Tous les jours, la passion du cyclisme

 

Mois : novembre 2003 Page 1 of 3

Remarquable


La Flamme Rouge a mis la main durant le week-end sur un ouvrage remarquable, « Les fondamentaux du cyclisme« , qui apparaît sans l’ombre d’un doute comme LE livre le plus complet des 10 dernières années en matière de cyclisme. crit par Christian Vaast et paru en avril 2003 aux éditions Amphora à Paris, on se réjouit particulièrement d’enfin voir un livre qui tranche avec les formules souvent américaines et très à la mode du « 7 weeks to the perfect ride » ou autres conneries de la sorte.

Pas de programmes d’entrainement pré-établis destinés à des lobotomisés dans ce livre donc, mais à la place une quantité impressionnante d’informations les plus à jour sur le positionnement, sur la diététique, sur l’entrainement et sur la course cycliste qui vous permettront de prendre des décisions éclairées sur ces aspects. À n’en pas douter, Les fondamentaux du cyclisme deviendra rapidement un ouvrage de référence dans le milieu.

Le livre comporte 9 parties qui sont toutes composées de plusieurs chapitres très intéressants :

1 – Choisir son vélo et régler sa position
2 – Une victoire se construit d’abord dans l’assiette
3 – Les systèmes énergétiques et leur exploitation
4 – L’entrainement du coureur
5 – L’entrainement du cyclosportif et du cyclotouriste
6 – Comment exploiter l’intersaison ?
7 – Le cyclisme de 7 à 77 ans
8 – L’éducation physique, la musculation, le stretching
9 – Vélo technique, vélo tactique

On a par ailleurs été séduit par l’effort constant de l’auteur de permettre au lecteur de rapidement mettre en application les notions exposées en lui proposant formules et graphiques qui pourront le guider dans ses réflexions. C’est ainsi qu’on retrouve pas mal de formules dans le livre permettant par exemple de trouver sa bonne hauteur de selle (formule « Hinault 1986 » mais mise à jour de façon très intéressante) ou sa VO2max théorique, voire son taux de gras ou son taux de récupération.

On a enfin été séduit par le chapitre – unique en son genre – portant spécifiquement sur les cyclistes vétérans (30 ans et plus). Très intéressant et très utile… puisque c’est notre cas !

Bref, avec Les Fondamentaux du cyclisme, vous détiendrez un ouvrage (495 pages!) sérieux, complet ainsi que très bien écrit et illustré qui vous permettra sans l’ombre d’un doute de devenir un meilleur cycliste, peu importe votre état actuel de connaissances. On n’avait pas vu ca depuis l’ouvrage – plus hermétique – de Jean-François Mayer, Cyclisme – entrainement, pédagogie, publié aux éditions Vigot en 1994 et qui avait donc vieilli un peu.

Le prix ? 24 euros. On a payé 39,95$CAN, taxes en sus (chez Renaud-Bray à Montréal). À ce prix, n’hésitez pas une seconde…

Découverte

Radio-Canada présentera dans son émission scientifique Découverte diffusée demain dimanche à 18h30 un reportage sur les tentes hypoxiques et l’EPO suite à l’affaire Jeanson.

Ce reportage s’annonce très intéressant et éclairant vu la rigueur que s’est donnée cette émission jusqu’ici.

Les triplettes de Belleville


« Les triplettes de Belleville » est un film d’animation racontant les aventures de Champion, un jeune garçon triste, qui verra sa vie changer lorsque sa grand-mère, qui l’élève, lui offre un vélo. Ce vélo, conjugué à un entrainement intensif, le mènera au Tour de France bien des années plus tard, Tour de France qui sera le point de départ de bien des aventures.


Sélection officielle lors du dernier festival de Cannes, le film semble incroyablement sympatique et est né d’une collaboration entre la France, la Belgique et… le Québec. Le site web officiel du film est magnifiquement fait et La Flamme Rouge est très impressionné. Musique, animations, c’est vraiment un grand plaisir que de parcourir ce site, et nous donne qu’une envie… celle de se précipiter au cinoche pour voir le film.

