Tous les jours, la passion du cyclisme

 

Pendant ce temps, sur la scène du dopage…

La Flamme Rouge laisse à ses lecteurs le soin de juger si oui ou non elle a réussi son défi pris le 6 octobre dernier… et couvre quelques nouvelles relatives au dopage ces derniers jours.

1 – L’UCI a publié un rapport en réaction à celui de l’AFLD qui dénoncait un apparent traitement de faveur à l’égard des contrôles anti-dopage de l’équipe Astana sur le dernier Tour de France.

L’UCI écrit notamment "Maintenant que le Tour est terminé, il est encore plus évident qu’Astana n’a absolument pas bénéficié d’un traitement privilégié, sauf par le fait que ses coureurs ont été soumis à un plus grand nombre de contrôles que les autres".

L’UCI va ensuite plus loin en s’attaquant à l’intégrité même du directeur de l’AFLD, Pierre Bordry: "M. Bordry a abusé de sa position – est-ce vraiment la lutte antidopage ou a-t-il un autre objectif, un autre agenda ? Que ce soit l’une ou l’autre, le monde du cyclisme n’est pas bien servi par une personne ou une institution, qui comme il apparaît désormais, fait passer son agenda personnel avant son agenda professionnel".

Je laisse le soin à nos lecteurs de juger de la qualité de la réaction de l’UCI au rapport de l’AFLD. J’insiste simplement sur le fait que le rapport de l’AFLD mentionnait explicitement que l’équipe Astana avait été contrôlée plus fréquemment que les autres équipes lors du dernier Tour de France. Le rapport ne portait pas sur ce point mais bien sur le fait que lors de ces contrôles, les règles élémentaires visant à préserver la crédibilité et l’authenticité des contrôles n’avaient pas été respectées.

Quant aux attaques personnelles et le procès d’intention à l’égard de M. Bordry, vous savez ce que je pense de pareille technique… Cela en dit long, selon moi, quant aux actuels dirigeants de l’UCI qui n’hésitent pas à recourir à de tels moyens pour essayer de se justifier. Lamentable.

2 – Des informations concernant Asterix et Obelix, les noms de code d’Eufemiano Fuentes et Merino Batres, son assistant, ont été retrouvées dans des documents électroniques saisis au domicile de Jan Ullrich lors de perquisitions réalisées suite aux soupçons de dopage qui le concernaient dans l’affaire Puerto. Surpris ?

3 – Le coureur espagnol Alberto Fernandez de La Puebla (Fuji-Servetto) a été suspendu par l’UCI en raison d’un contrôle positif à l’EPO subi le 15 octobre dernier, deux jours avant le Tour de Lombardie. Il pourra demander une contre-expertise de l’échantillon B bien sûr.

4 – Le Conseil d’État en France a rejeté la demande d’appel de l’Allemand Stefan Schumacher, deux fois positif à la CERA en 2008 et qui contestait les résultats des analyses. Le Conseil d’État n’a rien vu de non-conforme dans les analyses effectuées et a confirmé le verdict. La suspension de 2 ans du coureur allemand est donc maintenue.

5 – Alberto Contador pourrait rester chez Astana, son contrat étant encore valide un an, mais insisterait pour ajouter une clause lui permettant de quitter l’équipe sur le champ si jamais un contrôle positif survenait pour n’importe quel coureur de l’équipe. La confiance règne ! Il donne ainsi l’impression de vraiment vouloir sortir par n’importe quel moyen de son contrat le liant à l’équipe Kazakh.

6 – La Cour d’appel de Paris a confirmé la sentence de 3 ans de prison imposée au Dr. Mabuse, Bernard Sainz, suite à l’affaire ayant éclaté en 1999 et impliquant notamment feu Frank Vandenbroucke. À la tête d’un réseau de dopage dans le nord de la France et en Belgique, le célèbre Dr. Mabuse aurait ainsi dopé plusieurs cyclistes dont Nico Mattan, Frank Vandenbroucke et plusieurs autres encore. Il connaîtra sa sentence finale le 28 janvier prochain.

