Tous les jours, la passion du cyclisme

 

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Le Tour de l’actualité

1 – Humour décalé. Certains l’ont compris, d’autres moins. Le récent texte publié sur les cadeaux de Noel était évidemment à mettre au chapitre de l’humour décalé. Des commentaires justement teintés d’humour dans le texte, aucun lien pour acheter ces items souvent assez loufoques, l’article se voulait humoristique et sarcastique. Une façon – et il y en a eu d’autres depuis un mois sur La Flamme Rouge pour ceux qui prêtent attention – de me moquer de cette industrie du luxe durant des temps difficiles pour nombre d’entre nous.

2 – Black Friday justement. Un peu marre de cette orgie de publicité sur tous les sites, notamment CyclingNews qui déborde d’annonces en tout genre.

3 – Cyclo-cross. La Coupe du Monde reprend ce week-end du côté de Tabor, et c’est la grande rentrée d’un certain Wout Van Aert, aujourd’hui du côté de Courtrai en Belgique et dimanche à Tabor en République Tchèque. Ca sera intéressant!!! Rappelons que Mathieu Van der Poel est également attendu sur la discipline, un peu avant Noel dans son cas.

3 – Premier Tech. La compagnie québécoise est en pleine expansion et vient de se voir octroyer un prêt important par le Gouvernement du Québec afin de consolider ses activités à son siège social de Rivière-du-Loup. Espérons qu’elle pourra se maintenir au Québec dans l’avenir et inciter d’autres industries à investir dans le monde du cyclisme.

4 – Steve Bauer. Intéressant d’apprendre que c’est Hugo Houle qui a facilité l’arrivée de Steve Bauer chez Astana. Habituellement, c’est plutôt l’inverse entre un directeur sportif et un coureur. Reste à voir si Astana-Premier Tech continuera d’investir dans des espoirs canadiens, il y en a des bons.

5 – Astana-PremierTech. L’équipe perd Miguel Angel Lopez, qui rejoindra les rangs de la Movistar l’an prochain. Lutsenko, Luis Leon Sanchez et Vlasov restent toutefois.

6 – Cyclisme Canada. L’organisme a annoncé plus tôt cette semaine avoir engagé un ex- pour s’occuper du développement du cyclisme sur route, Richard Wooles. Chose certaine, l’homme a un défi colossal devant lui.

Pour la petite histoire, Wooles a déjà été à l’emploi de Cyclisme Canada qu’il avait quitté en 2013 après avoir travaillé quelques années afin d’y développer le cyclisme… sur piste, à titre d’entraineur en chef. Après un passage à l’UCI, le voilà de retour avec comme mission de rebâtir un programme route digne de ce nom.

7 – Stijn Vandenbergh. Le coureur belge de 36 ans met un terme à sa carrière, n’ayant pas été renouvelé chez AG2R – La Mondiale. On retiendra de ce solide coureur le fait qu’il a été nommé « meilleur équipier » du peloton pro à deux reprises, soit en 2009 et 2013. Il aura été un pilier de la puissante formation QuickStep entre 2012 et 2016, alors qu’il était vu en tête de peloton des kilomètres durant pour le compte de Tom Boonen.

8 – Johan Bruyneel. Le gars me fait pitié. Prochaine question.

9 – Fabio Jakobsen. Sur un note plus positive (sans jeu de mots), le coureur néerlandais victime de la lourde chute causée par Dylan Groenewegen plus tôt cette saison est de retour à l’entrainement. Ca, ca fait plaisir.

« La discipline de route n’existe plus à Cyclisme Canada » – Hugo Houle

Il faut saluer ce matin l’engagement d’Hugo Houle à défendre l’avenir du cyclisme sur route au Canada et à dénoncer Cyclisme Canada qui se traine lamentablement les pieds dans ce registre depuis des années.

J’ai quand même un devoir en tant que coureur cycliste professionnel sur route de me battre un peu pour la relève et pour les jeunes au Québec qui nous voient performer. Il y a un gros écart maintenant pour la suite. Je ne sais pas si on peut faire quelque chose pour les (ndlr Cyclisme Canada) faire changer d’idées.

Hugo Houle – La Presse plus du 20 novembre 2020

L’article est publié dans La Presse Plus via le journaliste Simon Drouin aujourd’hui.

Je me réjouis de cette prise de position d’un cycliste phare au Canada. Bravo Hugo! Bien dit!

Ca fait des mois, des années que je dénonce la situation du cyclisme sur route au Canada sur La Flamme Rouge. J’ai publié plusieurs articles (et notamment avec des athlètes de la relève qui payent le gros prix de cette situation, notamment Adam Roberge ou Julien Gagné), j’en ai discuté avec plusieurs personnes, certaines influentes dans le milieu du cyclisme ici au pays.

C’est pas compliqué, il ne reste presque plus rien. Exit nombre de courses, dont le Tour du Saguenay ou Québec-Montréal. Exit de vraies équipes élite comme il en existe en DN1 en France. Même les coureurs pro souffrent, les propos d’Hugo à propos des conditions dans lesquelles nos meilleurs athlètes dont aussi Mike Woods doivent performer aux Mondiaux sont effarantes. Quant on sait qu’à ce niveau ca se joue à rien du tout, nos Canadiens méritent eux-aussi des médailles pour atteindre ce niveau de résultats.

