Milan SanRemo: Alaphilippe en patron

C’est un Milan SanRemo au scénario classique auquel on a assisté samedi dernier, mais qui nous a offert un beau final. Sept coureurs se sont extirpés de la masse au sommet du Poggio, une belle échappée royale avec Alaphilippe, Kwiatkowski, Valverde, Naesen, Sagan, Van Aert et Trentin.

Bien malin qui pouvait alors dire qui allait gagner… et je trouvais personnellement Sagan bien facile. Et quoi dire de ce vieux briscard de Valverde, toujours là à la fête!

Les deux dernières heures de course sont ici, ca vaut la peine.

Au terme de la descente du Poggio, trois hommes ont même pu rentrer, très certainement menés par ce diable de Nibali dans la descente. Mohoric et Simon Clarke avaient flairé la bonne affaire du jour! (remarquez, Bonifacio n’a pas fait une descente dégueu de la Cipressa, sur le vidéo ça commence à 1:39:40, vraiment de belles images d’un bon descendeur… maman, je descends comme ça moi aussi le col de la Croix Fry, hein Plasthmatic?!!)

Je sais pas vous, mais j’ai trouvé Alaphilippe impérial de lucidité, de maîtrise et de sang-froid dans les deux derniers kilomètres. Ce n’est jamais facile à gérer, ces foutus deux derniers kilomètres sur Milan San Remo: tu ne veux pas que ça rentre derrière, tu veux pas lancer de trop loin, tu veux gérer le jeu du chat et de la souris, bref, c’est compliqué lorsque tu es ainsi en petit comité.

Mais pas pour Alaphilippe samedi: en gros, il a sauté sur tout ce qui bougeait, Mohoric en faisant notamment les frais. Bref, une véritable attitude de vrai patron selon moi, façon Bernard Hinault: « je vais vous montrer comment ça se gagne, une course cycliste« . Clair, net et précis. Rien à ajouter.

Chose certaine, Alaphilippe était assurément sûr de lui, de ses jambes pour le sprint final. Il avait pourtant la pression, celle notamment de son équipe qui avait fait le boulot au pied du Poggio pour préparer sa cacahuète qui n’a pas manqué de survenir sur le haut de la bosse.

Alaphilippe est aujourd’hui numéro un mondial, et on se demande désormais où il s’arrêtera tant tout lui semble facile depuis ce maillot à pois ramené à Paris en juillet dernier. Il a simplement loupé ses Mondiaux, mais ca arrive sur le parcours d’un champion. Il est en tout cas de prendre une sacré dimension, et se pose désormais comme meilleur coureur français devant Pinot et Bardet. La suite sera très certainement les Ardennaises, où il retrouvera un certain… Mike Woods dans le Mur de Huy.

Un match Alaphilippe-Woods à cet endroit, avec comme arbitre le champion du monde Valverde, avouez que ça aurait de la gueule!!!

D’autres impressions

Ce Milan SanRemo m’a laissé admiratif de d’autres coureurs, en premier lieu Wout Van Aert. Il était dans le final! Le cyclo-cross man n’a pas mis longtemps à bien s’adapter aux distances des courses sur route, Milan San Remo étant la plus longue des Classiques. J’ai déjà hâte de le voir sur le Ronde ou sur Paris-Roubaix, je peux déjà vous dire que ca va faire mal…

By the way, y’a un certain Mathieu Van Der Poel qui a gagné ce week-end le GP de Denain, quelques jours après s’être pris une belle gamelle dans le final d’une semi-classique belge. Un match Van Aert-Van Der Poel dans le final du Ronde après avoir connu leurs batailles en cyclo-cross, on y arrive peut-être!

Matej Mohoric m’a aussi impressionné avec ses deux attaques dans les deux derniers kilomètres. 24 ans seulement je vous le rappelle, il a la classe sur un vélo celui-là.

