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Grands prix de Québec et Montréal: le bilan

Petit bilan bien personnel des Grands Prix de Québec et Montréal.

1 – Succès populaire. Aucun doute possible, la foule présente à Québec gonfle d’année en année. J’ai assisté aux six éditions du GP de Québec et il est évident que de plus en plus de spectateurs se massent le long du parcours, particulièrement dans le Vieux-Québec. C’est un succès pour l’organisation qui a placé en haut de la côte de la Montagne un écran géant comme je le suggérais dès 2012. Bravo!

Malgré la pluie, une foule significative était également présente à Montréal.

Pas de doute donc, le cyclisme canadien se développe, de plus en plus d’habitants utilisent un vélo pour se déplacer ou s’entrainer, et c’est très bien ainsi!

2 – 2018. Autre preuve du succès des Grands Prix, la ville de Québec a renouvelé son appui à cet événement jusqu’en 2018. La ville de Montréal s’était déjà engagée jusqu’en 2019 l’an dernier pour sa part. Et le Gouvernement du Québec a également annoncé son appui financier – essentiel pour la viabilité financière – aux événements.

Voilà qui nous assure de la présence du World Tour pour quelques années supplémentaires, au moins. Le temps de poursuivre le développement du cyclisme canadien…

Il convient d’en féliciter l’équipe derrière ces Grands Prix cyclistes.

3 – Mondiaux. Par contre, la ville de Québec a dit non à l’organisation des Mondiaux de cyclisme, jugés trop chers. Trop chers, comme les Jeux Olympiques.

4 – Pluie. Vous êtes nombreux à déplorer l’absence de couverture télé lors des derniers tours du Grand Prix de Montréal, la pluie et les orages ayant forcé l’avion-relais des images télé à se poser.

Du coup, seules les caméras fixe dans l’aire d’arrivée pouvaient continuer de tourner.

C’était en effet très, très frustrant.

Si la météo peu collaboratrice n’est évidemment la faute de personne, je pense que l’absence de couverture télé aura tout de même nui à l’événement qui effectuait un « sans-faute » jusqu’à ce moment.

Qui plus est, la mauvaise météo était annoncée depuis 24h au moins.

Du coup, pourquoi ne pas apporter quelques modifications en vue de l’an prochain et prévoir installer davantage de caméras fixe à des endroits stratégiques des circuits de Québec et Montréal: côte de la montagne, côte des glacis, Camilien Houde voire Polytechnique. Avec 4 caméras fixe de plus, on peut pallier à une météo compliquée et assurer une transmission télé des phases clef de la course. À Québec, une caméra dans la Montagne, une au Glacis, une près du Château à l’amorce du dernier km. À Montréal, trois dans Camilien Houde et une dans Polytechnique, et le tour est joué!

5 – Pub. Ca reste lacunaire. Les postes télé ont la facheuse habitude, ces dernières années, de nous placer des annonces publicitaires – un mal nécessaire on le comprend – à des moments clef de la course, c’est à dire au bas de la côte de la Montagne à Québec ou au pied de Camilien Houde à Montréal.

Un conseil: diffusez autant de pub que vous voulez quand le peloton roule sur le boul. Champlain à Québec ou sur Côte Ste-Catherine à Montréal, mais pas dans les difficultés du parcours où la course se joue!

6 – Organisation. Sans réserve, irréprochable. Les coureurs le disent, les journalistes le disent aussi, tout est parfait au niveau de l’organisation matérielle des épreuves. On appelle ça la maturité et le professionnalisme.

7 – Live-feed. Bonne idée, l’organisation avait cette année un live feed! sur leur site Internet, permettant de suivre la course en direct via des « tweets ». Ce fut notamment très utile lorsque les images télé faisaient défaut lors du GP de Montréal.

Ces derniers étaient cependant trop peu fréquents à mon goût. Perfectible donc pour les prochaines années. Si vous voulez, je m’en occupe!

8 – Télé TVA Sports. Vous êtes nombreux à me faire parvenir vos commentaires sur la qualité du travail des animateurs entendus sur la chaine TVA Sports. Je vous invite à les faire parvenir à la chaine télé elle-même qui, si elle le juge adéquat, pourra non seulement prendre conscience du pouls du public, mais également apporter d’éventuels correctifs en vue de l’an prochain.

