Tous les jours, la passion du cyclisme

 

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Quelques cadeaux de Noel exclusifs

À l’approche du « Black Friday », quelques suggestions de cadeaux de Noel exclusifs (et souvent chers!) pour le(la) cycliste de goût.

Parapluie Assos

Parce que tu affiches discrètement tes couleurs. Par temps moche, c’est bien.

Silca Ypsilon

Parce que dans le vélo, il faut savoir visser.

Elite Fuoripista

Parce que c’est un objet incroyable, tout simplement. Jamais un home-trainer n’aura eu si bon look dans le salon de votre loft new-yorkais.

Flutes à champagne Bianchi

Parce que ca vous prend ca pour compléter le kit avec votre home-trainer Elite…

Selle Italia SLR Tekno

Parce que le design italien dans toute sa splendeur. Le confort? Si vous posez la question, c’est que vous n’avez pas compris.

Balance Garmin S2

Parce que ca vient de sortir. Espérons que Zwift pourra s’y connecter automatiquement…

Chaussures « Vintage » Prooü Toscana

Parce que la classe de Fausto Coppi.

Castelli Gabba Convertible

Parce que si vous n’avez pas de Gabba, vous n’êtes pas un cycliste.

Maillot Attaquer « Sunshine »

Parce qu’il faut parfois oser attaquer.

Tasses expresso Campagnolo

Parce que dans ces tasses, l’expresso d’avant-sortie entre amis(es) est toujours meilleur. Et ca met l’ambiance. Mise en garde: l’effet n’est pas le même dans des tasses Shimano ou Sram…

Gallets Ceramic Speed

Parce que les détails font parfois la petite différence.

Livre « En chasse patate »

Parce que la culture vélo et l’humour, c’est important.

Écouteurs Rapha – Bang & Olufsen

Parce que c’est fait pour l’entrainement à l’intérieur. Et de votre intérieur.

Julien Gagné : « intégrer la planète vélo »

J’étais un peu en retard dans les nouvelles. Autrement dit, elle m’avait échappé celle-là : mon ami Julien Gagné, avec qui j’ai partagé une grosse sortie cet été entre Sherbrooke et le Mont Mégantic – avec Julien, c’est toujours des grosses sorties – courra en Division Nationale 1 (DN1) en France la saison prochaine, avec l’Espoir cycliste Saint-Étienne Loire (ECSEL). 

Alors j’ai voulu rattraper tout ça. 

LFR : Julien, ça y est, tu cours en DN1 l’an prochain en France.

Julien Gagné : oui, très heureux! Les choses ont commencé à bouger pour moi en septembre dernier, à travers diverses personnes dont des gens dans l’entourage de cette équipe de la Loire, mais aussi d’Israel Start-Up Nation. J’ai aussi fait des démarches personnelles. Bref, ça a fini par aboutir et je suis reconnaissant de cette opportunité. 

LFR : tu devais avoir quelques tests physiques cet automne également? 

JG : oui Laurent, mais la Covid-19 est venue tout compliquer. Du coup, j’ai échangé mes fichiers d’entrainement avec certains entraineurs proches d’équipes World Tour et on m’a confirmé que j’avais un niveau et un volume d’entrainement très proche de celui qu’on observe chez les coureurs de ce circuit. Ce qu’il me manque, c’est l’expérience de course en Europe et c’est précisément ce qu’ECSEL va me permettre d’acquérir. 

LFR : tu pars quand?

JG : probablement quelque part vers la mi-janvier, ça dépendra du premier camp d’entrainement de l’équipe et de l’évolution de la situation sanitaire bien sûr. Ces dernières années, le camp d’entrainement de l’équipe avait lieu au Portugal mais la Covid-19 vient tout compliquer cette année. La France est actuellement confinée, je crois que tout ça se mettra en place plus tard. Pas un problème dans mon cas, je suis facilement mobilisable rapidement. 

LFR : tu connais un peu ce qui t’attend là-bas?

JG : pas encore beaucoup. Je partagerai probablement un appartement dans la ville de St-Étienne, pas très loin de Lyon et près du Parc naturel régional du Pilat, possiblement avec d’autres coureurs étrangers de l’équipe. L’équipe a engagé un nouveau membre du staff, Clément Ceyret, avec qui je suis déjà en contact pour la suite. J’anticipe un camp d’entrainement, puis un calendrier de courses bien rempli car il y a beaucoup de courses possibles au niveau DN1 en France. 

LFR : le niveau va être relevé, ca c’est sûr.

