Dopage: ca continue…

1 – « Il faut absolument lire cet interview passionnant avec notre collègue et ami Antoine Vayer »:http://www.liberation.fr/page.php?Article=385715, aujourd’hui professeur d’éducation physique et sportive en France et anciennement entraîneur de l’équipe Festina au temps de la belle époque (avant 1998). Vayer nous parle de l’époque où il cotoyait Manolo Saiz qui occupait un peu les mêmes fonctions que lui mais dans une équipe espagnole. Il nous parle également des méthodes d’entrainement de Saiz et des performances actuelles des coureurs, notamment sur le dernier Giro. Ca fait froid dans le dos. Extrait: (…) _nous calculons à AlternatiV les vitesses ascensionnelles de plus de 1 500 mètres par heure d’un Ivan Basso, et pour ne prendre que lui par exemple, lors des dernières étapes du Giro qui vient de se terminer. Quand je vois ça, je me dis que nous étions vraiment des minables chez Festina, pourtant première équipe du monde survitaminée_.

Tout cela encore une fois pour vous permettre d’être des observateurs, des fans éclairés du cyclisme.

2 – Affaire Armstrong. « Le rapport indépendant de l’avocat en charge d’enquêter sur l’affaire Armstrong dévoilée dans le journal L’Équipe en août dernier a été rendu public »:http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3242,36-778294@51-778298,0.html. Ca ne surprendra personne, le rapport disculpe Armstrong sur toute la ligne. À sa lecture, son auteur, un néerlandais (rappelons que le rapport avait été commandé par Hein Verbruggen, à ce moment président – de nationalité néerlandaise – de l’UCI…) qui s’appelle Emile Vrijman, évoque un comportement incohérent à l’égard des règlements régissant sur le plan international les contrôles anti-dopage pour justifier ses recommandations de ne pas entreprendre de mesures disciplinaires à l’égard du champion américain.

C’est allucinant et revoltant puisqu’on s’en tient encore et toujours aux procédures. Combien de scandales de dopage ont-ils été évités simplement en évoquant les vices de procédure? La beauté de l’enquête menée par L’Équipe était justement de sortir des sentiers battus – et inefficaces – pour démasquer les tricheurs. Car la vérité demeure : le labo de Châtenay-Malabry et les journalistes de L’Équipe ont fait la preuve scientifique et hors de tout doute qu’Armstrong utilisait bel et bien de l’EPO lors du Tour de France 1999. Point à la ligne. C’est tout ce qu’on doit retenir. Le rapport publié aujourd’hui ne fait que ré-affirmé qu’on ne peut poursuivre Armstrong, les procédures internationales de contrôle anti-dopage n’ayant pas été respectées.

Le plus comique dans cette histoire est que « l’UCI déplore aujourd’hui la façon dont ont été rendues publiques les conclusions de l’avocat »:http://permanent.nouvelobs.com/sport/20060531.REU28145.html?1546. À l’UCI, on estime que toutes les parties impliquées n’ont pas été informées avant que des commentaires publics ne soient faits sur le contenu du rapport. Ici encore, le focus est mis sur les procédures, toujours les procédures. Les avocats sont ravis, ils empochent au passage, et les coureurs pros aussi, ils sont blanchis dans l’affaire. La vérité dans tout ca? Pas important, la vérité…

Évidemment, le communiqué d’Armstrong ne s’est pas fait attendre. « Avez-vous réellement besoin de le lire pour en connaître son contenu? »:http://www.sport365.fr/depeches/filinfo_119116_1349_Dopage-Armstrong-se-rejouit.shtml

3 Commentaires

  • buju banton
    Soumis le 1 juin 2006 à 1:06 | Permalien

    Hello

    Je passe TOUS les jours sur la flamme rouge.
    J’apprécie votre mordant, votre réactivité et même votre cynisme.
    Je déplore cependant qu’aujourd’hui encore vous ayez oublié votre objectivité.
    J’admet que l’environnement actuel est peu propice à la prudence, mais cependant, la moindre des choses serait de lire le rapport avant de se contenter de diatribes péremptoires et de citer les communiqués de l’UCI, de l’AMA ou de M. Armstrong.
    J’insiste : avant de vous prononcer, vous auriez au moins pu accorder le bénéfice du doute à MMs Vrijman (ancien responsable de NeCeDo), van der Veen (scientifique au Dutch Metrology Laboratory) et Scholten (avocat de sportifs) avant de réagir très précisément comme Armstrong l’avait fait en 2005, soit de la manière la plus ridicule et la plus simpliste qui soit, à savoir : crier au complot généralisé.

    J’ai actuellement ledit rapport sous les yeux. Figurez vous que sur les 130 pages, plus de 70 pages sont consacrées exclusivement aux résultats desdites analyses : il ne me semble donc pas (mais bien sûr, je peux me tromper, je n’ai pas fini de le lire) qu’il soit exclusivement consacré à des points de procédure. Par contre, à première vue, et celà, quoi que vous en disiez, est primordial, le rapport semble se pencher en profondeur sur des problématiques de protocoles. Cela peut sembler être du verbiage, voire, à certaines personnes convaincues de la culpabilité d’Armstrong, une façon d’éviter les vraies questions ; c’est totalement faux : je suis scientifique de formation et j’exerce une profession dans un domaine scientifique, et je peux vous assurer qu’aucun scientifque n’accepterai en principe de valider les résultats d’une expérience si le protocole n’est pas RIGOUREUSEMENT documenté et respecté.

    Je vous enjoins donc de faire comme moi si vous tenez à vous prononcer sur le sujet, soit de lire le rapport. Il est possible bien sûr qu’à la fin de sa lecture, je vous rejoigne sur le fait qu’au finale ça n’est que du vent. Mais au moins, je l’aurai lu.

    buju banton

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  • Didier
    Soumis le 1 juin 2006 à 3:03 | Permalien

    Ce qui serait sympa, ce serait de mettre en ligne le lien permettant de consulter ce rapport dans son intégralité.
    Etant biologiste de formation, ces histoires de protocole m’intéressent, mais je pense ne pas être le seul.
    En tout état de cause, les résultats permettant de mettre en cause Lance Armstrong ont été obtenus dans le cadre d’expérimentations visant à améliorer les protocoles. Ils ne pouvaient donc en aucun cas être considérés comme validés comme méthode reconnue puisque aucun autre laboratoire n’avait testé et validé la méthode. Je ne sais même pas si elle a fait l’objet d’une publication dans une revue scientifique reconnue. Peut-être quelqu’un a t’il des informations à ce sujet?
    Par contre, une chose est sûre, compte-tenu de la renommée internationale du laboratoire français, je pense que les résultats divulgués par l’Equipe sont solides d’un point de vue scientifique et sans pour autant constituer une preuve juridique (du fait de cette absence de validité) constituent pour moi une preuve scientifique.

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  • Alakazoo
    Soumis le 1 juin 2006 à 6:24 | Permalien

    http://www.velonews.com/media/report1999.pdf

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