Les scandales du week-end…

1 – Affaire Puerto: « la Fédération espagnole a décidé d’arrêter les procédures de sanction à l’égard des inculpés dont Manolo Saiz, Ivan Basso et Jan Ullrich, la justice espagnole (en fait, le juge qui instruit l’affaire) lui ayant refusé le droit d’utiliser les documents comme preuves dans des procédures sportives »:http://www.lequipe.fr/Cyclisme/20061028_112949Dev.html. En clair, la Fédé ne peut utiliser les documents incriminant certaines personnes, la justice espagnole poursuivant l’enquête. Comme cela pourrait encore prendre des mois, la Fédé espagnole a simplement décidé de stopper – espérons temporairement – les procédures et aucun coureur ne sera donc sanctionné pour le moment.

Du coup, tout le beau petit monde interdit de départ sur le dernier Tour de France est lavé de tous soupçons, du moins pour l’instant. Évidemment, les suites ne se sont pas faits attendre, certains coureurs annonçant déjà leurs intentions de poursuivre ceux qui les ont – injustement affirment-ils – suspendu, ne respectant pas la présomption d’innoncence. Ca va être tout un bordel juridique et une manne pour les avocats que toute cette histoire, surtout qu’il demeure tout à fait possible que dans 6 mois, un an voire plus, la justice espagnole boucle enfin son enquête et autorise l’utilisation des fameux documents pour sanctionner sportivement les coureurs fautifs.

Imaginez la situation: Jan Ullrich est interdit de départ du Tour 2006, soupçonné d’être lié au docteur Fuentes. Six mois plus tard, la Fédé espagnole cesse les procédures. Ullrich est lavé de tous soupçons. Outre le fait qu’il intègre une équipe ProTour pour 2007, il poursuit à son tour ASO pour atteinte à sa réputation et pour combler un manque à gagner. Après un long procès, il gagne et ASO lui verse un million d’euros en dommages et intérêts. Deux ans plus tard, la justice espagnole boucle son enquête, Ullrich est accusé de dopage et trouvé coupable. ASO reprend à son tour des procédures pour reprendre le million d’euros versés en dommages et intérêts deux ans plus tôt, le coureur étant finalement coupable et leur décision de l’exclure du Tour 2006 légitime. Quel éventuel bordel ! Des années de plaisir pour le cyclisme professionnel…

Au moins, on peut toujours se réjouir de la réaction de Pat McQuaid qui est déçu de cette décision.

« Et Marc Madiot, qui en a gros sur la patate, et on le comprend! »:http://veloptimum.net/velonouvelles/6/ART/10oct/Humanite28.html Nous aussi…

2 – « Lu dans un article de L’Humanité sur le décevant non-lieu de l’affaire Puerto »:http://www.humanite.presse.fr/journal/2006-10-27/2006-10-27-839393: _Basso a été autorisé à recourir par sa fédération et Ullrich, qui a toujours nié s’être dopé, a annoncé mercredi que la justice espagnole avait officiellement décidé de ne retenir aucune charge contre lui. En privé, un médecin proche de l’Union cycliste internationale laisse entendre qu’il se « pourrait bien qu’on enterre l’affaire parce qu’elle dépasse le cadre du vélo et toucherait des sportifs prestigieux dont on ne veut pas voir apparaître le nom »._

Intéressant non ? Si tel est le cas, cela semblerait indiquer que l’UCI est peut-être menottée par d’autres intérêts ne touchant pas seulement le cyclisme mais aussi d’autres sports dont on ne veut pas voir l’image ternie…

Ou alors, c’est que l’UCI a des sérieux problèmes de cohérence, son président disant blanc alors qu’un médecin proche de l’organisation disant noir. Ce ne serait pas la première fois, et les cas se multiplient depuis peu. Pour preuve, « la position très ambigue de l’UCI quant à Manolo Saiz que Pat McQuaid ne veut plus voir sur le ProTour mais que l’UCI semble protéger par ailleurs… »:http://www.lequipe.fr/Cyclisme/20061027_223820Dev.html

