En réponse à…

1 – En réponse à ses détracteurs, « Antoine Vayer nous signe ce vibrant appel à la clairvoyance »:http://www.geocities.com/veloepododo/art/6/9sept/Libe25.html devant non seulement les performances offertes sur le Tour de France, mais également sur celles observées à la Vuelta et durant les Mondiaux. Il est vrai que les Vinokourov, Bettini et surtout Cancellara ont offert récemment des performances allucinantes.

2 – Un lecteur a laissé un commentaire nous piquant au vif: ferait-on de la démagogie sur La Flamme Rouge ? On espère que non, notre souci étant certes de vous livrer notre opinion, mais en la basant sur des faits rigoureusement exacts. Ce lecteur laisse entendre qu’un suivi longitudinal existe à l’UCI. Après un nouvel examen du code anti-dopage de l’organisme, ainsi qu’un survol de celui de la Fédération Française de Cyclisme (FFC), voici ce qui semble être les faits, pour ne pas tout mélanger:

a) pas moyen de trouver sur le site de l’UCI une quelconque référence à un suivi longitudinal, ce qui correspond à notre première opinion: l’UCI n’a instauré aucun contrôle de ce type. On ne parle seulement que de « contrôles hors-compétition », ce qui est totalement différent. Ces contrôles ne sont opérés que sur un groupe-cible de coureurs, pré-sélectionnés (c’est loufoque!). Rien sur un contrôle indépendant et régulier de tous les coureurs. Ou alors, c’est rudement bien caché sur le site… et merci à nos lecteurs de nous donner le lien.

b) par contre, « on trouve aisément les documents sur le suivi longitudinal de la FFC »:http://www.ffc.fr/a_FFCsante/index.asp. Est exigé un examen médical complet annuel, plus 4 contrôles par an pour chaque professionnel. Chez les catégories « inférieures », c’est 3 suivis par an. Des médecins fédéraux sont en charge de l’analyse des résultats, pas les médecins d’équipe qui n’ont donc rien à voir là-dedans.

Si Philippe Gaumont parle en effet de la façon dont on peut contourner – plus difficilement – le suivi longitudinal français, il affirme cependant que la méthode a son efficacité.

3 – Excellent commentaire de Christophe Bassons à l’issue des récents Mondiaux et lu sur Cyclismag, rapporté de L’Humanité: « _Même si je suis détaché du milieu, je regarde toujours les classements des Français, c’est toujours un bon indicateur. J’ai été frappé que, dans le contre-la-montre de mercredi, le premier d’entre eux, Christophe Kern, ne se classe que 41e. En 1996, à la grande époque de l’EPO, j’avais quand même réussi à faire 15e. Je me pose toujours des questions…_ » Christophe Bassons, c’est une véritable victime du dopage et il convient de ne pas l’oublier, lui qui a choisi l’honnêteté et le respect du sport.

4 – Abonnés au magazine anglais Cycle Sport, excellent à ses premières heures (de 1993 à 2000 environ), on va de déceptions en déceptions depuis 4 ans. Ce fut d’abord, ces dernières années, un magazine ressemblant plus à une ode dithyrambique vouée à Lance Armstrong : certaines années, on a compté jusque 9 pages couvertures sur 12 numéros avec sa photo! Depuis sa retraite, le magazine étire évidemment la sauce, nous servant des restes du champion: « what Lance did this month », etc. On vient d’atteindre le comble de l’hypocrisie avec le numéro d’octobre 2006 intitulé modestement « The Clean Issue »:http://www.cyclesport.co.uk/. Après des années à n’avoir consacré qu’un entre-filet aux affaires – pourtant nombreuses – de dopage pour protéger l’image du cyclisme et donc ses ventes, voilà que le magazine met sur pied une campagne pour le « Drug Free Bike Racing » en distribuant des petits bracelets façon campagne LiveStrong du champion américain! Ramassis de voeux pieux, le magazine n’offre que peu de solutions viables au problème du dopage, étalant un travail bâclé aussi navrant que fâchant et témoignant d’une certaine ignorance. On est sévère, mais y’en a marre.

Bref, on recommande fortement à tous nos lecteurs d’acheter plutôt le magazine « ProCycling »:http://www.procycling.com/ si un choix doit être fait. Ce dernier nous semble beaucoup plus objectif et plus réaliste dans son traitement de l’information du monde du cyclisme, notamment en matière de dopage.

13 Commentaires

  • polo
    Soumis le 26 septembre 2006 à 7:57 | Permalien

    http://www.uci.ch/imgArchive/Road/Health/programme%20exa%20route%20angl-2006.pdf

    C’est le meme programme depuis 1999.
    Et comme le suivi francais, il n’a toujours pas sanctionné un seul coureur. Au mieux, il sert a identifier des coureurs a suivre de plus pres, ou a donner des certificats pour données anormales. (ex. hématocrite naturellement élevée)

    Des doutes? Contactez le DR Zorzoli.

