Les brèves

1 – Affligeant. C’est affligeant de lire les déclarations de Tyler Hamilton récemment. On l’entend en effet un peu plus ces jours-ci, ayant gagné la montée du Mt Washington et visant à obtenir une place sur la sélection américaine qui se présentera aux Mondiaux de Salzbourg.

Globalement, la défense d’Hamilton, qui consistait à attaquer la crédibilité et la fiabilité de la méthode de détection des transfusions, a échoué. Il affirme lui-même vouloir “mettre cette histoire derrière lui“. Il faut entendre “de toute façon, ma suspension est maintenant terminée alors je repars à neuf“. En fait, pourquoi pas ? Hamilton a purgé sa peine et ca lui a coûté cher : il a dû vendre 2 propriétés pour assurer les frais d’avocats. Sa réputation est à jamais ternie. S’il veut revenir dans le peloton après ca, pourquoi s’y opposer ? Espérons seulement que l’UCI l’aura à l’oeil…

Malheureusement pour lui, ce n’est probablement pas terminé puisque les preuves contre lui seraient accablantes dans l’opération Puerto: télécopies (factures pour cures et produits dopants) signées de la main de sa femme, agendas de dopage trouvé, etc.

Hamilton: une suspension n’attend pas l’autre…

2 – Tout aussi affligeant: Hamilton soutient Landis, affirmant qu’il a “confiance en lui”. Pour Landis, c’est très certainement la même galère que Hamilton qui commence désormais.

Les têtes roulent, les têtes roulent… Allez, petit tour d’horizon, juste de mémoire, des champions cyclistes “piqués” pour dopage depuis l’affaire Festina, ou sur lesquels de forts soupçons pèsent: Virenque, Zulle, Pantani, Armstrong, Ullrich, Basso, Hamilton, Heras, Aitor Gonzales, Millar, Landis, Musseuw, Camenzind, Perez, Simoni, Garzelli, Mancebo, Frigo. Du beau monde, hein ?

3 – L’UCI vient encore de rater une belle occasion de montrer qu’elle entend lutter fermement contre le dopage dans le cyclisme. Malgré les demandes de la majorité des équipes du ProTour à cet effet, l’UCI ne suspendra pas certaines équipes – Astana ou Phonak – très impliquées dans le récent scandale Puerto. Selon l’UCI, c’est aux équipes que revient le choix de suspendre ou non un coureur et à elles-seules de prendre les mesures qui s’imposent.

Aurait-on peur, à l’UCI, de se retrouver avec un ProTour de 15 équipes au lieu de 22 ?

Quel foutoir!

4 – Affaire Basso. Bjarne Riis, M. 60%, a affirmé aujourd’hui que l’avenir de Basso chez CSC était très compromis puisque pour que le coureur reste dans la formation danoise, il faudrait qu’il soit totalement blanchi. Riis n’a pas l’air d’y croire, il a certainement vu des documents émanant de l’affaire Puerto. Du coup, Basso est mal, très mal pour la suite. Des accusations seront probablement portées contre lui bientôt et une suspension de 2 ans devrait suivre.

Peut-on réellement croire que Riis n‘était pas dans le coup? Non, bien sûr. Il est même probable que ce soit Riis qui ait entrepris de “soigner” Basso à son arrivée chez CSC (rappelons-nous qu’Hamilton a aussi très bien marché lors de son passage chez CSC, tout comme Julich, le ressucité). Comment en effet expliquer sa métamorphose miraculeuse, notamment dans les cols ou il a adopté avec succès la méthode Armstrong ou l’oxygénation des muscles est capitale, et dans les clm ?

Peu importe, Basso s’est fait prendre, malheureusement, et Riis doit maintenant sauver l’image de son équipe. Car sans CSC, Riis n’est plus rien (et ca ne nous dérangerait pas…) et c’est le prix à payer pour être encore dans le ProTour l’an prochain. Les couteaux volent bas et le pauvre Basso doit maintenant lui aussi se sentir trahi.

Il sera intéressant de voir si les performances de la CSC seront moins impressionnantes dans les prochaines semaines, voire l’an prochain. Car il est probable qu‘échaudé, Riis fasse maintenant davantage gaffe lorsqu’il “préparera” ses coureurs. D’ailleurs, on a déjà vu une CSC beaucoup moins incisive sur le dernier Tour. Quelle Vuelta pour cette équipe ?

On rend enfin hommage à Basso ce soir pour sa conduite “low profile” depuis le début de toute cette affaire. L’homme s’est retiré chez lui sans faire de déclarations loufoques, sans essayer de justifier l’injustifiable. Bravo. On est loin de l’attitude de certains autres coureurs qui prennent les amateurs et le public pour des cons. Espérons que Basso poursuivra cette ligne de conduite jusqu’au bout, un peu à la Millar. Coupable peut-être, mais il conserverait une part de notre respect. Il en conserverait davantage s’il parle, s’il explique l’engrenage dans lequel il a été pris et à quel point c’est monnaie courante dans le peloton.

5 – Johan Bruyneel a prononcé aujourd’hui ses premiers mots intelligents depuis 8 ans, dénonçant le laxisme de l’UCI en matière de dopage. C’est bien la première fois qu’on est d’accord avec M. Bruyneel. Comique que ses déclarations surviennent au moment même ou son équipe ne gagne plus.

6 – Vuelta: ca commence samedi à Malaga, dans le sud de l’Espagne. À côté de toutes les affaires, la Vuelta revêt de peu d’intérêt cette année. Pourtant, beaucoup d’enjeux y seront présents: pour certains coureurs (Vinokourov, Mayo), il faut sauver une saison catastrophique. Pour d’autres, en fin de contrat, il faut absolument gagner afin de rester coureur l’an prochain. Pour d’autres encore, surtout les spécialistes de courses d’un jour, il s’agit d’un rodage en vue des Mondiaux ou d’une chance d’aller chercher sa sélection. Enfin pour quelques uns, comme Valverde, Pereiro, Menchov ou Sastre voire Danielson, l’occasion d’enfin gagner un premier grand tour à la “régulière”.

Car ca sera bien, à notre connaissance, la première fois qu’un grand Tour partira avec deux vainqueurs de grands tours “sur le papier” : Menchov (Heras dopé l’an dernier sur la Vuelta) et Pereiro (Landis dopé cette année sur le Tour)…

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