Quelques précisions…

Quelques précisions importantes en cette fin de la semaine: 1 – précision #1 sur notre texte d’hier: l’UCI n’est pas la seule instance à faire payer les contrôles anti-dopage aux organisateurs de courses cyclistes. "L’Agence Française de Lutte contre le dopage (AFLD)":http://www.afld.fr/ exige la même chose, c’est à dire par exemple que les contrôles faits par l’AFLD sur une épreuve comme le Dauphiné doivent être financés par l’organisateur de la course. Dans ce contexte, pourquoi La Flamme Rouge a-t-elle visé que l’UCI hier ? Parce que contrairement à l’UCI, l’AFLD n’exploite pas le cyclisme professionnel. "Entité totalement indépendante de gouverne et de budget":http://www.afld.fr/interieur.php?page=1, l’AFLD n’a aucun intérêt autre dans le cyclisme que de s’assurer que les coureurs sont propres. Le budget de l’AFLD provient d’ailleurs, pour l’essentiel, du ministère français chargé des sports et, dans une moindre mesure, de ce que les organisateurs de courses leur versent pour la réalisation des tests anti-dopage. L’UCI, quant à elle, exploite le cyclisme et en tire des revenus. Le ProTour se veut justement un instrument à cette fin. La logique est donc totalement différente et dans ce contexte, on aurait pu penser que l’UCI partage davantage les revenus tirés de l’exploitation du cyclisme. Qu’elle encourage et soutienne, au minimum, ceux qui font vivre le cyclisme en organisant, parfois dans des conditions difficiles, des courses cyclistes. 2 – L’UCI a-t-elle incité les coureurs à se doper? Bien évidemment non, pas au sens propre. Ce sont les coureurs qui, en premier lieu, se dopent. Ce sont ensuite les soigneurs, médecins et directeurs sportifs qui, parfois, poussent les coureurs à se doper, ne leur donnant pas beaucoup de portes de sortie. Mais c’est aussi indirectement l’UCI à notre avis. Comment? Par son inaction depuis plus d’une décennie. Il est bien connu en criminologie que la peur du gendarme est le meilleur moyen de lutter contre certains délits. Si l’UCI avait pris très tôt les moyens de lutter contre le dopage sanguin, nous sommes convaincus que cela aurait découragé nombre de générations de cyclistes. Et on peut argumenter que l’UCI savait très tôt, notamment suite au désormais célèbre rapport Donnati du milieu des années 1990. Qu’a-t-elle fait au lieu de reconnaître le problème, ce qui constitue la première étape d’une action concrète? Elle a fermé les yeux et engagé Francesco Moser sur sa commission anti-dopage, ce même Moser qui avait travaillé avec Conconi pour établir son record de l’heure… On croit rêver. C’est donc en ce sens que La Flamme Rouge soutient, et continuera de soutenir, que l’UCI a une responsabilité énorme dans l’état actuel désolant du cyclisme. 3 – La Flamme Rouge encense-t-elle Merckx? Non. Ce n’est du moins pas notre but. Nous respectons grandement le coureur pour sa rage de vaincre, son mental, sa discipline et ses capacités physiques. Ceci étant, Merckx a eu ses déboires avec le dopage: si l’affaire de Savone est aujourd’hui prouvée comme étant un coup monté pour l’empêcher de remporter le Giro, Merckx a probablement usé de cortisone – le produit dopant alors en vogue au milieu et à la fin des années 1970 – durant la fin de sa carrière. "Thévenet l’a avoué et Merckx également, à demi-mot et une fois sa carrière terminée":http://www.cyclisme-dopage.com/aveux.htm. Nous sommes enfin d’avis que le dopage du début du cyclisme à la fin des années 1980 n’avait aucune commune mesure avec celui tellement plus sophystiqué, dangereux et efficace, des années 1990 et 2000. En ce sens, le dopage a peu faussé les résultats jusque récemment; depuis 15 ans, il change tout, permettant par exemple à un Bjarne Riis de remporter le Tour ou à un Evgueni Berzin de se transformer, l’espace d’une saison, en un super-crack. Il y a beaucoup d’autres exemples… 4 – "Tom Boonen serait à bout en raison de la pression médiatique qu’il estime trop forte":http://veloptimum.net/velonouvelles/8/ART/1jan/MyFreeSport31.html. Il pourrait mettre un terme prématurément à sa carrière pour cette raison. En lisant l’article, force est d’admettre qu’on est assez d’accord avec lui. La pression médiatique est aujourd’hui très forte, et pas seulement dans le sport. "Lundi dernier, le journal La Presse titrait":http://www.cyberpresse.ca/article/20080128/CPSPORTS08/801280780/5026/CPDMINUTE, après la défaite de Federer aux mains de Djokovic, Le champion-monstre est mort. Une petite défaite de Federer et voilà qu’il est un joueur fini! Il y a toutefois un revers à cette médaille: les sportifs sont parfois bien contents d’avoir cette pression des médias puisqu’en cas de victoires, ces dernières sont tellement relayées médiatiquement que les coureurs deviennent, en quelques jours, de véritables icônes du sport. C’est un peu ce qui s’est passé avec Alessandro Ballan ou Alberto Contador par exemple. Cette couverture médiatique énorme permet bien souvent aux athlètes de faire exploser la banque, ce qui les sert aussi. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’avec la multiplication des moyens de diffusion de l’information, les effets sont nombreux et parfois pervers sur bien des aspects de la vie! 5 – À l’occasion du GP La Marseillaise dimanche prochain, première course de la saison 2008 sur le sol Français, Sébastien Joly, ce coureur qui avait été forcé en 2007 de stopper sa carrière pour combattre un cancer des testicules, fera sa rentrée en compétition. Nous saluons son retour dans le peloton professionnel.

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