôle. Il a abandonné et quitte donc cette campagne des Classiques par la petite porte. Au programme pour lui, du repos avant de revenir sur le Tour de Californie le 12 mai prochain, une course qui lui permet habituellement de bien reprendre dans une ambiance relax.

Michael Matthews

Le meilleur sprinter des spécialistes des Classiques est 8e hier en haut du Mur de Huy! Attention à l’Australien dimanche, il a la bonne patte en ce moment et si ca devait arriver au sprint, c’est un sacré client.

Wonderful Losers: A Different World

C’est disponible depuis le 15 décembre dernier, et ca semble rudement intéressant: Wonderful Losers, un film documentaire (1m12min) sur la vie de coureurs cyclistes professionnels habitués de travailler dans l’ombre des grands leaders.

Parmi les coureurs dont il est question, l’original coureur canadien Svein Tuft, toujours en activité avec l’équipe américaine Rally cette saison.

C’est disponible ici à l’achat ou la location.

Amstel: ils apprennent à connaître Van Der Poel

Quel final de l’Amstel dimanche dernier!!! Et quel vainqueur, Mathieu Van Der Poel, in extremis. Avec le maillot de champion national des Pays-Bas sur le dos… it doesn’t get any better than that!

Ceci étant, avec une minute de retard à 5km de l’arrivée et encore 25sec à deux kilomètres de la ligne, Mathieu Van Der Poel et son groupe n’aurait jamais dû rentrer sur le duo en tête de course, Julian Alaphilippe et Jakob Fuglsang.

Ces deux là ne s’entendaient vraiment pas, c’était très clair. Fuglsang avait encore en travers de la gorge le final des Strade Bianche, où il s’était retrouvé dans la même position avec le même coureur. Il n’avait visiblement pas confiance en Alaphilippe et son erreur a été de l’attaquer à 4 kms de la ligne. Du coup, c’était certain qu’Alaphilippe ne passerait plus, ou alors en roulant « en dedans », question de pouvoir contrer une nouvelle attaque de son adversaire.

À ce niveau, c’est une grossière erreur de Fuglsang. Il fallait s’entendre jusqu’au km, pour l’aborder avec une bonne avance. Personne ne serait alors rentré.

Payez-vous les images des 5 derniers kms, Fuglsang et Alaphilippe n’avançaient plus, en particulier dans les deux derniers kms.

Cela n’enlève rien au mérite de Van Der Poel qui, pendant ce temps, roulait comme un possédé derrière pour revenir. Il a assumé seul tout le travail, sans rien demander à personne… il faut un gros moral pour faire un truc pareil. Et une grosse expérience du cyclo-cross où, très souvent, le coureur évolue seul en tête, à bloc. Visiblement, Van Der Poel ne se pose pas de question, et il a bien raison!

Le dernier kilomètre a été électrisant. C’est d’abord Kwiatkowski qui reprend le premier le duo de tête mais son accélération, assis, ne provoque aucun nouvel écart avec le groupe de chasse derrière. Du coup, ce groupe se rapproche et aux 600m, Van Der Poel prend les choses en main et fait course pour lui, sans plus se soucier des autres. Quelle vitesse! C’est pas compliqué, tous les autres ont l’air de coureurs amateurs à côté de son sprint.

Je pense que Van Der Poel vient de livrer une bien belle leçon aux coureurs sur route: « je prends mes responsabilités, je roule pour gagner et non pour faire perdre les autres, je ne me pose pas de question, et je mise sur mon héritage du cyclo-cross où je suis souvent dans une telle position« . C’est très rafraichissant.

Pour le reste, Peter Sagan a abandonné, montrant qu’assurément, il y a quelque chose qui cloche cette saison avec le coureur slovaque.

Hormis Van Der Poel, la belle surprise vient du Français Valentin Madouas, le fils de Laurent (coureur pro dans les années 1990), qui termine 8e de la course. Marc Madiot peut se réjouir de ce succès d’un jeune coureur de 22 ans, à l’approche de la Flèche Wallonne plus tard cette semaine et de Liège-Bastogne-Liège le week-end prochain.

L’Amstel ce dimanche

54e édition de l’Amstel Gold Race ce dimanche entre Maastricht et Rijksweg in Vilt, situé quelques kilomètres après le sommet du fameux Cauberg, juge de paix de cette course de 265 kilomètres.