JG : je le pense oui. Le peloton a davantage de profondeur qu’au Québec même si nous avons d’excellents coureurs ici aussi. J’aurai besoin d’une période d’adaptation c’est certain, mais j’arrive aussi avec un certain bagage et surtout, je suis en santé après mon opération subie en début d’année. Les Provinciaux en septembre passé ont prouvé que je suis de nouveau pleinement opérationnel, donc j’ai confiance. 

LFR : on dirait que l’horizon s’éclaircit un peu en ce moment pour l’élite d’ici : Premier Tech investit avec Astana, Israel Start-Up Nation a un petit volet canadien aussi, des recrutements sont envisageables à ce niveau et feront de la place juste en dessous, toi tu pars courir en France, ce sont de bonnes vibrations ca!

JG : oui, je suis d’accord avec toi. Les coureurs élite ici ont traversé une sale période, moi y compris avec mes ennuis santé. Mais soudainement, il y a de quoi être optimiste pour l’avenir. Maintenant, c’est à nous et à moi de jouer et d’avoir des résultats. 

LFR : tu comptes poursuivre tes études en graphisme? 

JG : j’en étais à débuter des stages en entreprise, ça sera forcément plus compliqué en étant en France. Je pars avec mon laptop certain, on verra ce qui est possible de faire. 

LFR : comment va l’entrainement?

JG : très bien, je suis en pause! Je suis dans ma coupure de deux semaines, après une saison 2020 où j’ai peu couru, Covid-19 oblige, mais où j’ai beaucoup roulé. Je pense que cette pause est nécessaire pour refaire du jus car l’an prochain, j’anticipe aussi une grosse saison de vélo. By the way, je garde un excellent souvenir de notre sortie sur Mégantic, tu avais bien roulé toi aussi cette fois-là. Confidence, y’en a pas beaucoup qui tiennent ainsi dans ma roue sur cette distance et sur ce dénivelé!

LFR : tu t’engages à nous faire vivre ta saison en DN1 de l’intérieur et en exclusivité sur La Flamme Rouge?

JG : certain! Ou plutôt, « c’est pas faux! » 😉

(crédit photo: Sébastien Hue)

Covid-19, masque FFP2 et hypoxémie à l’entrainement

Je diffuse aujourd’hui cet intéressant article de Marc Kluszczynski qui traite de l’usage des masques pour simuler une dette d’oxygène, permettant ainsi de reproduire, en quelque sorte, un entrainement en altitude. Alors, avec ou sans masque vos séances de fractionné sur le home-trainer?!

Le gouvernement français a choisi le confinement de la population face à la propagation du Covid-19. Par une mesure lourde, le peuple paie donc l’incapacité de la prévision à long terme des hommes politiques, ignorant les avertissements du monde médical depuis des années sur la survenue d’une prochaine pandémie à coronavirus.

En 2009, l’Etat français et l’Europe s’étaient désengagés du projet « Emergence de nouvelles épidémies virales » mené par Bruno Canard, directeur de recherche au CNRS et spécialiste des coronavirus. Le stock de masques chirurgicaux FFP 1 disponibles lors de l’épidémie du virus H1N1 ayant été détruit après 2009, certains personnels soignants, surtout ceux en contact avec les malades Covid-19 positifs, ont dû utiliser les masques FFP 2, à capacité filtrante et barrière plus importante. Une aubaine pour les sportifs ! Ces masques bien ajustés sont difficiles à supporter, tant ils provoquent au bout de quelques minutes une difficulté respiratoire avec diminution de la SaO₂ artérielle de 2 à 3% (saturation en oxygène du sang artériel), soit 93 à 95% par rapport à la valeur normale de 98 ou 99%. Rien de mieux pour favoriser un environnement hypoxique et une hypoxémie (diminution de la teneur en oxygène du sang artériel) bénéfique pour l’entraînement en endurance!

Il est même possible de faire des exercices d’apnée entre deux étages dans une cage d’escalier, de préférence en courant, ou dans un couloir (si personne ne s’y trouve, car vous ne serez pas en capacité de répondre à un bonjour !). Alberto Salazar utilisait un masque d’hypoxie lors de ses entraînements de course à pied dans les années 80. Emile Zatopek retenait sa respiration à intervalles réguliers sur le trajet de son travail à l’usine dans les années 50. Le masque hypoxique (Training Mask) connaît actuellement un regain d’intérêt chez les sportifs. L’hypoxémie induite par l’exercice au niveau de la mer (HIE) permet de mieux comprendre les avantages du port d’un masque.