Pour résumer, « ce petit extrait de nos collègues de Cyclismag »:http://www.cyclismag.com/article.php?sid=2779: _Manolo, que l’on donnait cliniquement mort, a été sauvé par la Commission des licences de l’UCI, qui a lui-même regretté cette décision. Le banni joue seul contre tous mais trouve des alliés surprenants. Pendant ce temps, Pat est au fond du trou. Des avocats du monde entier envoient des pelleteuses pour creuser toujours plus vite._

3 – Retour au Québec, dans un autre scandale, celui de l’accident ayant coûté la vie à Robert Brisson la semaine dernière. Les obsèques de M. Brisson ont eu lieu ce week-end et La Flamme Rouge a évidemment beaucoup pensé à tout cela au cours des derniers jours. Le chauffard est quant à lui toujours au large et c’est révoltant. Vraiment, on ne comprend pas.

4 – « On tourne à Cesenatico un téléfilm sur la vie de Marco Pantani »:http://www.velo101.com/photos/photodujour.asp?Numero=947. Produit par la RAI 1 et intitulée Il Pirata, ce petit film sera diffusé au printemps prochain en Italie. C’est l’acteur Rolando Ravello, qui s’est rasé le crâne bien sûr pour l’occasion, qui incarne le campionnissimo italien. On a tout ressorti pour re-créer l’accueil réservé à Pantani suite à sa victoire sur le Tour 1998: les vélos Bianchi, les voitures Mercatone Uno, les cheveux et la barbichette blonds, etc.

5 – « Première photo »:http://www.cyclingnews.com/photos/2007/tour07/?id=presentation2/CNTDF07pres-4 – à notre connaissance – de Richard Virenque, trois mois après une vilaine chute à vélo qui l’a laissé défiguré. La photo a été prise ou ? On vous le donne en mille: lors de la présentation du Tour de France pardi! Dans le passé _personna non grata_ d’ASO, le voilà aujourd’hui dans les bonnes grâces. Et M. Virenque arbore également le logo de l’équipe Quick Step – Davitamon. Est-il nécessaire de rappeler que les deux _public relations_ de cette équipe ont été au coeur de gros scandales de dopage dans leur carrière, Virenque et Musseuw ?

9 Commentaires

  • André Lemay
    Soumis le 31 octobre 2006 à 10:48 | Permalien

    Il parrait qu’il n y a pas que des cyclistes impliqués dans l’affaire Puerto, pourquoi les noms des autres athlètes ne sont pas dévoilés? Sans minimiser le dopage dans le vélo, il me semble que ça “changerait le mal de place”.

    André Lemay

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  • ronderg
    Soumis le 31 octobre 2006 à 1:19 | Permalien

    Peut-être que c’est parce qu’il n’y a que les fans de velo qui font des pressions, depuis 1998 surtout, pour se gaver de toutes les info possibles sur les affaires de dopage. Les autres fédérations ayant des vedettes impliquées dans l’affaire Puerto n’ont rien dit, n’ont rien fait. Et leurs fans à ces autres sports évitent ainsi d’être frustrés et désabusés.

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  • the K man
    Soumis le 31 octobre 2006 à 1:53 | Permalien

    En effet, c’est bien dommage qu’aucun autres noms provenant d’autres sports ne soit sortis du lot, cela mérite vraiment réflexion, l’UCI devrait faire pression dans ce cas. J’ai bien l’impression que si nous savions tous les noms impliqués dans ce scandale bien des gens serait “sur le cul” carrément. Le foot en Europe se sont des milliard$$$$ de piastes beaucoup plus que le vélo. Vous verrez l’affaire va être tué dans l’oeuf suite au pression des hommes d’affaires et des politiciens réputations oblige.
    De toutes façon qu’ils continus à ce doper ça donne un bon show c’est ce que les gens veulent voir…

    K

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  • insensé
    Soumis le 5 novembre 2006 à 6:47 | Permalien

    C’est en effet trés dommage que les affaires de dopage dans le cyclisme soient “relativisées” par la cruelle vérité que les autres sports à fric ne se trouvent pas [encore], assez souvent,en première page des magazines sportifs dans ce domaine.
    En tous cas je viens à l’instant de finir l’excellente enquête trés documentée de “L.A. Official”, et je ne peux que dire que dans des affaires criminelles, des centaines de personnes ont été condamnées par des tribunaux, avec même pas 10% des preuves qui collent aux cale-pieds du tricheur texan.
    C’est une démonstration qui ne permet pas la moindre contestation. Seul les aveugles ou les gens de mauvaises foi, voir les complices mafieux, trouveront à redire à cet ouvrage salutaire. A LIRE D’URGENCE quand on aime le vélo et qu’on souhaite le voir sortir de cette gangrène….. avant les autres sports.

