Entrevue pré-Tour avec Mike Woods

La Flamme Rouge a pris des nouvelles hier de Mike Woods, à son retour d’un gros entrainement de 175 kilomètres du côté d’Andorre. Petite entrevue pré-Tour, parce que le Tour, c’est big !

LFR : Mike, content de te parler, merci d’accepter cette entrevue ! Comment va ta santé, on était inquiet car tu as été forcé d’abandonner le Dauphiné la veille de la dernière étape ?

Mike Woods : Toujours un plaisir de te parler Laurent. Ma santé est bien meilleure. Durant le Dauphiné, au cours du dernier week-end, plusieurs coureurs dont moi avons eu un ennui gastrique, très probablement quelque chose qu’on a mangé, peut-être même en course car la météo était très mauvaise, alors peut-être que les aliments ont aussi souffert. En tout cas, au matin de la dernière étape, j’étais vraiment faible. J’aurais pu prendre le départ, mais je n’aurais été d’aucune aide pour l’équipe et on devait aussi penser au Tour de France. Alors avec mon directeur sportif Charly Wegelius, on a décidé d’arrêter et de focusser sur le Tour et de retrouver rapidement la santé.

LFR : Et tu t’es rapidement remis sur pied ?

MW : Oui. 48h après, je n’avais plus de symptômes et j’ai pu reprendre rapidement l’entrainement. Mais au soir de l’avant dernière étape du Dauphiné, où j’avais été devant, j’étais vraiment fatigué. Dans ce contexte, je n’ai pas regretté notre décision de rentrer à la maison au soir de l’avant dernière étape.

LFR : C’est officiel Mike, tu fais partie de l’équipe Education First pour le Tour de France ?

MW : Je ne suis pas certain que c’est officiel encore, la composition précise de l’équipe n’a pas encore été annoncée aux médias je crois.

LFR : Mike Woods sur le Tour ?

MW : Oui, tu peux l’écrire, je serai au départ du Tour pour Education First.

LFR : Ok. Dans ce contexte, prendras-tu le départ des Nationaux à Saint-George de Beauce la semaine prochaine ?

MW : Je pense que les Nationaux seraient une excellente préparation pour le Tour et j’aimerais être au départ. Mais le voyagement est tellement dur à encaisser si près du départ du Tour, ce n’est pas raisonnable pour moi d’envisager une traversée de l’Atlantique à ce moment.

LFR : Donc tu vas rester en Europe et t’entrainer ? Il n’y a plus vraiment de courses de préparation possibles ?

MW : Exact. On a un camp d’entrainement qui débute le week-end prochain, avec un grand focus sur le contre-la-montre par équipe, donc je serai à ce camp. Et après, direct en Belgique pour le Grand Départ de Bruxelles.

LFR : As-tu une idée de ton rôle au sein de l’équipe Education First lors du Tour ? Tout le monde pense évidemment à Rigoberto Uran comme leader, ayant terminé 2edu Tour 2017.

MW : Oui, Rigo va bien en ce moment, et il ne faut pas oublier Tejay (ndlr : Van Garderen) également qui a terminé 2edu Dauphiné. Nous avons donc une équipe vraiment forte pour le Tour, c’est excitant. Je suis également en excellente condition. Je vais donc essayer d’aider Rigo et Tejay sur les étapes importantes pour le classement général, tout en ayant parfois la liberté de jouer ma carte personnelle pour des victoires d’étape.

LFR : Et qu’en est-il de Tejay ?

MW : Tejay était vraiment fort sur le récent Dauphiné. Je pense que le plan est un peu le même pour le Tour : rester relax durant la première semaine, et voir comment la suite se présente. Rigo est notre leader principal, mais Tejay a déjà prouvé qu’il peut être un coureur pour le général lorsqu’il est en bonne condition, et c’est le cas en ce moment. Tejay est également un excellent coéquipier et motivateur à avoir dans une équipe, alors s’il garde cette mentalité je pense qu’il connaitra du succès sur le prochain Tour.