L’hypoxémie est naturellement présente chez la moitié des athlètes des sports d’endurance. L’HIE  à une intensité comprise entre 60 et 80% du VO₂ max n’est pas encore bien comprise actuellement. Réduirait-elle l’apport de l’oxygène vers les muscles au cours de l’exercice ? Les spécialistes hésitent entre la cause d’une altération centrale, qui diminue d’au moins 4% la saturation en oxygène de l’hémoglobine (Sa O₂) entre le repos et la fin de l’exercice, et l’existence de mécanismes adaptatifs (métaboliques ou musculaires) permettant aux sujets hypoxémiques d’atteindre des hauts niveaux d’exercice malgré la réduction de l’oxygénation du sang artériel, car le VO₂ max de ces sujets n’est pas affecté par cet état, sauf en altitude. A haute intensité, des spécialistes suspectent l’existence de micro-œdèmes alvéolaires chez les sujets HIE.

Le port d’un masque (FFP 2 ou Training Mask) reproduit donc l’HIE. Il y a d‘ailleurs de fortes ressemblances entre les effets du stress hypoxique à l’exercice et la physiopathologie de la HIE. Et le FFP 2 imposé aux personnels soignants en cas de promiscuité avec un patient Covid-19 positif augmente l’acidose locale et facilite le relargage de l’O₂ par l’hémoglobine. C’est une bonne nouvelle, car aucun médicament dopant n’avait encore jamais réussi à agir sur ce relargage. L’extraction musculaire de l’O₂ est accélérée, ce qui explique l’HIE qui serait le fait d’athlètes très entraînés. Le port d’un masque permet donc d’agir sur ces adaptations périphériques : augmentation de la capillarisation musculaire, de la concentration en myoglobine, de la densité mitochondriale, de l’efficacité des voies oxydatives. Il ne faut pas espérer augmenter le taux d’hémoglobine. Par contre, la perfusion musculaire est favorisée grâce à l’augmentation de la synthèse du VEGF (Vascular Endothelial Growth Factor). A quelque chose, malheur est bon, mais le port du masque chirurgical ou FFP 1 (recommandée par l’Académie de médecine pour toute la population en France) ne permettra pas ces adaptations.

Encore un Canadien vainqueur du Tour de Beauce?

C’est un joyau du cyclisme canadien, rien de moins: le Tour de Beauce s’élance aujourd’hui du côté de Saint-Georges.

Fondé en 1986, le Tour de Beauce est révélateur des vrais talents dans le vélo: regardez le palmarès de la course, rien que du beau monde! Gervais Rioux, Jacques Landry, Michael Rogers, Svein Tuft, et j’en passe.

Plus encore, le Tour de Beauce est capital pour le développement de jeunes coureurs d’ici, susceptibles d’un jour passer pro en Europe. Ils peuvent y trouver leurs premières références significatives pour se faire valoir outre-Atlantique.

Six étapes cette année, dont la célèbre étape de l’arrivée au sommet du Mont Mégantic, dès le 2e jour (ce jeudi). Et pourtant, le Tour de Beauce peut se jouer n’importe où. L’an dernier, le Canadien James Piccoli avait forgé une partie significative de son succès dans le critérium lors de la 4e étape!

Cette année, la formule reste similaire à celle des dernières années. Les moments forts de la course sont évidemment l’arrivée en haut du Mont Mégantic, puis le chrono de 20 bornes du lendemain. Les deux dernières étapes – un critérium rapide de 70km dans les rues de Québec puis un circuit urbain de 122km dans Saint-Georges le dernier jour – demeurent également toujours cruciales si le classement général est serré.

Seul neuf Canadiens se sont inscrits au palmarès de l’épreuve en 33 éditions, la 34e s’élançant aujourd’hui. James Piccoli l’an dernier est le plus récent en date, et il est de nouveau au départ cette année au sein de l’équipe canadienne qui compte également Derek Gee et Adam Roberge. Auteur d’une belle saison jusqu’ici, Piccoli a des chances de pouvoir rééditer son exploit de l’an dernier.

Beaucoup d’autres coureurs canadiens intéressants sont au départ, notamment Pier-André Côté chez Rally, qui vient de faire un carton (3 étapes!) au GP du Saguenay. Rally compte également Adam deVos et Matteo Dal-Cin, une très belle formation.

Nicolas Zukowsky chez Floyd’s débarque aussi en Beauce avec une certaine pancarte dans le dos, ayant remporté les grands honneurs du GP du Saguenay la semaine dernière. Il pourra compter sur son directeur sportif d’expérience, Gord Fraser, et quelques bons coureurs au sein de sa formation, notamment ce Serghei Tvetcov, déjà en vue sur l’épreuve l’an dernier. Attention à lui!

