Chrono du Dauphiné: Porte, Valverde, Contador les gagnants

Les résultats sont intéressants sur le chrono d’hier au Dauphiné, court il est vrai (24 kms).

Richie Porte qui s’impose devant Tony Martin, c’est une surprise, je ne l’attendais pas à ce niveau. Ce qui est inquiétant avec Porte, c’est qu’on ne sait jamais: il a toujours connu le jour sans jusqu’ici dans un grand tour, et ce résultat hier ne donne pas encore de garanties pour juillet selon moi. Attendons de voir à quel point il sera solide en montagne vendredi, samedi et dimanche.

La grande surprise de ce chrono, c’est Alejandro Valverde qui, à 37 ans, s’améliore constamment. Le voilà 3e de ce chrono, à 24 secondes de Porte. C’est à se demander qui de Nairo Quintana ou Alejandro Valverde aura le leadership de la Movistar en juillet, surtout que Quintana n’a pas vraiment rassuré sur le récent Giro…

Contador termine 7e de ce chrono, à 35 secondes de Porte. Lui aussi a agréablement surpris dans une discipline qu’il peut maitriser. Attaquant, il s’est donné une belle chance de remporter ce Giro dans la montagne en fin de semaine.

Chris Froome est “seulement” 8e deux petites secondes derrière Contador, rien d’affolant je pense, surtout que les écarts ne sont pas très significatifs. Froome voudra cependant se tester davantage dans la montagne, ça sera intéressant.

Les déceptions sont à mettre du côté de Dan Martin et Fabio Aru, rejetés à 1min18, ainsi que de Romain Bardet, 46e seulement de ce chrono à 1min53. Bardet s’est pris une veste, il aura fort à faire sur les trois dernières étapes pour se rapprocher du podium. Je suis surpris de cette performance de Bardet, je croyais qu’il s‘était amélioré davantage dans cet exercice au cours des 12 derniers mois.

Thomas De Gent porte toujours le maillot de leader au terme de ce chrono, avec 27 secondes d’avance sur Porte. C’est peu, et c’est beaucoup à la fois. De Gent a déjà sorti de grands numéros, notamment sur le Stelvio il y a quelques années, il faudra aller le chercher… et il vendra chèrement sa peau.

Encore très ouvert, ce Dauphiné!

Dauphiné: le premier test aujourd’hui

Après quelques jours réservés aux sprinters, voilà que le Dauphiné entre aujourd’hui dans le vif du sujet avec un premier test, un chrono de 24 bornes du côté de Bourgoin-Jallieu. Un chrono roulant, à l’avantage de ceux qui auront beaucoup de puissance. Les spécialistes comme Tony Martin devraient s’imposer.

En clair, les enjeux sont simples pour les grands leaders: rouler vite aujourd’hui, afin de se positionner à l’approche de la montagne et surtout, surtout, se rassurer et envoyer un message aux adversaires.

Ce sera notamment l’objectif de Chris Froome, dont on est sans repère depuis un moment. À trois semaines du départ du Tour, l‘étape aujourd’hui est importante.

Idem pour Contador, qui semble depuis quelques années ne plus être en mesure de gagner le Tour. Il a tout misé cette saison sur cet objectif, préservant ses énergies pour juillet. Il doit nous rassurer dans une épreuve qu’il avait l’habitude de dominer plus tôt dans sa carrière.

Le troisième homme à surveiller de près est Richie Porte, qui a tout à prouver en vue du Tour de France. Peut-il réellement s’imposer sur la Grande Boucle? Si oui, il doit présenter des garanties sur ce Dauphiné.

Alejandro Valverde, Dan Martin, Fabio Aru, Romain Bardet, Simon Yates, Esteban Chaves et Andrew Talansky voudront aussi gagner la pleine confiance de leur équipe. Tous ces coureurs devront se livrer à fond, plus le choix!

Enfin pour beaucoup d’autres, c’est une place sur l‘équipe du Tour qui est dans la balance, ce qui ne manquera pas de rehausser le niveau de ce chrono. Ils seront en effet nombreux à vouloir battre les coéquipiers, ceci afin d’attirer l’attention de leurs directeurs sportifs.

Les classements ce soir seront révélateurs!

