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Mois : mai 2004 Page 1 of 2

Cunego incroyable

Nouvelle victoire de Damiano Cunego, 22 ans, aujourd’hui dans la première des deux grosses étapes de montagne du Giro. Cunego, en état de grâce sur cette épreuve, s’est imposé très légèrement détaché d’un petit groupe dans lequel figurait Simoni, Gontchar et Cioni. On croyait que Simoni s’imposerait, mais ce ne fut pas le cas. Ce dernier aurait apparemment quitté rapidement l’aire d’arrivée, visiblement très énervé.

Au général, Cunego préserve son avance sur Gontchar, Simoni et Popovytch, ce dernier ayant aujourd’hui perdu 41 secondes de plus et, du coup, sa 3e place au général au profit de Simoni.

L’étape de demain, courte (122 kms), comporte trois grands cols, dont le Mortirolo au km 40 environ. Comment réagira Simoni ? L’orgueil du leader est visiblement malmené, et il ne reste plus que demain pour créer des écarts. Si un renversement n’est pas impossible, on doit cependant se rendre à l’évidence: Cunego est diablement fort et dans ces circonstances, il sera désormais difficile de lui arracher la tunique rose du dos.

Quoi qu’il en soit, ce Giro laissera des traces et il y a fort à parier que Simoni ou Cunego changeront d’équipe l’an prochain ! La cohabitation, possible chez certaines équipes, est en effet peu populaire en Italie (rappelons-nous les cas problème Visentini-Roche, Bugno-Fignon, Chiappucci-Pantani, Furlan-Argentin, Bartoli-Bettini, Garzelli-Pantani, etc.).

Nouvelles du jour

Les nouvelles du jour :

1 – le cas Jeanson : La Flamme Rouge a fait une possible erreur en mentionnant qu’il aurait été possible, pour Mme Jeanson, de diluer son sang entre les deux échantillons pris le matin. Il semblerait que les deux échantillons ont été pris au même moment, soit au cours de la même prise de sang, rendant impossible l’opération de dilution du sang. Si tel est le cas, méa culpa de La Flamme Rouge ici. On peut toutefois se demander comment deux mesures de la même prise de sang peuvent produire deux résultats différents? Très très bizarre et c’est ici à l’UCI, et non à Mme Jeanson, de s’expliquer. Et rapidement, car la réputation d’une excellente athlète par ailleurs est en jeu.

2 – pour demeurer au Québec, Veloptimum nous apprenait récemment qu’Émilie Roy vient de signer chez Quark, une équipe qui compte déjà dans ses rangs les Québécoises Bessette, Jutras et Lemieux.

3 – Giro : victoire de Tonkov aujourd’hui, et ca fait plaisir car ce coureur fut, jadis, un excellent coureur, vainqueur du Giro 1996. Cunego reste en rose à la veille des deux plus grosses étapes de montagne. Relativement courtes, ces étapes pourraient être nerveuses et favoriser le mouvement.

4 – C’est encore une fois un scandale que les amateurs de cyclisme canadien soient privés de la même couverture OLN qu’aux États-Unis. Ce soir, sur OLN, les Américains auront en effet droit à plus de 2h de vélo, soit à 20h30 The Lance Armstrong Chronicles, à 21h30 Road to the Tour et à 22h le… Tour du Languedoc-Roussilion. Putain !

Jeanson : l-a-m-e-n-t-a-b-l-e

On apprend aujourd’hui dans La Presse que Geneviève Jeanson est menaçée d’une suspension de l’UCI pour avoir manquer de se présenter à un contrôle anti-dopage à la suite de la Flèche Wallonne, courue en avril dernier.

Cette suspension, si elle est confirmée, pourrait la priver des JO d’Athènes.