Les stats Strava du Poggio, pour les amateurs, c’est ici. Presque 38 de moyenne à 417 watts pour Valverde, tout de même…

34 Commentaires

  • Dany
    Soumis le 26 mars 2019 à 3:06 | Permalien

    STATS STRAVA:
    M Kwiatkowski 1er coureur à suivre l’attaque de J Alaphilippe sur le Poggio a atteint une vitesse maxi de 58kmh dans la partie la plus plate de la montée avec une moyenne de 37, 3kmh sur les 3,62km.A Valverde est le plus rapide avec 37,7kmh et une moyenne de 413w. Il a fait un effort de 30 s de 754w (max 911w).
    O Naesen, plus lourd, a dû fournir 501w sur la Poggio. Dans le même effort d’environ 30 s que Valverde, il a atteint une puissance maxi de 1.199w avec une moyenne de 892w.
    Les échappés ont atteint en moyenne 49kmh tout au long de la descente (pointe 70km/h pour Valverde). Nibali a atteint 56,8 km/h avec une pointe à 88,9 km/h.

    Au sprint, Naesen a atteint une vitesse de pointe de 58.3kmh avec une puissance maxi de 1,289w.
    Son sprint de 18 s a été plus lent que celui de Kwiatkowski qui, après être parti plus en arrière, a parcouru en 60 km/h en 17 s de sprint.
    Clément Venturini (Ag2r) a été le plus rapide pour le sprint final en terminant 24ème, avec le même temps que A Kristoff et F Gaviria et A Démare. Chacun d’eux a atteint 64.6kmh en 16 s de sprint.

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  • Le Bourrin Ardéchois
    Soumis le 26 mars 2019 à 3:17 | Permalien

    Il est vrai que la distance de Milan – San Remo est plus grande que celle des autres classiques.
    Cette distance est surinterprétée.
    En dépense totale d’énergie, le Tour des Flandres, Paris – Roubaix, Liège, le Tour de Lombardie et l’Amstel sont plus exigeante. En dépense nerveuse, je pense qu’elles le sont au moins autant.
    Mon avis est que si on cherche à évaluer MSR en terme d’endurance, on se trompe en évoquant la distance, et qu’elle est celle de ces classiques qui demande non pas le plus mais le moins d’endurance!

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  • mica
    Soumis le 26 mars 2019 à 3:48 | Permalien

    MSR reste, c’ est vrai, une formidable ruée vers la Via Roma, mais, cette ruée ne dure guére plus de 30 Km.
    Je reste persuadé qu’ un départ donné à 60 Km de San Remo donnerait le même résultat.
    Malgrès le très beau temps la moyenne reste éloignée de la moyenne record.
    Il m’ arrive de consulter quelques chiffres dans le site « climbing record » et je me suis aperçu que l’ ascension de la Cipressa était éloignée de plus d’ 1 minute du record! Dans ce tableau du record , 2 « anomalies:
    1 er Anomalie Demarre, les 4,1 Km en 10 mn tout juste….on croit savoir pourquoi!
    2 emme Anomalie Pantani, les 4,1 Km en 9 mn 28 s, on sait exactement pourquoi après les images mises en ligne par un de nos contributeurs….et l’ on peut supposer que si Pantani avait commencé sa pantalonnade et avait profité des sillages dés le pied de la cote ….il aurait peut être dans ce cas mis moins de 8 mn…
    Il y là, en tout cas,là, 2 caricatures de ce que peut être le cyclisme!
    Ces derniéres années n’ ont pas dérogé à cette triste régle. (voir Nibali 2018….et même cette année tout n’ a pas été clair.)
    (encore une fois, les coureurs sont moins « coupables » que les organisateurs, DS, commentateurs…de tout poil)

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  • mica
    Soumis le 26 mars 2019 à 6:47 | Permalien

    Tout à fait d’ accord avec toi LBA pour ton analyse sur la distance de MSR.

    Laurent nous incitait à aller voir le strava de la fin de MSR, ce que j’ ai fait volontier.
    2 constatations:
    1 er : les 2 cotes terminales sont modérées et elles se montent à environ 35 Km/h.
    Ce sont des cotes ou la puissance est absorbée par les 2 filiéres (dénivelé et aérodynamisme).
    J’ ai fait un rapide calcul et l’ on peut estimer à 2/3 la part de la puissance ascensionelle et a 1/3 celle de l’ aéro.