Plus encore, la crise se fait sentir à tous les échelons du cyclisme sur route: on ne peut pas dire que le calendrier des courses Maitre s’est étoffé ces dernières années. Beaucoup de courses ont disparu, dont des monuments comme la Coupe des Amériques ou le GP OBC du Parc de la Gatineau.

Certes, nos fédérations ne sont pas coupables de tous les maux. Parfois, les conjonctures sont difficiles. La Covid-19 n’arrange rien pour trouver des sous.

Mais bordel, même si tu n’es pas responsable des causes, tu te grouilles le cul deux fois plus pour trouver des solutions, surtout si c’est ca ta job!!!

Côté Cyclisme Canada, rien (ou si peu). Tout pour la piste, le BMX ou le paracyclisme. Rien contre ces disciplines, mais on peux-tu svp aussi regarder la route, LA discipline phare en cyclisme?

C’est quand même assez bizarre qu’une fédération nationale ne mette aucun programme de développement pour le cyclisme sur route, qui est probablement le sport pour lequel il y a le plus de licenciés. Pour moi, c’est un gros manque de respect.

Hugo houle, la presse plus du 20 novembre 2020

Même au niveau pro, le top du top, ca fait dur. Houle rapporte que sans des contributions spontanées souvent motivées par la pitié, le Canada n’aurait pas d’équipe aux Mondiaux.

Rappelons que la participation canadienne au Tour de l’Avenir s’est étiolée à presque rien depuis 10 ans, et si une équipe a été envoyée en 2019 c’est aussi grâce à des contributions autres que celle de Cyclisme Canada qui est restée les bras croisés tout ce temps. Sans expérience à ce niveau, comment permettre à nos meilleurs espoirs d’acquérir le niveau pour passer pro et une réelle opportunité de se faire remarquer?

Cyclisme Canada – La réponse

Évidemment, Cyclisme Canada se défend de se trainer les pieds. Par souci de professionnalisme, je vous donne le lien et vous invite à lire la réponse de la fédé canadienne ici (au bas de l’article).

Pour moi, c’est clair: du pipeau. L’expression me vient d’Hugo.

On annonce toutefois un programme pour la route qui verrait bientôt le jour. Wait and see.

Je ne comprends pas Cyclisme Canada. Si t’es responsable du développement du cyclisme et que ca va mal pour des raisons que tu ne contrôle pas, ben tu fais quelque chose.

Pourquoi ne pas avoir organisé des « états généraux » sur le cyclisme sur route réunissant les acteurs principaux et tous les niveaux de la discipline? Le malade ne va pas bien? On réunit tous les spécialistes autour de lui et on échafaude un plan d’intervention complet.

Cyclisme Canada a-t-il été en contact avec des compagnies comme Premier Tech depuis 10 ans? Il en existe certainement d’autres.

Si le programme de financement « À nous le podium » limite tant le champ d’action, quelles démarches Cyclisme Canada a-t-il fait auprès des gouvernements pour porter cette situation à leur attention?

Chris Westwood, cité comme représentant de Cyclisme Canada dans l’article, mentionne que « Hugo Houle ne connait pas tout ce qui se passe derrière la scène « .

Certes. Nous non plus. Mais un peu plus de transparence de la part de Cyclisme Canada ne ferait pas de tort non plus… Je demeure convaincu qu’il y a aussi des guerres de clocher derrière tout ca, comme c’est si souvent le cas avec les fédérations sportives. Je sais de quoi je parle, croyez-moi.

Enfin bref, je salue la prise de position d’Hugo Houle aujourd’hui, elle fait du bien et c’est en effet un des rôles de nos tous meilleurs coureurs cyclistes professionnels, celui de défendre le sport. Espérons que d’autres coureurs pourront dénoncer dans les prochaines semaines la situation déplorable actuellement du cyclisme sur route au Canada.

Et s’assoir avec Cyclisme Canada pour trouver des solutions.

Une chance, quelques bonnes nouvelles nous sont parvenues plus tôt cette semaine pour le plus haut niveau avec l’investissement de Premier Tech dans l’équipe Astana.

Un nouveau momentun? Possible oui. Y’a probablement des occasions à saisir en ce moment pour les acteurs du cyclisme au Canada.

Les « guêpes jaunes » sur la Vuelta

Dans ce contexte (difficile) du confinement, on apprécie particulièrement ces vidéos tournés « de l’intérieur ». Cette fois-ci, la Jumbo-Visma sur la récente Vuelta (49min).

The Wolfpack sur le Tour

L’aventure de l’équipe Deceuninck Quick Step sur le dernier Tour de France. Un beau vidéo de l’intérieur de la course.

Le Tour de l’actualité

1 – Mike Woods: une victoire qui en appelle d’autres?

Très belle victoire hier pour le Canadien Mike Woods lors de la 7e étape de la Vuelta. Mike a pu faire le coup (classique) du kilomètre, faussant ainsi compagnie à ses compagnons d’échappée dont un certain Alejandro Valverde qui n’était pas là pour faire du tourisme. Il fallait avoir les jambes.