7 – Le Tribunal d’Arbitrage du Sport (TAS) a repoussé la demande d’appel d’Alejandro Valverde, suspendu par le CONI de toute compétition en Italie pour une durée de 2 ans, le CONI estimant suffisantes les preuves de son implication dans l’Affaire Puerto. Le TAS annoncera plus tard quant elle entend examiner la demande d’appel de Valverde. Rappelons que l’UCI et l’AMA souhaiteraient étendre cette suspension à tous les pays et que Valverde a remporté la Vuelta en septembre dernier.

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10 Commentaires

  1. alain39

    Le pari de Laurent m’a toujours semblé étonnant compte tenu de l’actualité.
    Le dopage fait dorénavant partie intégrante du sport.
    Le cyclisme en parle plus et ce notamment pour des raisons historiques et par la volonté affichée par certaines instances pour lutter contre le dopage.
    Mais il ne faut pas se tromper tous les sports sont touchés et ce à des niveaux quasi identiques.
    Intéressant de voir que Contador souhaite pouvoir quitter Astana au 1er cas de dopage au sein de l’équipe. Décidemment il reste chez Astana à reculons et il ne serait pas étonnant qu’il finisse par rejoindre un équipe espagnole.
    Reste Valverde qui a mon sens est devenu le fil rouge de la lutte contre le dopage.
    Ses démélés avec la justice et les instances datent de 2006 et pourtant il continue à courir.
    Il est évident qu’il est impliqué dans l’affaire puerto et pourtant il continue à etoffer son palmarès.
    Quid si d’aventure il est condamné, est ce que l’on va lui retirer toutes ses victoires????
    Enfin un autre coureur espagnol a été attrapé. Définitivement le cyclisme espagnol connait le plus beau palmarès en matière de dopage. Il ne se passe pas un mois sans qu’un coureur espagnol ne soit suspendu.
    Très clairement on peut mesurer l’ampleur du dopage dans le cyclisme espagnol et à n’en pas douter il est totalement généralisé.
    Fuentes continue à exercer et n’est pas en prison, Valverde gagne, Contador règne sur le cyclisme mondial, l’UCI consacre le cyclisme espagnol etc….Carton plein pour l’Espagne
    A l’inverse la France a pris un chemin très différent avec la condamnation du Dr Mabuse. C’est sûr que côté résultats le bilan est moins « positif » que celui de l’Espagne.
    Mais fort heureusement l’UCI veille et se charge avec véhémence de lutter contre l’AFLD (encore un faux pas du cyclisme français décidemment abonné aux pages faits divers de l’actualité du cyclisme).
    L’argumentaire est d’une pertinence inouï.
    Manifestement l’UCI et Bordry n’ont pas le même agenda et force est de constater que Bordry prend des positions contraires à celles de l’UCI.
    Aussi il faut donc s’en séparer pour le bien du cyclisme.
    Les lecteurs assidus qui ont pu assister aux différents échanges sur ce sujet peuvent se rappeler de certains posts qui maltraitaient l’UCI et qui en leurs temps avaient fait polémique.
    A ses défenseurs (eh oui il en reste encore) je demande comment ils peuvent adhérer à cette ligne de défense qui relève du simulacre de justice.
    L’UCI est bien le 2eme fléau du cyclisme.
    Outre la corruption à l’interne qui a été maintes fois relevée, ses instances représentatives provenant d’elections tronquées, un calendrier pro tour plus que contestable, des licenses pro tour accordées et ou maintenues avec favoritisme, des sanctions non justifiées contre les instances « dissidentes » (FFC en 2008) elle continue sa politique de laisser faire en matière de dopage.
    Un tel bilan est pathétique.
    Heureusement qu’elle peut compter sur ASO et l’AFLD pour faire dans l’effet d’annonce et ainsi sauver les apparences sur ses réels résultats.
    Laurent désolé de te décevoir mais je crains fort que le dopage risque fort de hanter pendant encore de nombreuses années les pages de ton site.
    Et puis avec le dopage qui s’y frotte s’y pique.

