Comment gérer les entrainements d’équipe?

C’est un phénomène archi-classique dans le cyclisme amateur: les sorties d’entrainement en équipe lors des week-ends qui deviennent de véritables championnats du monde!

Et sur le sujet, notre bible à tous, à laquelle j’adhère bien évidemment, The Rules, est désespérément muette.

Comment diantre éviter que ces sorties d’entrainement entre coéquipiers d’une même équipe cycliste amateur deviennent de véritables parties de manivelles?

Mon équipe a eu une réponse heureuse: l’organisation, grâce à des personnes dévouées qui se reconnaitront, d’entrainements d’équipe structurés, composés d’intervalles à faire individuellement sur des portions de route bien définies. La formule est parfaite: chacun peut ainsi se défoncer lors des intervalles, et une fois la série complétée, tout le monde se regroupe pour rentrer ensemble. On reconnait alors les tire-au-flanc à ceux qui ont encore de l’énergie pour rouler fort lors du retour de la séance d’intervalle, et on les laisse ainsi s’humilier en public…

C’est donc parfait, mais c’est sur semaine.

Que fait-on le week-end, lors de ces sorties d’entrainement plus longues, sur des parcours plus éloignés, permettant par exemple de couvrir 100 ou 125 kilomètres, le temps étant moins compté que durant les soirs de semaine?

J’avoue ne jamais avoir trouvé la formule parfaite!

Un sain équilibre doit être gardé entre « sortie payante » et « championnat du monde » préjudiciable à l’atteinte d’objectifs précis. Car trop souvent, ces sorties se font à la moyenne, donc sur un rythme élevé mais sans vraiment de gros changements de rythme. Pas l’idéal pour briser l’effet diesel et préparer une équipe à affronter la compétition de haut niveau, elle-même faite essentiellement de changements violents dans l’allure.

L’homogénéité du groupe est évidemment la clef, mais cette homogénéité est plus difficile à atteindre au sein d’une équipe amateur qu’au sein d’une équipe pro. Les conditions physiques varient, de même que les qualités de chacun. Et puis, personne n’est payé, donc l’autorité ne fonctionne pas de la même façon qu’au sein d’un groupe professionnel.

Comment ca se passe dans votre équipe? N’hésitez pas à partager vos expériences, la meilleure formule existe probablement quelque part!

5 Commentaires

  • Arnaud D
    Soumis le 14 octobre 2015 à 4:45 | Permalien

    Vaste problème !
    A l’échelle de mon club, on fonctionne de la façon suivante pour les sorties dites « de volume » :
    – publication du parcours et du contenu de l’entrainement à l’avance sur Strava. Ça permet de ne perdre personne et de prévoir où couper pour ceux qui pensent à l’avance être trop justes
    – sur le plat, on fait 2 files et on change le binôme de tête toutes les 5 minutes environ, à ajuster au fur et à mesure de la sortie où les plus faibles sauteront leur tour et les plus forts resteront plus longtemps en tête
    – en bosse, chacun monte à son rythme et ceux qui arrivent en haut en premier font demi-tour pour aller chercher le dernier (qui doit savoir qu’il est le dernier et en informer ceux qui redescendent)
    – en cas de crevaison, on laisse une personne avec celui qui a crevé pour l’aider et les autres font un aller-retour de 5 minutes pour ne pas prendre froid bêtement à attendre.

    Pour les exercices plus spécifiques, ils se font sur une montée ou un secteur défini à l’avance. Un programme est suggéré mais chacun est libre de faire ce qu’il souhaite dans la mesure où la durée totale de l’exercice est cohérente avec le reste du groupe. On se rend ensemble à l’endroit défini en s’échauffant et ensuite, chacun fait ses séries d’effort comme il l’entend et une fois l’exercice terminé, on rentre ensemble en appliquant les différentes règles énoncées ci-dessus.

    Grosso-modo, les règles de base sont « programmation » et « information ».
    Le prérequis concernant l’homogénéité du groupe est que les plus faibles doivent être capables de tenir dans les roues sur la plat lorsque les plus forts sont en tête à allure tempo (environ 65% de PMA). Dans les faits, ça veut dire qu’il fat moins d’une zone d’intensité en terme de décalage de niveau entre le plus fort et le plus faible.

