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Paris-Nice

Par delà l’Atlantique, les nombreux cyclistes francophones du Québec, de France, de Suisse et de Belgique attendent avec impatience l’arrivée du printemps. Certains sont mieux pourvus, dans le midi de la France, quand la luminosité du ciel n’est pas accompagnée d’un mistral ou d’une tramontane à décasquer un cycliste.

Les coureurs pros, eux, vont une fois de plus partir de la capitale française dans la grisaille, traverser la France dans le sens nord-sud par dessous les giboulées, pour débouler jeudi sous un soleil qui les accompagnera de l’Ardèche à la côte d’Azur par l’arrière-pays provençal. Paris-Nice devrait encore mériter son surnom : la course au soleil.Tous les ingrédients sont réunis pour en faire une course de qualité. En cyclisme, on sait que ça ne suffit pas toujours!

D’abord, le parcours.

Un contre-la-montre de 9,3 km pour commencer, peu sinueux bien que semi-urbain, devrait déjà donner quelques petits écarts qui pourraient compter lors du bilan.

Les deux étapes suivantes sont sans difficultés et ne devraient pas concerner les gros bras, mais le petit nombre de sprinters au départ laisse envisager une course animée.

Viendra ensuite l’arrivée à St-Etienne par un final accidenté, notamment la Côte de Rochetaillée dont le sommet est situé à 7 km de l’arrivée. L’absence de pourcentages élevés et les quelques replats avant celle-ci devraient cependant inhiber les velléités des favoris. Quelques mouvements impliquant des outsiders ne sont pas à exclure et le spectacle devrait valoir le coup d’œil.

Jeudi arrivera alors avec une étape de toute beauté sur des routes que je connais par cœur. Bravo aux organisateurs d’avoir su enfin saisir les richesses topolographiques ardéchoises pour une étape à ne pas manquer. On n’y rencontrera pas non plus de pourcentages élevés, mais les 204 km reliant Annonay à Vallon-Pont-d’Arc vont offrir aux coureurs prêts à la bagarre un chantier dont certains se souviendront. On n’y fera quasiment que monter et descendre, essentiellement sur de petites routes sinueuses où les gros groupes auront bien du mal à s’organiser. Les 80 derniers kms sont moins rigoureux que les 120 précédents, mais on peut envisager que ceux-ci vont suffisamment disperser le peloton pour laisser place à un final « à la pédale ». Personnellement, j’aurai mieux vu une fin d’étape par Valvignères – Gras plutôt que St Thomé – Gras puis la boucle par le Pont d’Arc et le Serre de Tourre plutôt que Ruoms – Lagorce, mais je ne veux pas trop faire la fine bouche. Par ailleurs, je voudrais aussi préciser qu’on ne découvrira là qu’une facette de l’Ardèche, en Corniche plus ou moins éloignée du Rhône et ne dépassant pas 800 m, alors qu’une autre plus montagneuse existe plus à l’est, largement au-dessus des 1000 m. Point important : le vent devrait souffler favorablement entre St-Jean-le-Centenier et St-Thomé et même Gras, ce qui favorisera plus encore une course de mouvement.

Vendredi, on ne manquera pas l’étape qui s’annonce comme phare avec l’arrivée à la Montagne de Lure (altitude 1600 m). Précédée de quelques bonnes petites bosses propres à fatiguer les équipiers, la montée finale devrait être marquée par la confrontation de la semaine entre les gros bras. C’est le rendez-vous de ce Paris-Nice, qui ne s’y jouera peut-être pas. Le beau temps est annoncé, la traversée du Plateau du Vaucluse entre Rhône et Durance promet de très belles images.

Suivra encore une étape très vallonnée dans le Haut-Var, sur des routes plus propices au contrôle organisé de la course. Je pronostique que la course sera bloquée sur le classement de la veille, mais…

Idem pour la dernière étape, à moins que comme il y a deux ans avec Alberto Contador, un homme au-dessus du lot s’en aille en costaud dans le Col d’Eze. Personnellement, je regrette la traditionnelle montée chronométrée du Col d’Eze qui personnalisait cette course et nous a donné de si beaux spectacles par le passé depuis Poulidor matant Merckx jusqu’aux luttes de Kelly, Roche et Bernard.

On regrettera l’absence des deux grands protagonistes de l’an passé, le vainqueur Davide Rebellin et le tout jeune Robert Gesink que les vieux briscards italiens piégèrent dans la difficultueuse descente du Tanneron sous la pluie. Le plateau reste alléchant.

