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Verbruggen: les langues se délient progressivement!

Je vous le disais il y a quelques jours, et nous en avons de nouvelles preuves: les langues sont en train de se délier à propos des agissements d’Hein Verbruggen lorsqu’il était président de l’UCI.

Aux propos de Giorgio Squinzi s’ajoutent désormais ceux des ex-coureurs pro Edwig Van Hooydonck et de Peter Stevenhaagen.

Van Hooydonck aurait signalé à Verbruggen les dérives du peloton au début des années 1990, et n’a jamais été pris au sérieux par Verbruggen.

Pire, Stevenhaagen a reçu des menaces de Verbruggen qui lui aurait dit: « You have a problem, boy. I can make or break riders like you. I decide who is positive. I knows what’s going on at PDM. »

Je crois que nous comprendrons bientôt pourquoi les coureurs US Postal puis Discovery ne se sont jamais fait prendre au contrôle, alors qu’une fois partis de l’équipe, ils tombaient souvent au dopage (Hamilton, Landis, Heras, etc.).

Contre-attaque de Verbruggen

La réplique de Verbruggen? Simple: “If you test someone 215 times and he is always negative, then the problem is in the test itself. Well, I’m not responsible. »

Faux.

En tant que président de l’UCI et alors responsable de la lutte contre le dopage dans le cyclisme, Verbruggen aurait pu entreprendre des démarches.

En tant que président de l’UCI, il pouvait – il devait – assurer un leadership. Les règles, les lois ont été édifiées par des gens qui ont eu l’audace de s’attaquer à des problèmes.

Verbruggen n’a rien fait. Pire, il a nié en bloc, se souciant davantage de préserver l’image du cyclisme, avec le résultat final qu’aujourd’hui, le cyclisme fait partie des sports les moins crédibles de la planète.

Pourtant, Verbruggen aurait pu entreprendre bien des choses.

Il aurait pu lancer des campagnes de sensibilisation auprès du milieu pro.

Surtout, il aurait pu alerter les corps policiers pour susciter des descentes policières dans les équipes, ceci afin de saisir les produits dopants, du moins vérifier ce que les équipes trimbalaient.

Il aurait pu parler publiquement du dopage sanguin au lieu de chercher à le nier. Je vous rappelle qu’il a déjà déclaré – même récemment – avoir la certitude que Lance Armstrong ne s’était jamais dopé…

Enfin, il a raté une belle occasion de vraiment laisser une marque positive dans le cyclisme en réformant la gouvernance du sport pour éviter les conflits d’intérêt à l’UCI entre promotion et développement du sport d’une part, et lutte contre le dopage de l’autre. Verbruggen a été président à une époque où le dopage a été un problème criant: il aurait pu passer à l’histoire en développant les moyens de lutter contre ce fléau.

Je demeure convaincu que les prochaines semaines nous confirmeront que Verbruggen s’est comporté à l’image de Lance Armstrong, ne reculant ni devant l’intimidation, ni devant les menaces pour museler ceux qui voulaient s’attaquer et parler du problème du dopage sanguin dans le cyclisme.

Et Pat McQuaid n’y échappera pas non plus!

Verbruggen et McQuaid, des hommes animés par la passion du cyclisme? Laissez-moi rire…

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  1. alain39

    Pas si vite Laurent.
    Quel optimisme mais malheureusement il faut le contre balancer avec l’info d’hier.
    Arsmtrong a signé une transation avec l’assureur de ses 3 premières victoires.
    Ca lui a évité de répondre aux questions embarassantes qui par la suite pourraient lui causer préjudice.
    Donc il applique sa tactique à savoir médiatiquement demander le grand déballage et judiciairement l’éviter.
    Il est magnifiquement encadré et cette stratégie vise uniquement à limiter ses pertes financières.
    Le grand déballage est son arme de destruction massive alors que par derrière il mène une bataille de terrain avec pour fantassins ses avocats. Il essaye de boucler tous ses procès à moindre coût, les parties adverses ne disposant d’aucune info concrète. La période de fin d’année est propice avec l’arrivée des résultats annuels et donc les sociétés concernées peuvent préférer encaisser maintenant.
    Bigrement futé et orchestré de main de maître.
    Je l’ai toujours dit, le coureur n’était pas des plus brillants, mais son intelligence business/marketing est remarquable. Aujourd’hui il le démontre encore sur le terrain judiciaire.
    Derriere le faux champion se cache un vrai business man.
    C’est un esprit voyou qui a utilisé le sport pour s’enrichir. Mais à la base ça restera toujours un ruffian manipulateur.
    Il sait que le grand déballage va prendre du temps et qu’en plus c’est l’arme atomique et que normalement tout le monde a intérêt a laisser couler. Il est évident que Cookson qui est dans le cyclisme depuis des années a des amis qui ont aussi trempé dans le système. Il finira aussi par être exposé ne serait-ce qu’indirectement. Une enquête globale revient à ouvrir la boîte de pandor. Mettre toutes les turpitudes d’un sport sur la place publique n’est pas bon pour le business. Et puis pourquoi que le cyclisme.
    Tout le système est corrompu et à quelques exceptions près ce sont toujours les mêmes qui sont là. ils se tiennent et se content de se mettre des coups de griffes en évitant de se dévorer.
    Il est raisonnable de penser que tout ça va accoucher d’une petite souris et pendant ce temps Big tex aura soldé la plupart de ses soucis judiciaires et ce à moindre frais.
    C’est peut être par déformation professionnelle mais là j’applaudis Big tex et j’envie ses avocats qui du point de vue professionnel ont un dossier super excitant.
    Mais l’ado que je suis resté au fond de moi, épris de ce sport est bien triste de voir que sa passion est rendue aux pages business du figaro avec des intrigues dignes de celles de la haute finance.
    Ce sont mes rêves de jeunesse qui sont salis, et mes rêves d’enfant qui passent encore à la trappe.
    Elle est loin cette insouscience partagée avec mes camarades de sport de l’époque qui nous amenait à admirer les grands champions tant pour leur qualités physiques que leur force mentale.
    Armstrong incarne ce changement et nous sommes passés du cannibale Merckx au requin Armstrong.