Chose dite, chose pas évidente à faire puisqu’en dépit du fait que le Québec ait participé de près dans l’aventure, aucune salle n’a présenté, jusqu’ici, ce film. Il sera toutefois à l’affiche au ByTown d’Ottawa du 19 décembre prochain jusqu’à la première semaine de janvier.

Merci à notre confrère cycliste Luc Ostiguy (500 watts au seuil, et c’est pas des blagues!) d’avoir porté à notre attention l’existence de ce film.

Dominique Perras, le champion canadien sur route 2003, répond à nos questions !

Le cycliste professionnel québécois Dominique Perras (Flanders IteamNova), l’athlète cycliste de l’année au Mérite cycliste québécois, a très gentiment accepté de répondre à quelques questions suite à sa remarquable saison 2003, pour le plaisir des lecteurs de La Flamme Rouge qui lui témoigne ici toute sa reconnaissance.

La Flamme Rouge : Dominique, est-ce que ta voiture Opel Kadet 1992 a tenu le coup durant toute la saison 2003 ?!

Dominique Perras : oui ! malgré le fait que je me la suis fait volée à lêaéroport de Charleroi en septembre, alors que jêétais en course en Italie. La police lêa retrouvé 10 jours plus tard, avec une porte de pliée. Je lêai remisé chez un ami en espérant la reprendre au printemps 2004.

La Flamme Rouge : quêest ce qui est le mieux : les pavés et la pluie belges, ou les routes défoncées et le froid québécois ?

Dominique Perras : le Québec ! Home Sweet Home.

La Flamme Rouge : ta saison 2003 a débuté le 2 février dernier en Italie et sêest terminée le 8 novembre en Australie. Comment termines-tu cette longue saison sur le plan physique et psychologique ?

Dominique Perras : avec 110 jours de courses et la traversée de beaucoup trop de fuseaux horaires, je suis pas mal épuisé tant au plan physique que mental, mais heureusement, jêai terminé sur une note relativement positive en remportant une étape au Herald Sun Tour. Jêavais surtout hte de passer un peu de temps au Québec.

La Flamme Rouge : ton palmarès sêest enrichi de quelques belles victoires en 2003. Laquelle têa fait le plus plaisir sur le plan personnel ?

Dominique Perras : sans aucun doute mon titre de champion canadien. Porter ce maillot est vraiment quelque chose de spécial, en Europe en particulier.

La Flamme Rouge : quel fut la course ou tu as le plus souffert en 2003 ?

Dominique Perras : comme à chaque saison, il y en a plusieurs, mais je pense surtout à la Course de la Paix, ou jêai été malade les 4e et 5e jours. Jêai souffert le reste de la course, mais je me suis accroché et ca a payé en juin.

La Flamme Rouge : ta 8e place et meilleur québécois sur le GP de Beauce têa-t-elle satisfaite ?

Dominique Perras : dans une épreuve internationale, mon but premier nêest jamais de terminer devant mes compatriotes mais avant tout de performer. 8e, ce nêest pas si mal, mais jêaimerais beaucoup remporter un jour cette épreuve, quelque chose que je crois tout-à-fait possible.

La Flamme Rouge : lors de cette course (le GP de Beauce), as-tu dô respecter des consignes dêéquipe au détriment dêun résultat personnel ?

Dominique Perras : pour une des rares fois de la saison, cêest moi qui était protégé, mais en même temps il mêest arrivé, comme par exemple sur lêétape du Lac Etchemin ou celle du Mont Mégantic, dêêtre contraint à faire une course dêattente parce que jêavais un coéquipier dans lêéchappée matinale. Néanmoins, mes coéquipiers mêont très bien supporté, et je nêai rien à redire sur leur comportement. Dans tous les cas, être dans une bonne équipe comporte généralement plus de points positifs que négatifs.

La Flamme Rouge : tes trois derniers tours de circuit lors des Championnats canadiens à Hamilton ont été magnifiques, alors que derrière, tu laissais des mecs comme Barry ou Wolhberg. Comment te sentais-tu dans ces trois derniers tours ?