Jeanson avait été contrôlée deux fois le matin même de la course. Dans le premier échantillon, l’hématocrite était à 49,3, soit 2,5 points de plus que la limite permise par l’UCI (47 chez les femmes). Le second échantillon avait rendu un taux d’hématocrite de 44,9, soit dans la limite permise. Pour cette raison, Jeanson a pu prendre le départ de la course.

Ses arguments pour ne pas s’être présentée au contrôle d’après-course donnent dans le sentimentalisme : son état d’esprit, perturbé par l’affaire du matin (on la comprend!), lui faisant oublier les obligations élémentaires du coureur de ce niveau, i.e. vérifier à l’arrivée de la course si son dossard est parmi les élus du jour pour le contrôle.

Bref, toute cette histoire n’aidera pas Mme Jeanson à se refaire une réputation ici comme ailleurs. Car on peut raisonnablement soulever quelques questions :

1 – pourquoi les deux tests du matin sont-ils si éloignés l’un de l’autre? Si on ne peut se prononcer sur cette question, il est possible qu’elle ait eu le temps, entre les deux contrôles, de s’organiser pour faire chuter ce taux rapidement. Les deux contrôles ont en effet eu lieu dans deux hôtels différents, et il serait facile, par exemple, de s’injecter un litre de sodium dans les veines en se rendant en bagnole au deuxième contrôle.

2 – il est parfaitement compréhensible que Mme Jeanson n’ait pas été dans un état d’esprit opérationnel après une course comme la Flèche Wallonne. Les événements du matin, la difficulté de la course, la fatigue ont pu la perturber grandement. Mais pourquoi alors son encadrement ne l’a-t-elle pas mieux prise en charge? À ce niveau, c’est carrément innacceptable et des gens n’ont pas fait leur travail autour d’elle, ce qui ne manque pas de la mettre dans l’eau chaude. Carément innacceptable à ce niveau encore une fois.

3 – à 44,9%, le taux d’hématocrite du 2e échantillon demeure élevé, la limite se situant à 2,1 points de pourcentage de plus. Il serait grand temps que Mme Jeanson documente son cas auprès de l’UCI si son taux d’hématocrite est « naturellement » élevé. Dans le cas contraire, on peut penser qu’elle utilise toujours la tente hypoxique dans le meilleur des cas, voire d’autres moyens pour augmenter cette valeur. Les vampires de l’UCI ne la lâcheront pas et cette nouvelle histoire risque de ne pas la faire sortir de la liste rouge de l’UCI, ces coureurs hyper-surveillés comme, chez les hommes, le Lituanien Raimondas Rumsas, avec les conséquences qu’on connaît.

Bref, c’est bien dommage, mais ca merdouille franchement.

Médusé !

On est médusé! Superbe victoire hier de Damiano Cunego, la jeune révélation de cette saison cycliste. Victoire aussi innatendue que surprenante puisque son grand leader, Simoni, semble impuissant devant la force de ce jeune coureur qui ose, qui prend des initiatives et surtout qui tient, puisqu’on est désormais dans la troisième semaine du Giro. C’est vraiment rafraichissant, et on aime un tel cyclisme de mouvement.

Popovytch s’est pour sa part mi-écroulé, perdant presque 4 minutes hier. Victime de la faiblesse de son équipe en montagne, isolé, il n’a rien pu faire pour limiter la casse et doit désormais se poser de sérieuses questions sur la pertinence de rester au sein de cette équipe dans l’avenir…

Cunego, nouveau maillot rose, possède maintenant 1min14 d’avance sur Gontchar (qui n’est pas une menace puisqu’il s’effondrera dans les grosses étapes de montagne, notamment au Mortirolo) et 2min22 sur Popovytch. Simoni pointe à 2min38, Figueras à 3min31 et McGee à 3min52 ; c’est donc encore jouable pour ceux-là.