LFR : Et toi, tu vises des victoires d’étape sur les étapes de montagne ?

MW : Exactement. C’est un peu comme ca qu’on a couru au Dauphiné cette année, et ca a bien réussi. Tejay y allait pour le classement général, et de mon côté je pouvais être agressif et attaquer certaines étapes comme l’avant-dernière. Sans cet ennui santé imprévu, je crois que j’aurais pu être devant au cours de la dernière étape aussi.

LFR : Oui, et c’était vraiment pas simple durant cette avant-dernière étape, la météo était si mauvaise. Comment gères-tu la mauvaise météo ?

MW : Pas vraiment bien !  Je me sentais toutefois très bien durant cette étape, tout allait bien, je descendais bien aussi. C’est frustrant d’avoir fait une crevaison dans la dernière descente, au moment où je venais de lâcher Lutsenko. Dans la dernière ascension c’était vent de face également, et on a été repris. J’ai eu d’excellentes jambes même après ca, assez en tout cas pour finir avec Richie (ndlr : Porte) et Quintana, alors j’étais satisfait. Donc je dois admettre que typiquement, je fais mieux que les autres dans la mauvaise météo. Je n’aime pas vraiment ça, mais je m’en sors toujours bien. C’était la même chose sur Liège cette année.

LFR : Tu es un Canadien, alors la mauvaise météo, on sait gérer ca !!!

MW : Exactement Laurent !

LFR : Et la chaleur, comme gères-tu ? Je suis en France actuellement et c’est la grosse canicule, comment te comportes-tu en course lorsqu’il fait très chaud ?

MW : C’est une question d’adaptation. Quand je ne peux pas m’adapter, je ne fais pas vraiment bien, mais si je peux m’adapter, ça se passe beaucoup mieux. À quelque part, c’est une chance cette canicule cette semaine, elle est aussi en Espagne, à Gérone, alors je vais avoir l’opportunité de m’adapter comme il faut avant le Tour.

LFR : La Planche des Belles Filles et cette arrivée située un kilomètre plus loin qu’en 2017, avec des rampes finales à 20%, ca pourrait bien te favoriser ?

MW : Oui ! C’est assurément une étape qui m’intéresse, mais elle est située tôt dans le Tour, alors il faudra voir selon les besoins de Rigo et Tejay en vue du général. D’autres étapes me conviennent bien en troisième semaine, notamment dans les Alpes.

LFR : As-tu parlé à Hugo Houle récemment ? Il pourrait être l’autre Canadien au départ du Tour.

MW : J’ai échangé souvent avec Hugo durant le Dauphiné, il est en excellente condition, très affuté aussi. Il a fait du très bon travail pour Jakob Fuglsang. Je ne crois pas que la composition de l’équipe Astana pour le Tour a été annoncée, mais il était sur la liste finale des coureurs sélectionnables. Il a vraiment ses chances cette année et j’espère le voir au départ, ca serait formidable pour le cyclisme canadien.

LFR : Une dernière question Mike : la suite de ton programme de course, après le Tour ?

MW : À ce moment-ci, il faudra voir comment je sors du Tour de France, le niveau de fatigue. Je veux absolument faire la Classica San Sebastian. Et je voudrais vraiment faire les Grands Prix de Québec et Montréal cette année, je pousse l’équipe pour qu’elle m’aligne sur ces deux courses qui me conviennent bien. Je ne les ai pas fait depuis quelques années et je les identifie comme étant des courses « chez moi, à la maison » pour moi. Je veux les faire cette année. On prendra la décision finale après le Tour.

LFR : Pourrait-on te voir à Ottawa-Gatineau en août alors ?

MW : Oui ! C’est ce que je souhaite. J’aime la région d’Ottawa-Gatineau, c’est pour moi « être à la maison » et je veux y être au mois d’août.

LFR : Certains coureurs de la communauté cycliste d’Ottawa-Gatineau m’ont dit qu’ils espèrent vraiment te voir prochainement pour te montrer qu’on peut encore te lâcher dans la côte Fortune du Parc de la Gatineau!