Je pense que Mike a aussi été chanceux hier, ce n’était pas forcément son terrain et il a pu bénéficier de quelques circonstances de course, protégeant dans l’échappée la place au général de son coéquipier Carthy face aux Movistar. S’il a pu gagner ainsi, c’est une confirmation de son excellente condition, et cette victoire en appelle donc forcément d’autres. Mine de rien, Mike est l’homme de l’heure sur cette Vuelta avec Richard Carapaz, le Canadien ayant terminé 2e de la 6e étape et hier 1er.

Toutes les étapes difficiles se terminant en altitude pourraient convenir à Mike dans les prochains jours, donc on parle de l’étape d’aujourd’hui ainsi que de la 11e, la 12e et la 17e étape en particulier.

Une victoire lors de la 12e étape sur l’Angliru serait tellement énorme!!!

2 – Mike Woods, le palmarès.

Mine de rien, avec cette victoire hier, Mike Woods a définitivement rejoint au panthéon du sport cycliste canadien les Steve Bauer et Ryder Hesjedal. Deux étapes de la Vuelta, un Milan-Turin, 2e de la Doyenne en 2018, 3e des Mondiaux la même année, 5e de la Flèche plus tôt cette saison, le palmarès de Mike est magnifique. Il lui manque peut-être une grande victoire (Hesjedal a le Giro 2012, Bauer l’argent olympique, 4e du Tour en 1988, et 14 jours en jaune), un truc comme la Flèche Wallonne, le Tour de Lombardie ou une grosse étape de montagne sur le Tour. En 2021 avec Israel Start-Up Nation?

3 – Guillaume Martin.

Ca y est, le coureur français est en tête du classement du meilleur grimpeur de cette Vuelta. Sepp Kuss est son plus dangereux rival jusqu’à présent. La suite va être intéressante à ce chapitre, et notamment aujourd’hui où ça devrait bouger à la fois au général et au classement des grimpeurs.

4 – Specialized Aethos.

Beaucoup de réactions à l’article hier sur la dérive des prix des vélos, c’est intéressant de vous lire.

Pour appuyer un peu plus mes propos, voici le reportage diffusé hier (un hasard) par le site Matos Vélo à propos d’un test grandeur nature du vélo, réalisé récemment en… Corse. Plus de 7500 lectures de l’article, je suppose que Specialized pourra dire « objectif atteint ».

Quand je vous disais qu’on paye évidemment la mise en marché… Dommage que Matos Vélo ne décline pas qui a payé pour le voyage en Corse, question de préserver l’indépendance de l’analyse. À la lumière de l’analyse présentée où l’on parle surtout des qualités du vélo, et très peu de ses côtés perfectibles (il n’y a pas de vélo parfait!), on peut raisonnablement penser que Specialized a défrayé une partie ou la totalité des frais de ce test/reportage.

On a un exemple probable du mode de travail actuel des géants de l’industrie, à grands renforts des médias sociaux et des influenceurs… qui y trouvent leur compte, beaucoup gagnant ainsi leur croûte, sinon une certaine gloire, souvent les deux. Je ne leur reproche pas, je dis juste qu’il convient de bien comprendre le système actuel afin d’être lucide sur ce qu’on nous présente, incluant les prix.

Le travail de certains demeure très empirique, je pense par exemple à ceux qui testent, poids installés à l’appui, les déformations des cadres pour en mesurer objectivement la rigidité et la nervosité (revue Le Cycle). Là, on peut comparer. Et dans le domaine (l’empirique), DC Rainmaker demeure une référence (sauf qu’il ne teste pas de vélos mais plutôt du matériel électronique associé à l’entrainement et au cyclisme).

5 – Specialized et Zwift.

La compagnie américaine investit dans Zwift afin de développer encore davantage Watopia. Une alliance stratégique? On peut le croire puisque l’UCI organise début décembre les premiers Mondiaux de cyclisme virtuel, un événement pour lequel certains coureurs québécois ont des ambitions légitimes.

Il n’y a pas de coïncidences!

Ces Mondiaux ayant lieu sur Zwift, Specialized se positionne ainsi comme un incontournable pour l’UCI si la compagnie devait développer des produits spécifiquement destinés à ce type de cyclisme, en pleine explosion notamment en raison de la Covid-19. Probablement un bon placement.

6 – Tour de France 2021.

Le parcours du Tour de France 2021 devait être présenté jeudi cette semaine en banlieue de Paris, comme d’hab.

La présentation a été reportée à dimanche 1er novembre prochain, via une émission spéciale de Stade2 sur France Télévision. Covid-19 oblige.

On sait déjà que la 108e édition de la Grande Boucle partira de Bretagne.

Pour le reste, je vous invite à consulter l’excellent site VeloWire de Thomas Vergouwen qui, chaque année, fait un travail de moine pour imaginer le parcours du Tour avant son annonce officielle, à grands renforts d’articles de journaux régionaux, de réservations hôtelières, de communications préfectorales, etc.

À priori, ce sera en 2021 les Alpes avant les Pyrénées mais après un premier chrono, des étapes via Tignes, le Grand Bornand, le Ventoux, Nîmes, Andorre ou Arcalis, puis un dernier chrono du côté de St-Émilion.