    2 emme :Lors du sprint final la vitesse de pointe la plus rapide a été atteinte par Naessen (2emme du sprint) avec 58,3 Km/h.
    (dans un post précèdent je disais que ce n’ était pas l’ arrivée de MSR la plus rapide de l’ histoire, ces chiffres me le confirment…)
    Mais, ce qui est étonnant, c’ est la puissance fournie par Naessen prés de 1300 W
    Donc 1300 W pour 58 Km/h.
    En poursuite, les meilleurs roulent à peu prés à cette vitesse là, mais pendant 4 mn, soit à leur puissance maxi aérobie (environ 500W)
    Naessen: Poursuiteur élite:

    58 Km/h 58 Km/h

    Puissance: 1300 w Puissance: 500W

    Durée: instantanée Durée : plus de 4 mn

    Alors, ou est l’ erreur?
    L’ arrivée sur la via Roma n’ est pas en cote que je sache!
    Le probléme est (et je l’ ai dis souvent) que les « sprinteurs modernes » usent et abusent de dév. démesurés.
    Pour tenter d’ emmener leurs immenses braquets,
    ils doivent se mettre en danseuse ce qui augmente la surface frontale et détruit le cx.
    Nous assistons à des sprints qui n’ en sont plus, sinon de l’ arrache, de l’ arc- boutement et des jambes qui ne tournent plus suffisament vite .
    Encore une fois, les sprinteurs sur piste ont des braquets infiniment moindre, réalisent au moins les derniers 250m assis, bien qu’ étant bien plus puissants que les routiers.
    ( a ce propos je ne crois pas aux sprints de Cavendisch ou Greipel réalisés, soit disant, à plus de 75 Km/h à moins d’ avoir eu lieu en descente, l’ ordinaire est plutot à 64 ou 65 Km/ h)

    Un dernier mot même sur piste désormais, il semble y avoir une imflation dans le choix des dév., M. Glatzer semble en avoir fait les frais lors des derniers Ch du Monde sur piste, ou il fut inexistant.( pourtant le meilleur sprinteur de ces derniéres années)

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  • mica
    Soumis le 26 mars 2019 à 7:20 | Permalien

    Le « tableau » que j’ ai tenté de construire en millieu de commentaire n’ est pas une réussite, j’ en conviens!
    Je voulais mettre en vis à vis l’ effort de Naessen et celui d’ un poursuiteur et montrer que le poursuiteur obtenait la même vitesse pendant 4 mn (alors que pour Naessen c’ était une vitesse instantanée. C’ est un défi à la logique et j’ ai expliqué pourquoi.

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  • slam99
    Soumis le 26 mars 2019 à 8:10 | Permalien

    Mais qu’attends-tu donc mica pour faire profiter de tes lumières ces pauvres ignorants de pros? À moins que la comparaison entre la performance d’un poursuiteur sur piste et celle d’un non sprinteur sur route après 290 km de course n’ait juste pas de sens?

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  • Soumis le 26 mars 2019 à 8:15 | Permalien

    Alaphilippe…. on croise les doigts. Quoique Sagan rien n’est encore sortie.

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  • mica
    Soumis le 26 mars 2019 à 8:31 | Permalien

    Slam99: non, c’ est juste Laurent qui nous a renvoyé vers Strava, j’ y suis allé, et j’ en ai tiré les conclusions qui s’ imposent.
    Il y avait quand même dans ce sprint de vrais sprinteurs, ou présumés tels….Sagan, Valverde…
    Pour moi un sprint ou la meilleure perf. instantanée est de 58 Km/h n’ est plus un vrai sprint.
    Je n’ ai ni les compétences ni l’intention de conseiller qui que ce soit, je constate simplement et je dis: il y a un probléme!
    Les 290 Km ne sont pas un argument (voir LBA ci dessus) il n’ y aurait eu que 100Km avant, cela aurait été pareil.
    De plus, je compare un effort sur piste qui dure 4 mn à un effort final d’ une vingtaine de secondes.
    Je suis sur que les pros pourraient mouliner à 125 t/mn pendant une dizaine de secondes, certains le font en cote pendant plusieurs minutes.

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  • mica
    Soumis le 26 mars 2019 à 8:36 | Permalien

    Slam: et d’ ailleurs, pourquoi fournir 1300W aprés 290 Km de course alors qu’ ils pourraient se contenter de 1000 W et aller plus vite! (à 1300 W il leur reste des réserves quand même au bout de 290 Km, donc ton argument de distance ne tient pas.)

