On ne les reverra plus sur un vélo

Plusieurs coureurs ne seront plus présents dans le peloton l’an prochain, ayant soit décidé de mettre un terme à leur carrière ou étant, parfois tragiquement, disparus. Certains quittent la tête haute ou, du moins, avec notre respect :

Jeroen Biljlevens, le fantasque sprinter hollandais. Il aura connu des débuts tonitruants, puis un anonymat quasi-complet ces dernières années. Mais quelle puissance et quelle vélocité! – Alex Zulle. Formidable rouleur (champion du monde du CLM en 1996), coureur complet (vainqueur de la Vuelta 1997, 2 fois 2e du Tour en 1995 et 1999), sa carrière aura toutefois été semée de chutes parfois graves dues à une vision assez mauvaise et une carrure rendant difficile l’équilibre sur un vélo. Sa retraite (déjà) venue, on a un goôt d’inachevé… – Laurent Dufaux. Prometteur très jeune (vainqueur du Dauphiné 1993 et 1994), il s’est cantonné à un rôle d’équipier dès qu’il a rejoint Virenque chez Festina en 1996. Dommage, car son talent était confirmé, sa lutte pour la gagne sur le Tour de Suisse 2002 face à Hamilton en témoignant. Avec la retraite de Zulle et de Camenzind, c’est un véritable renouvellement du cyclisme suisse en 2005. Mais qui pour prendre la place de ces 3 coureurs? – Michele Bartoli. Nous avons récemment rendu hommage à ce coureur charismatique, perclu de classe. Un grand nous quitte. – Jean-Cyril Robin. quipier exemplaire, homme intègre face aux travers de son sport, c’est la tête haute qu’il peut quitter le cyclisme de haut niveau. C’était un tout bon, sa 6e place sur le Tour 1998 comme sa place de 3e sur les Mondiaux en 1999 en témoignant. Respect Monsieur Robin. – Max Sciandri. Excellent sur les Classiques, équipier modèle, Sciandri n’était pas un gagneur car trop gentil, cafouillant souvent dans le final des courses ou il se retrouvait souvent bien placé. Mais il était animé d’une grande passion pour le cyclisme, n’ayant pas besoin de cela pour vivre, étant issu d’une famille richissime. Un “vrai”, en quelque sorte. Il quitte avec une seule grande victoire sur la Leeds Classic en 1995. Mais la tête haute lui-aussi. – Santiago Blanco. Annoncé comme le successeur d’Indurain au milieu des années 1990 rien de moins, le petit Espagnol se sera contenté d’accessits sur la Vuelta voire sur le Giro. Excellent grimpeur, il aura épinglé quelques étapes sur la Vuelta et quelques courses d’une semaine assez secondaires. – Alvaro Gonzales de Galdeano. À ne pas confondre avec son frère Igor. Plus vieux que ce dernier, Alvaro aura eu à coeur d’être un bon équipier, ce qu’il fut chez ONCE essentiellement, demeurant fidèle à Manolo Saiz. – Paolo Lanfranchi. Un bon coureur italien, équipier dévoué. Il termina 2e du Tour de Lombardie en 1997 et passa un bon moment de sa carrière chez Mapei. On retiendra de lui son agressivité en course, se lançant souvent dans des attaques à l’approche du final. – Scott Sunderland. Meilleur coureur australien en 1993, Sunderland ne l’aura pas eu facile par la suite, subissant un grave accident lors de l’Amstel 1998 lui occasionnant d’importantes blessures à la tête faisant craindre pour sa vie. Comme quoi il n’y a pas que Lance Armstrong pour revenir au premier plan, Sunderland aura eu le mérite de revenir de cette blessure plus fort qu’avant, remportant notamment le GP Fourmies et le GP Cerami en 2001. Il était un vétéran ces dernières années, mettant son expérience au service des plus jeunes. Il peut quitter le cyclisme la tête haute. – Florian Rousseau. Le pistard était une vraie bête, disposant d’une puissance hors du commun. Il se retire avec le plus beau palmarès français sur la piste, devançant même Morelon. Du kilomètre, il avait ensuite évolué vers le sprint puis ces derniers temps le keirin, faisant des séjours l’hiver au Japon ou on parie sur ces courses. Rousseau avait également l’intelligence de savoir bien gérer sa saison et sa carrière. Respect Florian. Je me souviendrai de toi roulant au bois de Vincennes : de derrière, on ne voyait pas la selle sur laquelle tu étais pourtant assise tant tes fessiers étaient développés!

Certains quittent par la petite porte, voire dans la honte :

Johan Musseuw. Inutile d’en rajouter. – Chris Peers. Idem, bien qu’il est loin d’avoir le palmarès d’un Musseuw. – Jo Planckaert. Le nom aura été, dans son cas, trop lourd à porter. – Massimiliano Lelli. Un autre coureur italien mais francophile, très bon équipier. Passé pro en 1989, il connaissait très bien les rouages de son métier. Trop peut-être, ayant été impliqué cette année dans l’affaire Cofidis… – Oscar Camenzind. Dommage, ses quelques victoires toutes surprenantes (champion du monde et vainqueur du Tour de Lombardie en 1998, champion suisse en 1997, vainqueur du Tour de Suisse 2000 ainsi que de La Doyenne en 2001) étant désormais entachées du doute qu’elles ont été acquises grce à un dopage massif à l’EPO.

Ils sont décédés en 2004 :

Marco Pantani. On le pleure encore. Dieu qu’il nous manque… – José-Maria Jimenez. Difficile de comprendre, mais ainsi va la maladie mentale. – Steve Vermaut. La guigne. Grand espoir du cyclisme belge en 2001, il avait mis un terme à sa carrière prématurément en 2002, après avoir découvert qu’il souffrait d’arythmie cardiaque. Il est décédé d’une hémorragie cérébrale justement causée par une telle crise. Pas de chance. – Brick Schotte. Deuxième du Tour 1948 derrière Gino Bartali (ce qui est remarquable pour un Belge à l’époque), il gagna de nombreuses classiques, notamment deux Ronde. Il a eu une carrière longue de 20 saisons, un modèle de longévité à une époque pourtant très usante pour l’organisme humain. Une vraie barre de fer! Il s’est éteint à 85 ans. – Gerrie Knetemann. La Flamme Rouge lui a déjà rendu hommage. Disparu tragiquement d’une crise cardiaque lui-aussi. – Jean Graczyk. D’origine polonaise, le coureur français, maillot vert des Tours 1958 et 1960, fut un excellent coureur dans les années 1950 et 1960.

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