D’autres formations canadiennes augmenteront l’intérêt pour ce Tour de Beauce: Ride With Rendall d’Ottawa, Probaclac-DeVinci, Cycling B.C. avec Jordan Cheyne, Veloselect.

Intéressant, une équipe française débarque, l’ASPTT Nancy Meurthe et Moselle. Mon coin de pays!!!

Pour suivre la course, le Tour de Beauce publie habituellement des vidéos YouTube sur sa chaine. Ils ont également une couverture « live » via Twitter essentiellement. En 2017, l’expérience de la web diffusion avait été tentée, et j’espère de tout coeur que l’expérience pourra être renouvelée. Ca marche assez bien, et ca permet à la communauté cycliste de suivre (et donc de parler!) de la course. Le Grand Prix Cycliste de Gatineau a webdiffusé la course sur route cette année en collaboration avec la chaine RDS, et j’y ai trouvé beaucoup de plaisir.

L’Amstel ce dimanche

54e édition de l’Amstel Gold Race ce dimanche entre Maastricht et Rijksweg in Vilt, situé quelques kilomètres après le sommet du fameux Cauberg, juge de paix de cette course de 265 kilomètres.

Le Cauberg! Ou « Mont Philippe Gilbert » tant le coureur belge a su dompter durant sa carrière cette fameuse ascension, s’imposant déjà à quatre reprises sur l’Amstel et lors des Mondiaux de 2012.

Une fois franchi pour la dernière fois dimanche, il restera toutefois deux ascensions aux coureurs, soit les Geulhemmerberg et Bemelerberg.

Le parcours est donc bien « casse-pattes » avec pas moins de 35 côtes répertoriées, dont trois ascensions du Cauberg et une du Kruisberg, à quelques 35 kms de l’arrivée. Le final pourrait être lancé à cet endroit.

On annonce très beau et très chaud (25 degrés!) dimanche aux Pays-Bas, de quoi rendre la course très open, peu sélective. Ce sont donc les coureurs qui feront la course, et la tactique sera cruciale.

Les favoris

Un nom, le champion des Pays-Bas, Mathieu Van Der Poel qui vient tout juste de remporter la Flèche Brabançonne devant Alaphilippe et Matthews. C’est l’archi-favori, c’est clair selon moi.

Les redoutables puncheurs Julian Alaphilippe, Alejandro Valverde et Philippe Gilbert sont également favoris de cette course. Rappelons qu’Alaphilippe et Gilbert font partie de la même équipe, ce qui leur donnera un avantage dans le final. Gilbert est sur une lancée, et Alaphilippe a prouvé mercredi dernier qu’il a d’excellentes jambes à l’approche des Ardennaises. De quoi nourrir des ambitions pour les Deceuninck Quick Step.

Les autres coureurs à surveiller selon moi sont Greg Van Avermaet, Michal Kwiatlowski, Matteo Trentin, Edvald Boasson Hagen, Peter Sagan, Alberto Bettiol, Tim Wellens, Michael Matthews ainsi que Jakob Fuglsang.

Je ne crois par contre pas du tout aux chances du vainqueur sortant, le Danois Michael Valgren.

Deux coureurs canadiens au départ en principe, soit Guillaume Boivin pour Israel Academy et Michael Woods pour Education First. Ca sera très intéressant de suivre Woods à l’approche des Ardennaises, lui qui avait terminé 2e de la Doyenne l’an dernier.

Je mise Van Der Poel!

Paris-Tours: ca sera intéressant!

On court dimanche la… 112e édition de Paris-Tours, qui se dispute depuis des années le surnom de « course aux feuilles mortes » avec le Tour de Lombardie.

Réglons ca tout de suite: pour moi, pas de doute: la « course aux feuilles mortes« , c’est la Lombardie. Case closed.

Habituellement, je ne me passionne pas vraiment pour cette course qui, une fois sur deux, couronne un sprinter. Au mieux, ca faisait de belles photos du peloton qui passe devant deux ou trois chasseurs dans les champs de la Beauce!

Mais ca sera probablement différent cette année.

Signe des temps, les organisateurs s’inquiètent assurément de la baisse de popularité du cyclisme et ont donc revu le final de la course, dans le but évident d’ouvrir la course à des attaques de baroudeurs, question de faire une fin de course plus intéressante, plus imprévisible.

On a d’abord réduit la distance totale à 215kms, comparé à 234 en 2017.