Dominique Perras : cêest effectivement une grande satisfaction dêavoir pu gagner ce titre, avec la manière comme on dit, en étant seul pendant 40 kilomètres. Personne ne peut dire que je ne méritais pas de gagner. En fait, cêest la façon dont jêavais toujours rêvé de remporter une grande course. Jêavais prévu attaquer un peu plus tard, mais quand dans Beckett Drive jêai eu une opportunité à 3 tours et demi de la fin, jêy suis allé à fond. Ce fut très dur physiquement, mais le feeling dêêtre seul dans les derniers 500 mètres et de savoir que jêallais porté le maillot pendant un an est simplement indescriptible.

La Flamme Rouge : tu as gagné le titre de champion canadien à Hamilton en juin, puis fait les Mondiaux en octobre. Comment compares-tu ces deux courses ? Peux-tu nous donner une image des différences de vitesse entre les deux pelotons par exemple?

Dominique Perras : bien sôr, la vitesse était bien supérieure lors des Championnats du monde, mais le parcours était aussi un peu plus facile dans un peloton si important. Dans lêascension de Claremont Access par exemple, on avait une très bonne protection dans le peloton aux Mondiaux, ce qui était différent des Canadiens puisque le groupe de tête était très petit. Tout de même, 260 kilomètres avec les meilleurs au monde, cêétait autre chose!

La Flamme Rouge : quels braquets fallait-il amener dans Beckett Drive et dans Claremont Access pour rester dans le coup aux Mondiaux ?

Dominique Perras : jêavais le 41 dents devant, et je devais utiliser le 17 dents à lêarrière dans Beckett Drive ainsi que le 15 ou le 16 dents dans Claremont Access. Je sais que Mike (Barry) était sur le grand plateau quant il est rentré sur lêéchappée dans la dernière ascension de Claremont Access.

La Flamme Rouge : on sait que tu as attaqué au pied du Mont Mégantic dans le GP de Beauce cette année, pour nêêtre repris quêà 2 kilomètres du sommet. Le Mont Mégantic se grimpe sur quels braquets durant une telle course ?

Dominique Perras : je mouline plus que la moyenne dans les côtes, aussi je mets maintenant le39x25 pour les sections les plus raides et le 21 ou le 23 le reste du temps.

La Flamme Rouge : tu as couru en 2003 en Europe et au Canada. Quels sont les principales différences dans lêallure, le déroulement des courses professionnelles en Europe et ici ?

Dominique Perras : ouf ! rien à voir, bien sôr ! Il nêy a quêune seule course internationale au Canada, le GP de Beauce, et encore là, la profondeur nêest pas la même. Dans une course normale en Europe, on comptera environ 10 équipes de GS-1, 10 de GS-2 et deux ou trois de GS-3 au départ. Là-dessus, il y a toujours une centaine de coureurs assez forts pour lêemporter, donc bien sôr, ce sera plus rapide, plus dur et plus sélectif.

La Flamme Rouge : avec combien de kilomètres dans les jambes termines-tu la saison 2003 ?

Dominique Perras : 32 000. Ce nêest pas beaucoup, dêune part parce que jêai fait de la musculation lêhiver dernier et donc moins roulé, mais aussi en raison de tous ces voyages et décalages horaires. Jêai donc eu pas mal de semaines de repos.

La Flamme Rouge : ton association avec lêéquipe belge Flanders ITeamNova a pris fin sur une bonne note, ta belle victoire dans la 10e étape du Vic Roads Herald Sun Tour en Australie après une 2e place lors de la 8e étape. Ces victoires ne pouvaient pas mieux tomber et peut-on penser retrouver Dominique Perras dans une formation européenne en 2004?

Dominique Perras : je suis très déçu que mon équipe Iteamnova mette fin à ses opérations suite au retrait de Jayco comme sponsor (en 2003, mon équipe était une association de 2 équipes distinctes en 2002 Flanders et Iteamnova.com). Il m’était possible de poursuivre avec Flanders, mais à un très petit salaire de sorte qu’il mêaurait été impossible de survivre en Europe. Je me retrouve donc, après ce que je considère comme ma meilleure saison à vie, sans équipe. Je suis cependant en pourparler avec 2 équipes européennes (GS1) mais je n’ai rien de concret à ce jour. Sinon, je vais me consacrer uniquement à la préparation des Jeux Olympiques, et courir avec l’équipe nationale en 2004.

