Tous les jours, la passion du cyclisme

 

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Les « guêpes jaunes » sur la Vuelta

Dans ce contexte (difficile) du confinement, on apprécie particulièrement ces vidéos tournés « de l’intérieur ». Cette fois-ci, la Jumbo-Visma sur la récente Vuelta (49min).

Cyclocross: GP Leuven

Ca s’est passé ce week-end du côté de Louvain (Leuven).

En attendant de revoir en course Wout Van Aert et Mathieu Van der Poel début décembre.

Flashback Friday

Parce que cyclo-cross l’automne, c’est bien (à la télé).

Et que dans le domaine, on ne fait pas vraiment mieux que Namur. L’essence du cyclo-cross.

Le Ronde, de l’intérieur

Ne manquez pas ces vidéos, vraiment génial.

De quoi passer un bon moment, nous qui sommes passionnés de cyclisme.

Le Ronde Van Vlaanderen de l’intérieur.

Toute la passion du cyclisme belge, comme si vous y étiez, au coeur de l’événement. La logistique de la course, et toute l’énergie de ceux qui sont là pour soutenir les coureurs, de ceux qui se passionnent pour la course et les coureurs, du tenancier de café au commentateur télé, en passant par les officiels de course.

Un vrai régal.

Et l’occasion de voir ce qui est souvent moins vu, par exemple la perf monstrueuse – et ainsi accueillie par plusieurs directeurs sportifs durant la course – de Mathieu Van Der Poel l’an dernier (2019), lui qui a été victime d’une grosse chute puis qui est revenu au premier plan par la suite, pour terminer finalement 4e de la course.

Monstrueux.

Mais la réaction du paternel, elle, est plus décalée et mesurée. Chez les Van Der Poel, les attentes sont grandes.

Enfin peu importe, ces vidéos sont un réel bonheur.

Toute la passion du cyclisme!

2018, c’est ici.

2017, c’est ici.

2016, c’est ici.

2014, c’est ici.

Roglic: cette fois, il a tenu!

Lorsque Carthy et Carapaz ont mis les gaz à un peu plus de trois kilomètres de la ligne hier, on a tous retenu notre souffle: alors isolé, Roglic allait-il tenir?

Ben il a résisté cette fois. L’étape de demain étant en principe une formalité, il tient probablement sa victoire sur un grand tour en 2020. Pas le Tour de France, mais la Vuelta fera bien l’affaire.

Un doublé probable d’ailleurs, après sa victoire l’an dernier sur la même course.

Les secondes engrangées sur le chrono plus tôt dans la semaine se sont avérées très précieuses hier pour Roglic dans ces trois derniers kilomètres. Je pense que si le slovène a joué les bonifs à l’arrivée de l’étape vendredi, c’est la preuve qu’il n’était vraiment pas tranquille pour cette dernière arrivée en altitude de la course.

Il pourra très bientôt souffler… et se reposer, deux podiums (1er et 2e) sur les grands tours en trois mois, un Liège-Bastogne-Liège, ouf, il a beaucoup donné en cette courte saison.

Le podium est normalement fixé, Roglic, Carapaz et le surprenant Carthy, 26 ans, sans grand résultat probant jusqu’ici chez les professionnels où il évolue depuis 2013.

Carapaz, laissé-pour-compte par Ineos?

Je sais pas vous, mais je trouve qu’Ineos n’a pas suffisamment encadré Richard Carapaz sur cette Vuelta.

On ne peut rien reprocher au coureur équatorien, il s’est très bien battu, sans équipe ou presque. Encore hier, il a bien joué son va-tout dans les derniers hectomètres de l’étape.

Carapaz est le vainqueur du Giro 2019, donc un protagoniste sérieux à la victoire finale sur la Vuelta cette année et vous l’envoyez sur l’épreuve avec très peu d’équipiers capables de lui filer un bon coup de main, surtout en montagne.

Pas sérieux, Ineos!

Chris Froome n’a pas été l’ombre de lui-même, et c’était pas les Amador, Golas, Rivera, Van Baarle et Wurf qui allaient casser la baraque en montagne. Sosa aurait pu faire plus, mais il s’est complètement loupé, ne répondant pas aux attentes placées en lui.

