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Mois : septembre 2018

GP de Québec et Montréal: les favoris

Déjà la 9e édition des GP de Québec et Montréal à partir de vendredi, tout un succès pour l’organisation de ces épreuves qui se sont taillées une belle place et une belle réputation dans le calendrier WorldTour.

202 kms à parcourir vendredi sur le GP de Québec, soit 16 tours du circuit qui, chaque fois, propose la côte de la Montagne comme juge de paix, mais aussi la côte des Glacis qui fait mal aux jambes. La dernière ligne droite (la rue Saint-Louis), en particulier, est difficile à négocier, car très longue: pour s’imposer, il faut savoir partir au bon moment!

À Montréal, le circuit est à mon sens plus difficile, car composé de 16 ascensions de la côte Camilien Houde sur le Mont Royal (195 kms). Casse-pattes! Et il faut encore chaque fois se taper la côte Polytechnique sur le campus de l’U. de Montréal, pas simple.

Les favoris

Si la liste finale des partants ne sera connue que 24h à l’avance, on a déjà une bonne idée des coureurs présents sur les deux épreuves.

Parmi les 25 premiers au classement WorldTour actuel, neuf sont présents sur ces épreuves, dans l’ordre: Greg VanAvermaet (10e), Michael Valgren (11e), Michael Matthews (14e), Alexander Kristoff (18e), Tim Wellens (19e), Oliver Naasen (20e), Jakob Fuglsang (22e), Daryl Impey (24e) et Jasper Stuyven (25e).

D’autres ne manqueront pas d’attirer l’attention: les coureurs canadiens bien sûr, avec notamment un Hugo Houle en bonne condition actuellement pour Astana, mais aussi les Marc Soler, John Degenkolb, Sep Vanmarke, Rui Costa, Sdenek Stybar, Arthur Vichot, Matej Mohoric, Sonny Colbrelli, Henrico Gasparotto, Sam Bennett, Simon Spilak, Roman Kreuziger, Alexis Vuillermoz ou encore Edvald Boasson Hagen.

Pour le GP de Québec, misez un coureur avec une belle pointe de vitesse, capable de s’imposer dans un sprint sans équipier, en faux-plat ascendant. Je pense surtout à Michael Matthews, déjà deux fois sur le podium de l’épreuve qu’il connait donc parfaitement bien. Une belle interview avec lui a été diffusée ce matin par Cyclingnews.

Son plus proche rival sera probablement Greg Van Avermaet, trois fois sur le podium de l’épreuve et 2e ces deux dernières années! Il voudra enfin remporter cette satané course qui lui échappe depuis deux ans…

Je verrais bien également un Oliver Naasen s’imposer, ou encore Alexandre Kristoff qui dispose de la puissance nécessaire. Rappelons que ce dernier a gagné sur les Champs Élysées fin juillet.

Sonny Colbrelli? Si ca arrive au sprint, ce qui est probable, pourquoi pas? Il dispose d’une équipe Bahrain-Merida forte pour l’épauler.

Un sprint sur la rue Saint-Louis entre tous ces coureurs (Matthews, Van Avermaet, Naasen, Kristoff, Colbrelli) aurait de la gueule!

Attention cependant à certains finisseurs capables de s’extirper du paquet dans les deux derniers tours et de tenir devant jusqu’à l’arrivée. Je pense par exemple à un Michael Valgren, un coureur taillé pour ce genre d’épreuve et qui dispose non seulement d’une pointe de vitesse, mais aussi d’une formation Astana très intéressante. Edvald Boasson Hagen est également un sacré client sur ce genre de final lorsqu’il est en forme.

À Montréal, il faudra de meilleurs grimpeurs-puncheurs, résistants également sur les portions plates. Les Mohoric (très en forme en ce moment), Spilak, Van Avermaet, Boasson Hagen, Kreuziger, Fuglsang seront logiquement avantagés, mais ce sont toujours les coureurs qui font la course…

Pour les Canadiens, y’a du beau monde! Je pense que les meilleures chances résident chez Hugo Houle qui sort d’un excellent mois d’août et qui est rompu au rythme de ces courses WorldTour où ca s’emballe dans le final. Mais des coureurs comme Ryan Anderson, Rob Britton, Bruno Langlois, James Piccoli (vainqueur du général du Tour de Beauce plus tôt cette saison) voire Matteo Dal-Cin ou Adam Roberge ne sont pas à prendre à la légère. Ils ont la caisse pour tenir devant un sacré bout de temps! Espérons que les Canadiens se montreront agressifs et décomplexés par rapport à l’armada européenne…

Le flop des Movistar

C’est un fidèle lecteur et un excellent contributeur occasionnel: Marc Kluszczynski m’a fait parvenir ce petit texte teinté d’humour sur la performance actuelle des Movistar sur la Vuelta, surtout celle de l’inusable, de l’inoxydable Alessandro Valverde. Bonne lecture!