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  • thierry mtl
    Soumis le 26 mars 2019 à 10:13 | Permalien

    En tout cas, Alaphilippe est le plus puissant sprinter (sur le plat) de 62 kg qu’il m’est été donné de voir.

    Disons qu’il est hors norme. Je n’en vois aucun autre dans le dernière décennie (et la précédente) qui, avec son gabarit, aurait résisté à l’assaut de tous les autres coureurs (et sprinter) de qualité qui l’entouraient.

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  • Karen
    Soumis le 26 mars 2019 à 2:19 | Permalien

    Non Mica, le plus rapide des échappés, c’est Kwiatkowski qui, après être parti plus en arrière, a atteint 60 km/h en 17 s de sprint.
    C’est le Français Clément Venturini qui a été le plus rapide cette année pour le sprint final mais il a terminé 24ème, avec le même temps que A Kristoff et F Gaviria et A Démare Chacun d’eux a atteint 64.6kmh en 16 secondes au sprint pour la ligne.

    Tu aurais pu nous parler d’autres chiffres très intéressants : M Kwiatkowski , 1er coureur à suivre l’attaque de J Alaphilippe sur le Poggio a atteint une vitesse maxi de 58kmh dans la partie la plus plate de la montée avec une moyenne de 37, 3kmh sur les 3,62km.
     O Naesen, plus lourd, a dû fournir 501w sur la Poggio. Dans les 30 s de l’attaque, il a atteint une puissance maxi de 1.199w avec une moyenne de 892w.
     

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  • Vince
    Soumis le 26 mars 2019 à 3:06 | Permalien

    290km ça fait rien ? Allons un peu de sérieux!parlons vélo quoi !
    J’adore MSR que je regarde chaque année depuis 1987 et la victoire de Maechler avec le maillot Carrera. ..
    Bref cette année c’est du classique. Un groupe avec des sprinters des puncheurs mais certains sont cuits. Valverde est là mais je n’y crois pas 1sec tout comme Nibali. Ils sont present sur leur science de la course et le placement. Donc à la bascule pour moi c’est rebelote version 2017 entre Sagan, Katiow et le petit Julian…les autres sont là mais bon ils pèsent peu. Trentin sent qu’il est sec il tire sa dernière cartouche.le second Mohadivic idem. Reste Nassen lui il m’a surpris et flippé,j’ai eu peur qu’il raffle la mise. Et je vois Alaphilippe qui sort un sprint de monster mais pas aussi vite que ceux que les commentaires disent… Non tactiquement il saisit sa chance il ouvre l’oeil et s’engage au bon endroit au bon moment. A 150M il a un vélo d’avance et il garde son avance tandis que Sagan s’est enfermé en regardant à droite et Katiow est déjà distance et ne reviendra pas. En 2017 il avait gagné pour un boyau sur Sagan et moins d’une demi roue sur Alaphilippe. Fin de recrée les gars un crack est né!!! Il vient de tapper qd même 5 maillots arc en ciel. Je croise les doigts mais je le kiffe ! !!!

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  • LBA
    Soumis le 26 mars 2019 à 4:15 | Permalien

    Il y a eu d’autres coureurs légers rapides aux arrivées, surtout en fin de course dure.
    En regardant le poids, qui est relatif à la taille, et à supposer qu’on le connaisse vraiment, il y a déjà Coquard. Pour ce qui est d’un sprint à la fin d’une classique et après le poggio, il y en a plus encore, tels Jalabert, Hinault, Kwiatkowski, et je n’ai pas cherché.

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  • Le Bourrin Ardéchois
    Soumis le 26 mars 2019 à 4:16 | Permalien

    Il y a eu d’autres coureurs légers rapides aux arrivées, surtout en fin de course dure.
    En regardant le poids, qui est relatif à la taille, et à supposer qu’on le connaisse vraiment, il y a déjà Coquard. Pour ce qui est d’un sprint à la fin d’une classique et après le poggio, il y en a plus encore, tels Jalabert, Hinault, Kwiatkowski, et je n’ai pas cherché.

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  • Soumis le 26 mars 2019 à 4:40 | Permalien

    Mica, toi qui a des passions éclectiques …

    Pourrais tu faire une comparaison des vitesses de pointe entre les 150 derniers mètres du Marathon et la finale olympique du 1 500 mètres ?