Ceux qui peuvent se mordre les doigts sur cette fin de Vuelta, c’est Ineos selon moi: avec une autre équipe, c’est peut-être Carapaz qui serait en rouge aujourd’hui.

Les jeunes en 2020, l’explication

Les jeunes coureurs ont marché fort cette saison, particulièrement sur les grands tours. Ce fut une surprise.

J’aime bien l’explication avancée par Alain Gallopin: les coureurs plus âgés auraient très mal gérés cette courte saison, courant trop en août dernier, et trop rapidement sur des conditions physiques pas optimales après des mois de préparation perturbée en mai, juin et juillet due à la Covid.

Autrement dit, ils ont voulu mettre les bouchées double en août, et ça n’a pas suivi derrière.

Exemple: Vicenzo Nibali. Présent le 1er aout sur les Strade Bianche, il embrayait sur le Gran Trittico Lombardo le 3, puis Milan-Turin le 5, Milan SanRemo le 8, le Gran Piemonte le 12, le Tour de Lombardie le 15, le Giro dell’Emilia le 18, puis les Championnats nationaux d’Italie le 23. Il rajoutait enfin Tirreno-Adriatico du 7 au 14 septembre et s’est présenté au départ du Giro dell’ Appennino le 19, à la course sur route des Mondiaux le 27, puis a attaqué le Giro le 3 octobre.

Cramé.

Au lieu de ca, Tao Geoghegan a fait la Route d’Occitanie du 1er au 4 août, puis a abandonné le Tour de l’Ain (7 au 9 août), a abandonné le Tour de Lombardie et le Giro dell Émilia les 15 et 18, s’est aligné sur Tirreno début septembre et puis basta! Que le Giro le 3 octobre par la suite. Pas de Mondiaux, pas d’autres courses.

On a vu le résultat.

Le truc des jeunes coureurs en 2020, ce serait ça: plus de fraicheur. Dans un cyclisme aujourd’hui très homogène, c’est peut-être ça la carte à jouer dorénavant pour briller, surtout sur les courses par étape: jouer la fraicheur.

Gaudu fait oublier Pinot?

Avec deux belles victoires d’étape en montagne, David Gaudu chez FDJ a fait oublier Thibault Pinot en cette fin de saison.

Il faudra voir l’an prochain comment se distribueront les responsabilité chez Madiot, Gaudu étant en net progrès. Le Français termine également deuxième du classement du meilleur jeune, derrière Enric Mas.

Je suis content pour lui.

Guillaume Martin, la récompense

Un autre qui s’est récompensé de tous ses efforts cette saison, c’est Guillaume Martin qui ramène à Madrid le maillot de meilleur grimpeur.

Voilà assurément de quoi bâtir sa confiance en prévision de la prochaine saison. Âgé de 27 ans, un âge souvent présenté comme l’âge de la maturité en cyclisme professionnel, Martin entre dans ses belles années je pense. On reparlera de lui j’en suis sûr la prochaine saison.

Education First, un grand succès

Très belle Vuelta pour l’équipe américaine de Mike Woods et Hugh Carthy, avec au final trois victoires d’étape (Woods, Carthy et Cort Nielsen) et une troisième place au général.

Mike Woods peut être satisfait de son Tour d’Espagne je pense, une victoire d’étape, de belles perfs en montagne, et un équipier solide pour Carthy. L’année prochaine, ce sera toutefois pour Israel Start-Up Nation de… Dan Martin!

Movistar, triste bilan?

La Vuelta pour les équipes espagnoles, c’est important.

Et la plus importante d’entre elles, Movistar, n’était pas venu faire de la figuration.

Bilan, une victoire d’étape avec Marc Soler tôt dans la course, une 5e place au général avec Enric Mas et Alejandro Valverde qui termine 10e, à 40 ans.

La Movistar raffle quand même le classement par équipe, toujours important pour cette équipe. Mince consolation selon moi.

Un examen de conscience est probablement dû pour l’équipe durant l’intersaison. Mas semble montrer ses limites, Valverde ne sera pas éternel pour la gagne c’est évident, Betancur tu ne peux pas miser sur lui, seul Marc Soler, à 26 ans, semble être une vraie garantie pour les prochaines années.