On a ensuite introduit 12,5km de « chemins de vigne » et 7 côtes additionnelles dans les 60 derniers kilomètres, afin de produire une course de mouvement.

Qu’est ce qu’un « chemin de vigne »? C’est un chemin étroit serpentant entre des vignobles (dimanche, ceux de Vouvray, une appellation que je chéris tout particulièrement, miam!) et présentant souvent des changements brusques de dénivelé.

Voilà qui sera propice à lancer des attaques, le peloton perdant rapidement les fuyards de vue.

La dernière bosse, la côte de Rochecorbon, intervient à 10 bornes de l’arrivée.

Bref, ca sera nettement plus compliqué pour les sprinters cette année…

Les favoris

Je donne favoris des puncheurs-baroudeurs capables d’enrouler du braquet, mais aussi de passer des bosses courtes et pentues. Et ayant une petite pointe de vitesse!

Chez Quick Step, Philippe Gilbert et Yves Lampaert ont un bon coup à jouer. Attention également à Niki Terpstra, même si on ignore sa condition actuelle.

Simon Geschke (Sunweb) m’a surpris sur les Mondiaux, étant présent très loin dans la course. Attention à lui.

Olivier Naasen ne devrait pas être loin du compte non plus.

Arnaud Démare représente une excellente chance française sur un tel parcours.

Si ca arrive quand même au sprint, Dylan Groenewegen sera un sérieux client pour Demare.

Et j’ose ajouter à cette liste le Québécois Guillaume Boivin chez Israel Academy, qui a une excellente condition actuellement. Guillaume peut gagner cette course, il faut y croire! Un autre Québécois sera présent, Antoine Duchesne chez Groupama-FDJ.

Un plateau plus intéressant en Italie

Le plateau de Paris-Tours est quand même un peu décevant. C’est que les meilleurs coureurs sont actuellement en Italie, sur une succession de courses de fin de saison culminant avec le Giro di Lombardia le 13 octobre prochain: Giro dell’ Emilia (samedi), Tre Valli Varesine (le 9), Milano-Turino (le 10) et Gran Piemonte (le 11).

Joyeux Noël!

Je souhaite à tous les lecteurs de La Flamme Rouge un très joyeux Noël! Merci de votre passion pour le cyclisme, elle est contagieuse et ca fait du bien! L’aventure se poursuit!

Réforme de la sécurité routière: peu d’avancées positives pour les cyclistes

Le projet de loi 165 visant à réformer le code de la sécurité routière du Québec – une première depuis 1979 – a été déposé la semaine dernière à l’Assemblée nationale du Québec.

La Fédération des sports cyclistes du Québec a été active dans ce dossier ces dernières années, déposant notamment un mémoire à la Table québécoise de la sécurité routière visant à influencer les décisions de réforme.

Bilan? Il y a peu de positif, et des déceptions.

Résumons d’abord l’impact de la réforme pour les cyclistes:

  • les amendes visant les cyclistes perpétrant des infractions au code seront majorées significativement. Par contre, les cyclistes ne perdront plus de points d’inaptitude pour ces infractions
  • interdiction aux cyclistes d’utiliser des appareils électroniques comme des téléphones intelligents
  • obligation des cyclistes de s’arrêter derrière un autobus scolaire ayant activé ses signaux d’arrêt
  • permission pour les cyclistes de circuler entre deux rangées d’autos s’il y a une voie réservée pour tourner à droite
  • le code reconnaitra dorénavant la vulnérabilité de certains usagers de la route, donc confirme que tous les usagers ont leur place sur les routes
  • obligation des automobilistes de ralentir et de laisser suffisamment de place à l’approche d’un peloton cycliste

Rappelons également qu’en 2016, les automobilistes s’étaient vus obligés de respecter une distance minimale d’un mètre cinquante lors du dépassement de cyclistes sur les routes. Une mesure par ailleurs jugée difficile à appliquer par les divers corps policiers.

Les déceptions maintenant.

La FQSC avait demandé l’arrêt obligatoire des automobilistes à l’approche d’un peloton cycliste, pas un simple ralentissement. Pour ceux qui font régulièrement des courses cyclistes, la nuance est de taille!

Mais surtout, la FQSC demandait le droit pour les cyclistes de rouler deux par deux, de nombreuses études ayant prouvé que cette stratégie est plus sécuritaire tant pour les cyclistes que pour les automobilistes cherchant à dépasser les groupes cyclistes. La réforme n’introduit pas cette disposition.

