Les nouvelles de la semaine

De retour de petites vacances à l’occasion de Nol, La Flamme Rouge a découvert vos mots d’encouragement et s’empresse de vous en remercier chaleureusement car ces mots nous ont touché. Nous voilà donc gonflés à bloc pour entamer une nouvelle année – et une nouvelle saison de cyclisme – qui, espérons-le, sera à la hauteur de nos attentes sportives. Et nous préparons l’édition 2005 de notre petit pool, qui sera dorénavant simplifié pour ne considérer que les épreuves ProTour. Les détails suivront sous peu !

Entretemps, quelques nouvelles d’intérêt ces derniers jours :

1 – un lecteur nous demande de parler du cas Cedric Vasseur, en soulignant qu’il s’agit d’un cas pas clair ou il semble y avoir eu manipulations. Rappelons que Vasseur a récemment déclaré à la presse que les cheveux analysés – analyses qui avaient décelées des traces de cocaïne – n’étaient en fait pas tous les siens. De plus, sa signature semble avoir été imitée sur certains documents. L’Inspection générale des services (IGS, police des polices en France) mène actuellement son enquête sur cette affaire plus que troublante. Il est dans ce contexte probablement trop tôt pour se prononcer formellement. On peut cependant déjà dire deux choses de cette histoire :

a) il est clair que certains flics – en France comme partout ailleurs – “montent” parfois de toute pièce certaines preuves dans des procès, pour des raisons parfois logiques (avancement, règlements de compte), parfois totalement incompréhensibles. Vasseur semble avoir été victime d’une telle situation, et c’est bien dommage pour lui. Cependant, ces situations sont assez rares et ne doivent pas nous faire perdre toute confiance en la justice. Il y a des flics qui font bien leur travail.

b) si les manipulations entourant Vasseur sont prouvées et les ripoux identifiés, il y a fort à craindre – et c’est dommage – que ce cas fournirait de précieuses munitions aux coureurs contrôlés positifs. Les procès seront probablement encore plus complexes dans l’avenir, les coureurs et leurs avocats pouvant alors référer au cas Vasseur comme preuve que des manipulations demeurent possibles. Les dossiers de la couronne devront probablement être encore plus bétonnés pour condamner un coureur, ce qui ne rendra pas la tche facile à ceux qui font les contrôles anti-dopage, à l’AMA, aux fédérations et à l’UCI, dans certains cas.

Bref, l’histoire Vasseur est une tache au dossier de la lutte anti-dopage et il y a lieu de nourrir des inquiétudes si les malversations sont prouvées.

2 – pour poursuivre dans la même veine, voici un bon article résumant bien l’année 2004 côté affaires de dopage.

3 – Le ProTour a déjà des impacts négatifs pour de petites équipes qui espéraient, comme les années récentes, se tailler une place sur certaines grandes épreuves par étapes d’une, deux voire trois semaines. Et on le comprend, un petit sponsor étant désormais privé du simple espoir que son équipe se “qualifie” pour un Giro ou une Vuelta par exemple. On peut être inquiet de cette situation, les nombreuses équipes de l’ancienne DN2 nous apparaissant un maillon fondamental du sport cycliste et un signe de sa vitalité. Nous pourrions rapidement en venir à la situation suivante, soit le renforcement des équipes et des épreuves ProTour (augmentation des cotes d’écoute, revenus générés plus importants, etc.) et l’affaiblissement considérable de tout ce qu’il y a en dessous (de moins en moins d’épreuves “continentales”, désintérêt des sponsors à ce niveau, chômage des coureurs nationaux, etc.).

4 – nous terminons en parlant de Lance Armstrong. Un lecteur nous écrit en nous encourageant à poursuivre notre travail, mais en émettant une mise en garde – surement très saine et pleinement justifiée – concernant notre objectivité lorsque nous traitons de ce champion. Nous tenons à vous dire que nous ne sommes pas “contre” Lance Armstrong et que nous n’entretenons pas de haine à son égard. Nous admirons en fait ce champion sous de nombreux aspects : qualités physiques remarquables et surtout mental à toute épreuve. Mais nous tenons à porter un sain jugement sur son compte, ce qui nous amène à parfois le critiquer. Les propos qu’on peut lire dans la revue américano-anglaise Cycle Sport (publiée par World Cycling Production) ou qu’on peut entendre sur OLN lors des reportages sur le Tour de France nous apparaîssent en effet très malsains et dépourvus de toute objectivité. Car il faut bien le dire haut et fort : non, Armstrong n’est pas le seul à “reconnaître” les étapes du Tour en mai ou en juin ; non, Armstrong n’est pas le seul à s’entraîner toute l’année durant ; non, Armstrong n’est pas le seul à “faire le métier” côté alimentation et hygiène de vie ; non, Armstrong n’est pas le seul à accorder un grand intérêt et une réelle curiosité à son matériel… Nous sommes convaincus qu’il faut se méfier des médias américains sur ce point, au même titre qu’il faut s’en méfier sur certains autres grands sujets d’actualité : la couverture est toujours partielle et très orientée. Bref, nous serons plus vigilants en 2005 dans nos propos concernant le champion américain, mais nous demeurerons aussi toujours critique à son égard lorsque nos connaissances nous laisseront croire que la vérité n’est pas soit toute dite, soit distordue.

Fouillez nos archives!