MW : Ha ha ! Ils peuvent toujours essayer… bonne chance !  Plus sérieusement, ca me ferait vraiment plaisir de revoir quelques coureurs de chez moi, et de rouler relax avec eux.

LFR : Merci Mike pour ton temps, et surtout bonne chance sur le Tour, on suivra de très près ta course. Surtout, on te souhaite d’éviter les chutes en première semaine, et quelques bonnes opportunités en montagne afin de t’illustrer.

MW : Merci Laurent, on se reparle après le Tour alors.

Le Tour de l’actualité

1 – Tour de Beauce. Le vainqueur 2018, James Piccoli, s’est imposé de belle façon (en solitaire) au sommet du Mont Mégantic hier au terme d’une étape difficile, ponctuée par une météo capricieuse (pluie et fraicheur). Du coup, Piccoli prend une option pour le général, mais la course reste très serrée.

Auteur d’une belle ascension, le Canadien Zukowski prend pour le moment la tête du général. Sa formation Floyd semble très forte, ils ont placé hier pas moins de 3 coureurs parmi les six premiers, dont Serghei Tvetcov.

Attention aujourd’hui à Adam Roberge (Équipe Canada) dans le chrono, il roule vite.

La course demeure passionnante!

2 – Tour de France. Tom Dumoulin a déclaré forfait pour la prochaine Grande Boucle, une nouvelle déconvenue pour le coureur néerlandais après son abandon au Giro. C’est dommage pour lui et pour la course, Dumoulin étant le deuxième favori à rater l’épreuve après Chris Froome, auteur d’une violente chute lors de la reconnaissance du chrono du Dauphiné.

3 – Tour de Suisse. Le Colombien Egal Bernal s’est emparé du maillot jaune hier, et je vois mal celui qui le lui fera lâcher! Bernal pétrole en ce moment, et je suis certain qu’il sera un coureur dominant sur le prochain Tour de France, que ce soit au service de Geraint Thomas chez Ineos ou… pour lui-même. Il en a les capacités. À la 9e place de l’étape hier, un certain… Fabio Aru qu’on revoit apparaitre…

4 – Route d’Occitanie. Victoire d’étape hier pour Alejandro Valverde, qui envoie lui-aussi des signaux de bonne condition physique à l’approche du Tour.  Et en 4e place de l’étape, Rigoberto Uran, qui se prépare lui-aussi tranquillement, sans faire de vague.

5 – Suivre le Tour sur Internet. Ca pourrait être compliqué cette année depuis le Canada. Sur Internet, vous avez des sites comme Tiz.cycling qui propose des live!stream, mais ca coupe souvent. Évidemment, on peut payer un abonnement sur des plateformes comme Fubo.

Pour moi l’idéal c’est de pouvoir regarder France Télévision qui offre vraiment le full package, avec les images de toutes les caméras, ainsi que d’excellents commentateurs dont Laurent Jalabert et Marion Rousse. Pour capter France Télévision, il vous faudra probablement un VPN, et le meilleur semble être Express VPN selon CyclingNews.

6 – GFNY. Deux cyclosportifs ont été piqués positifs au récent GranFondo New York, une nouvelle qui choque à chaque fois. Produit en cause? EPO. Hé oui, dopage sanguin, où il faut que tu te troues la peau. Allucinant. Et regrettable.

7 – Intéressant article sur l’importance de travailler la force à l’année pour avancer sur un vélo, une réalité qui s’applique en fait à tous les sports. Les succès de l’été se construisent dans le gym l’hiver!

8 – L’entrainement à jeun. Je suis un adepte de cette méthode qui permet surtout d’apprendre au corps à être efficace pour bruler les graisses, mais aussi de s’affuter. Il faut cependant être prudent avec ce type d’entrainement, et ne pas faire n’importe quoi. Bref, je recommande, mais en toute connaissance de cause. Et cet article pourra vous aider à trouver vos repères.