La Flamme Rouge : quelle place occupera les Jeux Olympiques dêAthènes dans ton programme de course en 2004 ? Que devras-tu faire pour espérer gagner une place sur lêéquipe nationale ?

Dominique Perras : je devrai signer quelques bonnes performances internationales, et aussi bien performer en juin, aux Championnats canadiens et au GP de Beauce. Mais avant tout, il faut que le Canada soit bien situé au classement des nations UCI le 30 avril prochain. C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles je suis allé en Australie (i.e. chasser les points) et que j’irai vraisemblablement en Malaisie en février.

La Flamme Rouge : quel est ton programme (grandes lignes) de cet hiver pour te préparer à la saison 2004 ?

Dominique Perras : je resterai au Québec un peu plus longtemps cette année, et je ferai de la musculation, du ski de fond et du rouleau. Jêirai en Californie en janvier prochain. La suite dépendra de mon équipe, mais je crois que j’irai par la suite en Malaisie avec l’équipe nationale.

La Flamme Rouge : es-tu un adepte du home-trainer dans ton sous-sol lêhiver, ou préfères-tu sortir faire du ski de fond ou dêautres sports à lêextérieur ?

Dominique Perras : un peu des 2. J’ai déjà fait des séances de 3 ou 4 heures de home-trainer, mais je déteste ça avec passion !

La Flamme Rouge : es-tu un adepte de la musculation hivernale ?

Dominique Perras : l’an dernier, j’en ai fait plus sérieusement qu’à l’habitude et j’ai vu une bonne différence durant la saison.

La Flamme Rouge : tu es un excellent grimpeur. Quelle bosse est selon toi la plus difficile à passer en course au Québec ?

Dominique Perras : même si on ne retrouve pas de cols au Québec et que les côtes sont généralement courtes, j’ai mémoire de grosses souffrances dans la côte de la misère (vieille route en sortant des boulements), de la côte des 7 crans , et d’une vingtaine d’autres mais bien sôr, surtout du Mont Mégantic.

La Flamme Rouge : nous têavons vu au départ de quelques courses provinciales au Québec en 2003, notamment le GP Sports Experts à St-Joseph du Lac et le GP Espoirs de Laval. Peut-on penser revoir Dominique Perras au départ de ces courses au Québec en 2004?

Dominique Perras : c’est encore trop tôt pour me prononcer, mais j’aimerais surtout être au départ du GP de Beauce et de Québec-Montréal, 2 épreuves que j’aimerais vraiment remporter un jour. Je ferai également peut-être quelques autres courses provinciales en guise dêentraînement.

La Flamme Rouge : dans une récente entrevue accordée à Simon Drouin, tu évoquais la possibilité dêarrêter le cyclisme après la saison prochaine. Tu nêas que 29 ans, sens-tu que tu as accompli ce que tu désirais dans ce sport?

Dominique Perras : depuis lêge de 15 ans, je me dis que j’irai aux JO en 2004 et quitterai par la suite. De plus, jêai beaucoup voyagé ces dernières années, jêai habité à l’extérieur du Québec durant de longues périodes et jêai passé peu de temps ici. J’ai donc hte dêadopter un mode de vie plus sédentaire, et à moyen terme jêaimerais fonder une famille. Et puis, il y a une certaine instabilité financière d’année en année, car les salaires en cyclisme ne sont pas ceux des joueurs de hockey! Néanmoins, ma passion pour ce sport demeure encore intacte, et si je pouvais m’assurer d’un revenu annuel décent, je considérerais sérieusement de poursuivre une année ou deux de plus. J’y vais donc une année à la fois, et tout pourrait dépendre de ma situation contractuelle ainsi que de commandites personnelles à ce moment. En bref, je n’ai pas pris de décision définitive à ce sujet.

On conclut cette entrevue en vous présentant le palmarès de ce grand athlète québécois, et en lui souhaitant la meilleure des chances pour la saison 2004. Nêhésitez jamais à encourager Dominique sur le bord des routes !