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  2. rolan

    Faut bien se rendre à l’évidence, les articles et livres consacrés aux dopage sont de moins en moins vendeur. Entre les aspirations légitimes pour obtenir un monde du sport exemplaire et la réalité de nos sociétés, tôt ou tard le réalisme finit par s’imposer.

    Perso, ça ne me dérange pas.

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  3. colt seevers

    Parler du dopage c’est faire un bon gros article avec mise à l’air d’un ou plusieurs des aspects… des tripes du système en cercle vicieux et fermé suivant:

    besoin de grosse somme d’argent
    car attentes démesurées du public
    avec fragilité intrinsèque des athlètes
    donc emprise morale de l’encadrement des athlètes
    se soldant par une organisation du dopage

    et retour donc au début avec,

    besoin de grosse somme d’argent satisfait mais

    les attentes du public sont encore plus démesurées

    l’athlète est devenu encore plus fragile (maladies du dopage: par absorption boulimique de fer, hemochromatose provoquée par l’usage de l’epo; par cancer, risque de mort subite, etc.)

    bunkerisation des petites recettes de l’encadrement avec loi du silence et recherche de procédés plus efficaces que ceux de la concurrence

    besoin d’encore plus grosses sommes d’argent.

    et ainsi de suite, ad nauseam…

    Le mois dernier, laflammerouge a perdu son pari car elle a évoqué le dopage avec la mort de VDB (c’est l’aspect « risque de mort subite » évoqué plus haut dans la partie du système s’intéressant à la fragilité des athlètes). Mais au moins, elle a fait son devoir!

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  4. Vinnnch

    Avant même de lire avec intérêt la réaction d’Alain, je me permets de réagir à celle de Rolan. Avec qui je sais être en désaccord total sur à peu près tous les points de vue.
    Mais là encore, chapeau, je suis bluffé : « Entre les aspirations légitimes pour obtenir un monde du sport exemplaire et la réalité de nos sociétés, tôt ou tard le réalisme finit par s’imposer », ça c’est de la philosophie de vie ! Surtout ne changeons rien, surtout n’essayons pas de réfléchir à ce qu’on pourrait faire pour améliorer les choses.
    Il reste toujours plus rentable à court et long terme de tricher, voler et tuer (et je ne parle pas que du sport, je parle de la vie politique, économique, professionnelle), donc continuons. La probité c’est bien mais ça paie pas, alors continuons à tricher, voler et tuer.
    Et on s’étonne que certains hommes politiques continuent d’avoir la cote avec des raisonnements pareils…

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  5. plasthmatic

    Le réalisme en politique, c’est vrai que fort malheureusement, il en faut parfois. « Admettre » un truc pas beau pour, non pas éviter, mais ne pas générer un truc plus moche encore. Soit.
    Mais enfin : la realpolitik, comme ils disent, c’est par exemple le statu quo incroyable, dans notre incroyable indifférence, à l’ouest du Soudan, et ça s’appelle le Darfour. Ne pas froisser nos acheteurs chinois, ça s’arrange bien de quelques dizaines de milliers de massacres et autres exactions et persécutions.

    Vélo : le réalisme, c’est accepter les choses comme elles sont, on peut le dire comme ça je pense. Attitude souvent teintée d’humilité d’ailleurs, donc à mes yeux au moins, honorable.
    Mais quelles choses ? En matière de cyclisme par exemple, « les choses » sont en l’occurence ce qu’on en fait ! Ou laisse faire !
    Alors, si tu veux dire par ta conclusion, Rolan, que le « cyclisme propre », le sport propre plus généralement (et plus encore que le sport, pour rejoindre Vinnnch), on n’y arrivera jamais, et il ne faut pas compter un jour y arriver, je suis plutôt d’accord ! Les idéaux, d’ailleurs, ont généré plus de malheur encore par ceux qui se sont mis en tête de les réaliser, hum …
    Je crois moi, qu’ils servent à tout autre chose : de guide, d’étalon. L’idée d’une course équitable sert de miroir des pratiques du moment. « Tendre vers », plutôt que l’inverse …
    L’idéal du cyclisme de compétition, c’est une course sans concurrence déloyale, où le vainqueur a vraiment gagné. Un cyclisme sans dopage, notamment. On n’y arrivera pas, certes, il y a des chances. Mais l’idéal permet de mesurer à quel point on en est éloigné, à quel point on s’en éloigne encore si on lâche ceci, ou encore cela. Cette envie de tout abandonner au prétexte de l’impuissance des hommes à réaliser la perfection d’un système, c’est un chèque en blanc aux spoliateurs de la pire espèce. Déjà qu’ils s’en sortent bien comme ça généralement …