Ca va prendre du renfort…

Vuelta: le plus probable c’est…

… une victoire de Primoz Roglic dimanche à Madrid!

Ceci étant, rien n’est encore joué. La lutte pour la 2e place est possiblement celle qui sera la plus chaude samedi.

Trois coureurs ne sont séparés que de 47 secondes, et il reste une arrivée en altitude samedi. Tout peut arriver pour ces trois-là.

Mais c’est pour aller chercher la 1ere place que ca sera probablement le plus compliqué.

Priorité de Roglic sur Carapaz: 39 secondes. Sur Carthy, 47.

De quoi voir venir pour Roglic, lui qui n’a perdu que dix petites secondes au sommet de l’Angliru, une ascension autrement plus difficile que celle de samedi prochain vers la station de ski de Covatilla.

Roglic dispose également de trois équipiers capables de l’épauler efficacement lorsque ca grimpe: Gesink, Bennett et Kuss. Il présente la meilleure équipe.

Bref, je vois mal, à ce stade-ci de la course, comment il peut être battu désormais.

Mais c’est Primoz Roglic: capable du meilleur, comme du pire. Nous avons tous les images de son effondrement surprise sur les pentes de la Planche des Belles-Filles lors du récent Tour de France.

Je pense toutefois que Roglic et la Jumbo-Visma ne veulent pas revivre ces moments et feront tout ce qu’il faut pour éviter ca samedi. Et puis, la Planche, c’était un chrono, samedi c’est une étape en peloton. Pas la même chose.

Carapaz-Carthy, le match

Huit secondes entre Carapaz et Carthy, c’est probablement là que la lutte sera la plus féroce. Une deuxième place sur un grand tour est en jeu!

Et c’est peut-être… le Canadien Mike Woods qui tient la clé de cette 2e place.

Carapaz est isolé en montagne sur cette Vuelta, on l’a souvent vu au cours des dernières étapes.

La logique voudrait que Woods durcisse le rythme au pied de la Covatilla samedi question de faire le forcing pour Carthy. Ce n’est pas à Roglic d’attaquer, ses Jumbo et lui peuvent se permettre de simplement contrôler derrière.

Fort d’une excellente condition en ce moment, 2e hier de l’étape, Woods pourrait ainsi préparer le terrain pour une accélération de Carthy qui, rappelons-le, a lâché à la pédale Carapaz sur les pentes de l’Angliru. Aller chercher huit secondes, c’est jouable. Carthy peut y croire.

Les autres classements

C’est plié: Roglic pour le vert des points, Guillaume Martin pour le classement de la montagne et Mas pour le blanc du meilleur jeune.

La Movistar est en tête du classement par équipe, un peu plus de huit minutes de priorité sur la Jumbo-Visma. Rien n’est encore fait, mais ca sent quand même bon pour l’équipe espagnole. Ca sera le prix de consolation, Mas n’étant pas parvenu à livrer la marchandise attendue sur ces trois semaines.

Wellens, il avait étudié

Woods 2e hier de l’étape, c’est dommage car une belle occasion de victoire manquée.

Ce qui est clair hier, c’est que c’est le plus studieux qui a gagné l’étape. Les 400 derniers mètres étaient composés de nombreux virages assez serrés et il est apparu très clair, même live à la télé, qu’il fallait aborder ces derniers 400m en tête.

Et il est évident, sur sa réaction lors de l’accélération de Marc Soler, que Tim Wellens le savait parfaitement, donc qu’il connaissait ou avait étudié ces derniers mètres de l’étape. Je pense que Mike a également fait une petite erreur de… braquet, il semblait un peu plus gros que Wellens dans les 125 derniers mètres, l’empêchant d’accélérer comme son rival.

Vuelta: chacun une étape pour faire la différence

L’histoire se répète cette saison: comme sur le Tour de France et le Giro d’Italia, cette Vuelta demeure, à quelques jours de l’arrivée, extrêmement serrée.

Pas moins de quatre coureurs sont à 35 secondes ou moins du maillot rouge, repris sur les pentes de l’Angliru par Richard Carapaz.

Roglic pointe à 10 secondes, Carthy à 32 et Dan Martin à 35.

