Pas mal de nouvelles…

De retour de Porto, on reprend le service normal après quelques jours de perturbation.

1 – Paolo Bettini champion du monde! Depuis le temps qu’il courrait derrière cette victoire (Bettini est un homme de maillot distinctif), celà fait plaisir. Nous avons suivi la course à la télé depuis Porto et la joie de Bettini après l’arrivée ne laissait aucun doute quant à l’importance qu’il vouait à cette course. Très actif dans le final, il aura surtout été très lucide dans le dernier km, emboitant immédiatement le pas à un Sanchez qui enclenchait le turbo aux 800m avec un Valverde bien calé dans sa roue. Zabel répondait également présent mais commettait son erreur classique, celle de lancer le sprint de beaucoup trop loin. Alors qu’il plafonnait, Bettini, bien resté dans son aspiration, n’avait pas de mal à venir le “sauter” sur la ligne.

De ce Mondial, il faudra également se surprendre de l’absence de l‘équipe de Belgique dans le final. Il leur manquait des costauds devant pour préparer le sprint de Boonen, un sprint pourtant à sa portée. Dans les deux derniers kms, on n’a vu aucun Belge tenter de contrôler le peloton en imposant le rythme. Laissé seul, Boonen ne pouvait contenir le démarrage de Sanchez, un boulôt qui incombait à ses équipiers.

Peu importe, on est certain que Boonen est ravi de voir Bettini gagner, le maillot reste chez Quick Step!

2 – Jean-Marie Dedecker, ce sénateur belge qui avait affirmé savoir que des coureurs belges de renom faisaient des cures en Italie, a finalement balancé les noms au magistrat chargé de l’affaire, affirmant également ne pas avoir confiance en la RLVB. On le comprend, et attendons la suite…

3 – Basso va peut être s’en sortir en Italie, le Comité Olympique Italien estimant les preuves de l’affaire Puerto insuffisantes. Voilà qui ne plait pas à McQuaid comme à nous, l’enquête Puerto n‘étant pas encore terminée. Basso semble tout de même dans le collimateur, McQuaid voulant saisir le TAS en cas de rejet de la Fédé italienne.

Pat McQuaid a par ailleurs récemment raté une belle occasion de se taire.

4 – Excellente nouvelle pour les amateurs de cyclisme nord-américain, une nouvelle course, de sanction UCI 2.1, va voir le jour en 2007 : Montréal – Boston. Le groupe de Daniel Manibal (organisateur de la Coupe du Monde des femmes sur le Mont Royal fin mai), les fédés canadiennes et américaines de même que le Gouvernement du Québec étaient dans le coup depuis plusieurs mois pour mettre sur pied cette course. On leur souhaite sincèrement bonne chance pour l’avenir en leur garantissant que nous suivrons de près cette course.

Notre problème, c’est que les expériences passées se sont toutes soldées par un échec et des déficits. Pourquoi cette course réussirait-elle ? Ou alors, c’est que les règles UCI pour les organisateurs ont changé (à l‘époque, les frais de voyage – astronomiques lorsque la course est en Amérique du Nord – incombaient à l’organisateur). Le GP des Amériques, tenu en plein coeur de Montréal sur un parcours prestigieux, n’a pu se maintenir que pendant quelques années. Serge Arsenault s’est admirablement bien battu pour maintenir cette course de Coupe du Monde au calendrier, mais n’a pu convaincre les sponsors. Le Tour Trans-Canada, tenu en 1999, a fait face au même problème. Le Tour de Beauce peut depuis peu compter sur un sponsor de marque et généreux, Bell Canada, mais sans l’apport de ce dernier, ce serait nettement plus difficile. Enfin, on connaît les problèmes du Tour de l’Abitibi.