Si des compromis étaient nécessaires, pourquoi ne pas avoir modulé cette disposition en fonction du type de route? Interdiction sur les routes principales, autorisation sur les routes secondaires moins achalandées par exemple…

Rien non plus à propos du port obligatoire du casque, un dossier qui ne faisait cependant pas l’unanimité auprès des groupes de pression.

Bref, c’est à mon avis bien maigre considérant les années de travail investies pour en arriver là. Surtout, la question de la gestion des groupes cyclistes sur la route n’a pas été résolue, et c’est pour moi une grosse déception, étant convaincu qu’il s’agit là d’un irritant majeur contribuant à l’augmentation permanente, ces dernières années, des tensions entre automobilistes et cyclistes.

Le nombre de cyclistes sur les routes du Québec ne cesse d’augmenter années après années, que ce soit des cyclistes récréatifs ou de performance. Comme trop souvent au Québec, j’ai l’impression que cette réforme continue à privilégier la tolérance floue et l’interprétation dans certains domaines, ce qui ne sert pas les intérêts de tous: en l’absence de directives claires, certains corps policiers pourront sévir à l’endroit de cyclistes roulant deux par deux, et d’autres pourront tolérer… conduisant à de la confusion, une fois de plus.

Danilo Di Luca: cycliste infiltré

Danilo Di Luca: pour moi, ce coureur a incarné des années durant la classe à l’état pur, le talent, et le panache. Un attaquant, un vrai. Un gros moteur couplé d’un mental de guerrier.

Si je n’ai jamais eu d’idôle en cyclisme, pas même Marco Pantani, le coureur que j’ai pourtant le plus admiré, l’Italien des Abbruzes Danilo Di Luca a toujours été sur ma courte liste de mes coureurs préférés parce qu’avec lui, il se passait toujours quelque chose en course.

Mais quel gâchis aussi… Di Luca a couru durant l’époque noire du vélo, une époque difficile tant l’abus de dopage sanguin était répandu.

Je viens de terminer la lecture du livre Danilo Di Luca, Cycliste infiltré. Une sorte d’autobiographie du coureur, rédigée en collaboration avec Alessandra Carati.

Pour beaucoup d’entre vous, le livre n’aura que peu d’intérêt. Di Luca y raconte essentiellement sa carrière, son ascension, ses succès dont le Giro 2007, puis sa descente aux enfers.

C’est toutefois un livre courageux à plusieurs égards: Di Luca n’exprime aucun regret et assume, et ne veut manifestement pas qu’on le plaigne. Le seul regret que vous trouverez dans ce livre, c’est au tout dernier paragraphe: « Cette histoire n’a pas de fin, c’est ma vie. Le poids le plus lourd que je porte avec moi est la douleur causée aux personnes que j’aime et que j’ai aimées. Quant au reste, je m’en suis sorti. »

La valeur ajoutée de ce livre, c’est que Di Luca nous aide vraiment à comprendre « Le Système ». Il donne le ton dès la page 15: « J’ai menti, j’ai triché, j’ai fait ce que je devais faire pour arriver le premier, mais ce n’est pas le problème. Le problème, c’est que je ne me suis pas immunisé contre le système. »

C’est exactement ca. Ce livre est intéressant car il nous permet de comprendre le contexte dans lequel les coureurs pro évoluent. Di Luca y traite bien sûr de la difficulté extrême du sport, des mensonges quotidiens à son entourage, au public, de la pression des contrôles fréquents, des passages de désespoir qu’il a traversé, des procès, mais surtout, surtout, du fait que sans les bons appuis, tu ne peux pas réussir dans ce sport.

On parle ici de quelques acteurs clé du cyclisme italien, les sélectionneurs nationaux, le CONI, les organisateurs du Giro, les managers d’équipe.

Dans le vélo, tout se sait, et il est facile de tomber à l’index si tu prends trop de place, ou si tu ne respectes pas les « règles » du milieu.

Di Luca en a payé le prix.

J’ai aimé ce livre parce qu’il m’a permis d’acquérir l’intime conviction que dans les histoires de dopage mécanique, notamment l’Affaire Cancellara, le milieu sait, lui… Pas besoin d’une enquête pour ca, et certains feront ce qu’il faut pour protéger le business.

Routiers vs vététistes: la réponse ce week-end!

On disputera les épreuves de vélo de montagne ce week-end aux Jeux Olympiques de Rio.

Ces épreuves sont d’un intérêt particulier puisque Peter Sagan, qui se consacre essentiellement à la route depuis plusieurs années, vainqueur plus tôt cette saison du Tour des Flandres ainsi que maillot vert sur le Tour, y participe.

