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MSR: jusqu’au bout de l’ennui…

Je sais pas vous mais moi, je me suis royalement emmerdé devant mon écran de télé dimanche matin en suivant Milan San Remo.

C’est pas compliqué, sur cette course va falloir que la télé change ses habitudes et place une moto derrière le peloton plutôt que devant: c’est derrière qu’il y a le plus d’action!

Car on a l’impression que la course se joue davantage en fonction de qui est lâché derrière que sur ce qui se passe devant…

Et au bout de 6h45 d’ennui, un vainqueur un peu innatendu, bien qu’il était dans la liste des hommes à surveiller: John Dekengolb. Ce dernier doit cependant davantage sa victoire au cafouillage des Katusha dans le final qu’à une réelle belle perf de sa part, même s’il a été le meilleur des autres.

Kristoff était en effet à court d’un homme dans les derniers mètres, Paolini ayant beaucoup travaillé dans le Poggio (autant à la montée qu’à la descente) et n’ayant pu l’amener au sprint plus longtemps. Lorsque Paolini a sauté à 400m de la ligne, Kristoff n’a eu d’autre choix que d’y aller, et s’est éteint sur la fin pour laisser passer Degenkolb resté dans les roues un peu plus longtemps que lui. Je suis convaincu que si Kristoff avait été déposé 100m plus loin, il remportait facile ce Milan SanRemo.

Mais la course fut d’un ennui mortel, avec peu d’attaques dans le Cipressa ou le Poggio. Trois équipes ont sauvé le spectacle, BMC (Van Avermaet, Oss et Gilbert), Etixx (Stybar dans le Cipressa notamment) ainsi que Sky (surtout Thomas) qui se sont bien battues. Etixx a manqué de chance dans le final, Stybar et Kwiatlowski étant éliminé sur la chute dans la descente du Poggio ayant aussi envoyé à terre Philippe Gilbert.

Mais où donc était Cancellara dans le final ? A-t-il seulement levé le cul de sa selle?

Et les Lotto (Greipel a été lâché dans le Poggio)?

Pozzatto, Costa et les Lampre?

Valverde et les Movistar, qui revendique le statut de la meilleure équipe cycliste au monde?

Les AG2R-La Mondiale?

Sagan avait également l’air bien isolé dans le final de la course. À l’entrée de la Via Roma, il a toutefois eu un petit écart avec le groupe, et a préféré attendre. J’y serais personnellement allé, car derrière les sprinters se seraient peut-être regardé à savoir à qui de mener la chasse!

Bref, un Milan SanRemo bien decevant selon mon appréciation personnelle. Année après année depuis 15 ans, il semble que cette classique soit désormais celle des sprinters, une conséquence probable de l’homogénéité de la condition physique des coureurs et des enjeux financiers liés à la victoire.

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Milan-Sanremo: comment déjouer les sprinters?

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Le Tour de l’actualité

  1. C’est bien ce que j’avais pressenti!
    Du coup j’ai fait autre chose et je me suis dit que j’avais bien fait quand j’ai lu le compte-rendu.

    Il faut impérativement revoir le parcours, le rendre plus sélectif, sinon comme je l’ai lu ailleurs, ça va (en fait çà l’est déjà) devenir du Paris-Tours.

    A la limite on peut comprendre les équipes si elles ne tentent rien mais il va falloir que les organisateurs et l’UCI se bougent pour rendre les courses intéressantes.

    Comment intéresser les jeunes avec pareil spectacle?
    Mon fils de 10 ans n’a aucun intérêt pour les courses de vélo, pourtant à son âge j’adorais ça.

    Mais à l’époque c’était les Hinault-Fignon-Lemond et il n’y avait pas de tablettes…

    L’avenir du cyclisme est en train de se jouer et il y a de quoi être pessimiste (sans parler du dopage, qui d’ailleurs explique peut-être que maintenant on ait affaire à des robots que 300 bornes de course et le Poggio ne suffisent plus à départager).

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  2. Thierry

    Bonjour,
    C’est simple : il suffit de supprimer les oreillettes… Regardez le spectacle qu’il y a eu lors du dernier tour de Grande Bretagne : des attaques, des échappés qui vont jusqu’au bout, des équipes de sprinter qui ne savent plus quoi faire … C’était du beau spectacle !

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  3. Régis

    Salut,

    Je ne partage pas du tout votre avis pour une fois,
    je trouve que c’est cela qui fait le charme de cette course.
    Le problème se sont les attaquants qui ne parviennent plus à faire la différence.
    Pourtant pour le même prix, Cancellara nous faisait le coup du km. Je doute que Paolini ait eut les jambes pour ramener… ça serait sans doute regardé.