Au rang des favoris, Alberto Contador (Astana) se dégage. Il sera l’homme à battre. A la pédale, à partir du pied de Lure ce sera mission très difficile. On peut donc s’attendre à des opérations stratégiques d’envergure jeudi, plutôt avant le final (le secteur entre Lamastre et Privas est particulièrement propice), ou le lendemain lors de la traversée du Plateau du Vaucluse.

A mon sens, viennent ensuite dans l’ordre Sylvain Chavanel (Quick Step), Frank Schleck (Saxo Bank), Rémi Pauriol (Cofidis) et Vladimir Efimkin (AG2R).

Puis un grand nombre d’outsiders parmi lesquels David Montcoutié et Amaël Moinard (Cofidis), Chris-Anker Sörensen,  Jens Voigt et Jakob Fuglsang (dans une très forte équipe Saxo Bank) , Antonio Colom (Katusha),  Rinaldo Nocentini , 2ème l’an passé (AG2R), Cadel Evans (Silence-Lotto), Daniel Martin (Garmin), Kevin Seeldrayers (Quick Step), auteur d’un bon Tour de Californie, Luis-Leon Sanchez (Caisse d’Epargne), peut-être en perte de vitesse, Jussi Veikkanen (La Française des Jeux), , Sylvain Calzatti, Maxime Bouet et Nicolas Vogondy (dans une équipe Agritubel euphorique), Thomas Voeckler, Youri Trofimov, Pierre Rolland (Bbox), Martin Velits (Milram), et enfin Roman Kreuziger (Liquigas) et Samuel Sanchez (Euskaltel), deux champions dont on ne connaît pas l’état de forme.

Gageons que si Contador réalise un très bon premier chrono, et je parierais dessus, il risque de se retrouver désigné plus encore comme adversaire principal par ses nombreux concurrents, auquel cas les étapes de jeudi et vendredi seraient particulièrement difficiles à gérer pour une équipe Astana dont les directeurs sportifs de la Cofidis, Saxo Bank, Bbox, AG2R et Quick Step n’auront pas manqué de souligner certaines faiblesses… sur le papier. Le leadership pourrait alors changer de main, ou bien une course débridée se mettre en place…

D’ici demain, il reste à disserter (à vous, commentateurs!) sur une course qui devient majeure: L’Eroïca, dont l’édition 2009 qui vient de s’achever fut encore une fois de très haut niveau. On aurait voulu la voir télévisée, celle-là!

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Incontournable dopage!

  1. Louis

    L’Eroica semble être, parmi les nouvelles épreuves, la course d’un jour qui se démarque le plus. Le parcours semble être du même type que Battenkill dans l’état de New-York avec plusieurs kilomètres sur des routes de gravier. À noter le premier top 20 de Rollin à sa 3e course pro en Europe. Également Hesjdal qui fait 10e. Aurons-nous droit à un canadien sur un podium ce printemps…?

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  2. machinchuet

    Voici le lien pour voir la course…. Eroica. Vraiment hot!!!! Le retour des automobilistes cons est de retour. Faite attention sur les routes.

    http://vodpod.com/watch/1414152-montepaschi-strade-bianche-eroica-toscana-09-long-12

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  3. Vinnnch

    En tout cas Contador premier (premier !) d’un contre la montre tout plat, je ne puis m’empêcher d’être navré. Qu’il soit de la meilleur grimpeur de façon outrancière, on s’y était habitué. Mais s’il assume le même genre de performances insensées (qui n’ont pas de sens) sur du plat, là… C’est comme s’il disait à la face du monde « Ben oui je me dope, mais je m’en fous vous ne m’attraperez pas ».
    C’est la confirmation qu’ils doivent bien avoir un produit totalement nouveau chez Astana…

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  4. Roger13

    Oui ça me rappelle le temps où Virenque aussi pouvait gagner ce genre de prologue.

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  5. Tiphaine

    L’Eroica c’est le Tro Bro Léon italien, non ?

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  6. Roger13

    Le cyclisme est un sport ingrat, voici le brave Pauriol avec une clavicule cassée lui qui avait fait un si bon départ. Un mois d’arrêt et toute la progression accumulée par des entraînements terribles envolée: Tout à refaire.

    Je peux comprendre la tentation du dopage devant tant d’injustice. Les courses sont trop dangeureuses !
    Je soutiens aussi la « grève du tas » des cyclistes lors de la dernière épreuve polonaise (qui ressemble au jeux du cirque).

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