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  6. didier

    je voudrais revenir sur Franck Vandenbrouke , ce coureur était dés ses débuts en cyclisme considéré comme le meilleur de sa génération, peut être à tort, peut être un effet du syndrome Eddy Merckx qui voit tout un pays attendre le retour du messie, je ne sais pas..

    Mais se retrouver , lorsqu’il est passé pro ,déposé par des peintres qui n’avaient pas le quart de ses qualités, mais le double de ses hématies ; ça doit mettre un sacré coup sur la tête, alors le décrire comme ce fut le cas pour M.Pantani dans le registre de la pathologie mentale, ça me semble un effet indésirable du dopage et sans doute confondre cause et effet.

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  7. Marmotte

    L’hémochromatose est une maladie génétique, pas acquise… quel rapport avec l’EPO ?

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  8. colt seevers

    En injectant de l’epo on doit injecter du fer.

    On doit en faire l’injection par intraveineuse pour favoriser l’absorption.

    Quand on a provoqué un excès de fer digne de l’hemochromatose héréditaire, on y remédie par des saignées.

    Comme le dit michele ferrari, intervenir sur une seule hormone provoque un déséquilibre sur toutes les autres.

    Par mutation génétique de la protéine HFE, on peut obtenir une grosse erythropoïèse. Ils pourraient chercher à faire des lignées de sportifs à grosse synthèse d’EPO.

    Tout le monde croît que l’epo c’est une molécule chimique. Mais c’est du dopage génétique. Le dopage génétique existe déjà. La faute à ça si les contrôles semblent de plus en plus inefficaces.

    Les livres sur la lutte antidopage? Il leur faudrait maintenant une population de médecins bac plus dix pour se vendre correctement 🙂

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  9. legafmm

    concernant la réponse de l’uci, elle est pertinente en de nombreux points, il me parait injuste de dire le contraire.

    l’afld avait dit ds son rapport que les regles élémentaires pour stocker les échantillons avaient été bafouer, hors aucun prélèvements n’est parvenu au laboratoire dans un état qui l’aurait rendu impropre à l’analyse. premier mensonge de l’afld

    L’uci nous détaille ensuite quelques manquements de l’AFLD. l’afld a réaliser slt 13 contrôles avt le tour (l’uci 190), sur les 13, 5 ont été fait en omettant les exigences d’anonymat des prélèvements, l’afld avait apposé les noms des coureurs sur les flacons, erreur inadmissible pour un laboratoire de ce standing.

    autre point surprenant, il arrive que les médecins de l’afld soient purement et simplement absent des courses qui leur avaient été assignées.

    bref, au lieu de passer son temps a pointer les manquements de l’uci, l’afld ferait mieux de s’occuper de ses propres problèmes, car il y en a bcp trop. Mr bordry devrait baisser la tête dvt autant d’erreurs et se retrousser les manches.

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  10. plasthmatic

    Monsieur Bordry est un bon communicant. Sa (quasi) première apparition, stade 2, avait promis une trentaine de cas « déjà connus de l’AFLD », ça n’était qu’une question de temps et de procédure. Son discours avait été teinté de bon sens, de vérité, d’intégrité. Laurent avait été conquis, moi de même. A la sortie, du vent … quatre pauvres cas qui ne changeaient rien à la donne.

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