    Pour moi l’homme qui aurait pu déjouer les pronostics depuis des années s’appel Luca Paolini!
    Déjà à l’époque de Bettini, il aurait pu gagner.
    C’est un des rares à monter, sprinter, rouler et surtout descendre! Dommage qu’il n’ait d’avantage d’ambition pour lui même!
    Van Avermaet nous a fait une belle attaque mais malheureusment ce n’est pas un super descendeur.

    Pour moi la recette pour la victoire est b d’être bon grimpeur, excellent descendeur, très bon rouleur. Stybar nous la fera peut être un jour… à voir

    Dommage la chute des Etixx

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  4. Nicolas

    Clairement on peut regretter le manque d’audace de Cancellera. Lui meme semblait s en vouloir d’ailleurs.

    De meme Sagan a un coup a jouer lorsque il se retrouve un peu seul devant.

    Mais au final je ne comprends pas ce snobisme contre les arrivees au sprint. C’est une partie importante du velo!
    J’adore regarder le travail des coequipiers remonter leur sprinter, le petit malin qui essaie de prendre la bonne roue, le gars qui part trop tot. Et paf le un beau vainqueur « surprise »

    En tout cas j’ai ete impressionne par Bouhanni. Il pourrait en gagner un.
    Un peu decu par Demarre qui je trouve a abandonne un peu facilement. (etaient-ils deja si loin lorsqu’il remonte sur le velo?)

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  5. Mathieu

    Je ne suis pas d’accord avec ce qualificatif de course ennuyeuse concernant MSR.
    Depuis plus de 35 ans que je suis cette course, le scenario a été très classique, si j’ose écrire !
    MSR est une course de sprinters ( victoires au sprint de de Vlaeminck en 1978 et 1979, Gavazzi en 1980, Saronni en 1982, plus les sprints de Zabel et O Freire).
    Les victoires en solitaires après longue échappée sont plus rares ( Gomez, Kelly,..).
    Donc un MSR certe « classique », mais pas ennuyeux.A mon avis.

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  6. Vincent C

    Je te dirais la raison première pourquoi la course à l’air plate, c’est RAI et la retransmission; ils sont nul. Ils ont manqué la chute de Gilbert et compagnie, même l’hélico l’a manqué. Dans les images, on entrevoit un petit point rouge faire un tout droit et à voir les dommages du casques du champion u monde, c’était une belle gamelle. On a droit à des images constament de l’hélico ou bien des motos qui accèlerent trop vite, loin de la qualité de la production du Tour.

    Pour ce qui est de la course, c’est tout de même près de 300km, c’est long 6h45. Il y a juste 3 cappo pour faire la différence. Un peu normal que ça finisse au sprint, c’est un parcours pour les puncher/sprinter!

    Personnellement, entre ça et une étape de montagne où la fin est au sommet et où les attaques se font au dernier kilo, je ne vois pas de différence. Les équipes cadenassent les attaques. D’ailleurs à se fait, Paolini était drôlement au dessus du lot dans le Poggio ou bien tout le monde se gardait pour un final au sprint?

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  7. jmax

    J’ai quand même l’impression que cela roulait à bloc sur le poggio, la descente et surtout le plat final. Bouhani n’a jamais réussi à se replacer pour le sprint final car cela roulait trop fort et peut-être bien que Cancellara et Sagan étaient limites eux aussi.
    On n’a pas eu du tout à un sprint classique de 500 mètres mais un sprint de 15 km depuis le début de l’ascension du Poggio et du coup, l’arrivée est surprenante mais c’est ce qui fait le charme de Milan San Remo. Très peu de vainqueurs bidons mais beaucoup de très grands et plusieurs fois

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  8. Dan Simard

    Sagan avait des pensées pour tonton Riis

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  9. Stephane Joncas

    Je suis également partiellement d’accord avec ton propos, Laurent.
    Les classiques existent depuis plus de cent ans et ont certes été plus intéressantes à suivre par le passé.

    Je blâme plutôt les moyens de communications modernes (lire les oreillettes) ainsi que le nivellement des performances qu’amène le dopage contrôlé (les micro doses consistant à être à la limite des paramètres exigés pour le carnet biologique).

    Selon moi, le parcours n’y a rien a y voir, pas plus que les vélos d’ailleurs.

    Les oreillettes tuent « l’instinct de la course » et le dopage, l’hétérogénéité du peloton.

    SJ

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