FORZA CAMPEONE ! et merci

T-Mobile

Lancement de l’équipe T-Mobile hier à Cologne, sans Jan Ullrich cependant qui est toujours aux prises avec des problèmes de paiements avec son employeur Bianchi. Il était, on suppose, inutile de rajouter de l’huile sur le feu dans son cas…

On demeure extrèmement admiratif devant la composition de T-Mobile en 2004. Voyez un peu :

Mario Aerts (vainqueur de la Flèche Wallone en 2002)
Rolf Aldag (un top-domestique qui connaît son boulôt)
– Eric Baumann (???)
Santiago Botero (inutile de le présenter…)
Cadel Evans (a montré en 2002 beaucoup de potentiel sur le Giro)
Giusseppe Guerini (vainqueur à l’Alpe d’Huez en 1999)
Serguei Ivanov (vainqueur GP E3 en 2000, vainqueur d’étape sur le Tour)
– Torsten Hiekmann (???)
– Serguei Yakovlev (???)
Matthias Kessler (ami d’Ullrich, prometteur pour les Classiques)
Andreas Klier (vainqueur de Gand-Wevelgem en 2003)
Andreas Kloden (vice-champion olympique, prometteur, arrive à maturité)
– Tomas Konecny (vainqueur d’étape sur la Vuelta, bon domestique)
– Andre Korff (???)
Daniele Nardello (vainqueur du Championnat de Zurich en 2003)
Paolo Salvoldelli (vainqueur du Giro 2002)
– Jan Schaffrath (???)
– Stephan Schreck (???)
– Bram Schmitz (???)
Tobias Steinhauser (domestique pour Ullrich)
Jan Ullrich (inutile de le présenter…)
– Christian Werner (???)
Alexandre Vinokourov (3e du Tour en 2003, vainqueur Paris-Nice, etc.)
Erik Zabel (inutile de le présenter…)

Bref, sur le papier, il s’agit véritablement d’un dream team comme on en a très rarement vu en cyclisme, et ils auront les moyens de lutter en 2004 sur tous les fronts, Classiques et Tour compris. « Abondance de biens nuit » dit-on, et on ne voudrait pas se retrouver dans les souliers de Godefroot pour faire co-habiter tout ce joli monde…

Demain, La Flamme Rouge vous présente une autre entrevue avec un cycliste professionnel nord-américain qui sort d’une superbe saison 2003. Qu’on se le dise!

Le facteur

À intervalles réguliers, mais surtout les week-ends, vous verrez apparaître sur La Flamme Rouge un texte portant ce titre : « le facteur ». Il s’agit pour nous de répondre à vos commentaires et vous livrer quelques nouvelles qui n’ont pas fait l’objet d’un texte en semaine.

Premièrement, merci à tous de vos nombreux commentaires. La Flamme Rouge les lit tous, mais ne peut toujours y donner suite, faute de temps. Notre principale activité demeure en effet la recherche de nouvelles afin d’alimenter ce petit carnet ouèbe…

Néanmoins, sans vous, La Flamme Rouge n’existerait pas. Merci de votre soutien, de vos commentaires. Nous avons des lecteurs au Québec mais aussi en France et en Belgique. N’hésitez jamais à répondre à un texte, peu importe votre localisation.

Quelques réponses aux commentaires reçus cette semaine :

– non, le Tacx n’a pas de logiciel style GPS ou SoftMap à ce qu’on sache. Ca viendra surement dans l’avenir! On sent que le gadget sera beaucoup perfectionné dans les années à venir.

– La Flamme Rouge porte peu d’intérêt au VTT car il s’agit d’un carnet ouèbe sur le cyclisme sur route. De plus, nos connaissances sur cette discipline du cyclisme est limitée.

– effectivement, on avait oublié dans nos transferts celui du Champion du Monde Astarloa qui quitte Saeco pour Cofidis.

– article de Foglia cette semaine dans La Presse : son propos se résume en trois mots : « je la crois ». Nous pas.

Voici quelques nouvelles d’intérêt cette semaine :

article très intéressant d’un ancien coureur cycliste qui parle des pratiques de dopage dans le milieu dans l’excellent et très sérieux journal français Le Monde, un journal réputé pour monter de solides dossiers.

– une superbe prose, le « Chant d’automne, pour mon vélo » de notre collègue Raphal d’Aix en Provence qui tient un carnet ouèbe Les chroniques du vélo, site d’une qualité de rédaction et d’une érudition rares. On ne s’en lasse pas.