9 – Chaussures Giro Imperial. 215 grammes la godasse. Laçage Boa. Du beau matos! Les chaussures de Thibault Pinot.

10 – Factor VAM O2. Le nouveau cadre Factor joue la carte de l’ultra-light, avec un poids annoncé de 690 grammes en taille 54. À ce poids-là, vous n’avez cependant pas de peinture! Assurément une belle bête de grimpe, qu’on peut monter en freins à disque ce qui, en descente de grands cols et sous la pluie, est un avantage certain. Une critique de ce vélo est disponible ici.

11 – Pédales capteur de puissance Favero Assioma. Très beau produit, avec toute la flexibilité, la légèreté et la facilité d’entretien d’un capteur de puissance logé à même des pédales. Les critiques de ce système sont très bonnes, et le degré de précision également. Rapport qualité-prix imbattable!

La folle journée de Bruno Langlois

La Flamme Rouge continue aujourd’hui sa couverture du Grand Prix de Beauce, ce fleuron du cyclisme québécois.

Bruno Langlois. Qui, au Québec voire en Europe, ne connait pas ce guerrier du cyclisme? Le flahute du Québec!

Un gros moteur. Une motivation indestructible, année après année. Un sens tactique peu commun lorsqu’il est en course. Bruno Langlois vient de s’échapper? You’re in trouble young man! Va falloir cravacher pour le revoir avant l’arrivée, celui-là!

« Retraité » du peloton élite depuis la saison dernière, Bruno priorise désormais son entreprise et son site, Vélo Cartel à Québec. On l’a également vu sur des courses de gravel bike, son nouveau dada, et notamment récemment sur celle près d’Ottawa, qu’il a gagné bien sûr.

C’est dire que Bruno n’avait pas la tête au Tour de Beauce cette année.

Et pourtant.

Par un incroyable concours de circonstance, et aussi un peu de chance (…), Bruno a pris hier le départ de son… 21e Tour de Beauce! Vous avez bien lu: son 21e. Autrement dit, sa première participation à l’épreuve remonte à 1997.

Bruno et moi avons eu beaucoup de plaisir hier soir à échanger au téléphone. Retour sur sa journée folle qui l’a conduit à finir… 4e de l’étape d’hier.

Mardi 18 juin, Québec, 17h: cool, je coach mon équipe de filles. Gros training d’ailleurs, VO2max en montée.

18h: événement Peppermint-Vélo Cartel, pis encore du coaching. Tiens, JF Racine a tenté de me rejoindre trois fois sur mon cell.

19h: il insiste, ce JF. Ces journalistes… bon, une autre gorgée de bière pis je l’appelle.

19h03: (JF): Bru, le Team Brunei ont juste trois coureurs pour demain, il leur en manque un car sans un 4e, ils peuvent pas prendre le départ. Ramène-toi! Départ de l’étape 10h.

19h04: Es-tu malade JF! Oublie ca, mon bike de route a même pas de pédalier!

19h04: (JF): aweye Bru, let’s go. Organise-toi.

19h05: hey les boys, savez pas la meilleure? Z’ont besoin d’un coureur en Beauce! (les chums): go Bru, on s’occupe de ta business. Tin, prends une autre bière, tu vas ben finir par accepter!!!

Une bière plus tard: Encore le téléphone qui sonne… Allo? Directeur sportif de Team Brunei? Besoin de moi? Bon bon, faut que je me branche.

21h et plusieurs appels plus tard: call une pizza chez Normandin, faut checker mon pédalier si je pars.

21h30: criss de pédalier, le DI2 marche pas.

21h35: (mon chum): Bru, t’as pas fait tes mises à jour logicielles! Pis by the way, t’as pas fait ton lavage non plus…

23h50: bon, ca devrait aller pour le bike. Sti, j’ai pas les jambes rasées, peut pas y aller d’même.

1h du mat: bon, mes affaires sont prêtes. J’pense. M’semble qui manque quelque chose.