Je pensais que les étapes de la Farrapona samedi et surtout de l’Angliru dimanche feraient de plus gros écarts. Le niveau est très homogène parmi les 6-7 premiers du général sur cette Vuelta, chacun ayant un petit coup de mieux ou de moins bien d’un jour à l’autre, sans subir pour autant le knockout.

Il ne reste désormais que deux étapes difficiles pour faire la différence selon moi. Bien entendu, il faudra être vigilant sur les autres étapes de la semaine, mais elles ne présentent pas de difficultés suffisantes pour créer des écarts « à la pédale ».

La première étape difficile, ben c’est aujourd’hui, le chrono de 33 kilomètres du côté de Muros.

On retrouve le classique en cyclisme: le rouleur doit distancer le grimpeur sur le chrono, et le grimpeur devra distancer le rouleur dans l’étape de montagne.

Aujourd’hui donc, Roglic doit mettre du temps, un maximum de temps, à Carapaz. Pour être vraiment tranquille, il a besoin d’une minute selon moi au sortir de ce chrono. Sur 33 bornes, c’est jouable, dans un bon jour ce formidable rouleur peut reprendre 2 secondes au kilomètre à Carapaz, nettement moins à l’aise dans cet exercice.

Il devra aussi mettre du temps à Carthy et Martin, plutôt grimpeurs eux-aussi.

Pour Carapaz, Carthy et Martin, c’est « damage control » aujourd’hui en attendant l’étape de samedi prochain qui se termine au terme de l’ascension de l’Alto de la Covatilla. Cette ascension au-dessus de Béjar n’est pas très simple, avec les premiers kilomètres difficiles, qui seront probablement impardonnables pour ceux qui ne parviendront pas à rapidement se mettre dans le rythme.

Comme sur l’Angliru, Roglic, s’il est en rouge, aura l’avantage du travail de ses excellents équipiers Gesink, Bennett et Kuss. Pour les trois autres, ils n’auront rien à perdre. Mike Woods sera au service de Hugh Carthy, et Dan Martin devra se débrouiller seul. C’est probablement lui qui a, aujourd’hui, le moins de chances de monter sur le podium à Milan selon moi.

Tour de France 2021: bof?

Pas moins de huit étapes de plat sur un total de 21 étapes.

Deux chronos eux-aussi tout plats lors des 5e et 20e étapes.

Deux « petites » étapes dans les Alpes, 151 et 145 kms.

Un petit air de « flashback » des années 1990, chronos de première et dernière semaine obligeant, mais en plus pâle.

Je sais pas vous, mais moi ce parcours du Tour de France 2021 ne m’enthousiasme guère.

Après, ce sont évidemment les coureurs qui font la course.

On retiendra de cette 108e édition qu’elle fait surtout la part belle aux Pyrénées, avec pas moins de quatre étapes dans ce secteur de la France.

Prévu du 26 juin au 18 juillet 2021 – Jeux olympiques obligent – le parcours propose en tout 3 383 kms. En comparaison, la plupart des Tours de France des années 1980 et 1990 proposaient près de 4000 bornes, parfois même plus. Dans les années 1920, plus de 5 500!!

Quelques étapes sont toutefois très intéressantes, sachant bien sûr qu’on ne peut pas faire que des étapes de montagne et qu’il faut de la diversité dans les profils, pour toucher à toutes les qualités du sport cycliste.

Surtout la 11e étape Sorgues-Malaucène, qui présente deux ascensions complètes du Mont Ventoux, la première par Sault, la deuxième par son versant classique (Bédoin). Ce sera un beau spectacle ça c’est clair. Pour nous, pas pour les coureurs!

Bien que courtes, les deux étapes alpestres sont d’intérêt, avec chaque fois assez peu de vallées entre les dernières ascensions. L’enchainement Saxonnex-Romme-Colombière fait toujours des dégâts, j’en sais quelque chose et Plasthmatic aussi 😉 et la montée sur Tignes est longue, surtout après les Saisies et le Cormet de Roseland.

Dans les Pyrénées, l’intérêt sera l’étape qui enchainera Tourmalet et montée vers Luz-Ardiden, un classique toujours exigeant. Courte (130 kms), je pense que l’étape verra du mouvement, les coureurs ne seront pas sur la retenue surtout si le classement général est serré.

