Ce qu’il faut savoir dans le monde du cyclisme

1 – « victoire de _Il Falco_ Paolo Savoldelli sur le Giro »:http://www.cyclingnews.com/road/2005//giro05/?id=results/giro0520, sa 2e victoire sur ce grand tour après celle de 2002. Une victoire acquise un peu de la même manière qu’en 2002, c’est-à-dire sans panache, sans coup d’éclat mais en étant un coureur très régulier, présent devant jour après jour (et ce n’est pas moins méritant). En 2002, Savoldelli n’avait en effet signé aucune victoire d’étape. S’il en remporta une en 2005, au sommet du Zoldo Alto, ce fut un peu dans la contreverse, battant sans vergogne au sprint un Basso qui assuma tout le travail dans les derniers kms… Bref, Savoldelli est un bon coureur, ca ne fait aucun doute, mais qui déchaînera très peu les passions dans le coeur des tifosis et dans le nôtre. Dans 10 ans, on l’aura oublié. D’ailleurs, qui se souvenait de sa victoire dans le Giro 2002 ?

Il aura manqué à Gilberto « Gibo » Simoni un col sur ce Giro. Bien parti avec Rujano dans le Finestre, il était virtuel maillot rose au sommet. La courte descente qui s’en suivit puis la courte montée très « roulante » sur Sestrière l’a assurément condamné puisqu’il est venu mourir à… 28 secondes seulement d’un Savoldelli ravi que le final de cette étape n’était pas plus difficile. Des crampes l’ont également freiné dans la dernière ascension, crampes qui condamnèrent également DiLuca à venir mourir au pied du podium du classement général. Consolation pour lui, il renforce son emprise sur le général du ProTour, un classement qui ne veut toutefois rien dire pour personne étant donné le système de pointage carrément loufoque à partir duquel il est établi.

Révélation de l’épreuve, le format poche vénézuélien Rujano est un véritable phénomène du cyclisme. Voyez un peu : 23 ans, 1m62 pour… 50 kg, excellent grimpeur (avec un tel gabarit…) et également excellent… rouleur! « Sa 16e place dans le dernier clm »:http://grahamwatson.com/gw/imagedocs.nsf/updateframesetcall?openform&05giroSt18 (à 1min59sec de Basso) prouve sans aucun doute qu’il faudra compter avec lui dans l’avenir sur les grands tours. Il est même permis de penser que sans « ses 3 changements de vélo »:http://www.cyclingnews.com/news.php?id=news/2005/may05/may16news lors du premier clm (et à la clef une valise de 5min04), c’est lui qui aurait remporté ce Giro!

Parmi les autres révélations de ce Giro, Parra bien sûr mais aussi l’américain Zabriskie, l’Espagnol Garate et le Néerlandais Van Huffel. Les confirmations ou les coureurs ayant réussi leur Giro ? Bettini, McEwen, Petacchi, Sella, Karpets, Atienza, Le Mével. Les déceptions ? Aitor Gonzales, Haimar Zubeldia et toute l’équipe Euskaltel d’abord, mais aussi l’équipe Phonak en général puis les coureurs Cioni, Cunego, Scarponi, Montgomery, Casar, Pozzatto et Beloki (qui peut être inquiet pour le Tour…).

2 – on s’en voudrait de ne pas dire un mot sur l’épreuve de la Coupe du Monde des femmes qui se déroulait samedi sur le légendaire parcours du Mont Royal à Montréal. Un circuit très exigeant (bien qu’escamoté en partie) qui a vu couronner le plus grand d’entre tous, Eddy Merckx en 1974, lors des Mondiaux.

Nous n’étions pas sur le Mont Royal samedi mais on a suivi la course à la télé via le reportage que présentait… Radio-Canada anglais (CBC). Sur Radio-Canada français (RC), on diffusait au même moment une émission consacrée aux oiseaux, puis aux affaires et enfin sur le.. mur du son plutôt que la grande messe du cyclisme à Montréal. Passons, on pourrait se fâcher et on attribue à RC notre carton rouge. Le carton jaune va aux commentateurs de CBC, Harnett en premier lieu, ainsi qu’aux caméramen. Les commentateurs n’ont rien décrit de la course, se contentant d’un discours ennuyeux sur qui fait quoi, sur les athlètes de façon générale, sur tout et sur rien quoi. Comment voulez-vous intéresser le public canadien au cyclisme si les commentateurs ne sont même pas capables d’intéresser les téléspectateurs déjà acquis d’avance à leur émission, c’est-à-dire les passionnés de cyclisme? Car je vous assure qu’il nous a fallu s’accrocher pour ne pas s’endormir sur le reportage qui, en plus, nous présentait sans cesse des vues d’hélicoptère à partir desquelles on ne pouvait distinguer à peu près aucun mouvement ou action du peloton, ni même apprécier une sensation de vitesse. Nul, nul, nul. Le clou ? Les annonces publicitaires sagement (!) présentées lors du moment fort de chaque tour, l’ascension de la voie Camilien Houde. On enrageait…