7 – VPD sur le Tour 2021?

Intéressant article de CyclingNews sur le classement des équipes continentales qui permet de croire qu’Arkea-Samsic et… Alpecin-Fenix seront de toutes les courses World Tour en 2021, si jamais NTT ne trouvait pas repreneur.

En effet, si seulement 18 équipes sont inscrites en World Tour en 2021 (19 en 2020), ça dégage deux tickets automatiques d’entrée pour les deux équipes continentales les mieux classées. La licence CCC a été octroyée à l’équipe Wanty-Groupe Gobert, et celle de NTT est actuellement dans la balance, l’équipe sud-africaine cherchant un repreneur.

Si ça se concrétise, Mathieu Van Der Poel pourrait donc faire ses débuts sur la Grande Boucle en 2021… 59 ans après son grand-père Raymond Poulidor. Et dans le registre, personne ne connait ses limites… ni celles de Wout!

8 – La fronde du Giro.

Je n’ai pas commenté la récente fronde des coureurs du Giro lors de la 19e étape, qui devait être la plus longue de la course, et qui devait se disputer sous une pluie battante.

Je ne suis pas d’accord avec Messieurs les coureurs sur ce coup-là. L’étape était au programme du Giro depuis des mois, ce Giro était certes difficile mais il y a eu d’autres éditions difficiles, et des étapes de plus de 250 bornes ne sont pas inhabituelles sur les grands tours.

La pluie? Les conditions météo font partie intégrante du sport cycliste. Autant j’estime qu’en cas de danger pour les coureurs, par exemple lorsqu’il neige, il faut user de jugement et arrêter la course, autant là, simplement de la pluie, il n’y avait rien pour stopper la course. Les coureurs peuvent changer certaines pièces d’équipement – gants, maillots, couvre-chaussures – en cours d’étape grâce à leurs voitures, je ne voyais pas le point de demander une annulation ou une étape écourtée.

Arnaud Démare a d’ailleurs poussé un coup de gueule en ce sens, estimant que la veille, il avait bien grimpé le Stelvio alors que ce n’est pas sa tasse de thé. Il avait bien raison.

La crédibilité des équipes ne s’est pas améliorée sur le récent Giro, avec les déclarations malheureuses de Jonathan Vaughters chez EF et de l’équipe Jumbo-Visma à propos de la Covid-19, ces deux équipes estimant qu’il aurait mieux fallu stopper net la course après le 2e jour de repos. Total, la course est allée jusque Milan, on a eu un final époustouflant, et les sponsors sont très certainement contents, ce qui est très bien pour l’an prochain.

9 – Pédales légères.

30 grammes, qui dit mieux?

PEAK: l’ascension de NTT Cycling

Beau documentaire sur l’ascension de la première équipe sud-africaine en cyclisme professionnel.

Le Tour de l’actualité

1 – Gand-Wevelgem. Très belle course une fois de plus, une course de mouvement dans les 70 derniers kilomètres. Comme anticipé, la course est rapidement devenue une affaire personnelle entre Wout Van Aert et Mathieu Van Der Poel, qui se sont marqués jusque dans les tous derniers mètres de la course, quitte à perdre tout espoir de victoire. Assez contreproductif selon moi, mais ni un ni l’autre n’était capable de se débarrasser de l’adversaire.

C’est Mads Pedersen qui en a profité, ce robuste coureur se distinguant toujours lorsque les conditions de course sont dures, humides et froides comme dimanche dernier.

2 – Van Aert – VDP, le match. Je vous l’annonçais en prélude de Gand-Wevelgem, ca n’a pas loupé: ces deux-là sont des ennemis jurés, leur rivalité en cyclo-cross se transposant facilement sur la route. Une chance que Van Aert ne fait pas de Mtb (VTT)!

Je pense surtout que VDP est très remonté actuellement des succès du coureur belge cette saison. Il est clair pour moi que VDP véhicule une certaine frustration en ce moment, sa saison 2020 n’ayant pour le moment pas été à la hauteur de ses ambitions. Il n’a gagné « que » le Championnat des Pays-Bas, une étape sur Tirreno et le BinckBank Bank Tour. Il lui manque une belle grande victoire cette saison et je pense qu’il jettera toutes ses forces le week-end prochain sur le Tour des Flandres. Le hic, c’est que Van Aert y sera aussi, peut-être davantage pour faire perdre VDP que pour gagner lui-même…

3 – Paris-Tours. Belle victoire d’un autre Pedersen, Casper celui-là, chez SunWeb. Il devance au sprint un excellent Benoit Cosnefroy qui était bien déçu à l’arrivée de manquer pareille occasion.

À noter en 6e place un certain Petr Vakoc chez Alpecin-Fenix, de quoi donner du renfort à VDP le week-end prochain.

À noter également, la 19e place à un peu plus de 2 minutes du coureur québécois Pier-André Côté chez Rally Cycling, une performance selon moi tout à fait remarquable à ce niveau. Son coéquipier Nickolas Zukowsky a pour sa part terminé nettement plus loin, 106e à plus de 12 minutes, et le Canadien d’Ottawa Matteo Dal-Cin a été classé hors délai.

