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Chutes à gogo: quel rôle des oreillettes ?

L'étape vers Cap Fréhel a été plus mouvementée que prévu, c'est le moins qu'on puisse dire! La faute à de nombreuses chutes dont les principales victimes ont été Brajkovic (abandon sur fracture de la clavicule) et Tom Boonen, sérieusement touché et qui a terminé à plus de 13 minutes.

L'étape a été menée à un train rapide, soutenu, par l'équipe Garmin. Je n'ai pas trop d'explication, car l'étape avait de grandes chances de se terminer au sprint. Le maillot jaune d'Hushovd ne me semblait pas directement menacé aujourd'hui et on pourra légitimement se demander si la débauche d'énergie des Garmin ne leur portera pas préjudice plus tard dans la course. On a même vu Hesjedal tirer des bouts, on se demande vraiment pourquoi.

Quoi qu'il en soit, l'étape s'est conclue au sprint et c'est Cavendish qui s'est imposé, cette fois-ci à la pédale. Cavendish a en effet dû se débrouiller seul dans le dernier kilomètre dans ce qui était un sprint débridé. Le sprint de Cavendish aujourd'hui, c'était à la manière d'Oscar Freire !

Pourquoi autant de chutes ?

Traditionnellement, les chutes sont toujours fréquentes en début de Tour. Cela tient à la nervosité des coureurs, tous les favoris voulant courir en tête de peloton pour éviter justement les chutes, les cassures, les bordures. Cela tient aussi à des classements des maillots distinctifs encore très serrés, rendant les sprints intermédiaires, les meilleurs grimpeurs et les arrivées très disputées. 

À ces raisons, il convient d'ajouter que dans bien des cas, les routes modernes avec ilots directionnels, goulots d'étranglement et traversées des villes et villages sont des risques additionnels.

On peut cependant aussi se demander si les oreillettes n'y sont pas pour quelque chose. Jérémy Roy a en effet déclaré que de nombreux coureurs se font éventuellement "engueuler" dans l'oreillette par leur directeur sportif lorsqu'ils ne sont pas à l'avant du peloton. Dans ce contexte, cela ajoute à la pression des coureurs qui prennent alors peut-être des risques – trop de risques – pour se tailler une place devant.

Dans le débat qui opposent les équipes à l'UCI quant à la suppression des oreillettes en course, la sécurité des coureurs est souvent évoquée comme raison soutenant le maintien de l'usage des oreillettes dans les courses professionnelles. D'une part, l'étape d'aujourd'hui ne semble pas prouver que les oreillettes sont de nature à rendre les étapes plus sécuritaires, l'étape ayant été une véritable hécatombe par moment. D'autre part, je pense qu'on ne peut exclure le fait que par moment, les oreillettes peuvent contribuer à accroître la pression des coureurs qui prennent alors des risques pour obéir aux directives de leur directeur sportif.

Je persiste à croire qu'il faut abolir les oreillettes actuelles pour les remplacer par des oreillettes unidirectionnelles uniquement dédiées à prévenir les coureurs des obstacles sur la route. Pas une échappée n'est allée au bout cette année sur le Tour et la principale raison est bien évidemment les oreillettes. Elles tuent la course et ne sont pas si efficaces que cela pour assurer la sécurité des coureurs, pouvant même accroître les risques dans certains cas.

L'étape de demain

Dinan-Lisieux, 227 bornes. Après l'étape nerveuse d'aujourd'hui, les organismes seront fatigués et beaucoup de coureurs voudront panser leurs plaies. Je pense que le départ sera tranquille étant donné que l'étape est longue et que le final favorisera les initiatives, une belle bosse étant située à 1,5 km de l'arrivée. De quoi étirer le peloton, désorganiser les équipes de sprinters et permettre à des puncheurs comme Philippe Gilbert voire Thor Hushovd de jouer leur carte personnelle. Attention également à Rojas qui voudra reprendre le maillot vert à Philippe Gilbert après avoir été sanctionné aujourd'hui des points glanés durant l'étape pour obstruction envers Cavendish dans le sprint intermédiaire.

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19 Commentaires

  1. Batrick P

    L’oreillette augmente le danger par le simple fait que d’entendre quelqu’un lui parler occupe de l’attention.
    Je persiste à affirmer que l’organisation du parcours est aussi paramétré sur la recherche d’un niveau élevé de risques de chutes.
    Niveau élevé de risques de chutes –> augmentation de l’audience –> augmentation du prix de la seconde de pub à la télé, augmentation de l’exposition médiatique en général –> augmentation des gains des organisateurs, but ultime.
    La même raison qui fait que les mini-jupes ont été rendues obligatoires pour les compétitions féminines de badminton (on aimerait entendre sur le sujet les politiques et journalistes qui s’offusquent périodiquement de la condition féminine).