    Et pourrait on en déduire des conseils techniques sur la bonne manière de courir ?

    Oui, je sais, cela n’a aucun sens… Mais je suis curieux et comme tu es un spécialiste pour comparer des choses qui ne sont pas comparables…

    LBA te répondra s’il le souhaite mais tu trahis son propos.

    Car dire que MSR est la classique qui réclame le moins d’endurance ne veut absolument pas dire qu’en l’amputant de ses 230 premiers Km, que cela « donnerait le même résultat » ou que « cela aurait été pareil ».

    Tu as le droit d’avoir des marottes et de penser que les courses sont trop longues et que les pros sont des imbéciles qui ne savent pas choisir un braquet adéquat.

    Mais tu dois défendre tes idées avec une certaine rigueur intellectuelle, en ne déformant pas les propos des contributeurs du blogs à tes fins.

    Par ailleurs, arrête de mettre dans le même sac :

    1) La position en danseuse du grimpeur qui est droit sur ses pédales, les mains dans la partie basse du creux du cintre ou sur les cocottes, le bassin en avant …

    2)la position en danseuse lors d’un sprint, les mains dans le haut du creux du cintre, les bras pliés, le nez dans la potence et le bassin en arrière avec le périné tout proche de la selle et le buste gainé.

    La deuxième position a un rapport puissance/pénétration dans l’air qui, le plus souvent et pour la plus part des coursiers, permet à un routier de s’exprimer au mieux après plusieurs heures de selles et souvent plusieurs efforts paroxystiques dans les moments clés ou sur les derniers km.

    Si une position est préférable, un cycliste de très haut niveau l’adopte le plus souvent de manière intuitive.

    Si confronté à un problème ce n’est pas le cas et que l’intuition s’avère mauvaise, l’encadrement l’encourage à travailler ses perceptions pour travailler sur son intuition et par conséquent sur la solution du problème.

    L’intuition sportive est un sens qui s’éduque et il y a aujourd’hui suffisamment d’outil pour juger de la pertinence d’une solution sans devoir comparer des choses qui sont incomparables.

    Le chronomètre à l’instant T et la victoire le jour J sont les meilleurs outils pour comparer l’efficience des corps et de leur intelligence.

    C’est une forme d’intelligence du corps et de l’esprit qui est sans rapport avec l’intelligence cognitive et que le profane ne perçoit pas toujours. Cette forme d’intelligence spécifique est innée mais, comme beaucoup de forme d’intelligence, elle se développe avec le travail.

    Penser le contraire c’est nié cette forme d’intelligence et tout ce travail de répétition et d’accumulation d’expériences qui fait qu’un sprinter accompli sera capable de sentir de quel coté vient le vent, à quel moment il doit lancer son sprint, sur quel braquet, dans quelle position et par ou passer… Sans même y réfléchir…

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  • Soumis le 26 mars 2019 à 4:50 | Permalien

    Je ne sais pas si c’est juste mais BRYAN COQUARD est annoncé à 58 kg !

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  • Soumis le 26 mars 2019 à 5:51 | Permalien

    Mica,

    Un routier à un dérailleur et joue du braquet avec efficience.

    Un pistard à un pignon fixe et joue de sa fréquence de pédalage avec efficience.

    Les routiers du temps jadis avait des manettes au cadre qui les empêchaient de jouer du braquet en plein sprint. Par conséquent, eux aussi jouaient de leurs fréquence de pédalage avec efficience.

    Si l’on contraignaient les routiers actuels à utiliser les vélos des temps jadis, ils y a fort à parier qu’il s’adapteraient rapidement et sprinteraient assis tout comme l’on peut penser que les coursiers des temps jadis auraient rapidement modifié leurs habitudes s’ils avaient été doté des vélo actuels.

    C’est ce qui explique qu’un pistard qui passe à la route ou qu’un routier qui passe à la route adapte sa technique et sa tactique.

    Le problème que tu as identifié n’est donc pas un problème de fréquence de pédalage mais juste des déductions fausses et simplistes.

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  • Soumis le 26 mars 2019 à 5:56 | Permalien

    C’est ce qui explique qu’un pistard qui passe à la route ou qu’un routier qui passe à la PISTE adapte sa technique et sa tactique.