7h (le lendemain): sti, j’ai pas mes souliers de bike.

8h: criss de traffic de Québec…

8h30: Sur le Pont de Québec. Va falloir mettre le 11 dents pour être au départ de l’étape à St-Georges à 10h mon Bruno parce que là, t’es pas en avance…

9h10: St-Georges. On time, on schedule, under budget. Elle est où, l’équipe du Brunei? Ma licence? Mon dossard?

9h40: une chance que t’étais là Christian pour checker last minute mon bike. Entrevue Facebook live, ok, ben correct.

10h: first line on the start. C’est parti!

11h: ca roule vite!!! Grosse première heure de course. Mon Garmin… plus de 350 watts normalisés… pis je pèse combien donc? Ha oui, 145 livres. Criss, ca peut ben faire mal aux jambes.

11h05: bon, tout le monde a l’air au taquet, sont tous ben écoeurés que ca attaque sans arrêt depuis une heure. C’est le temps d’y aller!

11h06 (radio tour): attaque de Bruno Langlois!

11h07: belle échappée de quelques coureurs, ca peut le faire.

12h: ben non, repris par le pack. Pas grave, vous allez apprendre à me connaître, je remets ca plus tard… et pas question de me faire dropper du premier groupe.

13h45: ca roule vite… on joue l’étape… Zukowsky me semble bien dans mon groupe de tête. Let’s go, j’prends mes relais pour que ca marche. Mais au sprint, les coureurs qui m’entourent sont plus forts que moi. Faut que je les surprenne.

13h57: attaque de Bruno Langlois aux 300m.

13h58: repris, ca se joue au sprint. Je termine 4e de l’étape. Une grosse étape d’après mon Garmin: plus de 4h de bike, watts normalisés en haut de 310 watts. Ouf, j’veux pas penser à l’étape du Mont Mégantic demain… pis pas de massage ce soir… Mais j’me suis vraiment fait plaisir aujourd’hui, faisait beau, j’étais devant, et les jambes étaient bonnes. C’est juste l’fun, le bike!!!

Bruno Langlois, le Dominique Michel du Tour de Beauce… 2019 est son dernier… jusque l’an prochain pour son 22e!

Suivez Bruno au Tour de Beauce, il m’a promis qu’il allait remettre ça à un moment donné. Les étapes de la fin de semaine prochaine lui conviennent bien. La préparation sera en tout cas idéale en prévision des Championnats canadiens, également à Saint-Georges de Beauce, dans une semaine. Il sera un client.

Pis ca a l’air que j’me suis trouvé un ticket pour une grosse ride à Québec cet été avec lui!

Mes remerciements également à Guy Thibault pour plusieurs informations. La grosse ride à Québec Guy… partant? On pourra marier EPIC et EPI…

Encore un Canadien vainqueur du Tour de Beauce?

C’est un joyau du cyclisme canadien, rien de moins: le Tour de Beauce s’élance aujourd’hui du côté de Saint-Georges.

Fondé en 1986, le Tour de Beauce est révélateur des vrais talents dans le vélo: regardez le palmarès de la course, rien que du beau monde! Gervais Rioux, Jacques Landry, Michael Rogers, Svein Tuft, et j’en passe.

Plus encore, le Tour de Beauce est capital pour le développement de jeunes coureurs d’ici, susceptibles d’un jour passer pro en Europe. Ils peuvent y trouver leurs premières références significatives pour se faire valoir outre-Atlantique.

Six étapes cette année, dont la célèbre étape de l’arrivée au sommet du Mont Mégantic, dès le 2e jour (ce jeudi). Et pourtant, le Tour de Beauce peut se jouer n’importe où. L’an dernier, le Canadien James Piccoli avait forgé une partie significative de son succès dans le critérium lors de la 4e étape!

