Le Tour de l’actualité

1 – Tour de Lombardie. Encore une belle course (très belles photos ici), ponctuée d’un final enlevant! (les 14 derniers kms sont ici). Thibault Pinot s’est offert une bien belle victoire, avec la manière: solo. Il était clairement le plus fort samedi dernier, aucun doute là-dessus. Il a surtout montré une confiance nouvelle, notamment dans les descentes qu’il a abordé avec assurance. Grâce à cette victoire, Pinot conclut une saison faite de hauts et de bas, et capitalise pour l’an prochain. De quoi passer des vacances sereines durant l’inter-saison en tout cas, et Pinot a déjà affirmé vouloir se concentrer sur le Tour de France l’an prochain.

2 – Pinot et le Tour? Thibault Pinot peut-il gagner le Tour de France 2019? 3e en 2014, ses chances de succès l’an prochain repose notamment sur le tracé du Tour, qui devra ne pas comporter trop de chronos (réponse le 25 octobre prochain!). Personnellement, j’ai davantage confiance en Pinot qu’en Bardet pour la suite, le registre de Pinot semblant être plus complet. Mais la pression peut aussi être un élément clé, pas facile de gagner le Tour lorsqu’on est… français!

3 – Vicenzo Nibali. Le champion italien nous a montré tout son tempérament d’attaquant samedi dans le final: à peine repris par le groupe de chasse, il remettait ça pour conclure détaché, 2e derrière Pinot. La hargne! Faudra que je m’en inspire plus souvent…

4 – Tour de Guangxi. C’est la prochaine épreuve WorldTour, ça commence aujourd’hui du côté de la Chine et tout le monde s’en fout. Au mieux, c’est l’occasion pour certains jeunes coureurs de se montrer, et pour d’autres de grappiller quelques points UCI. Le classement UCI de l’année est quant à lui plié, c’est Simon Yates qui l’emporte devant Peter Sagan.

5 – Jérémy Roy. Le coureur Groupama-FDJ a participé samedi à sa dernière course pro, le Tour de Lombardie. L’hommage rendu par son équipe à l’occasion de sa retraite sportive témoigne de la valeur de ce coureur, et de l’estime que lui portent ses équipiers.

6 – Sylvain Chavanel. Idem pour le coureur Direct Énergie, récemment salué pour sa retraite après une carrière assez extraordinaire, notamment sur les épreuves chrono. Chavanel pourrait monter sa propre équipe pro au cours des prochains mois. Le plus difficile est évidemment de trouver le sponsor capable d’investir suffisamment d’argent, et de s’engager à long terme.

7 – Garmin Edge 520 Plus. Une petite critique de ce compteur est disponible ici. Après avoir explosé mon 520 dans une violente chute de VTT au mois d’août, je vous avoue franchement avoir une certaine satisfaction avec ce 520 plus, qui a également baissé de prix cette année. Une bonne affaire, la cartographie ayant été améliorée grandement.

8 – Dopage dans… l’athlétisme. Une vraie farce que ces marathoniens kenyans, pris les uns après les autres pour dopage depuis plusieurs mois. Le dernier – Samuel Kalalei – a été annoncé le 10 octobre dernier, piqué positif en avril dernier sur le marathon de Rotterdam aux Pays-Bas. La liste s’allonge continuellement pour ces coureurs du Kenya, jusqu’à quand cette farce? Si je ne me fais guère plus d’illusions en cyclisme, je dois dire que je suis également très prudent face aux performances offertes en athlétisme, en ski de fond ou en triathlon.

9 – Remco Evenepoel. Il a gagné le chrono des Nations chez les juniors dimanche dernier. Qui d’autre?! Il a mis son dauphin à plus d’une minute… Chez les élites, deux Danois occupent les deux premières places, avec un certain Vicenzo Nibali 8e à près de 3 minutes, moins de 24h après avoir terminé 2e du Tour de Lombardie!

10 – Vandenbroucke is back! Cameron, la fille aînée de Frank Vandenbroucke, fera partie de l’équipe Lotto-Soudal en 2019. Si elle a hérité du talent de son père, ouch! Dans son cas, c’est peut-être le nom qui sera le plus lourd à porter… elle sera, en tout cas, sous les projecteurs.