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  • Thierry mtl
    Soumis le 26 mars 2019 à 7:48 | Permalien

    Coquard ? Vous comparez Coquard à Alaphilippe?
    Je parle du gagnant au sprint de MSR… Avant que Coquard gagne MSR, les poules vont avoir des dents.

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  • Le Bourrin Ardéchois
    Soumis le 27 mars 2019 à 1:26 | Permalien

    Mais justement, Thierry!
    Entre Coquard et Alaphilippe, il y a la capacité à encaisser tout Milan – San Remo.
    Pour autant, Coquard est un sprinteur pur très léger, ce qui prouve bien que c’est possible chez les sprinteurs purs. Sans avoir été un sprinteur pur de la piste (ce monde est vraiment spécifique), il a même été champion du monde de l’omnium, excellent notamment à l’élimination.
    Ton utilisation simplificatrice du mot comparer, comme si quelqu’un ici avait comparé le niveau global de Coquard à celui d’Alaphilippe, est juste hors sujet.
    Et hormis Mica qui dit souvent n’importe quoi (mais pas toujours), personne n’ont plus n’a, je crois, affirmé ici que la très grande première partie de Milan – San Remo était sans effet conséquent sur les organismes.

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  • Wolber
    Soumis le 27 mars 2019 à 1:51 | Permalien

    J ai toujours en mémoire le sprint de B Coquard lors de l élimination durant l Omnium des JO de Londres, face à E Viviani. Le français avait proprement écœurer l italien .
    J imaginais assister à la naissance d un sprinter de classe mondiale.
    Ses premières anneés pro , le lassaient d ailleurs penser. Et puis les choses se sont compliquées … on ne compare plus le français et l italien.
    Comparer Coquard à Alaphillippe ? Aujourd’hui , ç est plus facile à dire et bien évidemment leur registre est différent .
    Mais quand même ,il n est pas si loin le temps, quand, à l étoile de Besseges , Coquard réglait Degenkolb dans un sprint en bosse.

    Vu que tout le monde s accorde à noter l ascension très très rapide du Poggio, alors la tentative de Turgis est à saluer . Un français d une équipe française échappé en fin de course ( même un cours instant et on lui expliquera que les 280 km qu il avait dans les jambes n altéraient en rien son potentiel) sur Milan San Remo ça n etait plus arrivé depuis Offredo.

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  • Wolber
    Soumis le 27 mars 2019 à 2:14 | Permalien

    J ai toujours en mémoire le sprint entre B Coquard et É Viviani lors de l élimination durant l Omnium des JO de Londres. J étais persuadé d assister à la naissance d un sprinter de classe mondiale tant le français avait écœurer l italien.
    Depuis l eau à couler entre les ponts pour les 2 sprinters.
    Non, pas de comparaison entre Alaphillippe et Coquard surtout aujourd’hui, mais il n est pas si loin le temps où Coquard réglait Degenkolb au sprint , en bosse , sur l étoile de Besseges.
    Je lui voyait un autre avenir au  » coq ».

    J ai noter la petite , non, il n y a pas de petite, donc , la sortie de Turgis dans le Poggio. Il fallait y aller, vu la vitesse d ascension, à la poursuite du coureur de Cannondale. Ç etait bien vu cette anticipation juste avant la mise en action des cadors.

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  • Wolber
    Soumis le 27 mars 2019 à 2:23 | Permalien

    En 1989, Ronan Pensec , réglait le sprint du peloton à Milan SanRemo, derrière Fignon et Maassen échappés.

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  • Edgar Allan Poe
    Soumis le 27 mars 2019 à 3:05 | Permalien

    Autre époque, Wolber, mais il avait battu Kelly ce jour-là, qui n’était jamais facile à manœuvrer au sprint !
    Dhaenens, et…De Wilde !
    Mica, je devine que tu n’as jamais pédalé dans un peloton en compétition. Ce qui n’empêche nullement d’avoir une analyse, une bonne compréhension de la course…et des commentaires éclairés ! Mais ton histoire des 60 derniers kms qui suffiraient à avoir un résultat équivalent à l’arrivée de MSR est une méprise notoire. Tenir sa place dans un paquet demande des efforts, beaucoup d’efforts sur une classique de ce type. Peu sont réellement capables de garder leur place au milieu du peloton, ce qui veut dire qu’il faut remonter par les côtés, bouffer du vent, prendre des risques…et rien qu’en tension nerveuse, tu laisses de précieuses calories qui font parfois défaut en fin de course. Guimard analyse très bien le placement des protagonistes. Sagan est excellent dans son positionnement dans le paquet, avec ou sans équipiers. D’autres passent leur temps sur les côtés, derrière ou devant le paquet pour éviter les chutes et parce qu’ils ne sont pas en sécurité au milieu de 200 coursiers roues dans roues, lancés à 50 km/h…(comme le vieux c.., en queue de paquet, dimanche, LBA …!)