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  2. sylvain

    ça me fait tristement rigoler toutes ces affirmations rédigées ici, on en vient à se demander combien de temps vous passez dans le milieu réel des courses, va falloir que je book vos c-v, y’a des connaisseurs ici c’est sur!! on va embaucher des ténors…

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  3. toutouille26

    Je regarde pas assez le bad, il faut que je m’y mette!!!
    quant aux oreillettes, c’est n’importe quoi de mettre radio tour dedans, nous en amateur, on en a pas, on fait attention sur la route, et ça suffit bien

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  4. schwartz patrick

    Je serai toujours contre les oreillettes, ceux sont les coureurs qui font la course, physiquement et tactiquement, pas les directeurs sportifs ! le danger, tu le gères, depuis les petites catégories jusqu’en amateur, tu apréhendes les dangers de courir en peloton , la maladresse de certains de tes adversaires, la signalisation horizontale … On va pas faire comme à Wimbledon ou Roland Garros, il pleut, on joue pas !!!le vélo c’est plus dangereux que le canapé çà fait partie de ce sport; et puis c’est vrai que les oreillettes déconcentrent, on interdit bien le portable au volant, non ???

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  5. toutouille26

    qu’on me donne le nom de celui qui a désapprouvé!!

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  6. plasthmatic

    Je ne crois pas, Laurent, que les oreillettes aient un lien déterminant, en tout cas univoque, avec la sécurité des coureurs. Un coup en faveur, un coup en défaveur …
    Evidemment, ton idée d’une oreillette unidirectionnelle, de l’organisateur vers le coureur, elle peut (largement peut-être) la servir, la sécurité.

    Pour autant, quelque chose m’a « gêné » à la lecture de ton article, quand tu as évoqué la question des oreillettes.
    Je crois avoir compris quoi : l’argument de la sécurité a été évoqué, par ceux qui défendent l’usage des oreillettes, « faute d’autre chose », pour le dire vite. Par exemple, on a entendu Voigt mettre en relation son spectaculaire accident, avec un poil de pathos même (étonnant) avec l’usage de l’oreillette, oubliant au passage, outre les circonstances pour lesquelles elles étaient vaines, qu’il a eu lieu en période … d’usage !
    Ce que je veux dire, c’est que cet argument revient à un déplacement « tactique » de la question, de la part des adeptes, faute de pouvoir contrer sur la seule, la vraie, de question.
    Comment dire : comme si au tennis on emmenait le gars sur le terrain à côté, d’une autre nature, parce que sur celui-ci « ça marche pas ». Alors, ce matin, à la lecture de tes arguments, Laurent, ça doit être cela qui m’a gêné : non le contenu, mais le fait qu’argumentant de la sorte (et de bon sens, parce que, oui, il est possible, probable même, que l’injonction des directeurs sportifs à se replacer ait pu générer des prises de risques), qu’argumentant de la sorte, donc, et bien tu es allé les jouer, les balles sur le cours à côté. Bon, c’est pas un reproche, juste une façon, une forme, ou une tentative, de dire quelque chose …

    Est-ce que l’utilisation des oreillettes a une influence sur la course, autrement dit, est-ce que les résultats d’une quantité non négligeable d’épreuves auraient été autres dans le cas d’une interdiction de leur usage ?

    Voilà une première question. Banale, mais essentielle. Il me semble que, mauvaise foi … tactique … mise à part, chacun, camp du pour, camp du contre, y apporte la même réponse : influence, « rôle », oui.

    C’est la seconde question qui partage. Et je crois, la seule à poser (celle que tu poses, Patrick_Schwartz_, en y apportant ta réponse) :

    Est-ce qu’on souhaite, ou non, que la décision en temps réel soit à l’initiative du coureur, toujours, ou du directeur sportif, parfois, souvent, toujours ?

    « En temps réel », voilà je crois une manière de dire le « rôle » des oreillettes, parce qu’évidemment, il y a le briefing, les consignes, auparavant l’étude de la course à venir, de ses données (classements à défendre ou à attaquer, cartes, road book, météo, alliances, etc …), et puis en course, il reste encore les relations aux voitures, donc une influence des décisions du directeur sportif dans l’action même, mais pas … en temps réel.

    Alors, pourquoi tourner autour du pot avec des tas d’arguments, on le sait bien que l’utilisation des oreillettes a changé « ça », la prise de décision en temps réel.
    On peut trouver cela une évolution normale, a contrario une dérive à réviser, mais dans les deux cas, on peut assumer son choix, en l’affirmant … Et là, Laurent, je cause pas pour toi hein !

    Bon, je sais pas si j’aurai été clair, mais je sais déjà que j’ai été long !