Si le trio des Movistar bedonnants a fait un flop lors du TdF, il pourrait en être différent sur la Vuelta qui se déroule actuellement. Mais Mikel Landa n’y participait pas, accidenté sur la Clasica San Sebastian. Dans Sport et Vie n° 168, on s’étonnait de la présence d’une bedaine (en février) chez les Nairo Quintana, Alejandro Valverde et Mikel Landa. Nouvelle stratégie diététique ? Laisser aller ? Ou nouveau produit dopant ayant comme effet indésirable la formation d’un amas abdominal graisseux ? Cette dernière hypothèse était séduisante ; mais vu les résultats du TdF, où l’équipe qui paraissait la plus forte avec trois leaders interchangeables a fait un flop (7,10 et 14èmeplace pour Landa, Quintana et Valverde), on plaide pour la 2èmehypothèse.

Mais sur la Vuelta, Alejandro Valverde est reparti ventre à terre ! A 38 ans, il a commencé son numéro sur cette Vuelta (mais il explique qu’il y a toujours brillé). Impliqué dans l’affaire Puerto en 2006 et suspendu deux ans en 2010, il affirme pourtant sur CyclingNews que « tout est dans la tête ». Le 26 août il gagne la 2èmeétape Marbella- Caminito del Rey dont l’arrivée est jugée après un sprint en côte, sa spécialité. Mais il explique qu’il n’avait pas de bonnes sensations. Puis rebelote lors de 8èmeétape, qu’il gagne aussi au sprint devant Peter Sagan, dont la bouille bien ronde, indigne d’un cycliste fait penser à celle de Yaroslav Popovych, domestique de Lance Armstrong. Valverde expliquera qu’il ne cherchait pas la victoire lors de cette 8èmeétape.

On finirait bien par l’excuser, 15 ans après sa 1èrevictoire au général dans son tour national. Alors que Dan Martin, qui avoue ne pas avoir récupéré du TdF (il abandonnera après la 8èmeétape) et que Vincenzo Nibali, qui manque d’entraînement suite à sa fracture cervicale survenue par la faute d’un spectateur dans la montée de l’Alpe d’Huez, traînent dans les profondeurs du classement, Valverde et Quintana se rapprochaient au CG à 1 et 14 s de Simon Yates, qui ne sait que faire de son maillot amarillo endossé trop tôt. Il doit se souvenir de son explosion dans le Colle del Finestre au Giro en fin de 2èmesemaine.

Si Yates ne passe pas le cap de la 3èmesemaine et si Quintana apparaît bridé comme en France (mais l’Espagne pourrait le débrider) Valverde gagnera sa 2èmeVuelta à 38 ans (mais il explique que Quintana est seul leader dans l’équipe). Encore un peu, et il nous mettrait dans sa poche !

Drôle de Vuelta!

Après une semaine de course, bien malin qui pourrait prédire qui gagnera cette Vuelta dans deux semaines! Une première semaine marquée par la chaleur qui a laminé les organismes en profondeur, et notamment le champion canadien Antoine Duchesne.

Pas moins de 10 coureurs sont actuellement à moins de 50 secondes du leader, Simon Yates. Parmi eux, deux Movistar, Valverde et Quintana. Ils sont probablement les coureurs les plus menaçants pour le titre.

Valverde me semble particulièrement bien sur cette Vuelta: il a même tapé Peter Sagan au sprint lors de la 8e étape! Il faudra voir jusqu’où l’Espagnol pourra aller… et tenir.

D’autres devraient dégager du top-10 au profit des étapes de montagne les plus difficiles. Je pense notamment à Gallopin, voire Izaguirre. D’autres devraient remonter progressivement: Aru, Kelderman, Pinot. Ce dernier se plaint toutefois de mauvaises sensations jusqu’ici, il faudra voir s’il peut améliorer sa condition lors des deux prochaines semaines.

Plusieurs ont déjà sombré, en premier lieu Vicenzo Nibali, qui prépare désormais tranquillement ses Mondiaux d’Innsbruck. Exit aussi les Henao, Mollema, Zakarin, Woods, Anton, Geoghegan ou encore Porte, très loin au général.

Aujourd’hui pour la reprise, place aux sprinters… et notamment Bouhanni, Sagan ou Viviani.

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