Le Cauberg! Ou « Mont Philippe Gilbert » tant le coureur belge a su dompter durant sa carrière cette fameuse ascension, s’imposant déjà à quatre reprises sur l’Amstel et lors des Mondiaux de 2012.

Une fois franchi pour la dernière fois dimanche, il restera toutefois deux ascensions aux coureurs, soit les Geulhemmerberg et Bemelerberg.

Le parcours est donc bien « casse-pattes » avec pas moins de 35 côtes répertoriées, dont trois ascensions du Cauberg et une du Kruisberg, à quelques 35 kms de l’arrivée. Le final pourrait être lancé à cet endroit.

On annonce très beau et très chaud (25 degrés!) dimanche aux Pays-Bas, de quoi rendre la course très open, peu sélective. Ce sont donc les coureurs qui feront la course, et la tactique sera cruciale.

Les favoris

Un nom, le champion des Pays-Bas, Mathieu Van Der Poel qui vient tout juste de remporter la Flèche Brabançonne devant Alaphilippe et Matthews. C’est l’archi-favori, c’est clair selon moi.

Les redoutables puncheurs Julian Alaphilippe, Alejandro Valverde et Philippe Gilbert sont également favoris de cette course. Rappelons qu’Alaphilippe et Gilbert font partie de la même équipe, ce qui leur donnera un avantage dans le final. Gilbert est sur une lancée, et Alaphilippe a prouvé mercredi dernier qu’il a d’excellentes jambes à l’approche des Ardennaises. De quoi nourrir des ambitions pour les Deceuninck Quick Step.

Les autres coureurs à surveiller selon moi sont Greg Van Avermaet, Michal Kwiatlowski, Matteo Trentin, Edvald Boasson Hagen, Peter Sagan, Alberto Bettiol, Tim Wellens, Michael Matthews ainsi que Jakob Fuglsang.

Je ne crois par contre pas du tout aux chances du vainqueur sortant, le Danois Michael Valgren.

Deux coureurs canadiens au départ en principe, soit Guillaume Boivin pour Israel Academy et Michael Woods pour Education First. Ca sera très intéressant de suivre Woods à l’approche des Ardennaises, lui qui avait terminé 2e de la Doyenne l’an dernier.

Je mise Van Der Poel!

Le Club Espresso Bar de Montréal

La Flamme Rouge est née à Montréal il y a un peu plus de 15 ans.

Son avenir s’est peut-être joué hier au Club Espresso Bar de Montréal, un sympathique café cycliste que j’ai découvert avec le webmestre de ce site.

C’est pas compliqué, si vous êtes cycliste et que vous passez par Montréal, le Club est l’endroit où crécher. J’y retournerai, c’est certain!

J’ai pu y écouter le final (en reprise) de la Flèche Brabançonne hier après-midi, vraiment sympathique. Et quelle victoire d’ailleurs de Mathieu Van Der Poel qui mouche au sprint deux pointures, Alaphilippe et surtout Matthews. Rien à rajouter, Van Der Poel est déjà un sacré coureur et j’espère qu’il fera quelques Ardennaises parce qu’avec une telle condition, il peut espérer s’imposer sur l’Amstel comme sur la Doyenne des classiques. Sa maitrise hier du dernier kilomètre était impressionnante, la course en tête sans se poser trop de question, sûr de son sprint, Alaphilippe et Matthews ou pas.

Mais revenons au Club Expresso Bar. Idéalement situé à quelques encablures du pied de la montée Camilien Houde (3801 rue Saint-Denis), l’endroit propose une restauration légère, du café bien sûr, mais aussi quelques produits cyclistes intéressants. C’est résolument cycliste, le bar rappelant par exemple les courbes et les lignes d’une piste d’un vélodrome… Quelques maillots, de la déco, et une ambiance complètent le tout.

J’ai également pu échanger quelques mots avec l’un des proprio, Alex, qui me disait que l’endroit était plein les jours de classiques. Ambiance garantie! Chez Club Expresso Bar, on s’assure également de faire vivre la communauté cycliste de la ville: trois départs de sorties par semaine, souvent sur le Mont Royal mais aussi, les week-ends, vers les banlieues de Montréal.