Encore une fois, on souhaite de tout coeur que cette nouvelle épreuve UCI “marche” bien. Les expériences passées nous laissent cependant croire qu’il demeure très difficile de faire vivre une épreuve élite de cyclisme au Canada, surtout dans le contexte ou l‘épreuve aura lieu début août, au même moment que certaines classiques prestigieuses (Classica San Sebastian) qui interviennent dans le classement ProTour ainsi que du Tour d’Allemagne, actuellement en hausse. Les Italiens ont quant à eux leurs tryptiques, Giro del Lazio, Tropheo Matteotti, Tre Valle Varezine et les Américains le Tour de l’Utah, lui aussi à la hausse. Quant aux Français, ils préféreront probablement le Tour de l’Ain, prestigieux pour les jeunes coureurs. Les équipes pros ayant déjà traversé l’océan en janvier pour le Tour de Californie voire en juin pour le Tour de Georgie, seront-elles partantes pour revenir ici début août ? Compte tenu de toutes les courses au programme, quel peloton au Québec à ce moment de l’année ?

Bref, nous sommes emballés de ce projet, mais la date nous semble mal choisie pour assurer le succès de l‘événement dans le contexte nord-américain.

5 – L’UCI va instaurer deux nouvelles mesures dans la lutte contre le dopage: les tests génétiques d’une part, la mesure de la puissance d’autre part. Si la première nous semble bonne, la deuxième nous apparaît un terrain difficile, facilement falsifiable et sujette à bien des contestations.

Pour le dopage génétique, nous pensons que les athlètes n’en sont pas encore tout-à-fait à ce stade. Le dopage sanguin demeure selon nous l’ennemi no1, car le plus rapidement efficace sur les performances des athlètes. Le dopage génétique n’en est vraissemblablement qu‘à ses premiers essais et ses effets sont à trop long terme pour le moment pour réellement convaincre le coureur visant une performance sur une épreuve dans 3 semaines. C’est bien que l’UCI s’attaque à cette nouvelle forme de dopage, mais on serait mieux inspiré de régler d’abord les problèmes les plus criants.

Concernant les mesures de puissance, on voit mal comment l’UCI pourra trainer un cycliste devant un tribunal pour “non-respect de sa puissance limite intrinsèque” ! Les coureurs tentent sans cesse de repousser cette limite et, jusqu‘à un certain point, cela demeure naturel de le faire. Comment imposer 450 watts à un coureur en début d’année si cette mesure est faite alors qu’il est en petite condition ? La mesure de la puissance comme outil de lutte contre le dopage ne peut être utilisée selon nous que pour identifier les coureurs suspects, ceux qui appartiennent au club des 500 watts en fin d‘étape. Une fois ces coureurs suspects identifiés, il faut mettre en place des contrôles plus serrés à leur égard.

Pourquoi diable ne pas penser au suivi longitudinal ? Plus que jamais, nous croyons que l’instauration d’un suivi régulier et pour l’ensemble des coureurs professionnels demeure le chemin obligé pour que le cyclisme retrouve ses lettres de noblesse.

8 Commentaires

  1. Erik Zabel
    Soumis le 31 août 2005 à 12:51 | Permalien

    Concernant sa victoire sur le Tour, je ne vois pas où est l’exploit : il se glisse dans une échappée bidon, ne prend aucun relais, pas même dans la dernière ascension, pas même au malheureux Pereiro, et n’a aucun mal à s’imposer au sprint. Il ne faut pas nécessairement être doppé mais plutôt être une sacré fouine.

    VA:F [1.9.22_1171]
    Rating: 0 (from 0 votes)
  2. Vinnnch
    Soumis le 31 août 2005 à 1:22 | Permalien

    Erik,

    Concernant sa victoire sur le tour, si quand meme, il y a quelque chose, c’est que suivre sur du plat sans prendre de relais, ca semble en effet etre a la porte du premier coureur venu (enfin, bon, du premier pro venu, parce que si c’etait moi…).
    En revanche sur une etape de montagne, “sucer la roue” est autrement plus difficile ! Aux vitesses ou les cols sont grimpes, il y a peu d’effet d’aspiration par le coureur de devant, donc on doit tout de meme etre capable d’assurer un effort enorme ! Sur cette fameuse etape d’ailleurs, je crois qu’ils etaient 3 Rabobank dans l’echappee, avec un des 3 (Boogerde je crois, mais je n’en suis pas sur) qui ne faisait aucun effort, le dispositif ayant ete prevu pour qu’il ait des forces pour attaquer a la fin. Eh bien le fameux 3eme Rabobank n’a pas pu suivre le train dans la derniere ascension, alors que sa reputation de grimpeur est tout a fait autre que celle de Geogeo Hincapie…