Après le jour de repos aujourd’hui, il restera 4 étapes. Peu de changements à prévoir jeudi. Vendredi et samedi, ce sera infernal et ce sera le véritable test pour Cunego, après 3 semaines pleines de course. C’est à ce moment que son jeune âge (manque d’endurance) pourrait lui jouer des tours. L’avantage sera probablement à Simoni, rompu aux grands tours et connaissant parfaitement le Mortirolo et le Gavia, notamment. Popovytch devra pour sa part essayer de tirer avantage de l’éventuelle guerre entre Simoni et Cunego, s’il devait y en avoir une. Sans CLM d’ici la fin, Popovytch aura cependant du mal à refaire son retard, lui qui ne nous a pas habitué à vaincre lors des arrivées en altitude…

La Flamme Rouge se mouille et livre son pronostic pour le classement final: 1 – Simoni 2 – Popovytch 3 – Cunego.

Un complôt ?

Victoire du néo-pro Emanuele Sella de l’équipe Panaria aujourd’hui dans la 11e étape du Giro, une étape qui se terminait à Cesena, tout près de la ville natale de Marco Pantani, Cesenatico. Le Giro lui rendait d’ailleurs hommage aujourd’hui, un hommage toutefois terni par les récentes déclarations de sa mère qui en veut décidemment beaucoup aux organisateurs du Giro.

Tonina Pantani avance que Marco aurait été exclu du Giro en vertu d’un complot contre lui, et non pour une réelle affaire de dopage. S’il sera vraissemblablement impossible de savoir, un jour, la vérité, les révélations sont néanmoins troublantes parce que corroborées par les équipiers de Pantani à l’époque, notamment par le crédible Marco Velo.

Les Italiens ont en plus des précédents, notamment la très célèbre affaire de Savone au Giro 1969 qui avait exclu Merckx de la course pour un faux contrôle anti-dopage positif. On sait aujourd’hui que Merckx fut victime, à l’époque, d’un coup monté pour favoriser la victoire d’un Italien à Milan, Gimondi en occurence.

Et plus récemment, l’affaire Moser en 1984 (annulation d’une difficile étape de montagne peu de temps avant l’arrivée à Milan afin de priver le Français Laurent Fignon de chances d’accroître son avance sur Moser, grimpeur médiocre, et permettre à ce dernier de tirer pleinement profit du dernier CLM) n’est pas pour donner confiance en l’organisation de cette course…

Et il y a d’autres exemples… parlez-en à Hinault !

Bref, l’exclusion de Pantani, qui dominait outrageusement ce Giro 1999, aurait bien pu arranger beaucoup de monde, moins d’un an après l’affaire Festina lors du Tour 1998. Comme redonner une certaine crédibilité au cyclisme qui ne pouvait alors pas se permettre de voir un seul coureur dominer autant la compétition…

Vos commentaires sont les bienvenus !

Michael Barry out !

Plusieurs nouvelles d’intérêt aujourd’hui dans le monde du cyclisme :

1 – Giro : 5e victoire de Petacchi, acquise grâce à un très beau travail de son équipe Fassa Bortolo. Il reste encore plusieurs étapes pour les sprinters d’ici Milan et Petacchi peut raisonnablement viser d’atteindre les 7 victoires. Quel sprinter !

2 – Tour du Languedoc en France (anciennement le Midi-Libre) : victoire de Hushovd sur la première étape, animée notamment par les Euskaltel (encore eux!). Si le Tour du Languedoc est une petite épreuve de préparation au Tour, la course est d’intérêt en raison de la présence de Lance Armstrong qui y fait sa rentrée en sol européen, après près d’un mois passé aux États-Unis. Il a déclaré avant le départ être présent « sans pression », simplement pour se remettre dans le bain. Le test viendra plus tard, notamment sur le Dauphiné-Libéré en juin.