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  • noirvélo
    Soumis le 27 mars 2019 à 4:09 | Permalien

    Que ce soit Coquard , Barguil, Bouhanni , et même à un certain niveau Demare ou Bardet , ces gars qui au départ sont (assez) doués , ayant des résultats prometteurs sans être de haut niveau se font trop vite offrir des « ponts d’or » et des places privilégiées et protégées dans des équipes entièrement dédiées à leur cause ! (pour Bouhanni c’est simplement scandaleux un tel salaire pour une telle absence de résultats , même de participation aux courses !) … Un salaire correct à la base (le métier de coureur cycliste est difficile, je ne vous apprends rien !) et prime à la victoire , ça remettrait les pendules , les capteurs de puissance et les « égos » , à l’heure …

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  • noirvélo
    Soumis le 27 mars 2019 à 4:12 | Permalien

    Au moins « prime aux résultats » , parce que tous ces gamins n’ont plus si faim que çà …

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  • nikko
    Soumis le 27 mars 2019 à 4:30 | Permalien

    Enfin ! Enfin des commentaires intelligibles et éclairés. Merci aux derniers contributeurs, ça fait plaisir !

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  • alano39
    Soumis le 27 mars 2019 à 5:13 | Permalien

    Je suis surpris par certains commentaires sur la longueur des classiques.
    réduire la longueur est faire abstraction de l’ADN de ce sport qui est un sport d’endurance, de puissance, la confiance et de tactique.
    Aussi pour être un champion il faut développer toutes ces qualités pour gagner et dominer.
    D’ailleurs, à part quelques exceptions la maturité des champions est aux alentours de 25-28 ans. Le cyclisme moderne a quelque peu décalé cette maturité mais il demeure qu’un champion se travaille et est le fruit d’une longue maturation.
    La longueur de MSR est sa spécificité et quiconque a fait du vélo sait combien la distance influence son déroulé et les qualités requises pour gagner. Après 250 km nombre de coureurs sont émoussés et ne peuvent que suivre les meilleurs sans pouvoir influencer le résultat. Samedi sur le groupe de 12 seuls 3-5 coureurs étaient en mesure de jouer la gagne. Dumoulin dans son interview reconnaissait qu’il n’avait plus rien dans les jambes. Idem pour Nibali qui était devant en raison de sa science de la course et du placement mais pas sur sa forme. Idem pour Valverde qui était trop émoussé par l’attaque dans le poggio. Alaphilippe a identifié lesdits coureurs et joué au chat et à la souris avec eux sûr de sa force et de sa capacité à les aligner au sprint.C’est cette confiance qui l’a porté dans les derniers km. Celle qui a justement manqué à Sagan qui est encore juste. Car le premier grand perdant est Sagan qui mal placé (il craignait Valverde et Michal) lors du sprint a produit son jump trop tard. Sur les 100 derniers mètres il reprend plus d’un vélo à Alaphilippe; Imaginez le même sprint avec Sagan dans la roue d’Alaphilippe. Idem pour Michal qui revient aussi mais trop tard.
    En fait la victoire d’Alaphilippe est largement basée sur la confiance qu’il avait en sa force et sa capacité à gagner au sprint face a des meilleurs sprinteurs que lui sur le papier. Il faut être fort et lucide pour mener à bien cette tactique. Il l’était samedi et mérite cette victoire. Il n’a pas paniqué après l’échec de son attaque dans le poggio mais au contraire profité de la descente pour récupérer et gérer les 2 derniers kms comme un chef. Il est derrière dans la descente, observe ses adversaires et laisse Sagan et Michal assurer les relais pour maintenir le trou avec le peloton. C’était leur intérêt car sur le papier ils étaient les plus rapides. Il reprend Mohoric et lance le sprint à plus de 200 m sans se soucier de Sagan et des autres. Il a joué sa course en patron et a gagné de la plus belle des façons.
    La performance de Mohoric est à retenir car il était encore costaud sur la fin mais il a manqué de sang froid en lançant le sprint de trop loin. Il avait peur de Sagan et Michal au contraire d’Alaphilippe qui jouait sa propre partition sans tenir compte des autres.
    Un beau MSR et un beau vainqueur.