Koen Bouwman

Je vous avoue franchement que je ne connaissais pas le jeune (23 ans!) coureur Koen Bouwman de chez Lotto-NL Jumbo, vainqueur de l‘étape d’hier au sprint au sein de l‘échappée de six coureurs qui est donc allée au bout.

Son palmarès amateur n’est pas très étoffé, outre une 4e place aux Mondiaux contre-la-montre U23 en 2015. Une performance qui rassure cependant sur le moteur de l’individu…

Ce qui m’a impressionné chez ce jeune coureur hier, c’est sa maitrise, sa lucidité et son sang froid dans le final. Il est parti au bon moment pour lui, misant sur un sprint long. Très fort, il n’a jamais vraiment été inquiété et ceci, après avoir fait plusieurs “grimpeurs” dans l‘étape pour se rapprocher du grand prix de la montagne. Ouf! quelle étape!

Je pense qu’on entendra de nouveau parler de lui…

Les sprinters mouchés

C’est assez rare pour qu’on le souligne, une échappée est allée au bout hier, incroyable dans ce monde dominé par les oreillettes…

Les équipes de sprinters – FDJ, Katusha, Cofidis en particulier – ont donc été mouchées sur la troisième étape de ce Dauphiné, et c’est rudement bien fait!!!

On aurait bien besoin de davantage d‘étapes comme celle-là sur le Tour en juillet. Putain, ça fait du bien de pouvoir y croire!

40e saison des « Lachine »: ça débute ce soir

Créés en 1978, les Mardis cyclistes de Lachine sont devenus au fil des ans une véritable institution dans le paysage cycliste du Québec, au même titre que le Tour de Beauce ou le Tour de l’Abitibi.

Pour les meilleurs coureurs du Québec, gagner un “Lachine” est devenu un passage obligé – ou presque – pour entrer dans l’histoire du cyclisme d’ici.

Le coup de génie du fondateur Tino Rossi? Le général de la série, selon moi! Les Lachine, c’est un “critérium par étapes” sur plusieurs semaines!

La 40e saison des Mardis cyclistes de Lachine débute ce soir, et se terminera plus tard en août.

Et l’enjeu est intéressant pour cette 40e édition: Jean-François Laroche, six fois champion de la série, pourrait devenir le premier coureur à s’imposer à sept reprises au général de la saison. Yannick Cojan partage actuellement avec lui le record de six victoires acquises dans les années 1990.

Laroche aura cependant fort à faire, notamment pour contenir les coureurs de l‘équipe Garneau, toujours eux. Puis il y a aussi quelques indépendants pour venir pimenter le tout! Le travail d‘équipe sera encore cette année crucial.

Je n’ai personnellement jamais fait de Lachine, intimidé par la vitesse du peloton: plus de 50 à l’heure! Faudrait que j’essaie une fois. Une bourse existe même pour celui qui battra le Lachine le plus rapide de l’histoire: 51,4 km/h de moyenne sur les 50 kms de l‘épreuve, établi par Simon Lambert-Lemay le 6 août 2013. Ca déménage! Les virages ont été travaillés pour permettre aux coureurs de bien les négocier, et des portions d’asphalte ont été refaites à temps pour le lancement de l‘édition 2017.

Rappelons aussi que les Mardis cyclistes de Lachine bénéficient d’une subvention de 250 000$ de la ville de Montréal pour les trois prochaines années et que la responsabilité de cette épreuve passera aux Cycles Neron à la fin de l’année.

L’avenir

Ce qui serait vraiment bien pour l’avenir, c’est que les Mardis cyclistes de Lachine soient télévisés. Le spectacle est intense, les coureurs roulent vite, il y a de l’action, des chutes, des incidents mécaniques, du travail d‘équipe, de la stratégie, je ne peux pas croire que les Québécois ne trouveraient pas ça intéressant. Si je peux comprendre que regarder les 260 bornes de Liège-Bastogne-Liège peut être fastidieux, surtout lorsque le peloton musarde derrière l‘échappée matinale, un Lachine plié en 59 minutes ça vous tient en haleine du premier au dernier instant…

Mettez là dessus deux ou trois bons commentateurs bien informés et il me semble que le produit pourrait attirer de bonne cote d‘écoute sans occuper une plage horaire trop longue ni coûter trop cher à produire, des caméras fixes pouvant être installées sur les 1,6 kms que comporte le tour.