    Autre exemple : dans l’etape alpestre gagnee par Vinokourov, c’est Hincapie qui avait fait grimper tout le groupe maillot jaune dans le Galibier, derniere difficulte du jour. Semant l’immense majorite du peloton tres loin derriere. Ce qui pour un sprinteur est assez fort, beaucoup de coureurs reputes grimpeurs ayant ete completement decramponnes.

    Je redis donc ce que j’avais deja dit il y a quelques temps :
    – si Hincapie est effectivement aussi fort du debut a la fin de l’annee (alors qu’on nous repete que c’est impossible dans le cyclisme moderne)
    – s’il est capable de gagner des classiques d’avril (2eme de Paris-Roubaix) ou des sprints de grandes courses (ce week end a Plouay)
    – s’il est capable la meme annee de gagner la grande etape de montagne du tour de France
    – si dans la foulee il est fort DANS LES CONTRE-LA-MONTRE (8eme du CLM de Saint Etienne) (!!!!)
    – et ce miraculeusement a partir de 30 ans, bien sur ! Un peu comme un certain Armstrong, d’ailleurs, qui etait devenu brutalement enorme a 27 ans. Oh, ils sont dans la meme equipe !!! C’est fou, quand meme, le hasard…

    …alors qu’est-ce qu’il fait comme lieutenant de Lance Armstrong ?!?!?! C’est le plus grand phenomene du velo depuis Bernard Hinault, il devrait etre le leader d’une grande equipe entierement devouee a sa cause !!!
    D’accord, encore une fois je n’ai aucune preuve. Donc tout ca est normal. Je sais…
    (mais quand j’y reflechis ca me rend DINGUE quand meme !!!)

    PS : Etant moi-meme breton, j’ai failli aller a Plouay ce week end, mais j’etais deborde. Et heureusement que je n’y suis pas alle, j’aurais deprime toute la soiree apres avoir vu Geogeo gagner… 😉

    VA:F [1.9.22_1171]
    Rating: 0 (from 0 votes)
  3. Vinnnch
    Soumis le 31 août 2005 à 1:24 | Permalien

    Desole, j’ai fait un peu long… Je suis intarissable sur le sujet.
    Faut que je m’arrete… 😉

    VA:F [1.9.22_1171]
    Rating: 0 (from 0 votes)
  4. Erik Zabel
    Soumis le 3 septembre 2005 à 10:50 | Permalien

    Excuse-moi pour ma réponse tardive.

    Crois en mon expérience de cyclo, même sur un beau col, l’effet d’aspiration n’est pas neutre.

    Donc, l’ami Hincapie, s’est gardé de tout relai dans cette fameuse journée, il y’avait seulement deux Rabobank, me semble-t’il et Boogerd, c’est bien de lui qu’il s’agissait, n’était peut-être pas au mieux, il a de nature du mal à supporter la pression.

    George se retrouve donc seul avec Pereiro, qui, lui, a pris des relais dans la journée. Oscar n’a pas mis d’à coup et emmènne logiquement Hincapie dans un fautueil (affaire de dollars ? c’est une autre histoire…).
    Pas tout à fait extraoridinaire, même si moi aussi, il y’a certains cas que j’ai du mal à expliquer chez les Discovery.

    Bah ! Même en partant de chez Lance, Heras reste un très bon coureur, si tu n’as pas eu la chance de suivre la Vuelta ces derniers jours.