11 – Campagnolo sans fil. Selon Matos Vélo, ce sera pour 2020, pas avant.

12 – Paris-Tours. Je n’avais pas commenté le récent Paris-Tours. J’ai adoré pour ma part le final, avec notamment ces chemins de vigne qui n’ont apparemment pas fait l’unanimité chez les coureurs et les directeurs sportifs, certains dont Patrick Lefevere ayant estimé que ces chemins n’avaient pas leur place dans le cyclisme. Je ne suis pas d’accord! Et Paris-Roubaix?! Heureusement, Christian Prudhomme et les amateurs de vélo se sont faits entendre.

Chose certaine, Niki Terpstra (directeur sportif Lefevere…) a encore perdu les… pédales dans le final, s’énervant contre le jeune français Benoit Cosnefroy qui était pourtant cuit après avoir fourni un gros effort pour revenir sur le néerlandais et le danois Andersen. Ca a coûté assurément la course à Terpstra tant il semblait fort. À ce niveau, ca manque de professionnalisme…

Légalisation du cannabis: ça demeure interdit dans le sport!

Le Canada légalisera la consommation de cannabis mercredi prochain, soit le 17 octobre.

Le Canada rejoint ainsi quelques pays (Uruguay, Belgique, Pays-Bas, Suisse, Italie, Allemagne, Portugal, Espagne, etc.) et quelques états américains où la possession et/ou la consommation de cannabis en petites doses est légalisé ou toléré.

Pour nous cyclistes, il faut tout de même continuer de faire attention car le cannabis figure toujours sur la liste des produits interdits par l’Agence Mondiale Antidopage. Son effet anti-stress et relaxant la veille de compétitions importantes est essentiellement la cause de cette interdiction.

Pour être sanctionné, un athlète doit dépasser la dose de 15 nanogrammes par millilitre d’urine.

Il s’agit donc de faire preuve de jugement avant de se rouler un « bat » la veille d’une course de la fédé!

Le CCES a publié cette liste de questions & réponses très utile afin de mieux comprendre les risques auxquels on s’expose si on consomme du cannabis alors que coureur licencié sujet à des tests anti-dopage.

Soyez prudents!

112e Tour de Lombardie

Samedi, Messieurs les coureurs s’élanceront dans la dernière grande course de la saison, le Tour de Lombardie, dans une région – Côme et son lac – vraiment magnifique.

Au menu, 241kms entre Bergame et Côme, avec les grandes difficultés concentrées dans les derniers 70kms de l’épreuve.

Ca sera d’abord la montée de la Madonna del Ghisallo, puis l’approche et enfin le fameux Mur de Sormano, une redoutable pente de 1,7km à 15% de moyenne avec des passages à… 27%, pour ensuite filer sur le bord du lac et se taper une dernière ascension au dessus de Côme, le Civiglio. On revient ensuite dans Côme pour l’arrivée.

Le Mur sera donc une phase cruciale de course qui devrait permettre à un petit groupe de s’extraire pour la victoire finale. Ca pourrait toutefois se jouer dans le Civiglio comme l’an dernier.

Pour la petite histoire, c’est Thibault Pinot qui détient actuellement (et depuis 2015) le KOM sur le Mur de Sormano dans Strava, 8min27. On verra samedi si ce temps est battu.

Côté météo, on annonce beau et assez chaud samedi, de bonnes conditions pour les coureurs… et qui fera de la course une sélection par l’avant très certainement.

Les favoris

Justement, Thibault Pinot qui vient de s’imposer au sommet de Superga sur Milan-Turin. De toute évidence, le Français a fait de la Lombardie son grand objectif de fin de saison, et le parcours lui convient bien (il avait terminé 3e de l’épreuve en 2015). Il pourra certainement compter sur David Gaudu pour l’épauler dans le final.

Vicenzo Nibali. En net progrès depuis les Mondiaux, le Requin de Messine a progressivement joué la gagne sur les semi-classiques italiennes des derniers jours. Vainqueur sortant, il est agressif en course et sera assurément dans le final, bien épaulé par ses équipiers Pozzovivo et Pellizotti. La Bahrain-Merida a un coup à jouer!

Alessandro Valverde. Comment ne pas mettre le récent champion du monde parmi la courte liste des grands favoris? Il a joué la gagne plus tôt cette semaine sur Milan-Turin (3e)… mais n’a jamais gagné la Lombardie (2 fois 2e).