Ceci étant, il n’y a pas que la télé qui fut mauvaise, car les coureurs nous ont offert une course indigne d’une classique de Coupe du Monde. Peloton groupé du début à la fin, à peu près aucune tentative sérieuse d’échappée, train de facteur régulièrement, c’était nul comme course. On a emmené Jeanson dans un fauteuil jusqu’à 300m de la ligne, moment à partir duquel elle a fait ce qu’elle sait faire le mieux en cyclisme, sprinter dans une bosse. Elle a eu bien raison, « décrochant là sa 4e victoire en 5 participations sur cette épreuve »:http://www.geocities.com/veloptimumcourse/5/Mtl/Coupe/acc.html. Carton rouge donc à toutes les équipes féminines engagées dans la course, surtout les puissantes formations Nurnberger Versicherung, Webcor et Nobili Rubinetterie. Ces formations auraient pu « sortir » Jeanson avant la mi-course si elles avaient su courir intelligemment.

Nos fleurs vont aux journalistes québécois (dont Foglia, c’est rare!) qui ont enfin su bien lire la course et écrire avec raison qu’on avait littéralement « donné » cette victoire à Jeanson. « En voici un exemple »:http://www.velomag.com/competition2003c.lasso?id=20050528211607&numero=2005&surtitre=CoupeDuMondeMontreal.

3 – « victoire de Tom Boonen sur le Tour de Belgique »:http://www.cyclingnews.com/road.php?id=road/2005/may05/belgium05/belgium055. La routine quoi. L’opposition était faible, l’épreuve sans grand relief, on s’est presque ennuyé en Belgique cette semaine. Vivement le Dauphiné!

4 – « voici le vélo de clm de Paolo Savoldelli sur ce Giro »:http://www.cyclingnews.com/tech.php?id=tech/2005/news/05-30, un Trek similaire à celui qu’utilisera Lance Armstrong sur le prochain Tour de France. Vous connaissez notre avis… D’ailleurs, à ce sujet, il ne faut pas manquer l’excellente entrevue publiée dans la revue anglaise Cycle Sport ce mois-ci avec Valentino Campagnolo. Ce dernier, dans une rare entrevue, résume bien l’approche « italienne » du cyclisme : « _In Italy, people think more about aesthetics and the beauty of things, including their bikes. They don’t only worry about the mechanics and materials, but also how good their bike looks and how good they look riding it_, Valentino explains. _It’s the same with the food we eat, the clothes we wear and the way we interact with other people. It’s the way Italians live their lives. We have what could be described as an emotional approach to life. Perhaps it isn’t always 100 per cent rational, but it comes from the heart and it’s how we’ve always done things_. » Nous étions assurément Italiens dans une autre vie…

3 Commentaires

  • le p'tit lucien
    Soumis le 31 mai 2005 à 9:33 | Permalien

    ho hé dis ! pour une fois qu’on a un bon grimpeur, tu vas pas nous le piquer en plus ?! ça fait si longtemps qu’on attendait, depuis l’époque glorieuse avec les Merckx et Van Impe. Alors, petite rectification: Van Huffel n’est pas néerlandais mais belge. Ok, flamand, mais belge quand même. Ceci dit, espérons qu’il confirme au plus haut niveau. A commencer par le Dauphiné dans une semaine. Je ne sais pas s’il fait le Tour cette année, par contre. Ce serait intéressant de l’y voir à l’oeuvre.

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  • Soumis le 31 mai 2005 à 11:50 | Permalien

    Un petit refresh du classement du pool ?

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  • michel cunier
    Soumis le 2 juin 2005 à 6:40 | Permalien

    Concernant Simoni, il lui a sûrement manqué quelques de sang congelé pour aborder la dernière difficulté.
    Mais ne jetons pas la pierre au seul Simoni; le giro est gangréné depuis une quinzaine d’années. Il suffit de lire la liste des derniers vainqueurs pour comprendre la profondeur du mal.
    De plus l’acharnement de la justice italienne, allant même jusqu’à déboulonner la statue du Dieu Pantani, n’est guère rassurante.
    Le Giro a toujours été une course à part. Entre les magouilles de l’époque Torriani, les débordements d’un public raciste, et le laboratoire d’expérimentation génétique qu’est devenue l’Italie, le Giro ressemble plus à une farce grotesque dont “l’étranger” est toujours le dindon.
    On espérait pourtant se régaler cette années, au regard des premières étapes…

    Italie, ton cyclisme fout le camp.

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