4 – Un Giro à l’économie? Je sais pas vous, mais je trouve ce Giro un peu triste, le plateau en présence n’étant pas très relevé.

Le Giro repart demain après la première journée de repos avec, comme grands favoris, plus que deux coureurs selon moi, Fuglsang et Nibali. Kelderman et Pozzovivo sont les deux autres coureurs qui devront être surveillés car une place sur le podium leur est possible, Majka et Kruijswijk ayant déjà montré quelques signes de faiblesse.

Pour Nibali, c’est une grande aubaine: imaginez, à 35 ans, un troisième Tour d’Italie pourrait s’ajouter à son palmarès, lui qui est un des rares coureurs de l’histoire à s’être imposé sur les trois grands tours (les autres étant Anquetil, Merckx, Gimondi, Hinault, Contador et Froome). Je suis sûr que le Requin de Messine en est conscient et qu’il mettra tout en oeuvre pour profiter de cette occasion unique, sachant que l’an prochain, il pourrait retrouver sur sa route les Pogacar, Bernal, Roglic, etc.

Cette semaine, on surveille essentiellement deux étapes, les 14e et 15e.

La 14e étape est un chrono de 34 kms, ca créera des écarts c’est certain. Pour l’étape, misez Ganna bien sûr.

Le lendemain sur la 15e étape, arrivée en altitude à Piancavallo.

Avec LA question: combien de temps Joao Almeida tiendra-t-il?

5 – Les vélos du Giro, c’est ici et c’est toujours très intéressant.

6 – Cocorico! Décidément, le cyclisme français fait fort ces jours-ci. Alaphilippe champion du monde sur route. Et le week-end dernier du côté de Leogang en Autriche pour les Mondiaux de Mtb (VTT), la France s’est ajoutée plusieurs autres titres: Pauline Ferrand-Prévost chez les femmes élite, Jordan Sarrou chez les hommes élite et Loana Lecomte chez les femmes U23. Il faut ajouter à ce beau tableau la 2e place de Myriam Nicole et la 3e place Remi Thirion en descente.

Les images de l’épreuve de descente sont dantesques, les conditions météo et de pistes étant apocalyptiques.

7 – Record de l’heure canadien. Le triathlète canadien Lionel Sanders s’est donné l’objectif de battre prochainement le record de l’heure canadien sur piste, qui appartient actuellement à Ed Veal en 48,587 (établi le 23 septembre 2017 sur le vélodrome de Milton en Ontario).

On peut suivre la préparation de Lionel au moyen de ses petits vidéos et se rendre compte à quel point le coureur est précis dans sa préparation.

8 – Récup. Après les chaussettes de récupération, voici les… lunettes de récupération. L’idée, c’est de bloquer la lumière bleue émise par les appareils électroniques, et apparemment si dommageable pour la qualité du sommeil. Pourquoi pas?

Ha! les jeunes…

Drôle de saison cycliste.

Je n’y attachais pas trop d’importance mais là, je dois dire que je commence à me poser des questions.

Pogacar, vainqueur du Tour à 21 ans moins un jour.

Hirschi, révélation de la saison, 22 ans. Vainqueur de la Flèche Wallonne, 2e de Liège-Bastogne-Liège, vainqueur d’une étape sur le Tour avec en prime le titre de super-combatif.

Daniel Martinez, vainqueur du Dauphiné, 24 ans.

Lennard Kamna, vainqueur d’étape sur le Tour, Filippo Ganna la bête à rouler vainqueur d’étape sur le Giro, tous deux 24 ans.

Sans parler des Remco Evenepoel qui a gagné plusieurs courses lui aussi cette saison, Egan Bernal vainqueur du Tour l’an dernier, Aleksandr Vlasov, Sergio Higuita, Pavel Sivakov, David Gaudu, Tobias Foss et plus jeune encore, Cian Uijtdebroeks. Tous des coureurs de 24 ans ou moins qui roulent fort, très fort, et dont on parle. Si certains n’ont pas encore gagné de grandes courses, leurs performances laissent croire qu’ils n’en sont pas loin.

Et voilà que le maillot rose du Giro est aujourd’hui porté par le Portugais Joao Almeida, 22 ans, une autre pépite signée Deceuninck Quick Step. L’étape de l’Etna a coulé deux favoris, Geraint Thomas et Simon Yates, en laissant à priori trois pour la lutte au maillot rose à Milan: Nibali, Fuglsang et Kruijswijk. C’est peu, et ce Giro pourrait être un peu tristounet, le plateau présent étant un peu faible.

Mais y’a pas à dire, c’est l’année des jeunes en World Tour.

Jusqu’ici, je pensais qu’avant 24-25 ans, gagner au plus haut niveau était rarissime, car les coureurs devaient se développer, encaisser les distances, prendre de la puissance. On dirait que ce n’est plus vrai: des jeunes débarquent en World Tour et semblent opérationnels d’entrée.