Le Québec n‘était peut-être pas prêt à cela il y a quelques années, mais avec le développement constant de la pratique cycliste, peut-être que le moment est adéquat pour relancer l’idée? Ce serait, en tout cas, un formidable vecteur de développement pour tout le cyclisme dans la province. M. Arsenault?

Coup de vieux sur Whiteface…


Le comprenez-vous? (à propos du titre). Je ne suis pas Antoine Blondin, mais je m’applique…

Ha! mes amis(es), comme je me sens vieux à ces heures, vous ne pouvez pas savoir. Vieux, vieux, vieux, juste très vieux.

La présence de mon ami Guillaume Belzile – dois-je le présenter? – à mes côtés durant le week-end n’a rien arrangé, même si j’ai eu du gros fun avec lui.

Oui, vieux. Un de ces jours, j’vais vous faire une esquive à la Charly Gaul…

35 ans de vélo derrière moi, et je demeure fasciné par une chose: la capacité de ce sport de vous donner rapidement l’heure juste sur votre condition, forçant l’humilité.

Tu penses que t’es bien et bang! tu t’en prends une.

35 ans à monter des cols, surtout dans les Alpes, et ces derniers continuent de me fasciner autant qu‘à 17 ans, lorsque j’ai découvert le Galibier: le défi ultime en cyclisme. Quel bonheur quant les ailes sont déployées, quelle galère quant elles sont brulées…

Hier lors de ma 6e participation au Whiteface Hill Climb Race – une ascension proche mais un peu plus difficile que l’Alpe d’Huez – ben mes ailes étaient brulées.

Laurent 2, Whiteface 4.

Match revanche: non prévu pour l’heure.

Après 500m d’ascension, j‘étais fixé sur mon sort: zéro jambes, zéro force, des puls bloquées, un braquet de 36-27 difficile à amener dans la pente régulière à 8.6% de moyenne, pas de punch, la “misère”. Très loin de mes sensations et de mon meilleur temps personnel l’an dernier… et même pas pris le temps d’apprécier le paysage. Au final, quatre minutes de plus que l’an dernier, Laurent qui met une valise à Laurent.

Tout un contraste avec les récentes sensations, pourtant plutôt bonnes.

J’pourrais penser à au moins 10 raisons pouvant expliquer cette contre-performance. J’préfère évoquer que ”You’re only as good as your last performance“, qu’ils disent… Ben là, avis à tous: j’suis franchement m-a-u-v-a-i-s.

Mais j’ai été prévoyant: ma doublure placardée La Flamme Rouge terminait parmi les premiers, devant…

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Ma doublure, lors du cool-down

Oui, juste vieux, j’me sens juste très vieux. Une fléchette de botox dans l’c..l, ça fonctionne-tu? En vieillissant, j’me mets p‘être à ressembler à Blondin, au fond: pas un cycliste et écrivain qui boit, mais bien un buveur qui pédale et qui écrit…

L’avion

J’ai parfois des ailes en montagne, d’autres ont le kit complet: ailes et moteur!

Et à ce chapitre, mon ami Guillaume fait plutôt partie de la catégorie “avion de chasse”. 6e hier à sa première ascension de Whiteface, plutôt bien, il jouait encore la gagne à quelques hectomètres du sommet.

C’est pas juste, la loterie génétique…

Putain, ce type est incroyable nom de Dieu. Mais aussi tellement gentil et généreux dans ses relais. On a eu du bon temps ce week-end.

Oui, Guillaume roule toujours. Moins qu’avant en quantité, raisons familiales. Oui, Guillaume avance encore bien, je confirme, la sortie de décontraction la veille s’est faite à 34 de moyenne, et on a roulé un moment à 20km/h… Non, j’vous raconterai pas notre soirée samedi soir.

Sa plus belle? 4e des Mondiaux junior chrono 1994, avec un équipement loin de celui qu’utilisaient les trois premiers. Quant tu as le moteur, ben tu as le moteur. Sa Vo2max? Elle est environ équivalente à la valeur que pourrait atteindre l‘âge modal au décès au Canada en 2035-36, si vous voulez savoir!

