Tour de France 2006 : on aime beaucoup!

Le parcours du prochain Tour de France était dévoilé aujourd’hui par la Société du Tour avec, à sa tête, deux personnes plutôt qu’une : le petit monarque sans envergure Jean-Marie Leblanc ainsi que son successeur désigné (mais seulement dans un an officiellement, quel paternalisme de la part de Leblanc!), Christian Prudhomme, un homme qui nous inspire confiance pour l’avenir.

La volonté de trancher avec le passé était évidente, ne serait-ce que par les deux premières phrases de l‘éditorial diffusé sur le site du Tour 2006 : “Le 24 juillet un long, très long chapitre de l’histoire du Tour de France, s’est refermé. Et trente jours plus tard, l’actualité nous faisait comprendre qu’il en était bien ainsi“. On ne peut être plus clair.

Mais revenons au parcours. Si le Tour 2005 innovait (un court clm – ou un long prologue – en ouverture, 4 massifs montagneux visités, etc.), le Tour 2006 est en lien direct avec ceux de la fin des années 1980 et du début des années 1990, et ca nous plaît énormément. C’est ainsi qu’après le départ de Strasbourg et une première semaine pas si favorable que ca aux sprinters puisqu’en partie disputée dans les Ardennes belges, on renoue avec un long clm individuel (Saint Grégoire-Rennes, 52 km), question de faire en sorte que les prétendants à la victoire ne puissent se cacher plus longtemps. Puis rapidement (une seule étape de transition), les coureurs aborderont les Pyrénnées avec une première étape de moyenne montagne suivie d’une première grande étape se terminant au sommet d’une montée inédite sur le Tour, celle du Pla-de-Beret. Écarts garantis.

Après 3 étapes de transition, les coureurs se présenteront dans les Alpes avec trois belles étapes qui renouent avec des cols mythiques du Tour comme l’Izoard, le Galibier, le Glandon, la Colombière, Joux-Plane sans oublier la montée de l’Alpe d’Huez.

Dans l‘étape Gap-L’Alpe d’Huez (qui sera possiblement l‘étape retenue pour l‘Étape du Tour cyclo), il est cependant à prévoir que la course ne se décante que dans la montée finale. Les coureurs savent en effet que le Lautaret de ce côté est très exposé au vent de face et que les chances de rester devant pour un coureur isolé ou pour un petit groupe sont presque nulles. De plus, la descente sur Bourg d’Oisans est très longue, très roulante et favorisera des regroupements.

On salive déjà à l’idée des dégâts potentiels sur l‘étape du lendemain, Le Bourg-d’Oisans – La Toussuire qui sera assurément l‘étape de la grande lessive. Après le Galibier offert en ouverture, question de bien digérer le petit dej, les coureurs devront affronter le Glandon par son versant le plus difficile (les derniers kms sont cruels), puis le Mollard en casse-pattes pour enfin aller chercher la ligne d’arrivée à la station d’altitude La Toussuire, au-dessus de Saint-Jean de Maurienne. Pour avoir affronter cette ascension lors de l‘épreuve cyclo l’Arvan-Villard en 2002, on peut prédire que cette dernière ascension en surprendra plus d’un par ses pourcentages parfois redoutables. Bref, cette étape est sans aucun doute l‘étape reine du Tour 2006.

Les coureurs n’en auront pourtant pas encore fini avec les Alpes. Le lendemain n’est pas piqué des vers non plus, avec les 199 kms de l‘étape Saint-Jean-de-Maurienne – Morzine. Au menu, col des Saisies, des Aravis, de la Colombière et Joux Plane dans le final. Le degré de fatigue étant élevé à ce stade de la course, cette étape casse-pattes fera également de gros écarts.

Ce sera ensuite une fin de Tour classique avec le dernier clm au sud de la Bourgogne, entre Le Creusot et Montceau-les-Mines, sur 56 kms. De quoi départager les derniers protagonistes à la plus prestigieuse victoire dans le cyclisme.

Il ne manque qu’une chose à ce parcours très équilibré et inspirant : un clm par équipe avec l’abandon du système de temps installé depuis deux ans. Motif avancé par les organisateurs pour la supression du clm par équipe : raisons géographiques. Il aurait pourtant eu moyen d’en organiser un, mais tout de suite le lendemain du prologue (autour d’Obernai?), comme c‘était souvent le cas à la fin des années 1980. Il nous semble en effet qu’un clm par équipe au coeur des vignobles alsaciens aurait eu beaucoup de gueule et aurait produit de magnifiques images…

Peut-on déjà entrevoir des coureurs qui à priori seront à l’aise sur ce genre de parcours ? Un nom nous vient à l’esprit : Basso. Le Tour 2006 est en effet suffisemment montagneux pour l’avantager. Cunego pourrait également très bien y faire. Ullrich ? Si les deux clm individuel seront largement à sa portée, on craint que la traversée des Alpes ne le mettent à mal. Popovytch ? Popovytch, ca sera le grand outsider en 2006 et il ne faut pas oublier qu’il est chez Discovery…

En terminant, quelques chiffres sur le Tour de France 2006 :

1 – 1er au 23 juillet
2 – 3600 kms
3 – 20 étapes, soit 9 étapes de plaine, 5 étapes de moyenne montagne, 4 étapes accidentées dont 3 arrivées en altitude (Pla-de-Beret, l’Alpe d’Huez et La Toussuire) et 2 étapes contre-la-montre individuel totalisant 116 kms.

3 Commentaires

  1. Marc
    Soumis le 27 octobre 2005 à 5:20 | Permalien

    Moi, c’est la fin du désolant chapitre “Jean-Marie Leblanc” que j’attend avec impatience. Le col du Mollard…je ne sais pas si les organisateurs du TDF vont offrir des saucissons aux coureurs au sommet comme il nous a été offert dans l’Arvan-Villard…des saucissons!?!

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  2. Vinnnch
    Soumis le 27 octobre 2005 à 10:29 | Permalien

    Je trouve ce parcours epatant en effet, ca promet plein de belles choses. Plus d’Armstrong pour gacher tout suspense, des tas de belles etapes de montagne, un contre-la-montre qui part a 5 km de ma maison, que du bonheur !! 😉

    Si ce n’est qu’effectivement, le premier favori qui me soit venu a l’esprit est Ivan Basso, qui m’a considerablement enerve lors des deux derniers tours. Et Vinokourov qui n’aura helas pas la vie belle sur tous ces cols…
    Un dernier commentaire tout de meme, je ne suis pas sur que ce soit en enchainant tant d’etapes si dures qu’on va encourager les coureurs a ne plus se doper, a mon avis plus un tour est difficile, plus les organismes sont mis a mal, et plus beaucoup de coureurs sont tentes par des moyens illicites pour recuperer…

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  3. wawan
    Soumis le 28 octobre 2005 à 4:13 | Permalien

    eh bien moi je n’aime pas du tout ce parcours. les pyrénées sont réduit à presque rien (le pla de beret est super roulant) et les grands cols placé en debut d’étape (tourmalet, izoard, galibier) seront escamoté et ne péseront pas sur la course. seul les 2 dernière étape des alpes méritent le nom d’étape de montagne, les autres seront des course de côte.
    et puis il y a encore beaucoup de transfert ce qui n’est pas l’idéal pour les coureurs.

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