Romain Bardet. S’il s’est reposé un peu cette semaine, le coureur français est lui aussi en excellente condition et peut s’imposer samedi.

Rigoberto Uran et Mike Woods. L’équipe Education First a un gros coup à jouer samedi avec ces deux coureurs en grande condition. Ils ont été de tous les finals sur les semi-classiques italiennes, et le Mur de Sormano convient tout particulièrement bien à Woods, dont le rapport poids-puissance doit être redoutable en ce moment. S’il devait partir de là avec un Pinot ou un Bardet par exemple, ca pourrait être bon!

Primoz Roglic et Steven Kruijswijk. Les deux coureurs Lotto-Jumbo sont sur leur faim depuis les Mondiaux et voudront se reprendre en Lombardie. Excellents grimpeurs, bons rouleurs, ils peuvent s’imposer. Attention cependant à Roglic, qui offre parfois des performances douteuses…

Egan Bernal et Gianni Moscon. Les deux coureurs Sky ont aussi une belle complémentarité. La condition de Bernal est en hausse et il sera présent dans le Mur de Sormano (avec Woods?). S’il passe le Mur, Moscon sera un sacré client pour la suite du parcours jusqu’à l’arrivée.

Les outsiders, des coureurs en forme en ce moment: Bauke Mollema, Wilco Kelderman, les frères Yates, Tim Wellens, Tiej Benoot, Rafal Majka, Dylan Teuns et Tom Skujins. 

Les inscrits sont ici.

On peut s’abonner à La Flamme Rouge

En attendant un article demain sur le Tour de Lombardie, dernier grand rendez-vous de la saison 2018, une petite annonce et qui fait suite à de nombreuses demandes reçues de votre part au cours des derniers mois: on peut désormais s’abonner à La Flamme Rouge et recevoir une notification par courriel dès qu’un nouvel article est disponible sur ce site.

C’est à droite, ci-contre.

J’espère que l’ajout sera pratique pour vous, en attendant une refonte plus en profondeur de ce site…

Radio Bidon #13

C’est toujours excellent, c’est Radio Bidon. Cette fois-ci, des interviews avec des acteurs canadiens des derniers Mondiaux, Simone Boilard et Mike Woods.

À ne pas manquer.

Merci à Charles Ostiguy et son équipe pour cette initiative tellement rafraichissante!

Paris-Tours: ca sera intéressant!

On court dimanche la… 112e édition de Paris-Tours, qui se dispute depuis des années le surnom de « course aux feuilles mortes » avec le Tour de Lombardie.

Réglons ca tout de suite: pour moi, pas de doute: la « course aux feuilles mortes« , c’est la Lombardie. Case closed.

Habituellement, je ne me passionne pas vraiment pour cette course qui, une fois sur deux, couronne un sprinter. Au mieux, ca faisait de belles photos du peloton qui passe devant deux ou trois chasseurs dans les champs de la Beauce!

Mais ca sera probablement différent cette année.

Signe des temps, les organisateurs s’inquiètent assurément de la baisse de popularité du cyclisme et ont donc revu le final de la course, dans le but évident d’ouvrir la course à des attaques de baroudeurs, question de faire une fin de course plus intéressante, plus imprévisible.

On a d’abord réduit la distance totale à 215kms, comparé à 234 en 2017.

On a ensuite introduit 12,5km de « chemins de vigne » et 7 côtes additionnelles dans les 60 derniers kilomètres, afin de produire une course de mouvement.

Qu’est ce qu’un « chemin de vigne »? C’est un chemin étroit serpentant entre des vignobles (dimanche, ceux de Vouvray, une appellation que je chéris tout particulièrement, miam!) et présentant souvent des changements brusques de dénivelé.

Voilà qui sera propice à lancer des attaques, le peloton perdant rapidement les fuyards de vue.

La dernière bosse, la côte de Rochecorbon, intervient à 10 bornes de l’arrivée.

Bref, ca sera nettement plus compliqué pour les sprinters cette année…

Les favoris

Je donne favoris des puncheurs-baroudeurs capables d’enrouler du braquet, mais aussi de passer des bosses courtes et pentues. Et ayant une petite pointe de vitesse!