    PS: Ce n’est pas personnel!

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  • Rafaël
    Soumis le 27 septembre 2006 à 4:07 | Permalien

    Si les cadors étaient couverts par l’UCI, Valverde n’aurait pas été contrôlé trois fois en 24 heures la semaine précédant les championnat du monde. Soit dit en passant, il commence à y avoir beaucoup de fumée autour de la maison du prodige de Murcie…
    Quant à Bassons, “victime du dopage”, soyons lucide : ce type s’est complu dans un rôle de monsieur propre trop grand pour lui jusqu’à rendre sa carrière sportive invivable. Pour moi, c’est avant tout une victime des médias… et d’Antoine Vayer qui lui a fait croire qu’il suffisait d’avoir pour une grosse VO2 Max pour gagner des courses. Eddy Seigneur, quatre fois champion de France du CLM à l’eau claire est une bien plus grande victime que Bassons : lui a au moins prouvé quelque chose sur la route, et peut légitimement croire que son palmarès aurait été plus grand sans l’EPO. Et puis comme le dit ce cher professeur Ferrari : “La route est très loin du laboratoire (sic)”.

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  • alex
    Soumis le 27 septembre 2006 à 5:48 | Permalien

    Si on peut légitimement s’étonner de la performance de Cancellara (50km/h) que doit-on alors penser de certains coureurs Québecois dans les catégories “maitres” qui roulent à 44/45km/h sur 40kmhs??????

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  • Mario
    Soumis le 27 septembre 2006 à 6:24 | Permalien

    Et qu’est que l’on pense du système instaurer chez T-Mobile à LFR ?

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  • Bark
    Soumis le 27 septembre 2006 à 7:37 | Permalien

    LFR ne fait pas de démagogie mais ne va pas loin dans ses conclusions.
    Quand Laurent cite Antoine Vayer, le suivi longitidunal français et Bassons, c’est un peu contradictoire. Vayer estime que les meilleurs français du Tour 2006 sont dopés, or Bassons estime le contraire (DESSEL par exemple). Or aucun contrôle positif français n’a été enregistré. Les français seraient clean grâce à leur suivi longitidunal! Deux athlètes français ont été contrôlés positif sur des meetings! Un champion du monde d’athlétisme a été inculpé par la police. Je trouve tout de même bizarre que ce suivi n’ait pour l’instant rien révélé comme tricheurs.

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  • Antoine Bourdelle
    Soumis le 27 septembre 2006 à 7:47 | Permalien

    Cher Rafaël, vous ne semblez pas connaître le cyclisme français, mais à 22 ans, Christophe Bassons était le meilleur coureur français en amateur. Lors de sa première course chez les pros dans l’équipe “Force Sud” il a effectué une échappée fleuve et s’est fait reprendre à 4 km de l’arrivée, ensuite, il a eu réellement d’excellents résultats (étape au Dauphiné…), mais sans jamais être accepté dans le clan des dopés chez Festina. Nul doute que s’il avait cédé, il aurait obtenu un super palmarès.
    Il n’a tenu ce rôle de monsieur propre qu’à partir de 1999 quand Madiot a voulu en faire un exemple. Ça a duré 6 mois, jusqu’au Tour de France ou Armstrong lui a dit qu’il faisait du mal au cyclisme… Carrière de quatre saisons. Pas trop le temps de bâtir le même palmarès qu’Eddy Seigneur.
    Quand allez-vous arrêter d’excuser systématiquement le dopage ?

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  • Rafaël
    Soumis le 27 septembre 2006 à 9:15 | Permalien

    Ça mon cher Antoine, c’est la “légende dorée”. Je n’excuse nullement le dopage mais les discours puritains et manichéens sur ce problème complexe qui va bien au-delà du cyclisme, me semblent un peu vains. Et j’avoue que le côté “curé” de bien des tenants de la lutte anti-dopage est souvent des plus agaçants. Il en va ainsi de votre geste bassonienne qui pour moi est à peu près aussi naïve qu’un éloge de Lance Armstrong par Jean-René Godard. Or la vie, c’est la nuance, le tiers inclus oserais-je même dire en étant volontiers un peu pédant. Le ET/OU, c’est très bien dans les cours de récréation et puis, voyez-vous, on vieilli et on découvre le ET/ET.
    À moi maintenant de jouer au curé. Il n’y a pas dans ce bas monde des bons et des méchants. Le curseur glisse parfois plutôt dans un sens que dans l’autre mais tout peu aussi bien changer l’instant d’après. On peut être un tricheur ET un héros. Un brave type ET un lâche. Un dopé ET un grand champion. Un non dopé ET un raté. Et puis, méditez celle-là tant qu’on y est: un dopé ET un non dopé (ce n’est pas de la rhétorique…).
    Mais la posture du procureur est la plus facile. C’est celle du puritain. Tout est tellement simple dans un dossier instruit à charge. Limpide. Facile. On a avec soi la belle image. On est avec les bons, contre les méchants.
    Entendons-nous bien, chacun peut avoir son point de vue mais le débat est tellement plus sain quand on se débarasse de la tentation de juger.