Et à l’arrière de la boutique, on y trouve un atelier mécano, question de pouvoir offrir un service d’entretien et de dépannage aux clients-cyclistes, le temps d’un café. Molto bene!

Le Tour de l’actualité

1 – 55.089km.

C’est le nouveau record de l’heure, établi hier par le belge Victor Campenaerts sur la piste de Mexico, réputée comme l’une des plus rapides au monde surtout parce qu’elle est en altitude, donc la résistance de l’air est moindre (c’est de la physique).

Victor!!!!!! Avec les couvre-chaussures, tu faisais 55.200km!!!!!!

Chapeau bien bas tout de même, c’est énorme.

2 – Jarlinson Pantano. Le grimpeur colombien chez Trek-Segafredo s’est trompé de posologie et s’est retrouvé positif à l’EPO. Il a évidemment été immédiatement suspendu par son équipe, qui crie à la brebis galeuse, un classique.

Je sais pas vous, mais je ne suis pas surpris que cela touche un coureur colombien… ca fait plusieurs d’ailleurs ces 36 derniers mois… Sûr que le cyclisme colombien présente actuellement une belle génération de coureurs, mais y’a peut-être un truc pour certains.

Et je demeure convaincu que l’EPO ou ses évolutions plus récentes sont en usage dans le peloton, simplement on maitrise maintenant les micro-doses et on déjoue aisément les contrôles ainsi que le passeport biologique. Surtout chez les coureurs qui se spécialisent dans les courses par étapes.

3 – SKY. La surpuissante équipe anglaise a fait choux blanc sur la scène des Flandriennes ces dernières semaines, totalement inexistante ou à peu près. Seul Luc Rowe a semblé en mesure d’être dans le coup, avec Kwiatlowski sur SanRemo. Je trouve ca bizarre, car regardez-bien à l’approche des courses par étapes et du Tour: ils vont se mettre à atomiser tout azimut. Chez Sky, on sait se faire discret lorsqu’on se prépare…

4 – GP de Ste-Martine. L’hiver n’est pas encore terminé, du moins en Outaouais, que la première course sur route de la saison de cyclisme au Québec se profile déjà samedi prochain, le désormais classique Grand Prix de Ste-Martine. Un beau parcours, exposé au vent donc propice aux bordures sur certains secteurs, un parcours assez plat aussi. C’est donc le vent qui complique toujours les choses sur cette course.

Tous les détails sont ici. On s’inscrit en cliquant ici. Messieurs les coureurs…

5 – CrossRoad Tremblant. La première belle cyclosportive de la saison pointe aussi son bout du nez, soit les 24, 25 et 26 mai prochain. Je vous en ai souvent parlé sur ce site, estimant que les épreuves sur route organisées dans le cadre de cet événement incarnent le mieux « l’esprit cyclosportif » en proposant à la fois un réel défi (tapez-vous le SuperFondo de 160 bornes, on en reparlera après!) et des « non-courses » sécuritaires et bien encadrées.

C’est donc trois jours de pur vélo qu’on vous propose, que ce soit de la route, du mountain bike, et – nouveauté cette année – du gravel bike. Y’en a pour tous: les coureurs, avec le critérium ou la Coupe Québec de Mtb, les cyclosportifs, de l’animation, des party, des démonstrations, bref, c’est assez complet comme programmation.

On s’inscrit ici aux diverses cyclosportives, selon votre niveau et votre envie!

6 – Selles. On ne voit pas assez d’articles consacrés au matos exclusif pour les femmes cyclistes. Dans ce contexte, cet article sur les meilleures selles pour les femmes est intéressant. La SDG Allure est un excellent choix, je confirme même si j’ai pas personnellement essayé…

7 – Muscu en saison. Si je suis un adepte du travail en salle de muscu, notamment pour préserver la force et développer le « core » si important pour la posture et la stabilité dans les sports, j’ai toujours eu du mal à intégrer de telles séances en pleine saison cycliste, de peur de me « défaire » les muscles et ne plus pouvoir m’entrainer qualitativement sur le vélo par la suite.

Cet article est très intéressant puisqu’il nous apprend que les deux sont en fait compatibles, à condition de respecter certains principes: des entrainements en force (peu de répétitions, des charges lourdes) et surtout, surtout de grosses plages de recup entre les quelques séries.

Je vais m’en inspirer derechef!