Cette année, la formule reste similaire à celle des dernières années. Les moments forts de la course sont évidemment l’arrivée en haut du Mont Mégantic, puis le chrono de 20 bornes du lendemain. Les deux dernières étapes – un critérium rapide de 70km dans les rues de Québec puis un circuit urbain de 122km dans Saint-Georges le dernier jour – demeurent également toujours cruciales si le classement général est serré.

Seul neuf Canadiens se sont inscrits au palmarès de l’épreuve en 33 éditions, la 34e s’élançant aujourd’hui. James Piccoli l’an dernier est le plus récent en date, et il est de nouveau au départ cette année au sein de l’équipe canadienne qui compte également Derek Gee et Adam Roberge. Auteur d’une belle saison jusqu’ici, Piccoli a des chances de pouvoir rééditer son exploit de l’an dernier.

Beaucoup d’autres coureurs canadiens intéressants sont au départ, notamment Pier-André Côté chez Rally, qui vient de faire un carton (3 étapes!) au GP du Saguenay. Rally compte également Adam deVos et Matteo Dal-Cin, une très belle formation.

Nicolas Zukowsky chez Floyd’s débarque aussi en Beauce avec une certaine pancarte dans le dos, ayant remporté les grands honneurs du GP du Saguenay la semaine dernière. Il pourra compter sur son directeur sportif d’expérience, Gord Fraser, et quelques bons coureurs au sein de sa formation, notamment ce Serghei Tvetcov, déjà en vue sur l’épreuve l’an dernier. Attention à lui!

D’autres formations canadiennes augmenteront l’intérêt pour ce Tour de Beauce: Ride With Rendall d’Ottawa, Probaclac-DeVinci, Cycling B.C. avec Jordan Cheyne, Veloselect.

Intéressant, une équipe française débarque, l’ASPTT Nancy Meurthe et Moselle. Mon coin de pays!!!

Pour suivre la course, le Tour de Beauce publie habituellement des vidéos YouTube sur sa chaine. Ils ont également une couverture « live » via Twitter essentiellement. En 2017, l’expérience de la web diffusion avait été tentée, et j’espère de tout coeur que l’expérience pourra être renouvelée. Ca marche assez bien, et ca permet à la communauté cycliste de suivre (et donc de parler!) de la course. Le Grand Prix Cycliste de Gatineau a webdiffusé la course sur route cette année en collaboration avec la chaine RDS, et j’y ai trouvé beaucoup de plaisir.

Les « influenceurs »: le début de la fin (enfin)

Intéressant article il y a quelques jours dans le quotidien montréalais La Presse: une journaliste s’est fait passé pour une fausse « influenceur », ces gens qui utilisent des médias sociaux pour devenir populaires en vantant des produits supposément liés à leur « mission » auto-proclamée.

En quelques semaines, il est effarant de voir quels sont les avantages qu’elle a pu obtenir.

Depuis plus de 15 ans, j’ai été aux premières loges pour voir les médias sociaux évoluer, pas toujours en bien. Certains y ont trouvé le moyen de gagner leur vie, par des moyens peu nobles. Et ca rapporte gros.

Aujourd’hui, on a peine à se retrouver parmi tous ces sites qui vantent certains produits, passant souvent du coq à l’âne d’un jour à l’autre, sous prétexte d’oeuvrer pour une certaine « mission ».

Ne vous méprenez pas: ces « influenceurs » carburent à l’audimat, car pour que ça rapporte, il faut montrer son « pouvoir d’influence », donc sa capacité de rejoindre beaucoup de monde.

Ces influenceurs vont même jusqu’à « liker » leurs propres textes. Ou n’hésitent pas à eux-mêmes basculer sur d’autres sites leur contenu, question d’augmenter la visibilité. Le summum: l’article de La Presse parle de services web qui permettent, moyennant quelques dollars, de faire exploser le nombre de ses abonnés. Fou!

Je demeure convaincu que le début de la fin a commencé pour tous ces faussaires du web qui ne proposent, très souvent, aucun contenu original. Ils ne rebasculent que ce que les autres font, ou vantent tantôt un produit, le lendemain son concurrent.