Je trouve ca bien, ca pimente les courses, la fougue de la jeunesse étant souvent rafraichissante. Ces coureurs sont souvent moins calculateurs, plus enclins à se lancer sans compter dans de grands raids. À ré-essayer autant de fois qu’il faut pour réussir. À attaquer un peu n’importe où, pour surprendre. Ils n’ont rien à perdre.

Mais cette précocité chez plusieurs me laisse songeur: comment expliquer un tel déferlement de jeunesse? La Covid-19 et son confinement aurait-elle empêché les coureurs plus âgés d’un entrainement de plus longue haleine, nécessaire pour les amener en condition?

Un ou deux mois d’entrainement ont peut-être suffit aux plus jeunes pour acquérir une condition acceptable, ce qui est moins vrai pour les coureurs plus âgés, et on en verrait les conséquences cette saison?

Annulation des événements cyclistes au Québec jusqu’au 28 octobre

La FQSC a annoncé que tous les événements cyclistes sont annulés jusqu’au 28 octobre en réponse à la 2e vague de Covid-19 faisant rage au Québec actuellement. La situation sera ré-évaluée ultérieurement pour envisager la tenue d’événements après cette date, si la situation sanitaire le permet.

Cyclisme pro: la Covid-19 fait mal aux jambes!

On apprenait hier qu’un autre sponsor World Tour, NTT, une compagnie japonaise de télécommunications, mettait fin à son sponsorship en World Tour à la fin de l’année.

Rappelons que NTT, c’est l’équipe d’Edvald Boasson-Hagen, Victor Campenaerts, Louis Meintjes, Roman Kreuziger, Giacomo Nizzolo ou encore Michael Valgren.

Autrement dit, un gros budget. Bonneterie assurée par Assos.

Alors que la pandémie de Covid-19 reprend de plus belle partout en Europe et en Amérique du Nord,  l’avenir de plusieurs équipes World Tour est incertain. La Covid-19 fait mal, très mal au peloton World Tour.

Déjà, on sait que l’équipe CCC, c’est terminé en fin d’année. Jim Ochowicz, le manager général américain, est en recherche active d’un repreneur.

D’autres équipes ont dû couper drastiquement les salaires versés aux coureurs. C’est le cas notamment des équipes Astana, Lotto-Soudal, Education First, Bahrain-McLaren ou Mitchelton-Scott. Les coupures ont atteint, dans certains cas, 30% voire 50% du salaire des coureurs. Très significatif.

Bref, c’est un peu la merde. Et encore, la situation des coureurs WorldTour n’est pas la pire: celle des coureurs U23 et des coureurs « premières caté » qui visent à passer pro est bien pire encore.

Les transferts vont toutefois bon train dans certains cas. Rappelons les principaux:

Chris Froome chez Israel Start-Up Nation.

Greg Van Avermaet chez AG2R-La Mondiale.

Bob Jungels chez AG2R-La Mondiale.

Miguel Angel Lopez chez Bora-Hansgrohe.

Michael Woods chez Israel Start-Up Nation.

Daryl Impey chez Israel Start-Up Nation.

Daniel Martinez chez Ineos.

Adam Yates chez Ineos.

Laurens de Plus chez Ineos.

Richie Porte chez Ineos.

Mateo Trentin chez UAE Team Emirates.

Romain Bardet chez SunWeb.

Pierre Latour chez Total Direct Énergie.

Et au Canada, zéro équipe, zéro courses ou presque. Cyclisme Canada a diffusé hier un communiqué de presse annonçant son calendrier national 2021. On aborde le cyclisme sur route après avoir présenté la situation pour le vélo de montagne, le BMX et les GranFondo (je n’invente rien!!), c’est dire si le cyclisme sur route n’est pas la priorité en ce moment.

Et pour seules annonces, le chrono de Gatineau, la Beauce, l’Abitibi et les deux épreuves World Tour à Québec et Montréal, that’s it.

Y’a de quoi être inquiet pour l’avenir du cyclisme tant international que national, surtout au Canada.

Woods: la revanche

On ne saura jamais vraiment pourquoi Mike Woods n’a pas été retenu dans l’équipe EF du Tour de France. Vaughters lui a préféré Uran, Martinez et Higuita comme coureurs protégés, et des coureurs comme Van Garderen ou Carthy comme équipiers. Vous les avez vu sur le Tour, Van Garderen ou Carthy vous? Pas moi!

Woods quittera en fin de saison EF pour rejoindre Israel Start-Up Nation. Ça fait probablement partie de l’équation.

Alors que le Tour bat son plein, Woods a eu hier la plus belle réaction d’orgueil en s’adjugeant la 3e étape de Tirreno-Adriatico. Il a déposé Rafal Majka sur une attaque tranchante à quelques mètres de la ligne, une arrivée en ascension.

La victoire d’un homme fort! Son geste de victoire en disait long sur sa hargne hier pour gagner la course.

Surtout, Woods avait largué à la régulière dans l’avant-dernière difficulté de l’étape Jakob Fuglsang, Geraint Thomas, Sergio Henao, Simon Yates ou encore Alexandr Vlasov, excusez-un-peu. D’autres avaient décroché plus tôt, comme Nibali ou Froome. C’est dire s’il y a du beau monde… et que Woods est en excellente condition.