8 – Notre-Dame. Petite pensée pour mes amis(es) parisiens qui ont souffert de voir la cathédrale bruler avant-hier. Durant mes deux ans de vie à Paris, mes sorties de vélo en récup dans la ville m’amenaient systématiquement à passer sur le parvis de Notre-Dame, et j’y suis allé à chacun de mes passages subséquents depuis 20 ans.

Notre-Dame! Ché pas pourquoi, mais je croyais ce bâtiment indestructible, et à ce titre la cathédrale était devenue un repère réconfortant dans ma vie, un lieu significatif qui me rappelait mes origines, et mon passage dans la ville. Aller à Paris sans aller à Notre-Dame, c’était comme ne pas aller à Paris.

Cet incendie nous rappelle en tout cas que rien en ce monde n’est indestructible. La vie est définitivement trop courte pour se prendre trop au sérieux et se disputer.

À battre: 54.526m

C’est l’une des plus vieilles épreuves en cyclisme: le record de l’heure.

La plus souffrante aussi, dixit Eddy Merckx. Et quand Eddy cause, on l’écoute.

Première marque, en 1893. Une plombe. Henri Desgrange. Pour ceux qui ne savent pas qui c’est, y’a un beau monument à 1km du sommet du Galibier, côté Lautaret, qui vous renseignera. Je sais, c’est pas la porte (Porte, c’est un autre, pas Grange). Surtout en ce moment.

Le chiffre à retenir, c’est 54.526km, selon le nouveau règlement UCI introduit en 2014 et permettant de nouveau d’utiliser les vélos de chrono, roues lenticulaires et guidons de triathlète.

Parce que sinon, la vraie marque, c’est 49,700km, établie « Merckx style » par Ondrej Sosenka le 19 juillet 2005, sur un vélo traditionnel. Merckx avait établi en 1972 un monstrueux 49,431 à Mexico, en allant au bout de lui-même. 28 ans plus tard, en 2000, Chris Boardman n’avait fait que 10m de mieux. Qui sera le premier à passer la barre des 50km « Merckx style »? Ca, ca serait grand!

Vous avez aussi « la meilleure performance dans l’heure », détenue par Chris Boardman depuis 1996: 56,375km. Le fantasque écossais Obree avait ouvert une période intense de chasse à ce record en le portant au delà de 51,5km en 1993 grâce à une position révolutionnaire, sur un vélo fabriqué par ses soins en utilisant des pièces de machine à laver. Oui, sa femme l’a quitté.

C’est à la marque de 54.526 que s’attaquera le belge Victor Campenaerts (Lotto-Soudal) dans les prochaines heures, toujours à Mexico puisque l’altitude induit une résistance de l’air moindre, donc un avantage.

Des chances, Campenaerts? Je pense que oui. Il n’a rien négligé: un vélo au point et surtout une préparation optimale notamment en passant par un long stage d’entrainement en… Namibie, sur les hauts plateaux, question de faire des globules, à défaut de se faire du mauvais sang. Le gus est également un gros rouleur, médaillé de bronze du chrono des derniers Mondiaux.

Le choix de braquet est souvent capital car il doit correspondre d’une part à la distance à couvrir, mais aussi au style du cycliste. Campenaerts choisira entre le 60 ou le 61-14, question de se caler autour de 100-102 rpm durant l’heure (Wiggins avait utilisé un 58-14, mais il tournait les jambes plus vite). Mouais. De toute façon, je ne tire aucun de ces deux braquets, même dans la descente du Mortirolo…

Le défi est aussi l’aérodynamique. Les photos vues jusqu’ici montrent un vélo étudié, peut-être moins la combinaison qui apparait plutôt classique. Victor, mets au moins des couvre-chaussures!

Chose certaine, 60min de pure souffrance. Tu dégustes!

Pour suivre le record en direct, la chaine YouTube UCI annonce un direct. C’est ici.

Paris-Roubaix: me suis planté!

Ben cette fois-ci les amis(es), je me suis planté: je vous disais vendredi ne pas trop croire aux chances de la Deceuninck Quick-Step.

Ben du Deceuninck, y’en a 4 parmi les 8 premiers à l’arrivée de Paris-Roubaix hier!