Sinon, l’étape du col de Portet pourrait aussi créer des écarts, avec une arrivée en altitude, l’une des trois au programme de ce (pâle?) Tour de France. À titre de comparaison, à la fois le Giro et la Vuelta 2020 en comptaient six!

Les favoris

Un parcours aussi accessible veut dire que beaucoup de coureurs pourront prétendre à une belle place au général de l’épreuve.

Moi, j’ai pensé en premier lieu à… Julian Alaphilippe, nombre d’étapes se terminant au terme d’une descente et les étapes étant très diversifiées, propices à la course audacieuse et aux effets de surprise. Les coureurs voudront, sur un tel parcours, exploiter toutes les opportunités incluant le vent et les bordures, les descentes et les… bonifications. Je pense aussi qu’une équipe forte, incluant plusieurs gros rouleurs capables d’emmener longtemps, sera un avantage certain sur ce profil. La Deceuninck est outillée.

Il vaut mieux des attaques à 12 bornes de l’arrivée qu’à 800 mètres.

Christian prudhomme, directeur du Tour

C’est également un très beau parcours pour… Mathieu Van Der Poel à son premier Tour de France. Pas trop montagneux, piégeux, diversifié, cela lui correspond bien selon moi. Mais c’est aussi un parcours qui pourrait convenir à un Wout Van Aert, sur ce qu’on a vu en 2020. Il préfèrera peut-être jouer les sprints.

Justement côté sprinters, pas impossible que la lutte au maillot vert soit difficile et âprement disputée sur un tel parcours présentant pas mal d’étapes de plat. Ce ne sont pas les occasions qui manqueront.

Chose certaine, c’est probablement les purs grimpeurs qui seront les plus à plaindre en juillet prochain!

Vuelta: deux étapes pour un titre

La Vuelta se joue probablement aujourd’hui et demain.

Deux étapes assassines.

Aujourd’hui, 170 bornes, quatre ascensions et une arrivée en altitude sur la Farrapona au terme d’une longue ascension. Les organismes seront fatiguées dans le final.

Il faudra pourtant enchainer dimanche avec l’étape qui arrive au sommet de l’Angliru. Très courte (109 kms), cette étape sera probablement nerveuse et rapide. Quatre ascensions tout de même à franchir avant d’attaquer la montée finale et ses pourcentages de fou. Spectacle et défaillances garanties.

Pour la petite histoire, il s’agit de la 8e arrivée au sommet de l’Angliru sur la Vuelta, une ascension introduite pour la première fois en… 1999. Alberto Contador s’y est imposé deux fois, en 2008 et 2017, 10 ans d’intervalle. Kenny Elissonde est le seul coureur aujourd’hui sur la Vuelta à s’être imposé là-haut, c’était en 2013.

Le mystère Roglic

J’ai du mal à comprendre Primoz Roglic: tantôt impérial, intouchable, il peut ensuite s’effondrer sans avertissement, étant l’ombre de lui-même.

On l’a vu sur le récent Tour de France avec son chrono désastreux vers la Planche des Belles Filles.

Sur cette Vuelta aussi: après un départ en fanfare, il a plié l’échine vers Formigal, cédant la tête de la course à Richard Carapaz.

Et depuis trois jours, on ne le reconnait plus à nouveau, deux victoires d’étape (8e et 10e étape hier) et maillot rouge de leader en prime.

Du coup, très difficile de prédire ce qui se passera aujourd’hui et demain du côté du coureur slovène. Dan Martin et Hugh Carthy demeurent dans la course, mais je pense qu’ils pourraient sombrer sur ces deux étapes, montrant des signes de fatigue.

Carapaz et ses talents de grimpeur me paraît aujourd’hui le plus menaçant pour la victoire finale.

Enfin, espérons que Mike Woods pourra jouir d’une certaine liberté chez Education First, Mike Carthy n’ayant pas été en mesure de terminer le travail lors de la 8e étape. Les deux arrivées conviennent au coureur canadien qui a de très bonnes jambes actuellement, il faut saisir les opportunités si l’ouverture se présente. Mais les victoires au niveau pro World Tour ne sont jamais faciles, c’est clair, surtout sur de tels profils.

Que du Ineos-Grenadier!