9 – Coureurs québécois. Auteur d’une saison tout à fait correcte, champion canadien en titre, Guillaume Boivin annonçait pourtant récemment être sans certitude pour un contrat pro l’an prochain et, dans ce contexte, envisager la… retraite.

Perso, je dis non! À 26 ans, ce serait un sacré gâchis. Il arrive à maturité!

Si l’expérience Cannondale n’a pas été concluante à mes yeux pour Boivin en 2013 et 2014, il ne fait également aucun doute que ce coureur peut obtenir de jolis résultats au plus haut niveau, notamment en usant de sa pointe de vitesse et de sa puissance.

Le plan? Il faut que Bora – Argon 18 lui fasse une place! Équipe sponsorisée notamment par une compagnie québécoise mais sans coureur d’ici cette année, la venue de Boivin chez Bora-Argon 18 serait un réel plus pour cette équipe sans grand sprinter d’ailleurs. Et la garantie d’un attrait plus grand encore du public d’ici pour cette équipe, donc pour les vélos de la marque Argon 18.

Hugo Houle a pour sa part re-signé pour deux ans chez AG2R-La Mondiale, une excellente nouvelle.

Reste Antoine Duchesne, qui vient de compléter la Vuelta, son premier grand tour. On devrait savoir aujourd’hui le nom du sponsor qui reprendra l’équipe Europcar l’an prochain. Duchesne aura-t-il suffisamment convaincu en 2015 pour rester au sein de l’effectif? Espérons notamment que les budgets seront suffisants pour ne pas contraindre l’équipe à des coupures dans le nombre de coureurs au sein de la formation en 2016.

10 – Derek Gee. Ce jeune coureur de la région d’Ottawa a terminé 2e du Critérium national de Montréal samedi, sous la pluie. Encore un coureur d’Ottawa-Gatineau… Gee est notamment champion canadien du chrono chez les… juniors cette année! Attention à lui dans les prochaines années, vous en entendrez encore parler. Je sais de quoi je parle!

11 – Rencontres. Ce qui est bien des Grands Prix cyclistes de Québec et Montréal, c’est qu’on y rencontre beaucoup de monde appartenant à la communauté des coureurs cyclistes d’ici. Mon moment fort du week-end a été de revoir Pierre-Étienne Grégoire à Québec, et d’échanger un moment avec lui. Authentique champion cycliste, coureur impliqué au sein des instances du sport, mais aussi victime d’une lourde chute dans la descente d’un col à l’entrainement l’an dernier en France alors qu’il était venu sur la Marmotte… avec moi, Pierre-Étienne a recommencé à rouler et à avoir des sensations. Lâche pas mon ami, bon retour, et j’ai déjà hâte de me faire lâcher par toi dans la côte St-Achillée très bientôt… pourvu que Claude soit derrière!

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15 Commentaires

  1. Roger Filion

    Excellent bilan. Très pertinent.

    Ce fut un plaisir de te croiser à Québec.

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  2. @Roger,
    Je t’assure, plaisir partagé! Merci de tes bons commentaires, et au plaisir de te revoir.

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  3. thierry mtl

    Bon bilan. Dommage pour l’absence de caméras de soutien.

    Une question existentielle sur : « the program ».
    Si Lance a dû se doper pour gagner le Tour et que l’acteur Ben Foster s’est dopé pour jouer son rôle à l’écran, est-ce que je dois me doper pour écouter ce film ?

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  4. @Thierry mtl,

    Excellent! Faudra probablement en effet que certains d’entre nous se dopent pour supporter ce film qui pourrait engendrer des réactions épidermiques incontrolables…

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  5. G.Lambert

    Laurent,

    As-tu idée ou le file The Program sera présenté?
    Je ne vois rien dans la région de Montréal

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  6. G.Lambert

    **film**

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  7. Nicolas

    Pile poil Laurent!

    On est tellement chanceux d’avoir ces courses ici.