Et toute une victoire de Philippe Gilbert, 36 ans tout de même, passé pro en… 2003, il y a 16 ans, autrement dit à l’âge de pierre. Il remportait hier sa 14e grande classique, excusez un peu, après avoir déjà épinglé à son palmarès l’Amstel, Liège-Bastogne-Liège, le Tour de Lombardie, le Tour des Flandres, Paris-Tours, la Flèche Wallonne.

C’est pas compliqué, il ne manque à Gilbert que Milan SanRemo pour rejoindre Rik Van Looy, Roger de Vlaeminck et Eddy Merckx (tous des belges!) à titre de coureurs ayant remporté dans leur carrière les cinq grands monuments du cyclisme. Gilbert peut-il gagner Milan SanRemo? La question est ouverte…

En tout cas, Gilbert n’a pas volé sa victoire hier, il était clairement le plus fort dans le final de la course, faisant même le forcing dans le dernier grand secteur pavé à environ 15 bornes de l’arrivée. Seul Politt a pu accompagner, je vous avais dit vendredi que ce coureur allemand pouvait faire quelque chose de bien sur cette course. Sagan a explosé dans les 10 derniers kilomètres, laissant seul Lampaerts qui a fait un beau rapproché dans le final, terminant seulement 13 petites secondes derrière le duo de tête.

Pour la Deceuninck, carton plein avec Senechal 6e et Stybar 8e. Rien à dire, après un Tour des Flandres assez raté, ils se sont bien repris hier. Bravo!

Sinon, parmi les surprises, Evaldas Siskevicius chez Delko-Marseille, 9e hier. C’est un coureur toujours motivé pour cette course.

Je sais pas vous mais j’ai été surpris du nombre de favoris qui ont explosé hier dans le final, manquant carrément de force: Sagan, Van Avermaet, Naesen, Petit, tous souffrant beaucoup dans les 25 derniers kilomètres. Je pense que la course a été tendue dès le départ, et beaucoup de coureurs ont dû fournir des efforts tôt dans la course. D’autres ont, comme d’habitude, manqué de chance: ce fut le cas de Van Aert notamment, crevaisons, chutes, la totale. C’est Paris-Roubaix! Il reviendra.

Intéressant également de penser que la bonne échappée est partie à environ 48km de l’arrivée, presqu’au même endroit que Sagan l’an dernier. Nouvelle tendance chez les coureurs, ne plus attendre le Carrefour de l’arbre pour faire la grosse sélection?

Et que dire de la foule, encore imposante hier sur le bord des routes: ça fait plaisir à voir. La météo était bonne, cela a certainement aidé. En fait, nous sommes dûs pour un Paris-Roubaix mouillé bientôt, ca fait plusieurs années que la météo est plutôt bonne sur la course.

On se tourne désormais doucement vers les Ardennaises, et d’autres coureurs vont débarquer sur la scène des classiques, notamment les grimpeurs et les puncheurs, souvent plus légers. Sur sa forme actuelle, Gilbert sera un sacré client à l’Amstel, qu’il a déjà gagné 4 fois. Et avec Alaphilippe en renfort, ca pourra faire un beau feu d’artifice.

Dimanche, c’est l’enfer!

Et cette année, l’enfer sera poussiéreux car on annonce un temps clément, sans grand vent.

Tout de suite, pour suivre Paris-Roubaix sur Internet, le mieux selon moi c’est le site Tiz-Cycling, sous le lien « Live Stream ». La semaine dernière, j’ai pu y suivre le Tour des Flandres en direct. Ca marchait assez bien.

Au menu de Messieurs les coureurs, 257 kms entre Compiègne et Roubaix. 29 secteurs pavés, dont trois classés « cinq étoiles », les plus difficiles: la fameuse trouée d’Arenberg bien sûr, km 165 et long de 2,3km. C’est souvent l’endroit qui lance la vraie course, la bagarre faisant rage 10 km avant pour une place dans les 15 premiers à l’entrée de la tranchée.

Ensuite Mons-en-Pévèle, km 212 et sur 3 kms. Puis le Carrefour de l’Arbre, idéalement placé à 15 kms de l’arrivée, et long de 2,1km. De quoi faire la sélection finale, car après c’est assez roulant jusqu’au vélodrome.