Dimanche faste pour l’équipe Ineos, de quoi faire oublier un Tour de France désastreux avec l’échec d’Egan Bernal et un début de Giro difficile avec la chute du leader d’alors, Geraint Thomas.

Tao Geoghegan Hart qui remporte le Giro.

Filippo Ganna qui remporte le chrono de la dernière étape dans les rues de Milan. Sa 4e victoire d’étape sur l’épreuve.

De plus, la formation anglaise s’impose au classement par équipe.

Et sur la Vuelta le même jour, Richard Carapaz qui s’empare de la tête du classement général, Roglic étant défaillant.

Y’a pas à dire, on a vu que du Ineos ce dimanche!

Sinon, la logique a été respectée sur ce dernier chrono: Hindley n’a pas pu résister à Geoghegan, Kelderman a été le meilleur des trois, et Ganna s’impose, intouchable sur ce Giro dans les exercices chronométrés.

Ce Ganna, quel rouleur! 54,6 km/h de moyenne hier, surpuissant sur son 60×11. Si un jour l’Italien décide de s’attaquer au record de l’heure, y’a de quoi faire selon moi. Rappelons que ce record de l’heure est de nouveau autorisé par l’UCI sur des vélos de chrono et que le détenteur actuel est le belge Victor Campenaerts (55,089 km), 2e hier derrière Ganna. Un ancien recordman de l’heure a terminé 3e du chrono de Milan, Rohan Dennis (52,491 km).

Et parlant de record de l’heure, le triathlète Lionel Sanders vient d’établir la meilleure distance canadienne, 51,3 km, dépassant le précédent record de 47,6 km détenu par Ed Veal. La performance a été établie au vélodrome de Milton en Ontario. Record pulvérisé!

Les enseignements du Giro

On retiendra de ce Giro que les jeunes coureurs ont une fois de plus été à la fête cette saison.

Trois coureurs de 25 ans ou moins sont dans les quatre premiers du général à Milan, soit Geoghegan, Hindley et Almeida. Ces deux derniers sont une grosse surprise, on ne les attendait pas à ce niveau sur un grand tour où il faut quand même pouvoir encaisser trois semaines de course.

On peut ajouter à cela les performances de Ben O’Connor, 24 ans, vainqueur de la 17e étape. Celle de Brandon McNulty aussi, 22 ans, ancien vainqueur du Tour de l’Abitibi (2016), 15e de ce Giro et 3e du chrono de 35 bornes lors de la 14e étape.

Ou encore le Français Aurélien Paret-Peintre chez AG2R – La Mondiale, 24 ans et 16e du général après quelques belles prestations sur des étapes accidentées.

On retiendra aussi de ce Giro l’ascension musclée du Stelvio en 1h11min par le trio Dennis-Geoghegan-Hindley, nouveau record à 20 km/h de moyenne. Ouf! Quand on connait cette ascension, on est encore plus en mesure de comprendre toute la performance que ce temps représente.

Ce Rohan Dennis roule et grimpe, on se dit qu’avec de telles aptitudes, il pourrait avoir, à 30 ans, un autre palmarès que le sien sur les épreuves par étapes. Dans son cas, ce serait le mental qui ne suit pas toujours, l’homme ayant été au prise, dans le passé, à des troubles alimentaires.

Enfin, on retiendra le magnifique Giro d’Arnaud Demare, qui ramène le maillot cyclamen à Milan et pas moins de quatre victoires d’étape. Du coup, il a probablement frustré Peter Sagan, déjà privé du maillot vert sur le récent Tour de France. Sagan peut toutefois se consoler d’une belle victoire d’étape acquise… en solitaire, et non au sprint!

Vuelta: Roglic coince… encore!

Je vous disais que Richard Carapaz semblait en vouloir beaucoup sur cette Vuelta, ça s’est confirmé hier en voyant toute la hargne de l’Équatorien dans les derniers kilomètres d’une étape difficile courue sous la pluie et dans le froid.

Tôt dans l’étape les guêpes jaunes Jumbo-Visma semblaient être en contrôle, puis, alors que la pluie faisait son apparition, tout a foutu le camp dans la dernière ascension. Roglic s’est retrouvé totalement isolé notamment sous l’impulsion des Movistar, et plusieurs coureurs (De La Cruz, Gaudu, Soler) sont passés à l’offensive. Bien joué!