Le public commence à ne plus être dupe et c’est tant mieux. Espérons que d’autres articles comme celui de La Presse voient le jour au cours des prochains mois, afin de déboulonner ce monde qui appartient à celui du « fake news » qui ruine la confiance, et ultimement la démocratie.

Quant à moi, je reste fidèle à ce que je suis: toujours proposer du contenu original, qui vient de moi. Environ cinq jours/semaine, je fais face à la page blanche. L’inspiration est en panne? Alors je préfère me taire. Je reste également fidèle à ce que je connais. Si je parle d’un produit, c’est que je le connais, l’ai testé. Il est très, très rare que j’accepte des items gratuits, préservant ainsi ma totale indépendance. Et je rends toujours à césar ce qui appartient à césar, citant mes sources et mettant des liens aux articles auxquels je réfère. C’est la moindre des choses pour le respect des droits d’auteur. D’ailleurs, au fil des ans, nombre de sites ont copié sans scrupule La Flamme Rouge, incluant les plus grands médias québécois.

Bref, je reste fidèle à ce qu’a toujours été La Flamme Rouge, un petit site sans prétention, qui ne cherche ni la popularité, ni l’audimat, et qui reste à sa place, sans déranger. Et qui partage la passion  du cyclisme, point final!

Travailler sans souci de gloire ou de fortune,
A tel voyage, auquel on pense, dans la lune!
N’écrire jamais rien qui de soi ne sortit,
Et modeste d’ailleurs, se dire mon petit,
Sois satisfait des fleurs, des fruits, même des feuilles,
Si c’est dans ton jardin à toi que tu les cueilles!
Puis, s’il advient d’un peu triompher, par hasard,
Ne pas être obligé d’en rien rendre à César,
Vis-à-vis de soi-même en garder le mérite,
Bref, dédaignant d’être le lierre parasite,
Lors même qu’on n’est pas le chêne ou le tilleul,
Ne pas monter bien haut, peut-être, mais tout seul !

Edmond Rostand. Cyrano de Bergerac (1897, II, 8).

Fuglsang peut-il gagner le Tour?

Victoire convaincante de Jakob Fuglsang hier sur le Critérium du Dauphiné Libéré, après avoir pris ses responsabilités dans l’ascension finale samedi vers Les Sept Laux Pipay, lors d’une étape remportée par Wout Poels sous une météo apocalyptique puisque des trombes d’eau tombaient sur les coureurs.

J’aime bien Jakob Fuglsang car ce n’est pas un coureur attentiste: il prend toujours ses responsabilités de leader à un moment donné, il assume et paye de sa personne.

La plupart du temps, il court également pour gagner, et rien d’autre.

Fuglsang est l’auteur d’une grande saison cette année, ayant été le principal rival de Julian Alaphilippe sur bon nombre de Classiques du début de saison: 2e des Strade Bianche, 2e de la Flèche Wallonne, 3e de l’Amstel, 3e de Tirreno-Adriatico, 4e du Tour du Pays Basque et vainqueur de Liège-Bastogne-Liège, excusez-un-peu.

Du coup, LA question: Fuglsang peut-il gagner le Tour?

Il a de sacrés atouts: il vient de prouver qu’il peut très bien grimper, il a du punch, de l’expérience et une sacré belle équipe à ses côtés pour l’épauler, même en montagne avec notamment Lutsenko, Izagirre et Cort Nielsen.

La petite faiblesse est peut-être du côté du chrono, bien qu’il a terminé 9e du chrono du Dauphiné, à un peu plus d’une minute du vainqueur Wout Van Aert.

Mature, plutôt bon tactiquement, plutôt calme, je trouve personnellement que Fuglsang a de bien beaux atouts pour une victoire sur le Tour. Il faudra le surveiller de près en juillet prochain selon moi.

Évidemment, l’équipe à battre sera Ineos, avec Thomas qui monte actuellement en puissance du côté du Tour de Suisse, et son armada (Kwiatkowski, Poels, Bernal, et j’en passe!). Mais Astana a également une bien belle équipe, ayant été dominante au printemps.