Justement, le vélodrome de Roubaix: on l’oublie mais c’est aussi ce qui donne le charme de cette course, la seule qui se termine ainsi sur un vélodrome ouvert. En cas d’arrivée au sprint, les qualités de pistard deviennent un atout, car il faut savoir « monter » sur la piste et, surtout, partir au bon moment… sur le bon braquet.

Les favoris

Quatre anciens vainqueurs sont en activité: le vainqueur sortant, Peter Sagan, Greg Van Avermaet, vainqueur il y a deux ans, John Degenkolb, leader de la Trek-Segafredo dimanche, et Niki Terpstra qui n’y sera malheureusement pas, victime d’une lourde chute dimanche dernier au Ronde, avec commotion cérébrale.

De ces vainqueurs sortants, misez Van Avermaet. Sagan et Degenkolb sont un ton en dessous selon moi, mais auront leurs équipes à leur service et peuvent rêver à la victoire.

Sinon, plusieurs autres peuvent aussi croire au graal dimanche. Et pour moi, Wout Van Aert en premier lieu. Ses qualités de cyclo-cross seront utiles, il est en grande condition, et il possède une grosse puissance. Attention à lui dimanche. J’en fais mon favori #1.

Beaucoup disent qu’il faudra surveiller la Deceuninck Quick Step. Je ne pense pas. Stybar se remet d’un virus, et les autres seront trop juste sur une telle course. On s’ennuiera de Tom Boonen du côté de l’équipe de Patrick Lefevere!

Attention à deux coureurs, Matteo Trentin et Nils Politt chez Katusha. Ce dernier est assez jeune et ne fait qu’engranger de bons résultats sur les Flandriennes, ayant terminé 5e du Ronde dimanche dernier. Il n’a aucune pression, personne ne l’attend, et peut donc s’exprimer librement. C’est souvent un avantage sur une telle course.

Chez les Français, les meilleures chances sont probablement celles d’Arnaud Demare, dirigé par Marc Madiot qui, chaque fois, se transcende pour cette course qu’il a gagné à deux reprises durant sa carrière.

Sinon, plusieurs favoris du Ronde peuvent aussi nourrir des ambitions dimanche: Olivier Naesen, Alexandre Kristoff qui sera plus à l’aise sur ce terrain plat, Luke Rowe, Gianni Moscon ou Matej Mohoric, toujours agressif en course.

À cette liste, je crois qu’il faut rajouter deux autres coureurs, Edvald Boasson Hagen et Tyler Phinney, toujours motivés pour cette grande classique.

Deux Canadiens sont au départ, soit Hugo Houle chez Astana et Antoine Duchesne pour la FDJ. Les deux seront probablement au service de leurs leaders, Magnus Cort et Arnaud Demare. Espérons qu’Hugo Houle pourra accompagner le plus loin possible, lui qui est en bonne condition actuellement. Une place dans les 30 premiers à Roubaix serait vraiment géniale!

La citation

De Jean-Pierre Danguillaume vers Gilbert Duclos-Lassalle, avant son premier Paris-Roubaix: « Si tu parviens au vélodrome avant que son portail soit fermé, un jour tu seras un grand de Paris-Roubaix« .

On va se régaler, la course étant, comme sur le Tour des Flandres dimanche dernier, très ouverte.

Vraiment?

Voici le nouveau « kit » de l’équipe Total Direct Energy qui délaisse donc le noir et jaune pour un ensemble maillot-cuissard digne d’une équipe de DN2 de Cergy-Pontoise… en 1992.

Van Der Poel : dément!!!

Si vous voulez savoir ce que veut dire se « faire sauter sur la ligne » lors d’une course cycliste, un seul vidéo, ici: 1ere étape du Circuit de la Sarthe, hier.

Ouf! Impressionnant!

Mathieu Van Der Poel, encore lui, à peine deux jours après le Ronde où il a notamment lourdement chuté, est venu « griller » sur la ligne, au sprint, Boris Vallee de Wanty-Groupe Gobert. Ce dernier n’en croit pas ses yeux sitôt la ligne franchie, sa moue en dit long.

Quel sprint! Le diable sorti in extremis d’une boite. Ca, c’est du beau cyclisme!

On sait maintenant que Van Der Poel est non seulement un crack en cyclo-cross, qu’il peut rouler longtemps (sur 270 bornes au Ronde), mais qu’il peut sprinter aussi. Intéressant pour la suite…

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