3 – Parmi les commentaires intéressants d’Armstrong, celui que seuls Hincapie et Landis pourraient intégrer l’équipe présente sur le Tour du Languedoc en vue du Tour de France. Le line-up est présentement le suivant : Azevedo, Beltran, Ekimov, Joachim, Noval Gonzales, Pardnos et Rubiera. Cela signifie donc que ni Pena, ni Barry ne seraient sélectionnés sur l’équipe US Postal du Tour de France…

Voici les commentaires d’Armstrong à ce sujet : « Il est important pour les repères d’évoluer, d’entrée, avec une formation qui sera quasiment celle du Tour. Seuls en effet Floyd Landis et George Hincapie peuvent prétendre par ailleurs s’y intégrer. »

C’est dommage pour Barry, mais on savait que ce serait dur…

4 – L’équipe US Postal aurait par ailleurs trouvé un nouveau sponsor en remplacement des postes américaines. Armstrong pourrait donc très bien annoncé qu’il poursuivra en 2005 sa carrière, car il est probable qu’il en ait donné la garantie au nouveau sponsor. On en saura davantage très bientôt.

Mayo fait peur

En une semaine, Iban Mayo a remporté 3 courses : la Clasica d’Alcobendas, la Subida al Naranco et le Tour des Asturies. Cette dernière victoire a été acquise « avec la manière » puisque Mayo tirait de l’arrière au départ de la dernière étape. Il a attaqué, bouché le trou avec un groupe d’échappés, augmenté l’écart et l’a maintenu jusqu’à la ligne, ne trouvant cependant pas les forces pour jouer la victoire d’étape. Ce fut, à ce qu’on dit, impressionnant.

Mayo serait-il le prochain grand d’Espagne ? Outre Ullrich, Mayo serait-il le seul autre coureur capable de battre Armstrong sur le Tour ? C’est bien possible, car à 26 ans, il a démontré de belles aptitudes l’an dernier. Sa marge de progression semble encore bonne, ce qui n’est pas le cas avec Beloki ou Aitor Gonzalès.

Quoi qu’il en soit, l’équipe Euskaltel a annoncé sa sélection pour le Tour : Mikel Artetxe, Iker Camańo, David Etxebarria, Unaï Etxebarria, Iker Flores, Ińigo Landaluze, Egoï Martinez, Iban Mayo et Haimar Zubeldia. Camańo, Flores et Martinez remplacent Laiseka, Lopez de Munain et Sanchez, qui étaient dans l’équipe en 2003. Le but est de renforcer l’effectif en vue du CLM par équipe. La nouvelle règle voulant qu’une équipe ne peut pas perdre plus de 2min30sec sur l’équipe vainqueure, on peut raisonnablement se demander si on aurait pas mieux fait de conserver les bons grimpeurs comme Laiseka qui peuvent partir de loin en montagne et ainsi faire travailler l’US Postal…

Il attend son heure…

Depuis vendredi, Petacchi a porté à 4 le nombre de ses victoires d’étape sur le présent Giro, atteignant par là son objectif initial. Il vise désormais le record de 7 victoires d’étape sur un Giro, record détenu par seulement trois coureurs, les Belges Roger De Vlaeminck (1975) et Freddy Maertens (1977) ainsi que l’Italien Beppe Saronni (1980).

Petacchi est cependant loin de Cipollini au niveau du nombre de victoires d’étape sur le Giro : il en compte 10, contre… 42 pour Super-Mario. Et à 30 ans, Petacchi ne pourra probablement jamais rejoindre Mario sur ce plan.

Petacchi, sur ce Giro, n’aura été battu que sur erreur de sa part, par McEwen d’abord, et aujourd’hui par Fred Rodriguez qui a bénéficié d’un démarrage trop tôt d’Alessandro. Ce dernier domine donc largement le sprint en ce moment, les autres sprinters se contentant des miettes.

Cipollini a pour sa part abandonné suite à sa gamelle de la semaine dernière, et serait actuellement en réflexion (une fois de plus) sur la suite de sa carrière. Selon nous, il poursuivra au moins pour tenter de remporter une étape sur le Tour de France, puisque son équipe est, cette année, qualifiée. Ce serait une belle sortie pour Mario également, plutôt que de partir maintenant sans victoire.