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  • Antoine Bourdelle
    Soumis le 27 septembre 2006 à 10:47 | Permalien

    En l’occurence cher Rafaël, c’est vous qui êtes le procureur de Bassons. Je ne comprends pas ce qu’on peut reprocher à ce garçon.

    Un tricheur/menteur/mafieux comme Armstrong qui a ammassé une fortune colossale par son vice, ça suscite moins le respect qu’un gars qui est resté honnête et qui se retrouve maintenant prof d’éducation physique.
    Pour citer Rostand : “ne pas monter bien haut peut-être, mais tout seul”

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  • Thierry Lemaire
    Soumis le 27 septembre 2006 à 11:02 | Permalien

    il est vrai qu’ on peut parfaitement gagner des courses et se bâtir un palmarès en se dopant. même que c’est bien plus commode. pourtant, le postulat de base de la compétition sportive veut que les concurrents s’affrontent de manière loyale, sans transgresser les règles. quand on les transgresse, on est disqualifié.

    quand vers 1994, armstrong a compris que certains coureurs européens avaient recours à l’EPO, que n’a-t-il dénoncé cela publiquement plutôt que de rentrer dans le rang et de faire de même ? la réponse est claire : l’appât du gain, la facilité, la soif de gloire, George Lucas dirait le côté obscur “plus facile, plus rapide, plus séduisant”. Sans doute Lance Armstrong ferait un personnage de cinéma fascinant, mais du strict point de vue des règles sportives, il n’est pas un champion. Il est un escroc.

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  • bikelarue
    Soumis le 27 septembre 2006 à 11:54 | Permalien

    L’escroquerie dans le sport est généralisée, Armstrong n’est pas seul et nous le s’avons tous.

    Notre société n’est pas prête a avouer la pratique généralisée du dopage.

    Il ne faut pas oublier que le cycliste dopé doit faire quand même le métier. Ce qui m’impresionne le plus dans ce sport c’est la maigreur des athlètes.

    Moi je suis encore plus sévère lorsque je compare avec les joueurs de baseball, de hockey, etc. Tous ces sports ou les athlètes ne sont pas obligés de faire le métier. Eux m’apparaissent de vrai escrocs, c’est rire du monde mais personne n’en parle.

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  • antoine Bourdelle
    Soumis le 27 septembre 2006 à 4:01 | Permalien

    Évidemment on cite Armstrong simplement parce que c’est le cycliste qui a le plus profité du dopage. Mais il n’est évidemment pas le seul.
    C’est pour cela qu’il faut soutenir tous ceux qui refusent le dopage et arrêter de les critiquer parce qu’ils “ne font pas le métier”. Cette expression signifie d’ailleurs “prendre des produits dopants”.

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  • Rafaël
    Soumis le 28 septembre 2006 à 2:08 | Permalien

    A 22 ans Saint-Bassons était “le meilleur coureur français en amateur”. A 22 ans, Lance Armstrong, qui, si l’on en croit Frankie Andreu, ne connaissait pas encore le dopage, était champion du monde Élite à Oslo…
    Et puis cher Antoine, le jour où vous ou l’un de vos proches sera guéri d’un cancer grâce aux dollars investis dans la recherche par la LAF, vous vous apercevrez qu’un “tricheur-menteur-mafieux” (n’en jetez plus !) est parfois tout aussi utile aux autres qu’un brave professeur d’éducation physique. C’est curieux d’ailleurs cette fixation sur Armstrong et les dollars alors qu’il est précisément le seul sportif de cette envergure (à part peut être Schumi) à avoir autant redistribué ses gains.
    Quitte à brûler des cierges en l’honneur d’un Saint autant choisir un Saint efficace, non ?

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  • antoine Bourdelle
    Soumis le 28 septembre 2006 à 2:51 | Permalien

    Rafael vous justifiez le dopage parce qu’il permet de financer la lutte contre le cancer. Cet argument est lamentable et scandaleux. Personne n’a interdit à Armstrong de gagner le Tour de France 7 fois sans se doper et de reverser son argent à la recherche. Mais voilà, il ne l’a pas fait.

    j’explique les mots que j’ai employés : tricheur parce qu’Armstrong a eu recours au dopage et que c’est interdit par les règles du cyclisme. menteur parce qu’il n’a cessé d’affirmer au grand public qu’il ne s’était jamais dopé. Et enfin mafieux parce qu’il a utilisé des moyens de pression sur de nombreux acteurs du monde du cyclisme pour qu’ils se taisent (Lemond, Simeoni, Bassons, les anciens employés de son équipe)
    J’y ajoute si vous le voulez bienfaiteur de l’humanité.

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