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  7. plasthmatic

    C’est pas moi toutouille je le jure, je clique pas sur ces machins !
    Dis, vous allez en faire quoi à Grenoble, de votre Stade des Alpes quasi neuf, à présent qu’il n’y a plus de GF38 dans le foot ? Il doit être heureux, le contribuable grenoblois …

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  8. schwartz patrick

    Eh Toutouille 26 , Plasthmatic va te construire un vélodrome (un 2e)mais découvert, ou faire pousser un champ de patates bio . A ta place , je le surveillerais … Il a longtemps écrit pour nous noyer et puis il passe à l’attaque, sournoisement, encore un qui n’a pas besoin d’oreillettes …

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  9. schwartz patrick

    Belle victoire de Boasen Hagen à Lisieux ; avec quelques kilos en moins, (il a encore de bonnes joues!) je le vois bien gagner le Tour,un jour, celui-là !!!

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  10. Zardoz

    La militance de la FD jeux contre l’oreillette est intéressée et ça m’agace assez franchement.

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  11. plasthmatic

    « intéressée » : avec quelle arrière-pensée ?

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  12. Zardoz

    Favoriser les bonnes vieilles échappées bidon, spécialité de longue date chez la maison Madiot.

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  13. plasthmatic

    C’est vrai qu’il y a échappée et échappée. Même s’il peut toujours y avoir une surprise, pour certaines, on n’a pas besoin du verdict pour les classer en bidon, ou pas bidon. Tiens, tout de suite, deux FDJ sur les cinq, ça va te faire plaisir !

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  14. schwartz patrick

    Echappées bidon ? quand tu regardes le tour,étape standard, 200 bornes, kilomètre zéro, échappée de cinq ou six pour environ 180 bornes à montrer le maillot !Puis retour du peloton, gros rouleurs, équipiers de sprinters puis sprint, copié-collé, c’est plié, FIN !
    Heureusement qu’il y a des arrivées en bosse comme jeudi … Les oreillettes çà ne sert qu’au bizzznesss! et au téléguidage du troupeau de moutons sponsorisés!
    Maintenant, il y a la charmante demoiselle avec son tableau qui donne quand même les écarts, çà devrait suffire… Mais bon, je préfererai toujours les classiques,200 guerriers au départ, 250 bornes, de la bosse, du pavé, du vent et du mouvement,que diable !!!
    Allume le poste à 16h30, pour l’arrivée à 17h …

    ps: je reconnais quand même être sacrément impressionné
    par le peloton dans les trente derniers kilomètres
    puis le sprint massif, çà envoie grave comme dirait
    le d’jeun !
    c’est la répétition du scénario classique qui me
    chiffonne!

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  15. toutouille26

    si ils en font un vélodrome, promis je me mets sérieusement à la piste
    au fait, devinette à plasthmatic, pourquoi ne construit on pas de vélodrome découvert en lorraine???

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  16. plasthmatic

    Arrête, en dehors de juin, on en est déjà à deux mois d’été cette année.
    Pour le foot et le stade de Grenoble, non, non, patrick et toutouille, c’était pas une raillerie. Quel gâchis d’argent.

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  17. Batrick P

    J’avais 15 ans, je suivais le foot (ah…, Max Bossis) et je me réjouissais que ma ville de Grenoble ne présentait d’équipe professionnelle. Plus tard, je me réjouissais moins que le seul candidat aux présidentielles qui ait jamais programmé l’évidente absence de subventions au sport professionnel était celui que j’exécrais le plus. J’ajouterais: stade inclus.
    Bonne nouvelle, pas encore de J.O. en France la prochaine fois. Mauvaise, ils vont continuer à candidater. Ca coute déjà cher, de candidater. Ca rapporte à certains, aussi. A se demander si ce ne serait pas la finalité de la candidature.
    Bon, lorrain, grenoblois ou ardéchois, et plus encore français de l’étranger, on a Douillet comme ministre. Encore un mauvais qui prend le pouvoir.

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  18. Zardoz

    @Schwarz Patrick & plasthmatic :

    J’y peux rien, je râle toujours un peu quand l’échapée va jusqu’au bout. Pour moi, quand les meilleurs laissent gagner des anonymes sur une belle course comme celle-ci (scrupuleusement anonymes sinon le peloton les laisse pas partir), c’est proche de l’anti-sport, c’est comme une loterie. En outre, les coureurs ont pour moi naturellement le droit d’être informés sur le déroulement de la course. C’est bien de garder une vision romantique du cyclisme mais on n’est plus au 19ème siècle non plus.

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  19. schwartz patrick

    à Zardoz
    oui, j’ai ma part de romantisme et ne m’en cache pas dans un monde de chiffres, de calculs,de stats, de paramètres et de seuils de rentabilité ! du panache, de la spontanéité, un calcul fin,oui, de l’instinct, de l’ordre du malin et du courageux, j’adhère !!! mais le téléguidage prémaché, des combines entre directeurs sportifs, non, là, je décolle !!!

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