La classe, on l’a aussi vu hier avec Véronique Fortin qui habite ma région, et qui termine à peine deux minutes derrière Guillaume. Ouf… Respect… surtout que Véronique avait explosé la compétition la veille sur le Whiteface/Wilmington 100 kms en VTT, une épreuve bien fréquentée puisqu’un “Leadville qualifier”.

Non, c’est décidément pas juste, la loterie génétique.

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Avec Guillaume, avant le départ

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Avec Guillaume, après l’arrivée. Lui seul avait gardé le sourire!

Mon équipe des Rouleurs

Après un début de saison difficile ponctué par plusieurs mauvaises chutes en course et une météo capricieuse, l‘équipe semble reprendre le dessus avec plusieurs coureurs sur Whiteface hier. D’autres représentaient l‘équipe au Défi Gatineau-Mont Tremblant, une belle cyclosportive qu’il m’a fallu manquer cette année.

Sur Whiteface, une très belle perf est à mettre du côté de notre grimpeur colombien (toute équipe cycliste digne de ce nom se doit d’avoir un grimpeur colombien, non?!) Alberto Padilla, bientôt la soixantaine, qui me prend 60 secondes et qui explose son PB des dernières années de 4 minutes. Awesome ride Alberto!!! You are now pulling in the Gatineau Parc, not me anymore…

Kudos également à ma coéquipière Anne-Marie Roy, qui a surpris avec un excellent temps hier. Le ski de fond qui paye, probablement!

Enfin, kudos à une autre coéquipière, Mélanie Gauthier, qui termine sur le podium la veille, lors de l‘épreuve VTT. Mélanie enchaine les podiums été comme hiver (et bientôt l’automne…), j’me demande même: à force, ça doit devenir lassant, non?!

Espérons que la spirale de succès de l’an dernier est désormais relancée au sein de l‘équipe avec ce week-end, tout en étant personnellement l’exception qui, je l’espère, confirmera la règle!

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Mélanie, sur fond Chagall…

Dauphiné: prépa finale pour le Tour!

La 69e édition du Critérium du Dauphiné Libéré s‘élance ce week-end. Le Dauphiné marque pour moi chaque année le début de la préparation finale en vue du grand rendez-vous de la saison, le Tour de France.

J’aime le Dauphiné, une course qui se déroule dans une région qui m’est très chère.

Chris Froome (vainqueur sortant), Alberto Contador, Richie Porte, Alejandro Valverde, Fabio Aru, Romain Bardet, Dan Martin, Warren Barguil sont notamment au départ, pour un plateau assez exceptionnel merci!

Tous ces coureurs qui préparent le Tour auront de quoi se tester sur la prochaine semaine, surtout lors des trois dernières étapes en montagne. Avant cela, ils auront un chrono de 24 kms à négocier lors de la 4e étape mercredi prochain, ce qui fera les premiers écarts.

Le premier test en montagne surviendra vendredi prochain avec l’arrivée à La Motte Servolex, tout près de Chambéry et siège du service-course de l‘équipe AG2R – La Mondiale. Gageons que Romain Bardet voudra s’illustrer sur l’ascension précédent l’arrivée, le Mont du Chat, une ascension difficile suivie d’une descente technique sur une route très étroite. Action garantie!

On enchaine le lendemain vers l’Alpe d’Huez, qui sera atteint via le col de Sarenne, sauvage mais aussi difficile.

Enfin, la dernière étape dimanche 11 juin sera très courte, 115 kms seulement, mais ponctuée de quatre beaux cols, soit le col des Saisies, le col des Aravis, le col de la Colombière avant l’ascension finale vers le Plateau de Solaison. Superbe étape, qui sera assurément nerveuse dès le départ! Très inspirant.

J’aime bien ces trois dernières étapes, assez coutes (la plus longue fait 168 kms), propices à créer une course de mouvement. Alberto Contador sera très certainement à l’attaque, lui qui sort d’un gros bloc d’entrainement à Tenerife (tiens tiens…). Froome et les autres voudront ne rien céder, surtout pas sur le plan psychologique, une donnée qui entre désormais en ligne de compte.

Les Canadiens

Je n’en vois aucun au départ. Hugo Houle est sur les Boucles de la Mayenne, Antoine Duchesne n’est pas dans l’alignement Direct Énergie, Mike Woods se repose de son Giro, Svein Tuft aussi. Est-ce pour autant une indication qu’aucun Canadien ne pourrait être présent sur le Tour? Je n’en suis pas sûr… c’est trop tôt pour se prononcer.