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  2. @Alain,
    Effectivement, Armstrong a réglé hors court, et cela lui permet de ne pas avoir à déballer.
    Ceci étant, je crois qu’il n’hésitera pas dans le contexte d’une Commission Vérité et Réconciliation, à la condition qu’on lui donne une monnaie d’échange, et ce qu’il veut c’est une remise de peine pour pouvoir de nouveau prendre part à des événements sanctionnés.
    Et puis, je suis d’accord avec toi, la conduite de ses affaires « business » est assez bonne dans l’ensemble. Je suis à peu près certain que ses avocats et spin doctors voudront à un moment donné s’attaquer à son image publique, à redorer sa crédibilité. La Commission serait toute indiquée pour cela: contribuer à faire avancer la lutte contre le dopage, tout en recouvrant le droit de participer à des événements sportifs.
    Bref, il la boucle pour l’instant, mais serait-ce pour mieux déballer une seule fois, prochainement espérons-le?

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  3. Andy Lamarre

    Tout ce que je sais sur le « doping », c’est que ça ne semble pas affecter la santé…..
    Je regardais ce matin un photo récente de Amstrong et il semble en parfaite santé…..

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  4. alain39

    @laurent
    Arsmtrong se moque totalement de sa remise de peine à 42 ans.
    Il veut être « blanchi » pour courir la marathon de New York?
    Soyons sérieux il s’en fout il veut seulement sauver sa fortune.
    Sauver sa réputation. Il est trop intelligent pour ignorer que c’est un combat d’arrière garde et d’ores et déjà perdu.
    La lutte contre le dopae comme priorité. Je rigole. LA lutte contre le cancer n’a été qu’un business pour lui doublé d’un superbe outil de communication.
    Alors la lutte contre le dopage il s’en moque comme de son premier vélo.
    Le constat est pourtant inconstestable: c’est un imposteur manipulateur et il ne changera pas. Tout comem Al Capone et tous les récidivistes qui sont libérés.
    Croire à leur rédemption est une baliverne.
    Pire son synisme l’incite à penser que de toute façon avec son nom même s’il est « infamous » il restera bankable. Il aura marqué l’histoire et est devenu un symbole qui pourra toujours monnayer quelque chose. Il a une histoire à dire et je suis certain qu’il va préférer la vendre à Hollywood plutôt qu’à une commission. En temps voulu un film sur sa vie lui serait bien plus profitable. C’est une question de temps.
    Aussi, il demande à corps et à cris cette Commission espérant qu’elle ne sera jamais mise en place car franchement il n’a pas envie d’avouer tout ce qu’il a fait. C’est pas reluisant et surtout avouer dans un tribunal c’est pas très bling bling. N’oubliez pas que ses aveux à minima il les a fait en 2 fois chez Opra. Pas à Stade 2.
    L’absence de commission va lui permettre de se draper dans sa dignité et se présenter comme La Victime. Il n’aura pas pu se défendre faute de commission.
    De requin il veut passer à bouc-émissaire.
    Pendant ce temps il transige et sauve la majeure partie de sa fortune et ce sans faire de vagues car c’est bien l’objectif non avoué.
    Avec lui tout est question d’aveux.

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  5. schwartz patrick

    Une fois de plus, ce qui me « gave grave » comme dirait
    un jeunot, c’est le facteur temps, cette durée malsaine
    où le dopage, après avoir été une des vedettes sombres, secrètes et pourries des victoires de LA (et des autres, il n’est pas seul le salaud) restera encore
    longtemps, procès après procès,reportage après reportage,repentir après repentir, en pleine lumière.
    Une lumière qui abrutie, qui fatigue, dont on se lasse,que l’on fuit ,mais qui reste là, aveuglante pour
    longtemps; on a l’impression que beaucoup de gens veulent que çà dure et çà ne peut que durer, parce que le système a engendré des vaches bien grasses et ces
    vaches là, pour à nouveau leur rendre la santé,une silhouette,une « belle image » et un respect, il faudra
    du temps,et un traitement long et douloureux…
    Pendant ce temps, notre temps, çà se dope encore dans
    les chaumières, nos champions ont fait leurs emplettes
    dans les labos; le « système se soigne d’une bataille
    mais ne guérit pas de la guerre ». Le temps , c’est de l’argent m’a-t-on toujours dit et suis volontairement
    naif de croire que le mal n’est pas prêt de mourir …

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  6. t rossi

    La messe est dite.Ou presque.

    On sait tous que Lance ,vas minimiser les dégats comme un vrai pro.

    Et dans quelques années d’ici, pour le citer: »Quand tout cela sera terminer ,je serais sur une belle plage en sable blanc a boire des bières ».

    Et voila.Quelqu’un pour prétendre du contraire ?

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