Au général, Cunego a pris la tête, comme on pensait. Simoni ne supporte donc plus la pression, même si son équipe oui. Le jeu est dangereux car l’énergie dépensée cette dernière semaine par Saeco, omniprésente partout, fera peut-être défaut dans la dernière semaine. En ce sens, le plus dangereux est probablement le plus silencieux jusqu’ici, Popovytch. Ce dernier semble simplement sagement attendre son heure, qui viendra dans le premier CLM samedi prochain. On abordera alors les choses sérieuses. Popovytch voudra prendre le maximum de temps à Simoni dans le CLM (et idéalement aller chercher le maillot rose), pour ensuite gérer dans la montagne.

Simoni tiendra-t-il ?

On croyait que Simoni laisserait aller le maglia rosa à la première occasion. Il n’en fut rien aujourd’hui dans une étape remportée au sprint par McEwen.

Simoni aurait-il l’ambition de tenir le maillot jusqu’à Milan ? La pression de le défendre chaque jour semble énorme à supporter sur une si longue période. Simoni peut toutefois compter sur une très forte équipe, probablement la plus forte du peloton. La menace Cunego lui enseigne qu’il est peut-être plus sage d’être devant son équipier au général que derrière…

Bref, Simoni prend un gros risque en tenant le maillot rose si tôt dans la course car il use peut-être des énergies qui lui manqueront dans la 3e semaine de course. Aussi, on maintient notre position : avantage Popovytch, malgré une équipe beaucoup plus faible que la Saeco !

La Flamme Rouge part en camp d’entrainement pour 3 jours, question de peaufiner la condition. On vous suggère, en attendant notre retour online prévu dimanche, de consulter l’excellent site de notre confrère des Chroniques du vélo.

Le courage des cyclistes professionnels

On a assisté hier à la 2e victoire d’étape de Petacchi sur le Giro. Il avait déclaré, avant le départ, viser 4 victoires sur cette édition. Le voilà donc à mi-chemin dans son objectif.

Le sprint a été marqué par la lourde chute de Mario Cipollini, dont la roue avant a été emportée par son équipier Aug qui se déportait pour justement laissé sprinter Mario. Une erreur donc dans la fusée à étage de Mario et qui nous laisse entrevoir toute la coordination que ce genre d’exercice implique. À la télé, ca a l’air facile, mais c’est en fait un travail de précision.

Mario a subi de profondes entailles à la cheville et au coude et était, hier soir, à l’hôpital. On ne savait alors pas s’il allait repartir.

Ce matin, Mario était au départ, un geste caractéristique des cyclistes qui ont un courage hors norme. Même blessé, on n’abandonne pas un Giro comme ca. Mario s’est simplement fixé l’objectif de finir aujourd’hui, en attendant des jours meilleurs. La Flamme Rouge salue ici son courage.

Pour la petite histoire, Petacchi s’est imposé hier après avoir lui-aussi chuté plus tôt dans l’étape. Bravo.

Les actes de bravoure des cyclistes sont légions dans l’histoire : Pascal Simon, lors du Tour 1983, qui pédala une semaine avec le maillot jaune mais aussi avec une clavicule cassée, Bernard Hinault qui remporta le Tour 1985 avec le nez cassé, conséquence d’une chute à Bordeaux, et plus récemment les exploits d’Hamilton (Tour 2003) ou de Pantani (Giro 2003), qui persévérèrent malgré des blessures importantes.