Quel avenir pour le cyclosport?

J‘écrivais lundi avoir pris beaucoup de plaisir sur le récent GranFondo Mont Tremblant car selon moi, cette cyclosportive a su incarner parfaitement “l’esprit cyclosportif”.

Pas de podium à l’arrivée, pas de vainqueur au GranFondo Mont Tremblant. Juste deux tronçons chronométrés de deux kilomètres chacun question de pimenter un peu l‘événement… pour ceux qui en ont envie.

Un accueil chaleureux, une dégustation de bières en ouverture, un repas après l‘événement, une ambiance festive et conviviale, un cadre somptueux, le plaisir de rouler à bon rythme mais sans se prendre la tête avec de nombreux amis(es) et pointures du vélo, bref, c‘était parfait.

Et mon texte est tombé à point: Nicolas Roux, une grosse pointure des cyclos en France, s’est “vidé le coeur” hier sur le site Vélo101 quant aux dérives des cyclosportives en France.

Je pense donc être dans le vrai lorsque j’affirme qu’il demeure plus que jamais très important de préserver l’esprit cyclosportif, un esprit très différent de celui qui règne sur les courses cyclistes sanctionnées.

Nicolas dénonce le manque de sécurité, les risques que prennent certains participants, et le manque de convivialité des cyclosportives en France. Le GranFondo Mont Tremblant, c’est tout l’inverse. Un merci encore à Marc-André qui, dans le final du 125kms rapide, a mis un point d’honneur à faire en sorte que tout le groupe termine ensemble, sans que les 15 derniers kms dégénèrent en partie de manivelles qui n’aurait eu aucun sens, aucun podium n‘étant offert à l’arrivée.

Nicolas dénonce aussi l’ambiance des cyclos d’aujourd’hui: “Il y a quinze ans, entre leaders, on se mettait d’accord pour s’arrêter remplir nos bidons. On se départageait dans les bosses. Maintenant c’est la guerre, on se retrouve un peu comme dans des courses FFC.“ Je ne peux pas être davantage d’accord avec lui… et félicite encore le GranFondo Mont Tremblant où de ça, il n’en a pas été question.

Nicolas semble avoir apprécié sa récente expérience sur l’Explore Corsica, ou “on avait le temps de rouler tranquillement avec les gens et de s’arrêter aux ravitos pour échanger avec d’autres passionnés.“ Cette épreuve avait adopté, comme le GranFondo Mont Tremblant, la formule des tronçons chronométrés, plutôt qu’un timing sur l’ensemble du parcours (ce qui incite trop souvent les participants à en faire une vraie course). Nicolas Roux: ”Ça a été une très belle expérience, les segments étaient bien placés. On avait la possibilité de se donner un maximum, de se faire plaisir. Les classements étaient là pour mettre les meilleurs devant.

L’esprit cyclosportif, c’est ça: faire d’un événement une vraie fête du vélo, ou les pratiquants de la petite reine prennent plaisir à se retrouver pour partager leur passion du cyclisme. C‘était l’esprit des premières Marmotte, disputées au début des années 1980, où la vaste majorité des concurrents s’y lançaient un réel défi étant donné l’ampleur des difficultés (3 grands cols!), et y savouraient la joie de pédaler dans le cadre majestueux de la haute montagne, la fleur au guidon et le K-Way dans la poche arrière du maillot. Le chrono? Qu’est ce qu’on s’en foutait!

La guerre et la lutte pour la victoire, ça s’appelle des courses cyclistes à la FFC ou à la FQSC… pas des cyclosportives!

Le vrai risque pour l’avenir des cyclosportives

Selon moi, c’est simple: le prix!

Parce qu‘à presque deux dollars du kilomètre parcouru, ça commence à faire cher comme me faisait récemment remarquer un coureur de ma région.

Certaines cyclosportives ici et ailleurs pratiquent en effet des tarifs de plus en plus chers. Si une épreuve de qualité, sécuritaire, bien encadrée coûte nécessairement plus, il y a probablement des réflexions à faire sur d’autres éléments moins cruciaux, par exemple l’offre de maillots, qui pourraient réduire la facture.