Enfin, terminons ce texte par une annonce, celle qu’une autre interview avec une personnalité importante du cyclisme canadien sera diffusée cette semaine sur La Flamme Rouge.

Merci à tous !

Chéro !

Le 3 octobre dernier, La Flamme Rouge vous présentait les nouveaux porte-bidons carbone sublimes de chez Campagnolo. On n’avait pu, à ce moment, avoir d’idée du prix.

La Flamme Rouge vient d’apprendre qu’un détaillant américain annonce les porte-bidons Record à… 115$ US. Rassurez-vous, les Chorus sont un peu moins chers : 65$US. Chacun, bien sôr.

Dans la même veine (sans jeu de mots), on apprend que le nouveau pédalier Record carbone se vendra en 2004 650$US. Le nouveau pédalier carbone Chorus est annoncé, pour sa part, à 490$US.

Bref, le matos est sublime, mais les prix le sont tout autant. « If you gotta ask for the price, then you can’t afford it… ».

90 % !

On voudrait passer à autre chose, discourir d’entrainement, de courses, de matos, mais le sujet revient constamment, et il est difficile de ne pas y réagir. Un coureur pro italien a parlé cette semaine sur une grande chaine de télé en Italie de la réalité du dopage. Les déclarations sont carrément effarantes pour le non-initié, et quand même troublantes pour celui qui en connaît un rayon (sans jeu de mots).

Environ 90% des coureurs pro seraient dopés, souvent à de nouveaux produits comme le GF1, pas encore commercialisé et donc totalement indétectable aux contrôles. Le coureur s’interroge sur les décès de plus en plus fréquents (Salanson, Zanette, Rusconi en 2003) qui surviennent souvent par défaillance cardiaque chez ces individus qui, en principe, sont pétants de santé. Il faut lire, car c’est quand même grave.

Seule bonne nouvelle, le CONI a décidé de saisir la justice sous la gravité des révélations. Remarquez que si c’est pour aboutir dans 5 ans aux mêmes conclusions que dans le procès Conconi, les choses ne sont pas sur le point de changer !

Athènes 2004

Toutes les informations sur le programme des épreuves de cyclisme (route et piste) des Jeux Olympiques d’Athènes sont disponibles ici.

En vrac, ce que vous devez savoir :

– course sur route hommes : samedi 14 aoôt prochain (le Championnat de Zurich devra donc être déplacé!). 225 kilomètres à parcourir sur un circuit urbain de 13,2km à faire 17 fois. L’altigraph est disponible ici (menu de gauche, route). 145 coureurs au départ.

– course sur route femmes : dimanche 15 aoôt prochain. 9 tours de circuit, 119 kms au total. 67 coureurs (!!!) au départ.

– CLM hommes et femmes : mercredi 18 aoôt. Chez les hommes, 48 kms à parcourir sur un circuit de 24 km à faire deux fois. 45 coureurs au départ. Chez les femmes, 1 tour de circuit seulement, soit 24kms. 25 coureurs au départ.

– Piste : du vendredi 20 aoôt au mercredi 25 aoôt.

– VTT : vendredi 27 et samedi 28 aoôt.

Commentaire général : on est donc loin des grandes Classiques du calendrier. Le profil n’apparaît pas tellement exigeant, et avec un nombre limité de coureurs par pays, même pour les grandes nations du cyclisme, cela risque de donner une course débridée ou un 3e larron risque de s’envoler avec le titre de champion olympique. Car pour ce qui est de « faire la sélection », ce sera très difficile. Une arrivée au sprint est fort probable et Ullrich aura du mal à conserver son titre.

Lyne Bessette répond à nos questions !

Lyne Bessette a très gentiment accepté de répondre à quelques questions pour le privilège des lecteurs de La Flamme Rouge, qui lui témoigne ici toute sa reconnaissance.

La Flamme Rouge : quelle a été la performance qui têa le plus satisfait sur le plan personnel en 2003 ?

Lyne Bessette : Ma 2e place au Tour de lêAude en France ainsi que mon titre de championne canadienne au contre-la-montre à Hamilton en juin.

La Flamme Rouge : En quoi ta fracture de la clavicule a modifié tes plans pour la fin de la saison ?