Au final, c’est Carapaz qui a fait la bonne opération: il fallait profiter de la déconfiture des Jumbo-Visma pour prendre du temps. S’il reste encore pas mal d’étapes compliquées, Carapaz est désormais l’homme fort de cette Vuelta.

La contre-performance de Primoz Roglic pose bien des questions: son inconstance est surprenante. Souvent très fort, intouchable même, il s’effondre pourtant assez régulièrement sur les courses par étapes. Hier dans le final, sa cadence de pédalage sur un braquet d’asthmatique nous rappelait direct la même allure sur son chrono désastreux de la Planche des Belles Filles lors le dernier Tour de France. Pourquoi ces baisses de régime soudaines chez le coureur slovène?

À souligner l’excellente 2e place du Canadien Mike Woods hier. Il n’a pas manqué grand chose, Mike étant contré par Ion Izaguirre pour la victoire d’étape, alors qu’il venait d’hausser le rythme. Il faudra simplement ré-essayer, ce résultat devrait le mettre en confiance pour la suite.

Enfin, on a vu un Guillaume Martin faire tous les points grimpeur durant l’étape. Si Tim Wellens demeure encore leader de ce classement, gageons que le coureur français en a fait son principal objectif.

Giro: le dernier duel

86 centièmes de seconde.

C’est l’écart qui sépare l’Australien Jai Hindley, nouveau maillot rose du Giro, de son plus proche poursuivant, l’Anglais Tao Geoghegan Hart.

Du jamais vu.

Toute une fin de Giro, un suspense à son comble avec un dernier chrono dans les rues de Milan demain. 17 kilomètres tout plat pour départager ces deux coureurs.

Jai Hindley avait battu de 49 secondes Tao Geoghegan sur le chrono de la première étape de ce Giro, mais c’est probablement peu significatif.

Hindley a aussi l’avantage de partir derrière Geoghegan, il pourra donc essayer de réguler son allure sur celle de son rival qui, lui, ne se posera pas de question: full gas!

Sur le coup de pédale des derniers jours et de l’étape de Sestrières, avantage Geoghegan aucun doute, il semble terminer ce Giro très fort, sa puissance est manifeste.

L’enjeu de cette dernière étape est non seulement le maillot rose, le plus important, mais aussi le maillot blanc de meilleur jeune. Quant on dit que c’est l’année des jeunes en cyclisme professionnel, en voilà une autre preuve!

L’autre question, c’est Kelderman. Battu à Sestrières, il pointe à 1min32 de son équipier Hindley. Excellent rouleur, peut-il refaire tout son retard sur les deux coureurs qui le devancent? Ce serait surprenant selon moi, mais on n’est pas à une surprise près cette saison.

Bref, une étape demain qui promet, et qu’on ne voudra manquer sous aucun prétexte. L’Équipe TV.

La Vuelta

Pas de passage en France demain vers le Tourmalet, Covid-19 oblige, et c’est bien dommage. Du coup, l’étape est redessinée, et comportera 146kms avec une arrivée à Formigal, côté espagnol.

Ca sera moins sélectif qu’initialement prévu, mais d’autres écarts sont à prévoir aucun doute là-dessus, l’arrivée étant en altitude. Carapaz, Roglic, Kuss ou Mas sont pour moi les favoris.

Giro: un fin en apothéose!

15 secondes. C’est tout ce qui sépare les trois premiers du classement général du Giro après la 18e étape sur le Stelvio. On a une course!

Je vous rappelle que la dernière étape dimanche prochain, c’est un chrono tout plat de 17 bornes vers Milan. Ça pourrait fort bien se jouer là.

Sur le papier, Kelderman est le meilleur rouleur des trois prétendants à la victoire finale, Geoghegan et Hindley n’ayant pas les mêmes références en carrière dans cet exercice.

Mais il faudra avant cela affronter l’étape de samedi sur Sestrières, certes moins difficile qu’originalement prévue depuis que la France a interdit au Giro de passer à Briançon, Covid-19 oblige. L’étape a été redessinée, on fera trois boucles autour de Sestrières, avec chaque fois une ascension de 6 bornes à 7,5% de moyenne. Probablement pas assez sélective pour faire une réelle différence, les coureurs joueront sans doute les bonifications à l’arrivée.