De nombreuses cyclos offrent, voire exigent le port du maillot de l‘événement. Évidemment, cela suppose son design, sa confection, sa production en masse, etc… augmentant du même coup le prix de l‘événement. C’est peut-être superflu, sachant que la très vaste majorité des participants ne porteront ce maillot distinctif que très peu souvent, voire une seule fois, ayant des vêtements d‘équipe ou “préférés” par ailleurs.

Si les encadreurs doivent être facilement identifiables, les participants à l’intérieur d’un peloton n’ont peut-être pas le même impératif…

Les leçons d’un Giro fantastique

Quel beau Giro! L‘épreuve nous a tenu en haleine jusqu’au tout dernier kilomètre, et au final le vainqueur “moral” de l‘épreuve s’impose. Personnellement, je suis content de la victoire de Tom Dumoulin, car j’estime qu’il l’a mérité. C’est par ailleurs le premier Néerlandais à s’imposer sur le Tour d’Italie.

Plusieurs leçons sont à retenir de ce Giro selon moi.

La première, c’est qu’un contre-la-montre le dernier jour, ben c’est souvent une bonne idée. Je pense au Tour 1989 et le duel Fignon-LeMond, au Giro cette année… souvent – mais pas systématiquement bien sûr – un chrono le dernier jour entretient le suspense et force les grimpeurs à prendre des initiatives en montagne. On pourrait imaginer le contraire: une arrivée en altitude le dernier jour, avec un chrono l’avant-veille de l’arrivée! (la logistique n’est cependant pas simple).

On retiendra aussi que Quintana est un coureur ma foi bien énigmatique. Perçu comme un épouvantail l’an dernier, il s’est loupé sur plusieurs grands tours récemment, et on peut raisonnablement remettre en question sa stratégie de préparation en Colombie. C’est bien de s’entrainer sur les hauts plateaux, mais ce n’est peut-être pas là qu’on acquiert le rythme de la compétition… C’est bizarre avec Quintana: on dirait qu’il n’est plus capable de faire la différence en montagne, et que ses chronos sont moins bons qu’avant… Je vous avoue ne pas trop comprendre.

On retiendra également la pointure Dumoulin: celui là a un très gros moteur! Hisser un tel gabarit sur le haut des cols, il me fait penser constamment à Indurain. Volontaire, il ne s’avoue jamais battu et semble avoir un moral à toute épreuve. La grosse lacune ne vient pas de lui, mais bien de son équipe, quasi inexistante en montagne. Il faut vraiment que SunWeb-Giant reconnaisse durant l’intersaison avoir un coureur capable, d’ici peu, de viser une victoire sur le Tour, et donc de construire une équipe autour de lui, notamment pour l’accompagner dans les grands cols. C’est désormais urgent!

On retiendra la prestation de Nibali, auquel il n’aura pas manqué grand chose. Ce coureur s’améliore presque toujours à mesure que les grands tours avancent, et il est le plus dangereux chaque fois en dernière semaine. S’il récupère bien, je pense qu’il pourrait inquiéter Froome et Contador sur le Tour car à son âge (!), on encaisse mieux les efforts d’endurance.

Enfin, Thibault Pinot. Il a non seulement confirmé sur ce Giro sa 3e place du Tour 2014, mais aussi avoir progressé depuis. Capable désormais d’attaquer les meilleurs en haute montagne, il fait face à l‘éternel dilemme des grimpeurs: travailler le chrono au risque d‘émousser ses qualités en haute montagne, ou au contraire développer davantage ses talents de grimpeur pour espérer faire suffisamment la différence pour pouvoir résister dans les chronos… Virenque, à une certaine époque, avait choisi la première option, Pantani la deuxième… avec le succès que l’on sait. Mon choix serait clair!

Bref, un magnifique Giro qui pose toujours une question supplémentaire: Quintana, Pinot, Nibali auront-ils le temps de récupérer suffisamment pour se présenter à leur meilleur niveau au départ du Tour en juillet? La dernière semaine de ce Giro a été intense, autant physiquement que psychologiquement pour les favoris. La tendance récente nous montre qu’il n’est pas évident d‘être au top en juillet après l’avoir été en mai, le cyclisme moderne étant si précis… À mon avis, avantage Froome pour le Tour quand même!

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