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  • ronderg
    Soumis le 5 novembre 2006 à 6:19 | Permalien

    A part la mise en vente d’un X ème livre sur le dopage, je ne vois pas bien en quoi Armstrong est plus condamnable que ses principaux rivaux.

    Ah oui,
    …c’est vrai que lui, il a gagné plus souvent.

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  • insensé
    Soumis le 6 novembre 2006 à 8:43 | Permalien

    Il faudrait peut être lire le livre avant d’émettre ce genre d’avis à l’emporte pièce. Vous ne poseriez plus cette question car vous y trouveriez la réponse.

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  • Bark
    Soumis le 7 novembre 2006 à 8:12 | Permalien

    De la pub pour le suivi longitidunal français…

    NANTERRE (AFP) – L’actuel médecin fédéral de la Fédération française de cyclisme (FFC) Armand Mégret “m’a injecté mon premier produit dopant de ma carrière en 1994”, a affirmé mardi l’ex-coureur Philippe Gaumont, au deuxième jour du procès à Nanterre du dopage au sein de l’équipe cycliste Cofidis.

    Agé de 33 ans, Philippe Gaumont, aujourd’hui retiré du cyclisme, était interrogé sur la prise d’un corticoïde, le Kénacort, et les moyens pour le masquer lors de contrôles antidopages.

    Le juge assesseur Laurent Bougerie l’interroge.

    Le juge : “Quelle est la première fois que vous avez pris du Kénacort?”

    Gaumont : “Armand Mégret m’a injecté mon premier produit dopant de ma carrière en 1994”.

    Le juge : “Le même Armand Mégret qui est aujourd’hui médecin fédéral et vers qui remonte le suivi longitudinal (suivi médical des coureurs censé lutter contre le dopage, ndlr)?”

    Gaumont : “Oui”.

    Agitation de l’avocat de la FFC, Me Paul Mauriac, qui ne veut pas d’un “réquisitoire” avant l’heure.

    M. Mégret sera entendu comme témoin mercredi.

    Ex-coureur chez Cofidis de 1997 à 2004, Gaumont a reconnu la prise de produits dopants tout au long de sa carrière, précisant : “Je n’ai gagné qu’une course non dopé chez les professionnels, c’est le tour de Poitou-Charentes en 1994”.

    “Chez Cofidis, j’ai vu un seul coureur ne pas se doper, c’est David Moncoutié. Il a des qualités naturelles et il a eu le caractère de refuser”, a assuré Gaumont.

    Quant à l’avenir, il estime “difficile de faire bouger les choses” : “De toute façon, le vélo est dirigé par d’anciens coureurs, et qui dit anciens coureurs dit obligatoirement anciens dopés”.

    Dans cette affaire jugée jusqu’à vendredi, dix personnes, dont sept coureurs ou ex-coureurs, sont poursuivies, non pour un trafic de produits dopants mais plutôt pour “une somme de comportements individuels illicites dans un milieu fortement marqué par la prise de médicaments et de substances interdites”, selon l’enquête

    Sans commentaires…

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  • insensé
    Soumis le 7 novembre 2006 à 10:10 | Permalien

    C’est génial, vive la France. J’espère qu’on aura droit à d’autres scoop de ce genre.

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  • binzer
    Soumis le 7 novembre 2006 à 1:06 | Permalien

    Ca c’est incroyable. POurtant, sur France 2, il avait bien dit que tout les français étaient propres et que grace qu suivi longitudinale, il n’y avait que des grands champions…

    On m’aurait menti.

    C’est bizarre mais j’ai l’impression que certains vont dire de Gaumond qu’il est aigri parce qu’il n’a pas beaucoup gagné. Ou bien qu’il crache sur le système dont il a profité et qu’il n’ai ainsi pas crédible…

    Pourvu que les espagnols continuent leurs enquêtes afin de mettre tout les directeurs pro dehors.

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