Ca pourrait donc être une question de quelques secondes au final. Pour la petite histoire, onze secondes séparaient le vainqueur du Giro 1948 Fiorenzo Magni de son poursuivant, Ezio Cecchi, le plus petit écart à ce jour dans l’histoire de la course italienne.

Comme prévu, l’étape d’hier a coulé les ambitions de Joao Almeida, qui a finalement cédé sa tunique rose sur les pentes impitoyables du Stelvio enneigé; il s’est bien battu.

Je n’ai pas trop compris la relation que le portugais entretient avec son coéquipier italien Fausto Masnada chez Deceuninck. Depuis quelques étapes, ça parle fort, ça s’énerve, ça ne s’aide pas toujours comme ça devrait bref, l’ambiance ne semble pas être au beau fixe entre ces deux-là.

La SunWeb et Ineos ont bien joué leurs cartes sur le Stelvio, Geoghegan pouvant dire merci à un excellent Rohan Dennis qui a tout fait péter après avoir pris le relais de ses équipiers. Fort Geoghegan, plus que 15 malheureuses secondes de retard, gageons qu’Ineos tentera quand même un coup samedi pour surprendre la SunWeb.

LA question est de savoir si la SunWeb devait permettre hier à Hindley de rester avec le coureur anglais devant, plutôt que d’attendre et de rouler avec Kelderman pour minimiser son retard? Kelderman s’est fait lâcher dans le Stelvio, très loin de l’arrivée et un équipier avec lui aurait probablement permis de limiter les écarts sur Dennis et Geoghegan, notamment dans la longue plongée vers Bormio.

Je pense que la SunWeb a bien fait: elle manquait visiblement de confiance en Kelderman, et si ce dernier sombrait (il paraissait perdre un paquet de temps sur le Stelvio avant de retrouver un rythme inespéré dans l’ascension vers le lac de Cancano), elle restait dans la course au maillot rose avec Hindley.

N’empêche, Hindley 24 ans, Geoghegan 25 ans, encore des jeunes au plus haut niveau cette saison, certains inattendus. Les « vieux » que sont Nibali, Fuglsang, Pozzovivo ou encore Majka, tous âgés de plus de 30 ans, ont sombré sur les pentes du Stelvio hier.

Restons enthousiastes mais lucides dans les performances offertes par tous ces jeunes en 2020, comme nous le rappelle encore cette semaine Antoine Vayer et Frédéric Portoleau.

Vuelta: Roglic et Carapaz le duel

Primoz Roglic et Richard Carapaz sont très certainement les deux coureurs les plus forts de cette Vuelta, aucun doute là-dessus. Carapaz en veut dans chaque final, et Roglic ne s’affole pas, bien épaulé par son lieutenant Sepp Kuss.

La Movistar roule beaucoup également, elle a visiblement confiance en Enric Mas pour la suite.

Je suis surpris de la prestation de Hugh Carthy, sans grande référence chez les pros jusqu’ici.

Il reste encore beaucoup, beaucoup d’étapes très compliquées, rien n’est encore joué et nous avons aussi une course en Espagne. On va continuer de se régaler!

Tibopino, je comprends pas

Abandon de Thibault Pinot sur cette Vuelta, avant la 3e étape hier. Celle-là, je ne la comprends pas du tout.

Il a chuté sur le Tour le 29 août dernier, il y a presque deux mois. Pour une blessure qui ne l’avait pas totalement arrêté, ca fait long pour guérir, surtout considérant que les pros ont accès à toute sorte de soins très spécialisés incluant massothérapie, cryothérapie, ultrasons, etc.

Surtout, s’il y avait encore des doutes, pourquoi avoir pris le risque de partir en Espagne? Pinot n’a fait que deux misérables étapes, solde sa campagne 2020 sur un nouvel échec, tout cela ne doit pas être très bon pour son moral en vue de la prochaine saison. J’ai du mal à suivre la logique et je vous avoue que le comportement d’Egan Bernal, lui aussi blessé depuis un bon moment comme Pinot, me parait plus sain puisqu’il a rapidement décidé de mettre un terme à sa saison 2020, et de se reconcentrer sur 2021.

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