Bref, je suis d’avis que Jakob Fuglsang est un coureur qui peut prétendre à beaucoup plus sur le prochain Tour de France et ca, c’est plutôt bien pour rendre la course intéressante. Geraint Thomas n’aura peut-être pas qu’à se méfier des Movistar et de quelques autres coureurs, mais aussi des maillots bleu ciel!

Des Yates qui décoivent

Je sais pas vous, mais je trouve que les frères Yates déçoivent beaucoup ces temps-ci. Souvent présentés comme des forces en puissance voire des favoris, chaque fois ils ne tiennent pas la distance… Simon s’est loupé sur le dernier Giro après avoir fait figure d’épouvantail, et Adam qui abandonne hier sur la dernière étape du Dauphiné, apparemment malade. Mouais…

Evenepoel, Acte 1.

Le jeune prodige belge de 19 ans vient de remporter le Tour de Belgique, sa première grande victoire chez les pros, à 19 ans. En attendant beaucoup d’autres, bien sûr. Quel talent!  Et il a gagné en assurant sa victoire lors de la 2e étape, qu’il a gagné solo, plus de 40 secondes devant tous les autres. Phénoménal. Je suis impressionné.

Le Grand Prix Cycliste ZVP-Opto Réseau 2019

C’est assez rare pour qu’on le souligne: une nouvelle course est disponible cette saison pour les coureurs maîtres, soit le Grand Prix Cycliste ZVP-Opto Réseau, samedi prochain 15 juin.

Cette nouvelle course est organisée par les gens du Centre Multisports qui présentent un intéressant volet vélo, ZoneVéloPerfo (d’où ZVP).

La course a lieu en banlieue de Montréal, non loin de Rigaud et Ste-Marthe-sur-le-Lac. Circuit rural de 10.6 km au tour, avec quelques belles petites bosses qui devraient durcir la course. Ca fait donc penser à Ste-Martine ou Contrecoeur, mais avec un peu plus de dénivelé. Après le GP du Nordet et Charlevoix, très accidentés, voilà qui changera un peu!

Bel horaire également pour les coureurs Maitres 2 et 3-4-5 dont les départs se font à partir de 12h30, puis 15h20 pour les Maitres 1.

Au menu de Messieurs les coureurs, 95 bornes chez les Maitres 1 et 2 (9 tours) et 74kms chez les Maitres 3-4-5 (7 tours). De quoi s’amuser un bon moment!

Fait très intéressant, l’asphalte est neuve, on annonce donc un vrai billard pour les coureurs. Voilà qui devrait limiter les risques de chute, des chutes nombreuses cette saison et qui ont parfois fait réagir sur les médias sociaux comme Facebook. Je suis d’ailleurs assez d’accord avec l’analyse de plusieurs: certains coureurs, peut-être moins expérimentés, sont prêts à prendre tous les risques pour s’assurer d’une place, question de faire un beau « post » sur les médias sociaux par après.

J’ai fait Contrecoeur cette saison, ca roulait très bien dans le M1 mais certains prenaient toutefois des risques vraiment trop grands. Et trop souvent, ils attendent le sprint sans rien tenter avant… pour une prise de risque maximum dans les deux derniers kilomètres. Déplorable. Je n’ai pas pu sortir non plus à Contrecoeur, impossible à 45 de moyenne pour moi, mais je n’ai pas disputé le sprint non plus et n’ai surtout pas gêné ceux qui voulaient le faire…

Anyway, c’est une très belle course qui se pointe samedi prochain, s’il y a du vent ca sera encore plus intéressant. Coureurs, ca vaut la peine d’encourager l’organisation, afin que l’événement se renouvelle au cours des prochaines années. On en a bien besoin, les courses maitres ayant tendance à plutôt disparaitre du paysage plutôt que d’apparaitre…

On s’inscrit en ligne avant jeudi midi, ou sur place au minimum 30min avant le départ.

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