Vers une nouvelle ère sur les grands tours?

Nozal qui est toujours en amarillo à une semaine de l’arrivée à Madrid, on commence carrément à se poser des questions. Avant cette Vuelta, Nozal, classé 303ième coureur mondial (!!!), n’avait jamais gagné d’autre que deux étapes sur des petites courses à peu près inconnues en Espagne en 2002.

Professionnel en 1999, il a toujours couru pour l’équipe ONCE et a terminé deux Tours de France, en 2002 (38e place) et en 2003 (72e place, à plus de 2h d’Armstrong). Reconnu bon rouleur (1m81 pour 70 kg), il prenait toujours, jusqu’à cette Vuelta, une grosse veste dans les étapes de montagne, ce qui le cantonait à un rôle de grégario pour ses leaders Beloki et Gonzales de Galdaneo.

On trouve, dans l’histoire des grands tours, quelques vainqueurs surprises, sortis de nul part, et qui constituent une curiosité au palmarès de ces épreuves. On pense par exemple à Chioccioli sur le Giro en 1991, à Caritoux (1984), Giovanetti (1990) et Gonzales (2002) sur la Vuelta et à Riis (1996), Aimar (1966), Nencini (1960) et surtout le célèbre Walkowiak (1956) sur le Tour de France. Tous ces coureurs ont deux points en commun : ils n’avaient à peu près aucun fait d’armes sur ces épreuves avant de les remporter de façon innatendue et ils n’ont jamais plus (dans le cas d’Aitor Gonzales, l’avenir nous le dira, mais 2003 n’a pas été fort!) remporté de telles victoires par la suite. On peut penser que deux éléments expliquent, pour l’essentiel, ces victoires surprises : d’une part, certains auront pu gagner en raison d’un gain en temps important dans une des premières étapes du tour, le peloton ne se méfiant pas d’eux. Le reste du tour est alors devenu une gestion d’efforts afin de préserver leur avance. Dans ce cas de figure, le port du maillot de leader transcende souvent ces "petits" coureurs qui accompliront des exploits qu’eux mêmes ne se croyaient pas capables. D’autre part, certains doivent certainement leur victoire à une "préparation" toute particulière. S’il est difficile de prouver cet état de fait, on sait désormais que Riis, le tombeur d’Indurain ne l’oublions pas, doit sa victoire au Tour 1996 à un taux d’hématocrite supérieur à 60%… Dans ce contexte, il est fort possible que le palmarès des grands tours dans l’avenir soit de plus en plus souvent entaché de ces coureurs sortis de nul part et qui, l’espace de 3 semaines, livreront des performances inexplicables, frustrant des leaders confirmés.

Et Nozal dans tout ca ? Ses victoires dans les chronos de la première et la deuxième semaine et sa façon de tenir dans les étapes de montagne après 2 semaines de course suggèrent qu’il sait drôlement bien récupérer… même après des efforts que son organisme ne nous a pas habitué de voir… Le collectif de l’équipe ONCE, avec 3 coureurs dans les 13 premiers (Nozal, Gonzales de Galdaneo et Serrano) dont les deux premières places, tend également à montrer qu’il n’y a plus que l’US Postal qui maîtrise désormais l’art de la préparation et de la récupération…

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