Comme si le cyclisme n’était pas assez dur, comme s’il n’y avait pas que la montagne, la chaleur, le froid, la neige parfois, le vent, le rythme effréné, les dangers…

Des nouvelles du Giro, de Lance, de Dunkerque…

Il y a présentement beaucoup de choses intéressantes à lire sur le Giro, en dehors de la course :

1 – Cyclingnews nous présente chaque jour une analyse du fameux Dr. Ferrari, si contesté en cyclisme parce que hautement soupçonné d’être un des premiers à avoir introduit le dopage sanguin dans le peloton. Il avait déclaré, il y a quelques années, que l’EPO n’était pas plus dangereuse que 10 litres de jus d’orange! Ceci étant dit, son regard sur le présent Giro n’est pas sans intérêt, car il nous parle notamment de watts, de VO2max, etc… Très instructif.

2 – Voici un aperçu des vélos utilisés lors du prologue du Giro. On sera particulièrement impressionné par le Pinarello Dogma des Fassa Bortolo. Parmi les plus beaux vélos de CLM qu’il nous ait été donné de voir…

3 – Sur un autre sujet, vous trouverez ici une entrevue de Chris Carmichael, le coach de Lance, qui nous déclare que si tout continue de bien aller pour ce dernier, « I don’t think it will be close » lors du prochain Tour. C’est assez prétentieux, et Ullrich a prouvé par le passé être capable d’arriver sur le Tour en bonne condition malgré des problèmes dans sa préparation. Ceci étant, on doit reconnaître qu’Armstrong a fait un joli début de saison.

4 – Un mot sur les Quatre Jours de Dunkerque. Belle victoire finale de Sylvain Chavanel, qui prouve là sa classe. Il a été l’auteur d’une belle 3e étape, tenant tête, avec Didier Rous, au peloton pendant de longs kms. D’après nous, Chavanel est actuellement le seul jeune Français capable de briller au niveau international, notamment sur le Tour. Virenque, Moreau et Brochard, eux-aussi capables de briller, appartenant à la vieille génération sur le point de tirer sa révérance…

Avantage Popovytch

Grosse étape aujourd’hui sur le Giro, et ca n’a pas loupé de décanter la course. Simoni s’est imposé seul en haut du Corno alle Scale, 16 secondes devant un groupe de 4 coureurs : son équipier Cunego (encore lui!), Pellizotti, Figueras et Popovytch. Garzelli lâche un peu de lest, terminant à 34 secondes de Simoni. Rebellin est à 59 secondes, le reste plus loin.

Simoni aura probablement voulu envoyer à ses adversaires un message clair, c’est-à-dire que la condition est bonne et qu’il est là pour gagner le Giro, rien de moins. Après les victoires à répétition de son équipier Cunego, il se devait également de remettre les pendules à l’heure au sein même de son équipe en affirmant sans équivoque son leadership. Cette victoire envoie donc un message clair à tout le monde.

Il est cependant très tôt dans la course pour défendre le maillot rose et il est probable, dans ce contexte, que Simoni et son équipe essaie de refiler le maillot à Cunego dans les prochains jours. Pour Cunego, ce serait fantastique et une perçée dans le public italien, perçée qui serait profitable au sponsor Saeco. Le maillot resterait également dans l’équipe, mais pas sur Simoni. Une fois sur les épaules de Cunego, les Saeco auraient donc le loisir de défendre ou non le maillot puisque Cunego n’est pas leur leader ; le rendre est sans gravité, du moment que Simoni reste à portée.

Mais la grosse révélation de la journée est l’excellent résultat de Popovytch. Voilà qu’il montre, contrairement à l’an dernier, qu’il peut suivre Simoni en montagne. Il a donc progressé dans ce domaine. Meilleur rouleur, il prend logiquement l’avantage selon nous actuellement, même s’il est à 21 secondes de Simoni au général. Pour Popovytch, il faudra donc essayer de toujours rester au contact de Simoni dans la montagne, pour venir le coiffer dans les CLM.

Bref, si tout reste à faire, on voit déjà plus clair ce soir quant aux hommes en forme et aux luttes qui se dessinent dans les prochains jours ! Et Popovytch semble diablement fort !

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