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Julien Gagné : « intégrer la planète vélo »

J’étais un peu en retard dans les nouvelles. Autrement dit, elle m’avait échappé celle-là : mon ami Julien Gagné, avec qui j’ai partagé une grosse sortie cet été entre Sherbrooke et le Mont Mégantic – avec Julien, c’est toujours des grosses sorties – courra en Division Nationale 1 (DN1) en France la saison prochaine, avec l’Espoir cycliste Saint-Étienne Loire (ECSEL). 

Alors j’ai voulu rattraper tout ça. 

LFR : Julien, ça y est, tu cours en DN1 l’an prochain en France.

Julien Gagné : oui, très heureux! Les choses ont commencé à bouger pour moi en septembre dernier, à travers diverses personnes dont des gens dans l’entourage de cette équipe de la Loire, mais aussi d’Israel Start-Up Nation. J’ai aussi fait des démarches personnelles. Bref, ça a fini par aboutir et je suis reconnaissant de cette opportunité. 

LFR : tu devais avoir quelques tests physiques cet automne également? 

JG : oui Laurent, mais la Covid-19 est venue tout compliquer. Du coup, j’ai échangé mes fichiers d’entrainement avec certains entraineurs proches d’équipes World Tour et on m’a confirmé que j’avais un niveau et un volume d’entrainement très proche de celui qu’on observe chez les coureurs de ce circuit. Ce qu’il me manque, c’est l’expérience de course en Europe et c’est précisément ce qu’ECSEL va me permettre d’acquérir. 

LFR : tu pars quand?

JG : probablement quelque part vers la mi-janvier, ça dépendra du premier camp d’entrainement de l’équipe et de l’évolution de la situation sanitaire bien sûr. Ces dernières années, le camp d’entrainement de l’équipe avait lieu au Portugal mais la Covid-19 vient tout compliquer cette année. La France est actuellement confinée, je crois que tout ça se mettra en place plus tard. Pas un problème dans mon cas, je suis facilement mobilisable rapidement. 

LFR : tu connais un peu ce qui t’attend là-bas?

JG : pas encore beaucoup. Je partagerai probablement un appartement dans la ville de St-Étienne, pas très loin de Lyon et près du Parc naturel régional du Pilat, possiblement avec d’autres coureurs étrangers de l’équipe. L’équipe a engagé un nouveau membre du staff, Clément Ceyret, avec qui je suis déjà en contact pour la suite. J’anticipe un camp d’entrainement, puis un calendrier de courses bien rempli car il y a beaucoup de courses possibles au niveau DN1 en France. 

LFR : le niveau va être relevé, ca c’est sûr.

JG : je le pense oui. Le peloton a davantage de profondeur qu’au Québec même si nous avons d’excellents coureurs ici aussi. J’aurai besoin d’une période d’adaptation c’est certain, mais j’arrive aussi avec un certain bagage et surtout, je suis en santé après mon opération subie en début d’année. Les Provinciaux en septembre passé ont prouvé que je suis de nouveau pleinement opérationnel, donc j’ai confiance. 

LFR : on dirait que l’horizon s’éclaircit un peu en ce moment pour l’élite d’ici : Premier Tech investit avec Astana, Israel Start-Up Nation a un petit volet canadien aussi, des recrutements sont envisageables à ce niveau et feront de la place juste en dessous, toi tu pars courir en France, ce sont de bonnes vibrations ca!

JG : oui, je suis d’accord avec toi. Les coureurs élite ici ont traversé une sale période, moi y compris avec mes ennuis santé. Mais soudainement, il y a de quoi être optimiste pour l’avenir. Maintenant, c’est à nous et à moi de jouer et d’avoir des résultats. 

LFR : tu comptes poursuivre tes études en graphisme? 

JG : j’en étais à débuter des stages en entreprise, ça sera forcément plus compliqué en étant en France. Je pars avec mon laptop certain, on verra ce qui est possible de faire. 

LFR : comment va l’entrainement?