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  • Edgar Allan Poe
    Soumis le 27 mars 2019 à 7:41 | Permalien

    Oui, Alano. Grande course tactique, à diffuser en boucle dans les écoles de cyclisme, tous les protagonistes présents étant de fin tacticiens, voire … de vieux requins ! En fait, les écoles de cyclisme ne travaillent pas sur ce champ là. Du moins en France.
    J’ai juste un bémol concernant cette confiance démente en lui qu’affiche Alaphilippe, confiance qui doit aussi, dans une certaine mesure, étioler les certitudes des autres coureurs. Ça fait flipper de voir un gars aussi sur de lui, avec en plus le jump qu’il développe depuis quelques années. Rdv dans les Flandres ?
    Sagan fait peu d’erreurs tactiques. Sur le sprint, plus que son placement pas génial, son braquet le dessert !
    Et avant de lancer un sprint avec Valverde dans les roues qui n’avait pas mis un coup de pédale de la course, on se pose quelques questions !
    Mohoric a fait une très belle fin de saison l’an dernier sur les classiques italiennes. A suivre, mais l’association avec Nibali, Rohan Dennis, et même Pozzovivo pourrait s’avérer efficace en course par étapes.

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  • slam99
    Soumis le 27 mars 2019 à 8:41 | Permalien

    Pour ceux qui lisent l’anglais, un bel hommage de David Millar à MSR autour de Maurizio Fondriest.

    What Makes the Milan-Sanremo Such an Amazing Race

    «David, that’s bike racing. It’s always going to be hard, it will always hurt, you only have to feel good at the end.»

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  • Selsien
    Soumis le 27 mars 2019 à 9:46 | Permalien

    Le blog le plus l’fun à lire (autant les commentaires que la prémisse)… continuez comme ça, c’est du bonbon!

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  • plasthmatic
    Soumis le 30 mars 2019 à 5:10 | Permalien

    La Croix Fry, par ce petit matin de juin encore frais, on s’y sera mis de belles sensations de vitesse et de glisse, oui Laurent ! Eh, les autres, le taulier et moi, on a au moins deux points communs : on aime autant monter les cols que les descendre vivement, et puis, la casquette cycliste reste malgré tout notre couvre-chef favori.
    En revanche, je fais pipi beaucoup plus vite que lui, mais me douche beaucoup moins vite, putain Laurent, tu avais emmagaziné combien de litres au col des Fleuries, et comment tu fais pour ressortir des sanitaires aussi propre aussi vite ?
    Tu n’as pas oublié non plus la descente de la Croix de Fer pour se rendre au pied de l’Alpe, nous étions allés très très vite ce jour-là, au point de que tu retrouves dans la fournaise du bas ton ami passé qqs minutes avant toi au col. Très très vite, mais moins kiffant, en tout cas pas la plus à mon goût : trop souvent « droit », pas assez d’enfilades.
    Laurent, si un jour on a le bonheur de se trouver ensemble pendant une de mes « crises de Granon », ou « de Montgenèvre », sensations garanties !
    Message un poil personnel, pardon aux autres, mais c’est Laurent qui a commencé !

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  • Le Bourrin Ardéchois
    Soumis le 30 mars 2019 à 10:56 | Permalien

    Lâcher les freins dans la descente du Granon, non! Même poids plume!

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  • Dany
    Soumis le 31 mars 2019 à 6:58 | Permalien

    Dommage que le thème de la descente ne soit pas plus souvent abordé…La descente de Bonifazio est une bonne occasion avec son style battant; dans le genre,je ne me souviens que de 2 coursiers et dont la chute était prévisible: Ronan Pensec cité plus haut( Tour de France ?)et Chris Boardman dans le prologue du Tour à St Brieuc;il avait mis les roues pleines sous la pluie…

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