Chez Quick Step, Philippe Gilbert et Yves Lampaert ont un bon coup à jouer. Attention également à Niki Terpstra, même si on ignore sa condition actuelle.

Simon Geschke (Sunweb) m’a surpris sur les Mondiaux, étant présent très loin dans la course. Attention à lui.

Olivier Naasen ne devrait pas être loin du compte non plus.

Arnaud Démare représente une excellente chance française sur un tel parcours.

Si ca arrive quand même au sprint, Dylan Groenewegen sera un sérieux client pour Demare.

Et j’ose ajouter à cette liste le Québécois Guillaume Boivin chez Israel Academy, qui a une excellente condition actuellement. Guillaume peut gagner cette course, il faut y croire! Un autre Québécois sera présent, Antoine Duchesne chez Groupama-FDJ.

Un plateau plus intéressant en Italie

Le plateau de Paris-Tours est quand même un peu décevant. C’est que les meilleurs coureurs sont actuellement en Italie, sur une succession de courses de fin de saison culminant avec le Giro di Lombardia le 13 octobre prochain: Giro dell’ Emilia (samedi), Tre Valli Varesine (le 9), Milano-Turino (le 10) et Gran Piemonte (le 11).

Barguil, une année à oublier

Le journal L’Équipe proposait hier sur son site un reportage intitulé « Warren Barguil, l’année loupée ». N’ayant pas accès au contenu réservé aux abonnés, je n’ai pas pu lire l’article.

Mais force est de constater qu’en effet, Barguil a eu une saison assez moyenne en 2018. Son dernier fait d’arme remonte à dimanche dernier lors des Mondiaux d’Innsbruck, où il a abandonné assez tôt dans la course après avoir été pris dans une chute. À sa décharge cependant, Barguil n’était initialement pas prévu en Équipe de France, donc n’avait peut-être pas préparé cette course avec toute la rigueur nécessaire.

D’autres résultats de Barguil cette saison: 17e de Paris-Nice, 15e du Tour de Catalogne, 45e de la Flèche Wallonne, 53e de Liège-Bastogne-Liège, 19e du Dauphiné, 17e du Tour de France… Son seul fait d’arme cette saison est probablement sa 3e place acquise sur le Grand Prix de Wallonie le 12 septembre dernier.

Je suis de ceux qui se sont surpris à l’intersaison l’an dernier de voir Barguil quitter une « grosse » formation WorldTour comme la SunWeb et ses grands leaders dont Dumoulin pour la petite équipe française Fortuneo-Samsic.

Ceci peut-il expliquer cela?

Il est clair que Barguil porte sur ses épaules la formation Fortuneo-Samsic, exempte de grands leaders à part lui. Il a donc davantage de responsabilités que lorsqu’il était à la SunWeb où un coureur comme Dumoulin pouvait le décharger significativement de cette pression.

Il a probablement dû s’impliquer davantage dans les choix de l’équipe également, ce qui coûte en énergie et en… tracas. Je pense ici par exemple à l’histoire du changement d’équipementier de vélos deux semaines avant le Tour, de Look à BH. Apparemment, Barguil n’était pas satisfait des vélos Look… je ne peux pas croire que ca n’a pas perturbé sa préparation.

Une plus petite structure veut également dire moins de gros moyens pour tous les à-côtés du cyclisme: diététique, soins divers, tests de matériel, tous ces « marginal gains » sur lesquels de grosses écuries comme Sky, BMC, Quick Step ou d’autres misent.

Bref, Barguil a peut-être eu la tête « encombrée » en 2018 par des éléments autres que le seul fait de pédaler sur son vélo. La joie de retrouver ses terres bretonnes n’a probablement pas compensé suffisamment pour ces tracas additionnels.

Je suis activement le cyclisme depuis 1983, et j’ai vu beaucoup de grands coureurs qui, après une année de grands succès, ont opté pour des équipes moins aguerries ou émergentes, un choix évidemment souvent compensé par une rallonge salariale. Stephen Roche en 1988 avec Fagor en est un exemple éloquent, mais aussi Luc Leblanc chez Le Groupement en 1995, et d’autres encore.

L’histoire m’a prouvé que c’est là un pari souvent risqué, rarement payant. Barguil est peut-être l’exemple le plus récent de cette série malheureuse.

Fouillez nos archives!