JG : très bien, je suis en pause! Je suis dans ma coupure de deux semaines, après une saison 2020 où j’ai peu couru, Covid-19 oblige, mais où j’ai beaucoup roulé. Je pense que cette pause est nécessaire pour refaire du jus car l’an prochain, j’anticipe aussi une grosse saison de vélo. By the way, je garde un excellent souvenir de notre sortie sur Mégantic, tu avais bien roulé toi aussi cette fois-là. Confidence, y’en a pas beaucoup qui tiennent ainsi dans ma roue sur cette distance et sur ce dénivelé!

LFR : tu t’engages à nous faire vivre ta saison en DN1 de l’intérieur et en exclusivité sur La Flamme Rouge?

JG : certain! Ou plutôt, « c’est pas faux! » 😉

(crédit photo: Sébastien Hue)

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Les « guêpes jaunes » sur la Vuelta

  1. Jocleb

    Un autre Québécois qui a du cran. Les coureurs d’ici (hommes et femmes) sont d’une génération qui m’impressionne car ils veulent connaître leurs limites et savent où aller pour y réussir. Julien , je vais suivre ton cheminement, bonne chance !

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  2. Danny Cote

    A-t-il vraiment dit « du coup »? Ou c’est une transcription libre 🙂

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  3. rocheto

    genial l’ecsel. il va se régaler dans le pilat. défi 2021 trouver moyen de le saluer et l’encourager.

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  4. Edgar Allan Poe

    Bienvenu dans le coin ! On devrait se croiser sur les routes, mister Gagné.
    St-Etienne fut longtemps la capitale du cycles en France avec Manufrance. C’est déjà très vieux, mais le souvenir est toujours présent car cette industrie du cycles à elle toute seule sponsorisait l’ASSE lors de sa finale de coupe d’Europe malheureuse en 76. Il semble d’ailleurs que la ville ne se soit jamais vraiment remise de cette défaite.
    J’y ai été étudiant au début des années 90, et c’était la Mecque du cyclisme : toujours un gars avec qui rouler, la piste de Méons – en décrépitude aujourd’hui -, des pelotons cyclistes de tous les niveaux, des clubs, des courses …et des entreprises (Stronglight, Vitus, les cadres Mercier, les freins CLB…etc). Aujourd’hui, plus rien ou presque. Probikeshop a quitté le radeau il y a quelques années, même si un grand panneau publicitaire laisse croire qu’ils sont encore là.
    La ville est…moche comme elle l’a toujours été, le centre très paupérisé socialement, mais les gens y sont accueillants. Je n’aime pas faire de typologie concernant les habitants d’une ville ou d’une région, mais pour travailler souvent sur Lyon, c’est pas la même ambiance !!!
    Dominique Garde, un des grands équipiers, un gregario des 100 premiers kms. Trop oublié. Le gars est humble, comme Gilles Mas, sacré grimpeur qui participe à des grimpées chrono en tandem avec des aveugles, par exemple. Particularité de Dominique Garde : il a couru un tour de France en même temps que sa femme, Marielle, qui courait le tour féminin. Epoque mysogynie Madiot, Forza Longo !
    Julien, la région est bien pour rouler : la plaine du Forez dispose d’un vrai micro-climat. Les monts d’Auvergne sont à proximité et le Pilat est sympa mais pas très pentu non plus. C’est pas les Alpes, mais en cherchant bien, on arrive à cumuler du dénivelé dans des lieux un peu exotiques…Fait bien chercher, et bien regarder le revêtement de la route aussi…

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  5. Dany

    Les journalistes m’ont beaucoup déçu quand ils n’ont pas donné place au couple Garde courant le Tour de France en même temps. Le public aurait aimé cette histoire insolite. Quand certains demandaient à Dominique si c’était possible de faire le Tour de France à l’eau, il était étonné et répondait que c’était son cas…Grégario et meilleur Tour de France : 33eme !

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  6. ken

    Autre originalité: D Garde courrait le Tour de France en étant diabétique. Le régime dissocié scandinave avait éte suspecté…

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