Au général, Woods s’installe en tête du classement, mais rien n’est joué: tous les favoris sont encore à moins d’une minute du leader.

Et il reste fort à faire: deux étapes de montagne aujourd’hui et demain, et un chrono le dernier jour sur la 8e étape, long de 10 bornes.

Quoi qu’il en soit, il est clair que Mike Woods présente une excellente condition physique, probablement en hausse: de quoi se réjouir pour les prochains Mondiaux à la fin du mois en Italie!

Tour: les questions qui fâchent

Drôle d’époque.

L’ère post-Armstrong est bien spéciale: le public n’est plus dupe. Trop floué par l’Américain et son système US Postal qui carburait on sait aujourd’hui comment.

Son « I’m sorry you can’t dream big » lancé sur les Champs Élysées a laissé des traces.

Et depuis 24 mois, deux cyclismes à la fête, et notamment sur ce Tour de France: le cyclisme colombien et le cyclisme slovène.

À la lumière des faits récents, on peut raisonnablement se poser des questions sur ces deux cyclismes oui, je suis d’accord avec plusieurs lecteurs de ce site qui ont laissé des commentaires récents à ce sujet.

La génération colombienne n’est plus à présenter, ce pays ayant multiplié les champions cyclistes depuis quelques années. Comme par hasard, le cyclisme colombien et sud-américain a fait l’objet de nombreux scandales de dopage depuis quelques années. On s’entraine certes sur des hauts plateaux du côté de Bogota et Medellin, mais y’a probablement pas que.

Côté Slovénie, rappelons qu’outre Primoz Roglic et Tadej Pogacar, ce cyclisme présente aussi des coureurs comme Simon Spilak, Grega Bole et surtout Matej Mohoric, lui aussi ayant connu certains succès récents. Et avant eux, on pense évidemment à Janez Brajkovic, suspendu pour dopage depuis. Pas mal de très bons coureurs pour un pays d’à peine deux millions d’habitants!

Et là encore, méchant timing: plusieurs affaires de dopage, et notamment des slovènes impliqués dans la tristement célèbre et récente Affaire Anderlass. Au total, 8 des 19 coureurs slovènes en World Tour depuis 10 ans ont été touchés par une histoire de dopage, soit 42%.

Puis il y a des acteurs du milieu cycliste un peu louches comme Borut Bozic, encore l’an dernier directeur sportif chez Bahrain-Merida après une carrière de coureur pro.

On pense aussi à ce Milan Erzen, slovène lui aussi et patron de la Bahrain-Merida, impliqué lui aussi dans Anderlass. L’UCI avait à l’oeil les activités de cet individu depuis 2015 apparemment, pour plusieurs affaires. Erzen est souvent présenté comme le Dave Brailsford du cyclisme slovène, un homme qui a des ramifications partout. Low profile, on en sait peu sur lui, et notamment sur ses activités actuelles. Il serait aussi très impliqué dans le milieu des courses de chevaux et de chameaux, avec des relations étroites avec les pays du Golfe.

On ne peut pas aller plus loin, on ne peut pas établir de liens, mais le timing est de nouveau tristement suspect.

On se rabat sur le fait qu’un Egan Bernal ou un Tadej Pogacar n’ont jamais échoué de tests anti-dopage jusqu’ici.

Dans toute sa carrière, Lance Armstrong non plus.

Tour: les favoris

Le Tour s’élance samedi depuis Nice, beaucoup de sites Internet et d’experts y vont de leurs favoris ces jours-ci.

Voici les miens, et ils sont un peu différents!

1 – Tom Dumoulin. 2e en 2018, il est pour moi celui qui pourrait causer la plus grande surprise, tout le monde parlant plutôt de Primoz Roglic, Egan Bernal ou encore Thibault Pinot. Il était très clair que Dumoulin était en forme ascendante sur le Dauphiné, et une fois son travail d’équipier fait pour Roglic dans le dernier col du jour, Dumoulin ne se relevait pas, preuve qu’il était là pour s’entrainer le plus sérieusement du monde. Ce coureur a une sacré caisse, il passe la montagne, il est teigneux, n’abandonne jamais, et c’est une formidable machine à rouler et à grimper, donc le chrono sur la Planche des Belles Filles l’avant dernier jour devrait logiquement être pour lui. Le vainqueur du Giro 2017 présente une formidable équipe autour de lui, un avantage certain.

2 – Thibaut Pinot. Parce que c’est mon coup de coeur. J’aimerais tant que le Franc-comtois gagne! La France attend toujours un successeur à Bernard Hinault… Le Tour 2020 a été dessiné avec les qualités de Pinot en tête: pas de chronos roulants, pas de grands cols en haute altitude sauf trois (Madeleine, La Loze et le Cormet de Roseland), un Tour montagneux par ailleurs, plein de beaux petits cols culminants autour de 1500m, bref, parfait pour lui. C’est cette année ou jamais pour Pinot! Ceci étant, il faudra voir comment il a récupéré de sa chute au Dauphiné. Son point faible est selon moi son équipe, surtout dans les cols plus longs.

