voet.jpgLa Flamme Rouge a récemment terminé la lecture de l’ouvrage « De la poudre aux yeux – le dopage dans le cyclisme… ca continue« , écrit par Sylvie Voet, la femme de Willy Voet, ex-soigneur de l’équipe Festina par qui le plus grand scandale de l’histoire du cyclisme à ce jour éclata, en 1998. Cet ouvrage de 237 pages a été publié aux éditions Michel Lafon en 2004. Voici notre compte-rendu critique de l’ouvrage.

Il se dégage de la lecture du livre une désagréable impression d’avoir été en fait floué par le titre puisqu’il n’est nullement question de présenter des faits suggérant que le dopage massif et à grande échelle s’est bel et bien poursuivi au delà de l’affaire Festina. Au lieu de cela, l’auteure se livre à un véritable règlement de compte avec ceux qui, Richard Virenque en tête, ont littéralement laissé tomber son mari le jour ou il a été piqué avec une impressionnante cargaison de produits dopants au moment de s’embarquer pour l’cosse, lieu du départ du Tour cette année-là. Si on peut comprendre que Mme Voet en a encore gros « sur la patate », on demeure déçu nous aussi d’avoir été ainsi berné par un titre plutôt prometteur…

Le livre comporte toutefois, dans sa deuxième partie, des éléments intéressants nous faisant vivre le procès Festina de l’intérieur. Les révélations qu’on présente sur le dopage dans le monde du cyclisme ne sont pas nouvelles, mais toujours saisissantes. Extrait : « En 1997, cela faisait déjà trois ans que les coureurs se chargeaient comme des mules. Le système était tellement rodé qu’aucun contrôle, même inopiné, ne faisait trembler Bruno Roussel. Je m’en inquiétais pourtant régulièrement : « ca fait quatre ans que les coureurs se piquent et il n’y en a jamais un de positif. En plus, vous ne planquez aucun produit ». À chaque fois, Willy se moquait : « Ils ne sont pas près de nous prendre au contrôle, s’esclaffait-il. Regarde, en mars 1997, ils ont fixé le taux d’hématocrite légal à 50%. Nous sommes déjà tous à 54%. En cas de descente des contrôleurs, il suffit d’une perfusion d’eau salée et de quelques exercices nocturnes pour faire baisser le taux à 50% en une vingtaine de minutes. Et puis leurs machines sont encore incapables de détecter les hormones de croissance. D’ici à ce qu’elles le soient, on sera passé à autre chose de plus performant et de tout aussi indétectable, crois-moi » » (p. 190-191).

Par contre, la première partie du bouquin est plutôt ennuyante puisque l’auteure y étale sa jeunesse et ce qui l’a amené à suivre le vélo et à rencontrer Willy Voet. Pas spécialement intéressant, surtout qu’on donne plutôt dans le genre groupie…

Bref, ce bouquin peut éventuellement plaire au profane qui n’aurait à peu près rien lu sur le dopage dans le cyclisme. Il pourra y percevoir l’ampleur du problème, bien que des livres comme Secret Défonce d’Erwan Manthéour ou Positif de Christophe Bassons demeurent à cet égard beaucoup plus recommandables. Quant au connaisseur, il sera forcément déçu de l’ouvrage car il n’y aura rien appris, sinon quelques anecdotes entourant le procès Festina.

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