Lyne Bessette : Cela mêa définitivement affectée mais jêai maximisé le temps que jêavais pour être au maximum de mes capacités aux Championnats du monde. Jêaurais cependant aimé avoir une ou deux semaines de plus!

La Flamme Rouge : Quel fut, selon toi, la différence entre les Canadiens et les Mondiaux, pourtant courus sur le même parcours ?

Lyne Bessette : Les Championnats du monde sont la course la plus difficile de la saison et toutes les athlètes sont au meilleur de leur forme. Ca roulait beaucoup plus vite aux Mondiaux car un groupe de 20 coureuses du même niveau est beaucoup plus rapide que deux ou trois cyclistes surtout si les 20 veulent toutes gagner!

La Flamme Rouge : À quoi une athlète de niveau international pense-t-elle lorsquêon souffre ainsi, quêest ce quêon se dit pour sêaccrocher ?

Lyne Bessette : Parfois, on est en contrôle de notre souffrance sur le vélo et dans cette situation, rien est à notre épreuve ! Je crois sincèrement que la souffrance, cêest dans la tête que ça se passe. Quand la tête va, tout va ! Mais oui, il y a des journées ou les jambes ne sont pas là et jêessaie alors dêendurer le plus possible, et aux Mondiaux, la foule mêa aidé à mêaccrocher.

La Flamme Rouge : Quel braquet fallait-il amener dans Beckett Drive et dans Claremont Access pour rester dans le coup aux Mondiaux ?

Lyne Bessette : Dans mon cas, jêavais 53-38 à lêavant et 12-23 à lêarrière. Je ne pourrais pas dire précisément les braquets utilisés, mais une chose est sôre, je montais sur le petit plateau dans les deux montées.

La Flamme Rouge : Quelle course trouves-tu la plus difficile au Québec ?

Lyne Bessette : Ce fut le dernier tour de lêépreuve de Coupe du Monde sur le Mont Royal en juin dernier. Jêai déjà fait Charlevoix et Montréal-Québec, et pour moi les courses où je prends le départ avec les hommes sont plus difficiles physiquement mais je ne ressens aucune pression. Tandis quêune course dans le peloton féminin, et bien cêest la vraie compétition!

La Flamme Rouge : Avec combien de kilomètres dans les jambes termines-tu la saison 2003 ?

Lyne Bessette : Bonne question ! Aucune idée !

La Flamme Rouge : Saturn arrête en 2004. Est-il possible de voir Lyne Bessette au sein de formations comme T-Mobile ou Acqua due O en 2004 ?

Lyne Bessette : Jêavais un contrat dêune durée de 2 ans avec Team Sports (Saturn), alors sêils parviennent à combler le trou budgétaire créé par le départ de Saturn, je reste! Tout va très bien pour lêinstant.

La Flamme Rouge : A-t-on des chances de te voir courir de nouveau en Europe en 2004 ?

Lyne Bessette : Oui, jêaimerais bien faire des Coupes du monde et le Tour de lêAude encore lêan prochain, peut-être même dêautres courses pour garder un contact avec le peloton international.

La Flamme Rouge : As-tu déjà couru contre Joanne Somarriba ?

Lyne Bessette : Oui, à plusieurs reprises.

La Flamme Rouge : Quelle fille têimpressionne le plus au niveau mondial ?

Lyne Bessette : Clara Hughes. Par son attitude et sa façon de vivre le sport.

La Flamme Rouge : Tu te débrouilles bien en cyclo-cross. Te verra-t-on au départ de certaines épreuves durant lêinter-saison ?

Lyne Bessette : Non, pas cette année, et probablement pas lêan prochain mais je voudrais tenter ma chance une prochaine fois, dans un avenir rapproché.

La Flamme Rouge : Es-tu une adepte du home-trainer ou préfères-tu, durant lêhiver, pratiquer dêautres sports comme le ski de fond ?

Lyne Bessette : Je roule habituellement jusquêen novembre et prends ensuite des vacances! Je suis généralement de retour à lêentraînement le 1er décembre avec surtout des activités cardio-vasculaires : course à pied, raquette en montagne et salle de musculation. Je fais ensuite du CompuTrainer environ deux ou trois fois semaines pour des exercices très spécifiques avec ric Van Den Eynde au Centre National de Bromont.