3 – Primoz Roglic. Surpuissant au Dauphiné, il est LE coureur de l’heure et logiquement le grand favori de ce Tour. Sa chute au Dauphiné a été cependant plus sérieuse qu’estimée dans un premier temps, et il existe même une incertitude quant à sa capacité de prendre le départ du Tour samedi. Pour moi, Roglic ne présente qu’une faiblesse: la troisième semaine, en haute montagne. C’est là qu’il sera le plus vulnérable. Mais il aura toute une armada de « guêpes jaunes » autour de lui pour veiller au grain.

4 – Egan Bernal. Vainqueur sortant, il a la pression, surtout depuis que la toute puissante équipe Ineos en a fait son seul leader désigné, écartant même de la sélection Geraint Thomas et Chris Froome. Bernal ne peut pas vraiment se louper sur ce Tour de France! Il aurait été touché au dos sur le Dauphiné, petite incertitude donc pour le coureur colombien. Ce Tour sera plus compliqué pour lui que l’an dernier, il y a moins de cols à plus de 2000m d’altitude où, il y a 12 mois, il a fait la différence (rappelez-vous l’Iseran). Bref, pour Bernal, je pense que ce Tour de France sera compliqué.

Les outsiders

Ils sont nombreux derrière ces quatre grands favoris.

Nairo Quintana. Le coureur colombien a montré des signes de forme cette saison. Mais ce Tour de France est-il assez montagneux pour lui? Coureur souvent peu offensif, je ne suis pas sûr du tout qu’il a ce qu’il faut pour s’imposer sur cette Grande Boucle, en premier lieu l’équipe. Et à 30 ans, on peut se poser la question: ses meilleures années sont-elles derrière lui?

Julian Alaphilippe. Tellement excitant à voir courir! Alaphilippe est un attaquant, et gageons qu’il usera de tous les terrains pour tenter des coups. L’an dernier, c’est la très haute montagne qui a eu raison de ses ambitions, et cette année cette très haute montagne est quasi-inexistante, alors pourquoi pas? Son énergie semble inépuisable, alors s’il se pare de jaune en première ou deuxième semaine, attention à lui, il ne lâchera pas le morceau facilement!!!

Richard Carapaz. Depuis le Giro l’an dernier, il a prouvé qu’il peut être imprévisible. Comment l’exclure de cette liste d’outsiders? Deux points en sa défaveur cependant: il a su tardivement qu’il prenait le départ du Tour, et il est d’abord là pour épauler Bernal.

Pavel Sivakov. Parce qu’un Ineos peut en cacher un autre! Sur ce que j’ai vu au Dauphiné, Sivakov a une sacré condition en ce moment et si Bernal et Carapaz étaient lâchés, Ineos pourrait compter sur lui. À 23 ans, il débute toutefois son premier Tour de France, et il faudra voir s’il peut tenir la distance et la pression. Sa 9e place du Giro l’an dernier apporte toutefois certaines assurances.

Tadej Pogacar. Si l’ouverture se présente, lui aussi peut rêver d’une très belle place, surtout s’il revêt le maillot jaune en 2e semaine. Son équipe UAE a de quoi « tenir la distance » et rappelons qu’il a terminé 3e de la Vuelta l’an dernier.

Mikel Landa. Un gros talent, sans l’ombre d’un doute. Landa nous a habitué à « tout ou rien ». Plus souvent rien d’ailleurs, mais quand il fait « tout », il tient jusqu’au bout. Pour moi, c’est le plus gros joker de ce Tour de France.

Miguel Angel Lopez. Déjà deux podiums sur les grands tours (3e du Giro et de la Vuelta en 2018). Récent 5e du Dauphiné. Une équipe Astana à son service. Bon puncheur, beaucoup d’arrivées sur ce prochain Tour lui conviendront, il peut y jouer les bonifs. De quoi y croire!

Daniel Martinez. Encore un Colombien! Récent vainqueur du Dauphiné, il a créé la surprise. Sur trois semaines toutefois, il n’a pas vraiment de grandes références. Mais je le place comme outsider, alors que je ne vois pas son compatriote Rigoberto Uran dans cette liste.

Emanuel Buchmann. Excellent grimpeur, tempérament porté sur l’attaque, 4e du Tour 2019, il peut aussi surprendre et il a une équipe à son service. Je crois toutefois que ce Tour de France n’est pas assez montagneux pour lui, et davantage réservé aux puncheurs-grimpeurs qu’aux purs grimpeurs comme lui. Touché suite à une chute sur le Dauphiné, sa préparation récente a toutefois été perturbée, et c’est dommage. S’il est « tranquille » en première semaine, qui sait il pourrait se refaire une santé en vue de la 2e et 3e semaine de l’épreuve.

Wout Van Aert. Même si ce Tour de France risque d’être trop montagneux pour lui, le meilleur coureur de cette reprise de saison semble pouvoir tout faire. Et s’il prenait le maillot jaune tôt dans la course et décidait de le défendre à fond? Il a l’équipe pour le faire, et la condition!

Les Canadiens

Sale temps pour les coureurs canadiens dans le contexte du Tour: Woods éjecté de son équipe, pas de coureurs canadiens au sein du line-up d’Israel Start-Up Nation, et voilà qu’Antoine Duchesne à la FDJ est au prise avec une mononucléose.

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