    VA:F [1.9.22_1171]
    Rating: 0 (from 0 votes)
  5. didier girsch
    Soumis le 29 septembre 2005 à 12:21 | Permalien

    saunier duval,vend,installe,et assure l’apres vente d’un produit exclusif:des chaudieres…c’est trop …lacanien

    VA:F [1.9.22_1171]
    Rating: 0 (from 0 votes)
  6. le cycliste bronchiteux asthmatique
    Soumis le 29 septembre 2005 à 1:06 | Permalien

    et voila… que ce soit en foot comme en cyclisme, lorsqu’une équipe nationale italienne n’a pas les résultats escomptés, cela fait scandale et les lampistes trinquent.
    Une fois de plus, le sélectionneur saute pour sauver l’honneur. Mais qu’y a t’il a sauver? Rien. Le constat des championnats du monde de Madrid est éloquent et les premiers coupables en sont bien entendu les coureurs.
    Je ne reviendrai pas sur les comportements de chacun et les invectives réciproques d’après-course, mais ça en devient lassant. Et bien évidemment, on nous ressortira le couplet de l’unité sacrée pour les prochains championnats du monde. Non franchement, compte-tenu de la puissance du cyclisme italien, il est quand même étonnant qu’ils n’arrivent pas à monter une équipe dans laquelle l’entente soit meilleure au service d’un seul ou de deux hommes. Notamment entre les leaders de cette équipe. Enfin, il faut bien que survive la comedia dell’ arte…

    Quant à l’intégration de Millar (dopé véritablement repenti??) et Rinero (dopé traficant patenté??) chez Saunier-Duval, cela ne me dit rien qui vaille. Le cyclisme espagnol est réputé pour son inaction et son mutisme en matière de dopage. Et nous avons vu dans le passé combien ces équipes se montant aussi rapidement, voulant des résultats de suite, récupérant des coureurs tous azimuts sont éphémères. Du coup, je m’interroge sur la volonté de ce groupe français d’investir dans une équipe espagnole. Y a t’il une véritable éthique?? Quand je pense que le boss roule en Saunier-Duval, ça m’en fait froid dans le dos.

    VA:F [1.9.22_1171]
    Rating: 0 (from 0 votes)
  7. David
    Soumis le 26 septembre 2006 à 3:54 | Permalien

    Pourquoi diable ne pas penser au suivi longitudinal ?

    Par “suivi longitudinal”, parlez-vous de tests sanguins et urinaires inopinés dans le temps avant les compétitions , durant les entrainements etc ?

    A moins que je ne m’abuse, la France n’a-t-elle pas instauré le suivi longitudinal après Festina ? De même l’Allemagne aurait emboité le pas depuis le scandale Ulrich. http://www.cyclismag.com/article.php?sid=2638

    Dans les bouquins biographiques (pour ne pas dire publicitaires pour sa fondation) de Lance Armstrong, celui-ci n’arrête pas de se plaindre de la vie de misère que le contôleur de l’agence antidopage lui faisait subir. Fait-il référence au suivi longitudinal ?

    VA:F [1.9.22_1171]
    Rating: 0 (from 0 votes)
  8. polo
    Soumis le 26 septembre 2006 à 5:05 | Permalien

    Aye aye aye, quelle démagogie..
    l’UCI a le MEME, je répète, le même suivi longitudinal que la France depuis 1999. Visitez le site UCI.ch et vous verrez. La seule différence est que la France l’applique aux meilleurs amateurs et l’UCi qu’aux pros. Et en plus, la France est un des rares pays ou il est interdit de venir tester les coureurs a la maison. (par opposition a la Suisse, L’allemagne, les USA, le Canada etc.). Et ce suivi n’est constitué que de 4 ou 5 prises de sang l’an, alors les “joueurs” trouvent moyen d’etre propre pour ces controles et de se mettre a autres choses ensuite. (vous êtes sceptiques, alors lisez le bouquin de P. Gaumont)
    Enfin, je crois qu’il faut arreter de dire que l’UCI ne fait rien, c’est triste a dire, mais il font déjà le maximum possible, et le constat est que le fléau est si développé qu’il faut plus que la répression des organismes sportifs pour le contrer

    VA:F [1.9.22_1171]
    Rating: 0 (from 0 votes)

Fouillez nos archives!