Ce sera donc, en quelque sorte, un match routiers-vététistes sur l’épreuve, Sagan contre les Nino Schurter ou encore Julien Absalon.

Rappelons toutefois que Sagan a un passé de vététiste, ayant été couronné champion du monde et champion d’Europe de cross-country en 2008, alors qu’il était junior.

Lequel prendra le dessus? Sagan a-t-il une chance?

Les années sur la route auront-elles émoussées certaines des qualités de Sagan, notamment techniques, pour briller en VTT?

Saura-t-il encaisser les violents changements de rythme qu’impose le VTT, en comparaison à la route où les efforts sont souvent plus longs?

Ca sera d’autant plus intéressant que d’ordinaire, on voit plutôt l’inverse: des vététistes qui passent à la route. On peut notamment évoquer les Cadel Evans, Ryder Hesjedal, et bien d’autres encore.

Réponse très bientôt!

Giro: des surprises tous les jours!

Ca devait être des journées tranquilles ces deux derniers jours sur le Giro.

Que nenni! La pluie est venue durcir considérablement la course.

Il semble que sur ce Giro, les coureurs ne l’auront jamais facile!

C’est pas compliqué, tous les jours il se passe quelque chose sur cette course, et c’est plutôt intéressant pour nous.

Avant-hier, lors de l’étape remportée par Zakarin, la surprise est venue de Contador qui a, dans la dernière ascension, placé une belle mine à laquelle Aru et Porte ont eu du mal à répondre. Ce n’était pas bien dangereux, c’était encore trop loin de l’arrivée (environ 6 kms de la ligne), mais ce fut probablement suffisant pour semer un doute dans la tête d’Aru.

Hier, rebelotte dans le final qui présentait une petite patate juste avant la ligne. L’équipe BMC a parfaitement manoeuvré pour lancer Philippe Gilbert qui ne s’est pas loupé cette fois-ci (souvenez-vous de l’Amstel…), mais l’information du jour est ailleurs: Contador a repris 17 secondes à un Fabio Aru pas dans un grand jour, ceci grâce aux bonifications et un léger écart sur la ligne.

Apparemment, Aru se serait mal alimenté durant l’étape, et l’aurait payé dans ce dernier coup de cul placé dans le dernier kilomètre.

17 secondes pour Contador, sur une telle journée, c’est plutôt bien, et en tout cas certainement suffisant pour une fois encore prendre un ascendant psychologique sur Aru.

Y’a pas à dire, cette fin de Giro s’annonce palpitante car les coureurs sont déjà très fatigués: tout pourrait arriver à partir du chrono samedi, puis dans les difficiles étapes des Dolomites, dont l’étape tant attendue du Mortirolo mardi prochain.

À 10 jours de la fin de ce Giro, je pense que Contador sera difficile à déloger, malgré une équipe manifestement plus faible que l’équipe Astana. Si Aru est intelligent, il se servira de son équipe, et notamment de Landa, pour dynamiter de loin la course en montagne, et ainsi isoler l’Espagnol.

Les alliances du peloton

Les avis sont partagés dans l’affaire Porte, même si globalement vous êtes plus nombreux à avoir déploré la sanction de deux minutes imposée au leader de la Sky.

Pour moi, cela pose également la question des alliances dans le peloton.

Manifestement, l’entraide entre coureurs australiens a joué l’autre jour, Clarke et Porte partageant la même nationalité.

Combien de fois dans l’histoire du vélo avons-nous vu des Italiens de diverses équipes s’allier pour barrer la route à un coureur étranger en position de gagner une épreuve sur le territoire italien?

Parfois, ces alliances sont inversées: deux Espagnols, deux Italiens, deux Belges, voire deux Français, peuvent se neutraliser pour des raisons de « meilleur coureur national » et ainsi favoriser la victoire d’un troisième larron.

Parfois enfin, les alliances sont inversées: je pense notamment aux Mondiaux gagnés il y a deux ans par Rui Costa. Lorsqu’il s’est élancé à la poursuite de Rodriguez devant, Valverde, qui partageait alors la même équipe de marque que Costa (Movistar), n’a pas bougé. Il favorisait ainsi la victoire d’un coureur de son équipe de marque, tout en privant possiblement (c’est ce qui est finalement arrivé) Rodriguez du titre mondial, donc d’une certaine gloire en Espagne.

Si Contador est isolé dans les Dolomites, pourrait-il de la sorte compter sur d’autres Espagnols sur ce Giro, comme les Movistar ? (je pense à Intxausti, Amador, Anton ou Izagirre, mais comment se comporterait Visconti, italien?).