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  • Patrick
    Soumis le 14 octobre 2015 à 5:44 | Permalien

    Laurent, pour les sorties longues. Si la géographie le permet, il y a la solution des grosses bosses, voire des cols. Ca fait une belle balade, chacun monte comme il veut, et on redescend chercher ou on attend au soleil s’il est chaud. Bon, perso, hormis quelques bons copains et pas souvent, je roule seul et j’aime ça…
    Il y a autre chose. Malheureusement, je dis bien malheureusement, rouler à plus de 4 ou 5, c’est presque partout dangereux du fait de quelques automobilistes qui ne supportent pas de rétrograder même si la perte de temps n’est de quelques secondes. Alors, dans une double file, Arnaud, je me sens très mal avec les voitures (déjà une simple et tourner…). Bon, le gros paquet, c’est pire!

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  • Arnaud D
    Soumis le 14 octobre 2015 à 7:40 | Permalien

    La double file, c’est justement dans un but de sécurité vu que nous sommes généralement une dizaine.
    Je préfère que le groupe fasse 2 vélos de large et 5 de long de façon à ce que les automobilistes attendent d’avoir le champ libre pour dépasser, comme ils le feraient avec un tracteur ou une voiturette sans permis. Avec une simple file de 10 vélos de long, les automobilistes sont trop souvent tentés de dépasser et, quand il ne serrent pas pour éviter de couper la ligne continue (respect du code de la route sélectif), il arrive souvent qu’ils tassent les premiers du groupe lorsqu’un véhicule arrive en face ou que survient un îlot directionnel.
    Ça se passe généralement bien avec les automobilistes (on fait aussi l’effort de se serrer pour faciliter le dépassement lorsqu’on juge que c’est sûr). Il y a bien sur quelques coups de klaxon et des noms d’oiseaux mais je suis prêt à parier qu’on en aurait autant en roulant à 3 cyclistes en file indienne.

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  • Soumis le 14 octobre 2015 à 12:49 | Permalien

    Bien honnêtement Arnaud, sans être organisateur du club cycliste auquel j’appartiens à Québec (SET), nous tentons de limiter les groupes de vitesses entre 6 à 8 cyclistes max et on roule à la file indienne aussitôt que nous nous retrouvons sur une route qui n’offre pas l’accotement suffisamment large pour rouler en double. Et je m’en réjouis, que je sois seul en petit groupe ou en peloton, la culture des automobilistes ici au Québec n’est définitivement pas prête à cohabiter avec des cyclistes roulant en double. Ce n’est pas lorsqu’on célèbrera mon service que je devrais avoir dit  » j’aurais dû »!! »Même que nous avons adopté le relais par l’intérieur, parce que nous craignions trop les automobilistes qui, à chaque sortie, malgré notre discipline rigoureuse en sortie de groupe, on en trouve un qui nous met en danger. Et Ce n’est pas parce que nous sommes trop long à dépasser.

    Maintenant Laurent par rapport à ta préoccupation, lorsque je compétitionnais chez les maîtres il y 25 ans, cela fait donc un bagne, l’entrainement de club les fds en début de saison débutait par un bon réchauffement, puis on compétitionnait en montée juste assez pour décrocher les plus faibles et sur le dernier tiers (35 kilos) on simulait des échappés et lorsqu’elle était rejointe, elle devait être relancée par surprise à nouveau par d’autres coéquipiers. C’était nos intervalles de l’époque. l’entrainement se terminait ordinairement comme une course avec les sprints ou l’échappé définitive.

    On ne peut pas faire cela dans notre club en cyclo sportive bien sûr mais comme nous sommes nombreux, on se regroupe naturellement par force et types de caractère. J’entends par cela entre « adultes » qui ne se mettront pas à chiâler parce qu’il y en a un qui augmente le rythme sur son relais ou qu’il faut crier moins 1 au moindre trou. Faut se forcer et coller, donc rouler intelligemment pis si tu es trop éprouvé à ton relais, bien tu le passes. On se retrouve souvent en groupe homogène et les sorties longues distances sont variées selon l’humeur de ses membres.

    Salutations à vous tous(tes)

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  • Jean
    Soumis le 15 octobre 2015 à 7:43 | Permalien

    Pour ma part, C’est le même problème au Saguenay. Je connais un cycliste anciennement Semi-Pro et de fort calibre encore qui fait toute ces sorties complètement seul (160 à 180km chaque) pour justement éviter cette problématique. Croyez moi sur parole que même seul, il doit pas y en avoir beaucoup qui réussirait à le suivre…Il devrait être de retour sur le circuit l’an prochain plus fort que jamais

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