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  8. Alain

    Je viens tout juste de découvrir votre site par hasard. Félicitations. Beaucoup d’informations, très bon résumé des courses et très belle plume. Facile de constater que vous êtes un passionné et un fin connaisseur du monde du vélo. Je vais soumettre votre nom à TVA Sports pour décrire et analyser les courses de Québec et Montréal l’an prochain.

    Continuez votre excellent blogue. Dorénavant vous serez ma référence.

    Alain

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  9. Marc-Antoine

    Salut Laurent,
    je suis de ton avis sur le fait qu’il serait vraiment dommage que Boivin se voit forcer à la retraite à un si jeune âge, surtout qu’il est l’actuel champion canadien. Et je crois aussi qu’il serait intéressant que Bora-Argon18 fasse de la place à 1 ou 2 Québécois ou Canadiens. Par contre il ne faut pas oublier que Bora-Argon18 a dans son effectif Sam Bennett qui jouie d’une sacré pointe de vitesse et d’un palmarès beaucoup plus intéressant que Boivin qui trop souvent me fait penser à un Tyler Farrar (plusieurs placettes mais incapable d’en accrocher une bonne). Alors pourquoi pas Boivin dans un rôle de poisson pilote comme avec Cannondale et Sagan qui à l’époque avait eu de bons mots pour notre québécois qui occupait se rôle.

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  10. Michel M

    Bennett est un sprinter de premier plan destiné à se battre contre les Bouhanni, Degenkolb et Kristoff dans les prochaines années ….

    Boivin se débrouille très correctement sur le circuit nord-américain mais sans plus.

    Il ne faut pas mêler les choses 🙂

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  11. Pierre Lacoste

    Désolé de te contredire, Laurent, mais même à Québec, où il faisait un temps magnifique, j’ai trouvé qu’il y avait moins de public que lors des années précédentes. À Montréal, bien sur, le temps exécrable a découragé une part des fans de vélo, mais vraiment, ailleurs que sur Camillien et au départ/arrivée, il n’y avait pratiquement personne, désolant. Une petite poignée de spectateurs sur la côte de la Poly, sans plus. Il faut faire le tour du circuit pour s’en rendre compte. Je me rappelle de foules plus denses en 1990-92 lors de la 1ère série pro alors qu’une année où il avait flotté sans cesse, il y avait plus de monde que dimanche dernier…et ça, c’était en octobre.

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  12. fredo

    Tout à fait d’accord avec le commentaire de Pierre Lacoste.

    J’ai constaté (3 amis ont émis la même opinion) qu’il y avait nettement moins de monde à Québec que les années précédentes. Arrivé à midi je suis resté sur le parcours jusqu’à l’arrivée . Je n’ai jamais eu autant de facilité à parcourir toutes les rues du vieux Québec de la ligne d’arrivée jusqu’à la Côte de la Montagne, la côte de la Canoterie, des glacis, rue saint-jean….

    Très désappointé de voir si peu de spectateurs (trices) avec une température idéale. Je n’ai pas d’explications sinon que attendre 20 minutes au tour si l’on est moyennement intéressé peut être long.

    Quant à l’impression de Laurent, peut-être est-t-elle surtout basée sur le départ et l’arrivée ou sans doute il pouvait y avoir plus de spectateurs?

    Je serais vraiment curieux de connaître l’estimation de la foule moyenne durant la course par rapport aux autres années

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  13. P. Lacoste

    Laurent, toi qui est familier de la scène cycliste dans la région de l’Outaouais, je me trompe ou Derek Gee est le fils de Jon Gee, un costaud parmi les «aînés»?

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  14. Johnny marr

    Si je suis entièrement d’accord que D Gee est un excellent coureur canadien. Il y a beaucoup de travail à faire. J’espère qu’il aura la patience. Il est temps de s’exiler. La campagne Américaine prouve cette approche sans équivoque. Les McNulty et Costa font des petites bouchées de nos coureurs. On sait aussi que D a du travail à faire en peloton (comme la plupart de coureur NA) les sélections européennes cherche des coureurs qui imposent au peloton. Une pratique très faible en Amérique. Ou les courses coude à coude sont rares. Regardez vous même les TT du World et la route ensuite chez les juniorS. Ca prend beaucoup de patience. Encore 5-6 ans d’acharnement.

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