Réponse à Stef

Stef a laissé un commentaire en réaction à mon récent « Tour de l’actualité » qui m’interpelle quant au traitement que je réserve sur ce site aux affaires de dopage. Dans ce texte, je réagissais à l’annonce de la suspension à vie de Geert Leinders, ancien médecin Sky et Rabobank, ainsi qu’aux soupçons planant sur Mario Zorzoli, médecin en chef à l’UCI et impliqué dans la lutte contre le dopage (du moins en apparence).

Stef évoque un traitement à deux vitesses, évoquant mon autre texte « L’étrange histoire de l’eau de Malartic » ou j’affirmais qu’il était d’une part difficile de voir clair dans cette histoire et, d’autre part, que l’explication avancée par la famille du jeune athlète positif m’apparaissait crédible.

Alors, traitement à deux vitesses qui reposerait – c’est sous-entendu – sur un manque de jugement, voire un parti-pris?

Clairement, non.

J’estime qu’il ne faut pas tout mélanger. J’estime qu’il ne faut pas dénoncer à l’aveugle les situations de dopage. J’estime qu’il ne faut pas dénoncer pour dénoncer. J’estime qu’il faut plutôt user de jugement dans chaque nouvelle histoire.

Pour Stef mais aussi pour tout le monde, voici quelques éléments qui ont guidé mon jugement et ma prise de position dans ces deux histoires.

D’une part, l’histoire Leinders-Zorzoli s’inscrit dans le milieu du cyclisme professionnel, pas du cyclisme junior. Il y a tout de même des différences importantes, et on peut raisonnablement croire que l’usage du dopage est plus répandu au sein du milieu pro plutôt que dans le milieu junior, même de haut niveau.

D’autre part, il convient de prendre connaissance de cet article parlant d’une équipe de recherche de l’Université de Trois-Rivières qui développe une méthode pour connaître la quantité et la nature des drogues illicites consommées dans un certain secteur grâce au contenu des… eaux usées. Il est donc tout à fait possible – n’en déplaise à certains – de trouver des substances dans l’eau usée qui ne devraient pas y être. L’eau de Malartic est peu traitée chimiquement. Comment exclure dans ce contexte l’explication avancée par la famille du jeune coureur? Plus encore, l’histoire de l’eau de Malartic ne m’apparait pas être un problème spécifique à Malartic, mais peut être beaucoup plus répandu qu’on ne le croit. Il serait super-important d’aller au bout de l’histoire car une telle situation pourrait peut-être se répéter avec d’autres athlètes s’ils consomment de l’eau contenant des traces infimes de substances illicites (je vous rappelle également que les appareils de détection sont aujourd’hui capables de déceler des quantités infimes parmi les urines).

Je rappelle également que je n’ai pas affirmé que ce jeune coureur junior ne s’était pas dopé: ma première phrase de l’article mentionne clairement que j’estime qu’il est difficile de trancher dans cette histoire. J’affirme simplement qu’à mes yeux, l’explication avancée par la famille est plausible.

Enfin, la domination de l’équipe Sky en 2012 a été outrageuse. L’histoire des 20 dernières années nous a démontré que dans ces cas, l’explication fut rarement celle qu’on a bien voulu nous faire croire (le travail, la préparation pour Lance Armstrong, le programme « marginal gains » chez Sky). Les accusations à l’endroit de Leinders et Zorzoli proviennent de témoignages d’anciens coureurs – dont Rasmussen – consignés par la très crédible USADA. Dans ce contexte, et à la lumière des 20 dernières années, je pense prendre peu de risques en dénonçant comme je l’ai fait la situation au niveau du cyclisme professionnel.

Pour preuve, d’autres personnes, et pas les moindres, pensent comme moi: on n’a qu’à prendre connaissance des récentes déclarations de Floyd Landis, qui soulève bien des questions quant à la transformation d’un Bradley Wiggins d’un grimpeur moyen à un grimpeur extraordinaire justement au moment ou Leinders travaillait chez Sky. Il est bien placé pour distinguer ce qui est crédible de ce qui ne l’est pas, et n’a aucune raison aujourd’hui de mentir.

Quoi qu’il en soit, comptez sur moi pour ne jamais dénoncer à l’aveugle ou « par principe » une situation liée au dopage. J’estime qu’il faut chaque fois faire preuve de jugement, considérer le contexte, ceci afin de ne pas se livrer à des affirmations gratuites pouvant porter préjudice à certaines personnes.

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