En guise de conclusion, le palmarès de cette athlète remarquable autant par son talent que par la gentillesse et la simplicité dont elle fait preuve année après année.

FORZA Lyne ! et merci !

Il serait si simple de…

mettre fin à la suspicion dommageable non seulement envers Jeanson mais aussi envers tout le cyclisme – qui est déjà mis à rude épreuve depuis quelques années – si elle acceptait dêenfin nous dire pourquoi son taux dêhématocrite était si élevé à Hamilton.

améliorer la crédibilité des contrôles si lêUCI écoutait un peu plus lêAgence Mondiale dêAnti-Dopage et adoptait les mesures simples notamment autour de lêencadrement des contrôles que cette dernière suggère.

retracer lêEPO de synthèse si les compagnies pharmaceutiques qui les fabriquent acceptaient dêy placer un marqueur, opération quasiment sans coôts et pouvant régler le problème de la détection chez les athlètes. Une législation en ce sens pourrait régler le problème.

mieux surveiller les laboratoires pharmaceutiques qui produisent et écoulent ces nouveaux médicaments en amenant les nations concernées à la même table (rôle de lêUCI?).

prélever un certain pourcentage du budget de chaque équipe professionnelle pour financer la recherche afin de rendre les méthodes de détection plus fiables (cheveux ?) et plus rapides. Ce sont les coureurs qui, en premier lieu, en profiteraient sur le plan sportif dêune part, mais surtout pour leur santé future.

mandater, dans chaque équipe professionnelle, un médecin formé par lêAgence Mondiale dêAnti-Dopage et payé par l’UCI afin quêil puisse y contrôler la préparation des coureurs. Pas de médecin WADA-UCI dans lêéquipe, pas dêéquipe dans le peloton, et pas de peloton, pas de cyclisme professionnel.

Ce n’est pas fini

Les faits qui demeurent à ce jour encore troublants ou carrément inexpliqués dans l’affaire Jeanson :

– Son acharnement à se prévaloir du secret professionnel pour ne pas dévoiler ses taux dêhématocrite passés, notamment celui dêHamilton.

– Sa persistance à vouloir faire croire quêelle nêa aucune idée dêoù peut provenir son taux dêhématocrite élevé à Hamilton, une question qui reste, à ce jour, sans réponse.

– Sa 5e place au contre-la-montre, 3 jours avant de se faire prendre avec un taux dêhématocrite largement au-dessus de la norme permise par lêUCI, elle qui nêest pourtant pas une spécialiste face aux grandes pointures mondiales.

– Déplorant, en conférence de presse le 17 novembre, le fait de nêavoir pu sêexpliquer devant le comité de discipline du Collège des médecins, cêest pourtant elle qui avait demandé, en février dernier, une ordonnance de non-publication pour préserver son intégrité et rester en dehors de cette affaire.

– Les rétractions bizarres de l’orthopédiste Maurice Duquette, plaidant dêabord coupable devant un comité de discipline du Collège des médecins dêavoir négligé dêinscrire au dossier médical de Mme Geneviève Jeanson () la médication administrée à cette dernière, dont notamment de la Marcaïne et de lêEPREX, cette médication ayant été administrée à une reprise comme test diagnostique, contrevenant ainsi au Règlement sur la tenue des dossiers dêun médecin. Le lendemain, Duquette faisait parvenir une lettre à lêavocat de Jeanson mentionnant quêil nêavait pas prescrit ou donné de lêEPREX à Geneviève Jeanson. () Jêai plaidé coupable dêavoir injecté de la Marcaïne le long dêun tendon au cours dêun exercice et de ne pas lêavoir inscrit dans son dossier au bureau.

– Un autre chef dêaccusation mentionnant que Duquette aurait également prescrit de lêEPREX à lêentraîneur de Jeanson.

– Les affirmations récentes du procureur du syndic du comité de discipline du Collège des médecins, Me Jacques Prévost, qui affirme quêil détient des preuves, ainsi que plusieurs témoins, que Maurice Duquette a bel et bien prescrit et administré de lêEPREX à plusieurs reprises à Jeanson.

Tout cela est loin d’être terminé et gageons que nous aurons droit, dans un avenir rapproché, à quelques rebondissements.

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